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EAN : 9782803674718
176 pages
Le Lombard (05/04/2019)
3.56/5   9 notes
Résumé :
Cet homme est un grand fauve. Avec son costume-léopard, son regard noble et perçant, son stylo planté dans le nez, sa démarche souple et puissante, il séduit autant qu'il inspire la crainte. Et son cri, vous avez entendu son cri ? Cet homme s'appelle Moucherot, Jérôme Moucherot. Sa mission : tordre le cou à la peur du lendemain afin de permettre à tout un chacun de prendre en marche le train du progrès en laissant sur le quai les tracas du quotidien. Autrement dit, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
jamiK
  16 mai 2019
J'ai découvert Jérôme Moucherot en 1984, dans la revue À Suivre et avec l'album “Les pionniers de l'aventure humaine”, 11 histoires dont Jérôme Moucherot n'est pas forcément le héros, des histoire antérieures à la série éponyme qui a démarré en 1994. L'idée de départ : ce qu'on appelle la “jungle urbaine” redevient une véritable jungle, avec des lianes, des peaux de léopard, des bêtes sauvages… le ton était plutôt humoristique, ironique et un peu loufoque, Jérôme Moucherot est un mélange de Tarzan et d'employé de bureau ennuyeux et pataud.
35 ans plus tard, je redécouvre ce héros et je l'ai trouvé bien changé. je n'ai pas lu les précédents tomes de la série éponyme, en 1984, on était encore dans l'esprit Fluide Glacial. Dans ce nouvel opus, François Boucq va beaucoup plus loin dans la poésie, le surréalisme, l'onirisme et aussi la psychologie (de bazar) et l'introspection. On se rapproche plus de l'univers de “Philémon” de Fred (encore plus que de Marc-Antoine Mathieu).
C'est délirant d'imagination, d'inventivité, certaines planches sont de pures merveilles, il y a une profusion, un foisonnement lyrique, totalement jubilatoire. L'humour est toujours présent, grâce à ce personnage, étriqué dans sa fonction d'agent d'assurance, trimbalant toujours sa petite mallette, avec son chapeau qui le quitte rarement, ses copains de bistrot et le langage parfois trivial, et tout ça mis en balance avec les motifs léopard de son costume, les monstres, animaux terribles et le fantastique de la situation. François Boucq joue sur les mots et les expressions, le sens figuré va se confronter au sens propre, “nombril du monde”, “évolution personnelle”… et les dimensions s'enchevêtrent… Au final, ce voyage intérieur en extérieur est réjouissant, plein de surprises, d'idées farfelues et derrière tout ça, il laisse notre réflexion et notre propre imagination se perdre et papillonner dans cette jungle inextricable. À lire et à relire car je suis certain d'y découvrir de nouveaux aspects à la prochaine lecture.
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oblo
  07 mai 2019
Livre reçu dans le cadre de l'opération Masse Critique.
A l'heure de la publication d'innombrables livres sur le développement personnel, François Boucq donne, avec ce sixième tome des aventures de Jérôme Moucherot, sa version personnelle et forcément imagée de ce thème. Imagée parce que c'est une bande-dessinée, bien-sûr, mais pas seulement : François Boucq prend au pied de la lettre toutes les phrases et expressions ayant rapport au moi, au surmoi et à l'inconscient. C'est là le double sens du mot image : la reproduction visuelle d'un objet réelle ou sa reproduction virtuelle, ou mentale. Là est le coeur de ce livre, réjouissant à plus d'un titre (visuellement et intellectuellement), qui est de montrer ce qu'habituellement on pense, ou on dit, et donc ne se voit pas, au travers du parcours d'un personnage atypique, Jérôme Moucherot (dont je faisais la connaissance avec ce tome et à propos duquel, par conséquent, je ne dirai rien des aventures passées) qui résume la situation comme suit : vivre une aventure intérieure à l'extérieure, pour ne pas salir chez soi.
François Boucq propose ici un exercice de style plutôt qu'une vraie fiction. On pourrait le rapprocher en cela des oeuvres de Marc-Antoine Mathieu. Quoiqu'il en soit, la dimension stylistique de son sixième tome des aventures de Jérôme Moucherot n'empêche pas François Boucq de faire preuve d'inventivité. Bien au contraire : une fois le cadre posé et le fil rouge défini, toutes les directions s'ouvrent à l'imagination et, tant du point de vue de l'écriture que de celui du graphisme, on peut dire que François Boucq ne s'est pas fixé de limites. le dessin, d'abord, est luxuriant : la jungle, naturelle ou urbaine, accompagne le parcours de Moucherot, façon de montrer que l'environnement est autant choses à admirer qu'obstacles à franchir. C'est un dessin très maîtrisé, et en même temps d'une grande richesse (vous qui voulez lire ce livre, oubliez le mot "sobriété") visuelle, tant dans les planches en couleur que dans celles en noir et blanc. Dans la forme aussi, l'auteur se lâche un peu, même si les planches avec cases conventionnelles occupent la majorité du livre : on a tout de même le droit à de très belles doubles pages, souvent prétextes à un foisonnement onirique.
Le propos narratif, lui, pourrait être comparé à un fil : un fil que l'on tire, et que l'on suit, ainsi que l'on doit probablement le faire en séance de psychanalyse, ainsi que l'on le fait lorsque l'on écrit, que l'on a une idée qui se développe et que l'on suit d'autant plus allègrement qu'elle révèle des choses auxquelles on n'avait, a priori, pas pensé. Un matin, Jérôme Moucherot se lève, se rend dans sa salle de bain et, là, littéralement, il ne se reconnaît pas. C'est le déclic pour partir dans une aventure intérieure qui, pour être visible et un peu marrante, devra se faire à l'extérieur. Voilà donc l'agent d'assurance, veste et pantalon tigré sur le poil, parti dans la jungle de ses pensées. D'abord, les pensées sont un peu primitives, faciles : on fait face à ses peurs, on révèle ses fantasmes, soit. Et après ? On pousse un peu la réflexion, on rencontre ses démons, ils nous vainquent, on les dompte, on se pense le meilleur alors qu'on est au fond du trou. Puis tout part, tout disparaît : alors il faut retisser le lien, c'est-à-dire, sémantiquement, ce qui nous relie aux autres et ce qui nous entrave. Les personnages que l'on rencontre sont importants, et en même temps ne le sont pas, car ceux qui sont vraiment importants, ce sont ceux qui sont là depuis le début.
Il faudrait enfin dire un mot sur ces tableaux revisités, à la fin du livre, où l'on voit Jérôme Moucherot prendre la place des personnages peints par Dali, Rembrandt ou Magritte, tel un personnage iconique. Façon de conclure l'exercice de style par une touche un peu absurde pour contrebalancer le propos d'un livre qui, finalement, ne l'est absolument pas.
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RocketBabyDolls
  05 mai 2019
BD reçue dans le cadre d'une masse critique, merci à Babelio et aux éditions Le Lombard pour cet envoi.
Plus de 20 ans que je n'avais pas lu de BD et il s'agissait à l'époque de Lucky Luke. Je me suis donc plongée dans cette lecture curieuse et ne sachant pas vraiment à quoi m'attendre.
Le livre en lui même est très beau, la couverture et ses couleurs sont magnifiques et l'ouvrage épais, bien plus qu'une BD traditionnelle.
Le début est un peu perturbant et dès qu'on comprend le concept de quête intérieure du personnage, tous les éléments dessinés prennent une signification autre. On se retrouve dans les méandres du mental qui nous envahit et dans les travers de notre société actuelle.
Les dessins sont bien réalisés et agréables à regarder avec certaines pages époustouflantes par la complexité graphique.
Le ton est juste mais acerbe, c'est poétique tout en restant incisif, une lecture surprenante !
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critiques presse (2)
Telerama   27 mai 2019
Jérôme Moucherot, agent d’assurances au seyant costume léopard, enquille une sixième aventure imaginée par François Boucq. L’auteur lui a concocté un périple sur mesure, le lançant sur les traces de… lui-même. Une introspection foldingue et réjouissante, servie par un dessin virtuose.
Lire la critique sur le site : Telerama
BDGest   23 avril 2019
Quête spirituelle doublée d’une allégorie de la création en général et de celle du neuvième Art en particulier, l’objectif se révèle ambitieux ; comme l’homme a du métier, il s’en tire avec brio.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   04 février 2020
- Qu'est-ce que c'est que tout ce foutoir ? !
- Hé bé, dites donc, y en avait là-dedans.
- Où ça « là dedans » ?
- Ben, là-dedans de moi-même …
- J'espère que vous n'allez pas me dire que c'est vous qui êtes à l'origine du déballage de tout ce foutoir ? !
- Heu … Tout ça, comme vous dites, c'est mon foutoir intérieur que j'ai dû expulser à l'extérieur pour y voir plus clair.
- Ah oui, comme ça, tout simplement ! …
- Bien sûr puisque j'ai décidé d'aller à la découverte de moi-même par mes propres moyens.
- Ben vos moyens m'ont pas l'air d'être d'une propreté absolue !
- Hého, là ! Attention, n'insultez pas mon univers intérieur, un peu de respect s'il vous plaît !
- Et vous, vous devriez avoir un peu plus de pudeur, on balance pas son monde intérieur comme ça !!! Exhibitionniste ! Non mais ! Imaginez que tout le monde en fasse autant, on serait bien avec tous ces mondes intérieurs qui pollueraient la conscience collective !
- Vous exagérez.
- On voit bien que c'est pas vous qui devez ranger toute cette brocante ! Des gens comme vous, j'en rencontre. Je peux vous dire qu'il y a pas de carence. D'un coup, on sait pas ce qui leur prend, les voilà partis pour la quête intérieure. Et vas-y que je te balance mon intériorité à la face du monde ! Vous n'êtes pas le premier ! Mais qui c'est qui se tape tout le nettoyage, hein ?? C'est bibi !
- Holàlà … Vous êtes d'un prosaïque !
- C'est ça, allez-y ! Et il me traite de prosaïque en plus ! On fait le ménage pour tout le monde , et on se fait insulter ! Ben merci ! … Puisque c'est ça, vous le ferez vous-même le ménage.
- Oooh … Excusez-moi, ça m'a échappé … Vous n'êtes pas prosaïque. Non, c'est vrai ! J'ai beaucoup de respect pour votre travail. C'est grâce à des gens comme vous qu'on peut faire le ménage dans nos espaces intérieurs et donner une nouvelle virginité à nos perspectives !
- Hé, n'en faites pas trop non plus. Je veux bien vous aider, mais sans flatterie thuriféraire ! … Vous êtes un peu excessif, vous !
- Je reconnaissais vos mérites, c'est tout ! Allez, faisons la paix ? !
- Bon, d'accord.
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HarioutzHarioutz   04 février 2020
- Y'a du monde là-bas on dirait !
- Ce sont des sortes d'alpinistes qui font l'ascension du nombril du monde. On les appelle les nombrilistes … Le sommet du nombril du monde exerce une attirance quasi magnétique. Comme tu peux le voir, ce sont beaucoup de trous du cul qui sont tentés par l'escalade du nombril … Le nombrilisme compte beaucoup d'appelés mais peu d'élus !
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RocketBabyDollsRocketBabyDolls   05 mai 2019
Le sommet du nombril du monde exerce une attirance quasi magnétique. Comme tu peux le voir, ce sont beaucouup de trous du cul qui sont tentés par l'escalade du nombril...
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