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Maurice Regnaut (Traducteur)André Steiger (Traducteur)
EAN : 9782851810410
100 pages
L'Arche (13/06/1997)
4.23/5   63 notes
Résumé :
Sous le nazisme, la peur et la misère affectaient toutes les couches de la société allemande, l'intelligentsia, la bourgeoisie, la classe ouvrière. Il y a certes le courage de la poignée de militants qui, au mépris de tous les dangers, publient leur littérature illégale. Mais il y a aussi la capitulation, face à la terreur, d'une trop grande part de l'intelligentsia. C'est ce qu'a voulu montrer Brecht, d'abord à ses compatriotes exilés, autour des années 1938, en éc... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique

Une belle petite pièce! Ici, nous sommes à la genèse du nazisme. On vit les perturbations qu'engendre l'arrivée du nazisme dans le petit monde et aussi chez les fonctionnaire qui voient la chose arrivée sans mesurer l'ampleur de la chose sur une dizaine d'année...

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Cette pièce a été écrite de 1935 à 1938, pendant la montée en puissance du IIIème Reich. Elle est composée de 24 tableaux plus ou moins courts et sans relation directe entre eux. Brecht se penche sur des cas de figure très différents, illustrant tous l'énorme pression de l'appareil totalitaire hitlérien sur les individus. Certaines scènes sont très démonstratives; d'autres semblent un peu moins faciles à saisir maintenant, en dehors du contexte de cette époque. Parmi les divers tableaux, je citerai: "A la recherche du droit", "La femme juive" et surtout "Le mouchard". Face aux réalités de la dictature, c'est un haut-le-coeur qui saisit le spectateur ou le lecteur d'aujourd'hui. Le processus pernicieux de l'oppression est illustré par une fable scatologique qui est racontée au début de la pièce, sur le thème: comment faire manger (volontairement) de la moutarde à un chat ? Elle me semble très pertinente et devrait être méditée encore maintenant.

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Écrites entre 1935 et 1938 par Bertolt Brecht, les 24 scènes qui composent « Grand-peur et misère du IIIe Reich » dressent un portrait de la société allemande depuis l'avènement d'Hitler jusqu'aux prémices de la guerre.

En s'inspirant directement de récits de témoins et d'extraits de journaux, Brecht y dépeint l'enracinement profond du régime nazi dans toutes les sphères de la société. La bourgeoisie, le corps médical, la justice, les enfants ou les prisonniers évoluent, en de brèves histoires, face au régime.

Brecht est le témoin de la lutte mais aussi de la terreur et parfois de la résignation d'une grande partie d'un peuple, des ouvriers jusqu'aux classes les plus intellectuelles.

Lu en février 2015

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Lu en oeuvre comparative de Terror y miseria del primer franquismo que je conseille également.

Partir de la mémoire des vaincus pour recréer l'atmosphère et l'ambiance d'une société peu de temps avant le basculement dans la 2de guerre mondiale est ici l'ambition de l'auteur. Les personnages ne sont dotés que dans peu de tableaux d'une identité. Ils reflètent alors les tourments d'une profession, d'une jeunesse, d'une classe sociale, permettant la distanciation avec le spectateur. Une atmosphère angoissante se détache des tableaux familiaux. La parole est muselée. La confiance rompue.

Une lecture qui ne laisse pas indifférent à l'heure oú s'emballe la géopolitique.

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À partir de récits et d'articles de presse, Bertold Brecht compose une série de scènettes se déroulant entre 1935 et 1938 : vie quotidienne en Allemagne, depuis l'accession au pouvoir de Hitler jusqu'à l'Anschluss.

(...)

Pièce édifiante à lire immédiatement. Comment, en quelques mois, un parti autoritaire légalement élu, au nom d'une certaine idée nationale, impose son contrôle et la terreur sur toute la société : débâcle économique au nom de l'effort de guerre niée par une propagande implacable, auto-censure permanente, surveillance généralisée, opposants et suspectés arrêtés.

Sans commentaire.

Article complet en suivnat le lien.


Lien : http://bibliothequefahrenhei..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LE PÈRE. C’est un Judas que tu m’as mis au monde ! Il est là, assis à la table, et il écoute tout, en avalant la soupe que nous lui donnons, et ce que nous disons, nous ses parents, il en prend note, le mouchard !
LA MÈRE. Tu n’as pas le droit de parler ainsi. (Un temps.) Tu penses que nous devons prendre des dispositions, préparer quelque chose ?
LE PÈRE. Tu crois qu’ils vont venir tout de suite avec lui ?
LA MÈRE. C’est quand même possible ?
LE PÈRE. Je devrais peut-être mettre ma croix de fer ?
LA MÈRE. Mais bien sûr que oui. Charles ! (Il va chercher la croix de fer qu’il épingle avec des mains tremblantes.) Mais pourtant on n’a rien à te reprocher à l’école ?
LE PÈRE. Comment veux-tu que je le sache ? Je suis prêt à enseigner tout ce qu’ils veulent, mais qu’est-ce qu’ils veulent ? Si seulement je le savais ! […]
LA MÈRE. Et le portrait d’Hitler, si nous l’accrochions au-dessus de ton bureau ? Cela fera mieux.
LE PÈRE. Oui, fais-le. (La mère va pour le faire.) Mais si le petit allait dire que nous l’avons changé de place, on en conclurait que nous avons mauvaise conscience. (La mère raccroche le portrait à l’ancienne place.) On n’a pas ouvert la porte ?
[…]
(On entend la porte s’ouvrir. Le père et la mère, interdits, sont debout l’un contre l’autre dans un coin de la pièce. La porte s’ouvre et le garçon entre, un petit sac en papier à la main. Un temps.)
LE GARÇON. Mais qu’est-ce que vous avez ?
LA MÈRE. Où étais-tu ? (Le petit garçon montre son petit sac de chocolateries.) Tu as acheté du chocolat, c’est tout ce que tu as fait ?
LE GARÇON. Qu’est-ce que j’aurai fait d’autre ? Il n’y a rien de secret.
— Scène 10, « Le Mouchard »
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(Breslau, 1933. Un appartement de petit bourgeois. Une femme et un homme, debout à la porte, écoutent. Ils sont très pâles.)
LA FEMME. Maintenant ils sont en bas.
L'HOMME. Pas encore.
LA FEMME. Ils ont cassé la rampe. Quand ils l'ont sorti de chez lui, ils le traînaient. Il était déjà sans connaissance.
L'HOMME. J'ai simplement dit que ce n'était pas chez nous qu'on écoutait à la radio les émissions étrangères.
LA FEMME. Tu n'as dit que ça.
L'HOMME. Je n'ai rien dit d'autre.
LA FEMME. Ne me regarde pas comme ça. Si tu n'as rien dit d'autre, tu n'as rien dit d'autre.
L'HOMME. C'est aussi mon avis.
LA FEMME. Pourquoi ne vas-tu pas à la police déclarer qu'il n'y avait pas de réunion chez eux le samedi ?
(Un temps.)
L'HOMME. Je n'irai pas à la police. Ils l'ont traité d'une façon... De vraies brutes !
LA FEMME. Il ne l'a pas volé. Pourquoi s'occupe-t-il de politique ?
L'HOMME. Mais ils n'avaient pas besoin de lui déchirer sa veste.
LA FEMME. Sa veste n'a rien à faire là-dedans.
L'HOMME. Ils n'avaient pas besoin de la déchirer.
— Scène 2, « La Délation »
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Le S.A : Je ne me ferais pas prier : toujours d'attaque pour bourrer le canon à saucisses. (La cuisinière apporte un plateau.) Oui, il faut savoir se taire! Surprendre l'adversaire, toujours! Tomber sur lui du côté où il croit le ciel sans nuages! Regardez le Führer, quand il prépare un coup! Impénétrable! Vous ne savez absolument rien d'avance. Peut-être bien que lui même ne sait rien d'avance. Et puis ça éclate. Des choses fantastiques. C'est ce qui fait qu'on tremble devant nous. (Il a noué sa serviette. Levant couteau et fourchettes, il s'informe:) Anna! Les patrons ne vont pas rappliquer au moins? Que je ne sois pas là, assis, la gueule pleine de rémoulade. (En exagérant, comme si il avait la bouche pleine:) Heil Hitler!
"La croix blanche"
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« D’ailleurs, je ne suis pas en colère. Si, je le suis. Pourquoi dirais-je toujours amen ? Qu’est-ce qu’il y a de mal dans la forme de mon nez et dans la couleur de mes cheveux ? Je dois quitter cette ville où je suis née, pour qu’ils n’aient pas à me donner ma ration de beurre. Quels hommes vous êtes, oui, toi aussi ! Vous inventez la théorie de quanta et vous vous laissez commander par des brutes qui vous donnent le monde à conquérir, mais qui vous retire le droit de choisir votre femme »
(La femme juive)
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LE TROISIÈME ASSISTANT, qui rédige la fiche du malade : Origine de la maladie, monsieur le professeur ?
LE CHIRURGIEN : Qu’est-ce qui est indiqué ?
LA SUPÉRIEURE : Comme origine de la maladie, il est indiqué : chute dans les escaliers.
LE CHIRURGIEN, dictant : Chute dans les escaliers. Pourquoi ses mains sont-elles liées ?
LA SUPÉRIEURE : Le malade a déjà par deux fois arraché son pansement, monsieur le professeur.
LE CHIRURGIEN : Pourquoi ?
LE PREMIER MALADE, à mi-voix : D’où vient le malade, et où retournera-t-il ? […]
UN DES ASSISTANTS, à un autre : Ouvrier. Vient du camp de concentration d’Oranienburg.
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Vidéo de Bertolt Brecht
Pour son troisième mandat à la tête de la Comédie Française, quelle dynamique souhaite insuffler Éric Ruf à sa troupe ? L'administrateur général de l'institution est notre invité pour en parler, et pour évoquer, en tant que metteur en scène, sa version de "La vie de Galilée" (Bertolt Brecht), jouée à la Salle Richelieu à Paris.
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