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Jean-Claude Hémery (Autre)
EAN : 9782851810069
94 pages
Éditeur : L'Arche (13/06/1997)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Un dimanche, en pleine ville, Un homme, un couteau dans le cœur: cette ombre qui se défile, c'est Mackie-le-Surineur.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  26 septembre 2014
Encore un coup d'essai, encore un coup de maître. Décidément, Bertolt Brecht peut tout se permettre, tout ce qu'il touche se transforme en or. Il peut tout se permettre car il OSE tout se permettre. Rien ne l'effraie, rien ne le dissuade de porter haut et fort les messages qui sont chers à son coeur. En un mot comme en mille, c'est cela qu'on appelle un auteur. (Et même un auteur à la hauteur !).
Cette fois-ci, c'est John Gay et son déjà fort osé et fort remarquable Opéra Des Gueux, datant du XVIIIe, que l'ami Brecht décide de remettre à sa sauce. À la fois très fidèle et très différent, c'est un drôle de jeu d'équilibriste, mais même quand il est sur la brecht, Bertolt sait toujours retomber sur ses pieds.
John Gay avait parodié l'opéra italien très en vogue en son temps en Angleterre et créé un anti-opéra, basé sur des airs très populaires et dont les héros étaient des malfrats. Occasion pour lui de dénoncer beaucoup de travers de la société britannique d'alors.
Bertolt Brecht, qui est toujours friand des critiques sociales, — surtout dans l'Allemagne de l'entre-deux guerres, si vous voyez de quoi je veux parler, — saute sur l'aubaine, réutilise même les noms des personnages, Peachum, Machealth et compagnie mais n'oublie pas, au passage, d'y greffer sa propre sensibilité, ses propres revendications sociales et politiques du XXe siècle, qui, somme toute, collent assez bien au projet littéraire et sociétal de John Gay.
Personnellement, les formes chantées m'horripilent et m'agacent particulièrement, donc le côté « comédie musicale » tel qu'en a (trop) produit le cinéma n'est vraiment pas ce que je préfère. Mais il en faut pour tous les goûts. La pièce alterne donc des phases chantées avec des phases jouées classiquement au théâtre, sans toutefois qu'on puisse confondre cela moindrement avec un véritable opéra.
Le scénario est intéressant : Peachum est un cynique voyou qui organise le business de la mendicité dans tout Londres. Nul ne peut s'improviser mendiant sans être un rouage de sa fine machinerie très hautement structurée.
Son trésor, c'est sa fille Polly, celle qu'il voudrait élever loin de la fange des rues dont il fait son gagne-pain. Alors imaginez sa surprise, et surtout son désarroi et sa fureur lorsqu'il apprend que celle-ci souhaite se marier avec Macheath, le plus notable proxénète et bandit de Londres !
Macheath, alias Mackie-le-surineur ou simplement Mac (vu qu'il s'agit du nom initialement donné au XVIIIe siècle par John Gay, peut-être y a-t-il un lien entre le nom « Mac » et les expressions argotiques « maque », « maquereau » et « être maquée » qu'on utilise de nos jours, à creuser…) est un bandit à la al Capone (voir aussi l'autre pièce de Brecht La Résistible Ascension d'Arturo Ui), très à l'aise, qui graisse la patte à tout le monde pour avoir le privilège de s'exposer au vu et au su de tout le monde.
Donc, sur fond de grande ébullition due au couronnement prochain de la reine d'Angleterre, nous assistons à la lutte de deux éminences du banditisme et de l'exploitation de la misère humaine, à coup de corruption et d'intimidation des forces de police matérialisées par Brown, alias Tiger-Brown, un homme qui sait sortir ses griffes au besoin...
Je vous laisse le soin d'en découvrir davantage si le coeur vous en dit et me contenterai d'ajouter que même si en raison des parties chantées qui m'ennuient quelque peu, je n'ai pas autant goûté cette pièce que d'autres du même auteur, je la considère néanmoins comme une pièce de très haut vol qui vaut le coup d'être découverte et qui reste dans la lignée des grandes dénonciations sociales et politiques de l'auteur. Ceci dit, ce n'est là qu'un avis de quat' sous, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Fabinou7
  24 mars 2020
Le dramaturge allemand signe, en 1928, une pièce sur les bas-fonds du crime, de l'escroquerie et de l'esbroufe.

Au coeur de Soho, Mackie le Surineur règne en maitre sur le crime et les femmes, grâce à ses appuis dans la police. Il s'éprend de la fille de Peachum, le magnat de la mendicité qui a fait des indigents de trottoir et leurs oboles un business juteux et marketing. Faire pleurer le bourgeois, l'apitoyer, un jeu d'acteur en somme.

Fondamentalement, le bourgeois n'a rien contre le mendiant. Peut-être effectivement la vue des indigents, des nécessiteux en trop grand nombre, le dérange, ainsi l'Est de Paris par exemple, était réservé aux bidonvilles quand les quartiers ouest des propriétaires d'usines échappaient aux fumées mortifères de leur capital. Mais le bourgeois a un goût pour la charité, les bonne oeuvres, sorte d'ordre immuable de l'organisation humaine qui ne le menace en rien et ça, les « faux » mendiants, les professionnels de l'aumône, d'hier comme d'aujourd'hui le savent bien…

Brecht, et Kurt Weill qui signe la musique, n'inventent pourtant pas la pièce, Jonathan Swift avait déjà soufflé l'idée à John Gay au XVIIIème siècle, ce dernier connu un grand succès avec son « Opéra des gueux ».

« Nous aimerions tous être bons
Si les circonstances s'y prêtaient »

Cette pièce est l'occasion pour Bertolt Brecht de mettre en pratique ses théories sur ce que doit être le théâtre dans la cité : un inquiéteur de conscience.
Sa méthode, jugée à la fois marxiste et novatrice, est, d'après le spécialiste français de Brecht Bernard Dort, la distanciation ou « Verfremdungseffekt ». Ainsi, Brecht s'inscrit en faux contre le théâtre « naturaliste » qui campe le personnage dans un milieu, cherchant la vraisemblance et la cohésion entre décor, personnage, didascalies et dialogue, de façon à créer l'illusion du plausible.

Avec « l'Opéra de quat'sous », nous n'oublions jamais que nous sommes au théâtre. le public est parfois pris à parti, les personnages cessent tout à coup de suivre le fil de l'intrigue pour se planter face à l'audience et entonner un chant, et d'autres ressorts scéniques comme le deus ex machina revisité.

« Et sans preuve juridique, un requin n'en est pas un ». Sur le plan politique, la pièce opère une sorte de renversement des valeurs bourgeoises et chrétiennes dans le but de provoquer et d'inciter le spectateur à s'interroger sur la société, par exemple la justice au service d'un ordre corrompu : « nos juges sont parfaitement et radicalement incorruptibles : aucune somme d'argent ne saurait les inciter à rendre une justice équitable. »

Et s'il ne fallait retenir qu'une phrase emblématique de ce miroir renversé de la société, à la fois provocatrice, pathétique et primaire :

« Vous pouvez retourner ça dans tous les sens
La bouffe vient d'abord, ensuite la morale »

Qu'en pensez-vous ?
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deuxquatredeux
  07 août 2018
Quelque part dans la décennie 1990. À l'Espace Julien, sis quartier de la Plaine à Marseille. The Young Gods, groupe suisse, vient présenter son album du moment, T.V. Sky. Comme d'habitude dans un concert, le groupe joue également d'autres morceaux de son répertoire et des reprises comme :
« Well, show me the way
To the next whisky bar
Oh, don't ask why
Oh, don't ask why
Show me the way
To the next whisky bar
Oh, don't ask why
Oh, don't ask why
For if we don't find
The next whisky bar
I tell you we must die
I tell you we must die
I tell you, I tell you
I tell you we must die
Oh, moon of Alabama
We now must say goodbye
We've lost our good old mama
And must have whiskey, oh, you know why
Oh, moon of Alabama
We now must say goodbye
We've lost our good old mama
And must have whisky, oh, you know why, yeah
Well, show me the way
To the next little girl
Oh, don't ask why
Oh, don't ask why
Show me the way
To the next little girl
Oh, don't ask why
Oh, don't ask why
For if we don't find
The next little girl
I tell you we must die
I tell you we must die
I tell you, I tell you
I tell you we must die
Oh, moon of Alabama
We now must say goodbye
We've lost our good old mama
And must have whisky, oh, you know why ».
Oh, une reprise de The Doors !
Après le concert, petite recherche pour se rendre compte que la reprise n'est pas de The Doors mais de Kurt Weil. The Doors ont repris Kurt Weil sous le titre « Alabama song (Whiskey Bar) » - David Bowie reprendra ce titre plus tard également. De leur côté, The Young Gods ont consacré un album entier sobrement intitulé « Play Kurt Weil » à la musique de Kurt Weil.
Sur cet album, cinq titres - Prologue, Salomon Song, Mackie Messer, Seeräuber Jenny et Ouverture - viennent de L'Opéra de quat'sous - en allemand, Die Dreigroschenoper, littéralement L'opéra des trois Groschen*, une monnaie en vigueur dans l'esapce germanique au Moyen-Âge - une collaboration entre Bertolt Brecht et Kurt Weil.
À l'époque, le succès quasi immédiat de L'Opéra de quat'sous tient tout autant de la musique composée par Kurt Weil que par le livret de Brecht, adaptation de L'Opéra des gueux de l'anglais John Gay que Brecht « mixa » avec des textes De Rudyard Kipling et Villon.
Aujourd'hui, au moins en France, on se souvient surtout de Bertolt Brecht et un peu moins de Kurt Weil alors qu'ils sont tous les deux indissociables dans l'espace germanophone et que leur collaboration continua au-delà de L'Opéra de quat'sous.
L'Opéra de quat'sous est non seulement à lire pour le texte de Brecht - modernité des thèmes traités qu'ils relèvent du sociétal, du politique ou de la critique du capitalisme - mais également à écouter pour la musique de Weil.
Die Moritat** von Mackie Messer - La complainte de Mackie en français - :
« Und der Haifisch, der hat Zähne

Und die trägt er im Gesicht

Und Macheath, der hat ein Messer

Doch das Messer sieht man nicht.
Und es sind des Haifischs Flossen

Rot, wenn dieser Blut vergießt

Mackie Messer trägt 'nen Handschuh

Drauf man keine Untat liest.
An der Themse grünem Wasser

Fallen plötzlich Leute um

Es ist weder Pest noch Cholera

Doch es heißt: Mackie geht um.
An'nem schönen blauen Sonntag

Liegt ein toter Mann am Strand

Und ein Mensch geht um die Ecke

Den man Mackie Messer nennt.
Und Schmul Meier bleibt verschwunden

Und so mancher reiche Mann

Und sein Geld hat Mackie Messer

Dem man nichts beweisen kann.
Jenny Towler ward gefunden

Mit 'nem Messer in der Brust

Und am Kai geht Mackie Messer

Der von allem nichts gewußt.
Wo ist Alfons gleich, der Fuhrherr?

Kommt er je ans Sonnenlicht?

Wer es immer wissen könnte

Mackie Messer weiß es nicht.
Und das große Feuer in Soho

Sieben Kinder und ein Greis

In der Menge Mackie Messer, den

Man nichts fragt, und der nichts weiß.
Und die minderjähr'ge Witwe

Deren Namen jeder weiß

Wachte auf und war geschändet
Mackie welches war dein Preis? »

est un superbe texte - c'est l'un des passages les plus célèbres de l'opéra - repris en standard jazz entre autres par Louis Armstrong et par Ella Fitzgerald.
Joués par The Young Gods, Mackie Messer et la musique de Kurt Weil sont résolument modernes. le détour par The Young Gods constitue une excellente introduction à la musique de Kurt Weil et à l'opéra.
* Bizarrement, la parité n'a pas été respectée.
** Une moritat est une complainte médiévale chantée par les ménestrels.
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Bazart
  27 novembre 2018
Comme pour Rabbit Hole vu il ya peu, un autre grand succès d'une création de théâtre lyonnais de l'an dernier est revenu pour quelques représentations au grand plaisir des retardataires que nous sommes.
Il s'agit de l'opéra de quat'sous, un classique de théâtre musical- terme plus approprié que comédie musicale crée en 1928 par Bertolt Brecht et Kurt Weill que Jean Lacornerie, le directeur du Théâtre de la Croix Rousse a revisité dans une mise en scène particulièrement flamboyante.
Jean Lacornerie, accompagné de ses fidèles complices Lisa Navarro, scénographe et Émilie Valentin, marionnettiste, ont construit un spectacle hybride et ambitieux associant théâtre, cabaret et marionnettes.
Comédiens, musiciens et chanteurs se mêlent aux marionnettes d'Émilie Valantin, dans cette pièce qui emprunte largement sa forme au cabaret.
Jean Lacornerie, qui connait son Kurt Weil sur le bout de ses ongles, a voulu revenir au texte original, tel qu'il avait été créée avant d'être interdit en 1933 par les nazis, et non pas à la version la plus jouée, celle qui avait été finalement été retenu par un Brecht brouillé depuis longtemps avec son compositeur fétiche. Ici, la pièce réaffirme joliment la prédominance de la musique sur le texte, et Jean Lacornerie, qui a toujours adulé les partitions de Kurt Weil, soigne particulièrement l'emballage musical de l'ensemble.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Marti94
  17 mars 2015
« L'Opéra de quat' sous » est une comédie musicale écrite par Bertolt Brecht. Elle a été créée en version française en 1939. On y retrouve les thèmes privilégiés de l'auteur allemand : la misère sociale, la corruption, le banditisme, la prostitution. Mais ce qui en fait l'originalité c'est qu'aucun des personnages n'est vrai : ils ne sont que les personnifications temporaires et artificielles des idées que la bourgeoisie se fait des prostituées, des gangsters ou encore des mendiants.
Cette histoire nous plonge dans les bas-fonds de Soho, à Londres, vers 1900, où brigands et bourgeois s'exploitent, rêvent et s'encanaillent. Peachum, qui fait de la pauvreté son fonds de commerce, s'enrichit sur le dos de faux mendiants s'évertuant à éveiller la compassion des passants. Ces rues sont aussi le domaine de Mackie le Surineur, petit truand aux compétences multiples. Parce qu'il n'est ni charmant ni galant, il séduit, au grand dam de ses parents, Polly Peachum. Les épousailles de pacotille sont organisées à la hâte par la bande de Mackie dans une écurie. Mais le bonheur de la belle ne durera pas, son prince étant livré à Tiger-Brown, chef de la police et meilleur ami de Mackie, par la jalouse Jenny-des-Lupanars.
J'ai trouvé l'intrigue assez complexe mais j'ai eu la chance de voir et d'écouter « L'Opéra de quat' sous » à la comédie Française en 2011 et la musique de Kurt Weill marquée par le Jazz symphonique est d'une très grande puissance émotionnelle.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   04 octobre 2014
(Peachum soulève le rideau d'une vitrine où se trouvent cinq mannequins de cire.)
FILCH : Qu'est-ce que c'est ?
PEACHUM : Ce sont les cinq types fondamentaux de misère qui sont capables d'émouvoir le cœur de l'homme. La vue de ces différents types plonge l'homme dans cet état contre-nature où il est prêt à lâcher son argent. Équipement A : victime du progrès des moyens de transport. L'alerte paralytique, toujours gai (il mime le personnage), toujours insouciant, à peine assombri par son moignon. Équipement B : victime de l'art de la guerre. L'insupportable trembloteur, importune les passants. Travaille par le dégoût qu'il inspire (il mime le personnage), dégoût que la vue de ses nombreuses décorations atténue à peine. Équipement C : victime de l'essor industriel. Le pitoyable aveugle, ou la haute école de l'art mendicitaire. (Il mime le personnage, en s'avançant à tâtons vers Filch. Au moment où il se heurte à Filch, celui-ci, effrayé, pousse un cri. Peachum s'arrête aussitôt, le toise d'un air stupéfait, et se met à hurler :) Il a pitié ! Jamais, au grand jamais, vous ne ferez un bon mendiant ! Regardez-moi ça ! C'est à peine capable de faire un bon passant ! Bon, équipement D ! Celia, tu as encore bu ! et maintenant, tu n'as pas les yeux en face des trous ! Le numéro cent trente-six s'est plaint de ses frusques. Combien de fois devrai-je te répéter qu'un gentleman n'enfile jamais de vêtement crasseux. Le numéro cent trente-six a payé pour un costume flambant neuf. Les taches, le seul élément du costume qui doive inciter à la pitié, il fallait les faire à l'aide de la stéarine de bougie appliquée au fer chaud. Mais tu ne penses à rien ! Il faut que je fasse tout moi-même ! (À Filch :) Déshabille-toi et enfile-moi ça, mais entretiens-le bien !
FILCH : Et que deviennent mes affaires ?
PEACHUM : Propriété de la société. Équipement E, " Jeune-homme-qui-a-connu-des-jours-meilleurs ", ou, éventuellement, " qui a mangé son pain blanc en premier ".

Acte I, Tableau 1.
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Nastasia-BNastasia-B   29 septembre 2014
MAC : Mesdames et messieurs, vous voyez devant vous l'un des derniers représentants d'une classe appelée à disparaître. Nous autres, petits artisans aux méthodes désuètes, qui travaillons avec d'anodines pinces-monseigneur les tiroirs-caisses des petits boutiquiers, nous sommes étouffés par les grandes entreprises appuyées par les banques. Qu'est-ce qu'un passe-partout, comparé à une action de société anonyme ? Qu'est-ce que le cambriolage d'une banque, comparé à la fondation d'une banque ?

Acte III, Tableau 9.
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Nastasia-BNastasia-B   06 octobre 2014
FILCH : Voilà une douzaine de poules aux yeux cernés qui s'amènent en trottinant, madame Peachum. Elles disent qu'elles viennent chercher de l'argent.
(Entrent les putains.)
JENNY : Madame...
MADAME PEACHUM : Alors ? On dirait que vous venez de tomber du perchoir. Je suppose que vous venez cherche la prime pour votre Macheath ? Bon, eh bien, vous n'aurez rien, vous entendez, rien du tout.
JENNY : Comment devons-nous l'entendre, madame ?
MADAME PEACHUM : Envahir ma boutique en pleine nuit ! Faire irruption dans une maison honnête à trois heures du matin ! Vous feriez mieux de dormir pour vous reposer du turbin. Vous êtes appétissantes comme du lait vomi.
JENNY : Ainsi, madame, vous ne voulez pas nous verser les honoraires convenus pour l'arrestation de monsieur Macheath.
MADAME PEACHUM : Exactement.

Acte III, Tableau 7.
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Nastasia-BNastasia-B   24 septembre 2014
MADAME PEACHUM : Polly, c'est pourtant ce que tout le monde fait !
POLLY : Eh bien, je suis une exception.
MADAME PEACHUM : Et moi, je vais te botter les fesses, espèce d'exception !
POLLY : Oui, c'est ce que font toutes les mères dans ces cas-là, mais ça ne sert à rien. Parce que l'amour est situé plus haut que les fesses.

Acte I, Tableau 3.
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Nastasia-BNastasia-B   05 octobre 2014
PEACHUM : C'est pour l'homme un droit sur cette terre
Où il ne fait que passer, que d'être heureux.
Avoir sa part de toute joie sous les cieux,
Avoir à manger du pain et non des pierres,
C'est le droit le plus strict de l'homme sur cette terre.
Pourtant on n'a jamais vu ici-bas
Qu'un homme voie son droit reconnu.
[...]
Être bon, qui ne le voudrait ?
Donner son bien aux pauvres, pourquoi pas ?
Si tous étaient bons, Son Règne s'accomplirait.
Et qui ne voudrait marcher sur Ses pas ?
Être bon, qui ne le voudrait ?
Mais sur cette triste planète,
Les moyens sont restreints, l'homme est brutal et bas.
Qui ne voudrait, par exemple, être honnête ?
Les circonstances ne s'y prêtent pas.

Acte I, Tableau 3.
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Vidéo de Bertolt Brecht
Le réalisateur Arnaud Desplechin signe pour la Comédie Française sa deuxième mise en scène, après Père de Strindberg en 2015. Il intègre ainsi au répertoire l'auteur étasunien Tony Kushner, traducteur de Brecht et de L'illusion comique, qui s'est parfois présenté comme gay, marxiste et juif. Sa pièce "Angels in America" est une oeuvre majeure sur le sida, le déclin d'une civilisation en proie l'angoisse eschatologique, et les années Reagan.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 22 janvier 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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