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André Robert (Traducteur)Guy de Maupassant (Préfacier, etc.)
EAN : 9782080705877
220 pages
Flammarion (07/01/1993)
3.52/5   63 notes
Résumé :
"Maintenant, ô immortalité, tu es toute à moi ! Tu brilles à travers le bandeau de mes yeux Avec l'éclat de mille soleils ! Des ailes poussent à mes deux épaules, Mon esprit s'élance dans le calme des espaces éthérés ; Et comme un bateau qui, ravi par le souffle du vent, Voit s'engloutir le joyeux tumulte du port, Ainsi pour moi toute la vie dans un crépuscule s'abîme : À présent, je distingue encore des couleurs et des formes, Et à présent tout n'est plus que bro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Le Prince de Hombourg est un drame héroïque et romantique en cinq actes de l'éphémère mais flamboyant Heinrich von Kleist, auteur à la destinée et au tempérament presque aussi fantasque et baigné du sens de l'honneur que celui de son héros.

La pièce, terminée en 1811 en pleine tourmente napoléonienne, s'appuie sur des faits historiques réels datant de la guerre de Trente Ans entre Louis XIV et la famille d'Orange qui régnait alors sur les Pays-Bas. le Roi-Soleil étant entré en conflit contre ces derniers, le Prince Électeur du Brandebourg, Frédéric-Guillaume, vient combattre à leurs côtés contre l'encombrant souverain des Français.

Mais Louis XIV, pas en reste, prenant acte de cette décision, faisant jouer ses alliances, provoque l'entrée en guerre des Suédois contre l'Électeur du Brandebourg. Celui-ci se voit donc défié sur ses propres terres et appelle donc à combattre toute la fine fleur de sa noblesse, parmi laquelle palpite son bouillant cousin, le Prince de Hombourg.

À plusieurs reprises déjà, le Prince de Hombourg a fait parler sa fougue sur le champ de bataille. Ce n'est pas toujours très orthodoxe, cela ne suit guère les prescriptions du plan établi en amont, mais le plus souvent, cela emporte la victoire et même, avec un certain panache.

En outre, aujourd'hui se joue une bataille décisive. Chacun devra tenir le rang qui lui sera assigné. le feldmaréchal explique bien précisément l'ordre de bataille. Mais à la vérité, notre prince est un peu distrait... Son coeur bat pour la princesse Natalie, nièce de l'Électeur. Il en rêve même carrément la nuit, ce dont chacun, en haut lieu, a pu être le témoin à la veille de la bataille décisive car, bien qu'étant en plein sommeil, le Prince de Hombourg tressait une couronne de lauriers et s'imaginait aux bras de sa belle.

Le fait est qu'encore une fois, lors de la bataille, de Hombourg n'en fera qu'à sa tête et n'écoutera que sa fougue. Encore une fois, la victoire sera au bout, mais quelle est la part de chance dans la manoeuvre ? quelle est la part d'inconscience ? quels risques ont été encourus ? quel était le plus haut intérêt de l'État ? C'est ce à quoi l'auteur nous invite à réfléchir.

Les lois sont les lois et les règles de la guerre sont les règles de la guerre. Se targuant d'une parfaite impartialité et soumissions aux lois, l'Électeur décide de faire comparaître le Prince de Hombourg devant la cour martiale pour insubordination. Est-ce du bluff ? Est-ce du sérieux ? Quel genre de décision peut bien rendre un tribunal militaire de l'époque pour un tel forfait ?

Nul ne sait et ne comptez pas sur moi pour vous l'apprendre. Néanmoins, le fait est que voici le Prince derrière les barreaux et privé de son épée... Bref, le héros romantique par excellence, avec ses flammes, ses envolées lyriques, son sens de l'honneur exacerbé, l'iniquité d'un destin qu'il faut affronter, fort comme un roc il avance poitrine au vent, mais c'est pour mieux livrer à l'adversité ses nombreuses failles et points faibles...

Personnellement, j'ai bien aimé cette pièce, l'ai trouvée agréable mais sans plus, sans foudre, pas de celles que je juge mémorables. Je n'ai pas vibré autant qu'aux accents flamboyants d'un Schiller par exemple. Cette pièce — et notamment le rôle principal — fut rendue célèbre par une prestation mémorable de Gérard Philipe en Avignon dans les années 1950 et dont on trouve encore l'enregistrement sonore.

À voir donc si vous vous sentez des affinités pour ce genre de théâtre, pour les autres, probablement pas un indispensable. Mais quoi qu'il arrive, ce sera toujours à vous d'en juger car ce n'est là qu'un avis, non princier, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Kleist a-t-il voulu, dans ce drame, avec son style aussi alerte que visionnaire, exalter les liens sacrés de l'amour et de la patrie et face à la menace Napoléonienne d'anciennes solidarités qui unissent des hommes dans la guerre ? le Prince de Hombourg nous apparaît d'abord comme un jeune homme dément qui, victime de somnambulisme, à la veille d'une importante bataille, se tresse au clair de lune une fausse couronne de gloire. L'électeur assiste à cette scène quelque peu étrange, accompagné par quelques chevaliers, sa femme et sa nièce, la jeune Princesse d'Orange, et propose à celle-ci, pour le railler, de lui tendre sa fausse couronne entourée d'une chaîne d'or. le jeune Prince rêvant, se précipitant, gardera de la Princesse un gant... Peu avant la bataille, c'est encore tout étourdi qu'il écoutera les instructions... Et s'il l'emporta face au "monstre Suédois", ce fut sans en tenir compte et dans la précipitation, au point qu'on crut même, dans la confusion, que l'électeur fut mort. le Prince de Hombourg sera jugé pour insubordination et condamné. L'électeur, en dépit d'interventions multiples et répétées, lui refusera d'abord sa grâce, la loi l'emportant sur tous les sentiments. le jeune Prince, face à un destin aussi cruel, dans sa démesure et ses égarements, nous paraît alors comme le héros d'une tragédie Grecque, dont kleist sait parfaitement imiter les accents, sauf qu'ici, dans ce drame patriotique, et après maintes tractations il sera sauvé et, la guerre reprenant, reconduit au sein de ses armées.
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Cette pièce est à la fois classique et moderne. C'est une pièce classique quant à son intrigue, où le héros lutte entre son devoir et son amour. Mais c'est surtout un drame romantique : sur la forme, la règle des trois unités a explosé. La première scène commence sur un ton presque fantasmagorique, avec une vision mêlant couronne de gloire et fée irréelle. Si elle est expliquée rationnellement par le somnambulisme du personnage, c'est une prémonition de la dernière scène. Ce personnage principal est un être torturé, tiraillé entre son désir de gloire, son amour, son respect des règles.
Ce sens du devoir n'est pas celui de l'honneur de Rodrigue - ou d'Hernani. C'est le devoir au sens propre, dans une conception qui semble très germanique. L'héroïsme individuel et la quête de gloire personnelle n'ont plus leur place dans un Etat moderne qui n'est plus qu'une machine rationnelle exigeant l'obéissance de ses sujets. L'Electeur ne peut rejouer la scène de la clémence d'Auguste dans Cinna, puisque lui-même cède à la Loi. le Prince rejoint alors les héros romantiques qui se battent pour la liberté - avec une résonnance politique pour l'auteur dans le contexte des affirmations nationalistes des peuples. Il ne meurt pas, mais il aurait dû.
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C'est la dernière oeuvre achevée par Kleist avant sa mort. Une pièce en cinq actes, qui met en scène un jeune héros romantique, le prince de Hombourg, vaillant chef de guerre, animé à la fois de sentiments amoureux et de rêves de gloire. Un héros qui a du mal à faire la part entre le rêve et la réalité, cette opposition du rêve et de la réalité étant un thème éminemment romantique. Au début de la pièce, à la veille d'une bataille, il est surpris en pleine crise de somnambulisme. Plus tard, repensant à ses rêves, il n'entendra pas l'ordre capital donné par l'Electeur : pour éviter toute action prématurée, le prince de Hombourg devra attendre l'ordre exprès d'attaquer l'ennemi (les Suédois ici). La victoire est remportée , mais comme la cavalerie du prince de Hombourg a attaqué trop tôt, les ponts de l'ennemi n'ont pas pu être détruits. le prince n'ayant pas exécuté tous les ordres, il encourt la peine capitale. Interviendront alors différents personnages qui demanderont sa grâce..
C'est le chef-d'oeuvre du théâtre romantique allemand, qui allie la perfection de la forme, l'intensité psychologique des personnages, la beauté classique de la langue et la profondeur des réflexions. L'auteur, Kleist, a lui-même été officier, ce qui donne une grande authenticité aux dialogues.
De très beaux thèmes développés ici : l'opposition rêve-réalkité, amour-loi, intérêt individuel-intérêt commun…
Enfin, pour les plus anciens, on ne peut qu'évoquer la magistrale interprétation de Gérard Philipe au TNP (1951) qui a joué un rôle important dans la réception de Kleist comme auteur romantique.
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Je suis convaincu que si cette pièce continue d'être publiée de nos jours, c'est qu'elle détient un certain mérite. Mais décidément, la magie n'a pas opéré pour moi. J'y ai trouvé bien peu d'attraits, mis à part quelques tirades inspirées. J'ai trouvé l'histoire et le comportement du prince légèrement ridicules (ce dernier semble atteint du trouble des personnalités multiples), l'enchaînement des répliques parfois confuse... Bon j'avoue être un néophyte en théâtre, mais j'ai été loin de retrouver le plaisir fourni par ''Lorenzaccio'' ou ''Cyrano de Bergerac''. Et j'ai largement préféré les 8 nouvelles de Kleist lues auparavant.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Celui qui aujourd'hui, à la cime de la vie,
Embrasse du regard son avenir comme un royaume
de fées,
Sera allongé, demain, puant, entre deux planches
étroites,
Et un pierre dira de lui : il fut !
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Une victoire trop cher payée. Je ne l'aime pas. Rendez moi le prix qu'elle a coûté.
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L'ÉLECTEUR : De quel droit peux-tu, insensé, nourrir de tels espoir, si, sur le char de combat, il est permis à chacun de me prendre les guides des mains ? Penses-tu que la fortune doive toujours, comme en ce cas, récompenser l'insubordination ? Je ne veux pas d'une victoire engendrée par le hasard comme un bâtard ; je veux maintenir en honneur la loi, mère de ma couronne, qui m'a donné toute une lignée de victoires !
KOTTWITZ : Seigneur, [...] qu'as-tu à faire, dis-moi, de la règle selon laquelle on bat l'ennemi : pourvu qu'il tombe devant toi avec tous ses drapeaux ? La règle qui le bat, c'est la règle suprême !

Acte V, Scène 5.
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L'ÉLECTEUR : C'est une brillante victoire que celle d'aujourd'hui et j'en veux demain au pied de l'autel remercier Dieu. Pourtant serait-elle dix fois plus grande, cela n'excuse en rien celui par la faute de qui je la dois au hasard : il me reste plus de batailles encore à livrer et je veux qu'il soit obéissance à la loi. Qui que ce soit qui ait mené les cavaliers à la bataille, il a, je le répète, joué sa tête et je le fais comparaître devant une cour martiale.

Acte II, Scène 9.
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L'ÉLECTEUR :
De quel droit, pauvre fou, espères-tu cela
Si chacun, sur le char du combat,
Peut me prendre les rênes des mains?
Crois-tu que la chance va sans cesse, comme elle vient de le faire,
Récompenser la désobéissance d'une couronne de gloire?
Je n'aime pas la victoire qui, enfant du hasard,
Tombe comme à la loterie ; c'est la loi,
Mère de ma couronne, que je veux préserver,
Elle qui m'a engendré et m'a donné tant de victoires!
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Videos de Heinrich von Kleist (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Heinrich von Kleist
"[…] les auteurs d'aphorismes, surtout lorsqu'ils sont cyniques, irritent ; on leur reproche leur légèreté, leur désinvolture, leur laconisme ; on les accuse de sacrifier la vérité à l'élégance du style, de cultiver le paradoxe, de ne reculer devant aucune contradiction, de chercher à surprendre plutôt qu'à convaincre, à désillusionner plutôt qu'à édifier. Bref, on tient rigueur à ces moralistes d'être si peu moraux. […] le moraliste est le plus souvent un homme d'action ; il méprise le professeur, ce docte, ce roturier. Mondain, il analyse l'homme tel qu'il l'a connu. […] le concept « homme » l'intéresse moins que les hommes réels avec leurs qualités, leurs vices, leurs arrière-mondes. […] le moraliste joue avec son lecteur ; il le provoque ; il l'incite à rentrer en lui-même, à poursuivre sa réflexion. […]
On peut toutefois se demander […] s'il n'y a pas au fond du cynisme un relent de nostalgie humaniste. Si le cynique n'est pas un idéaliste déçu qui n'en finit pas de tordre le cou à ses illusions. […]" (Roland Jaccard.)
0:14 - Bernard Shaw 0:28 - Julien Green 0:45 - Heinrich von Kleist 1:04 - Georges Henein 1:13 - Ladislav Klima 1:31 - Michel Schneider 1:44 - Hector Berlioz 1:55 - Henry de Montherlant 2:12 - Friedrich Nietzsche 2:23 - Roland Jaccard 2:37 - Alphonse Allais 2:48 - Samuel Johnson 3:02 - Henrik Ibsen 3:17 - Gilbert Keith Chesterton 3:35 - Gustave Flaubert 3:45 - Maurice Maeterlinck 3:57 - Fiodor Dostoïevski 4:08 - Aristippe de Cyrène 4:21 - Générique
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Référence bibliographique : Roland Jaccard, Dictionnaire du parfait cynique, Paris, Hachette, 1982.
Images d'illustration : Marquise de Lambert : https://de.wikipedia.org/wiki/Anne-Thérèse_de_Marguenat_de_Courcelles#/media/Datei:Anne-Thérèse_de_Marguenat_de_Courcelles.jpg George Bernard Shaw : https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Bernard_Shaw#/media/Fichier:G.B._Shaw_LCCN2014683900.jpg Julien Green : https://www.radiofrance.fr/franceculture/le-siecle-d-enfer-de-l-ecrivain-catholique-et-homosexuel-julien-green-8675982 Heinrich von Kleist : https://fr.wikipedia.org/wiki/Heinrich_von_Kleist#/media/Fichier:Kleist,_Heinrich_von.jpg Georges Henein : https://www.sharjahart.org/sharjah-art-foundation/events/the-egyptian-surrealists-in-global-perspective Ladislav Klima : https://www.smsticket.cz/vstupenky/13720-ladislav-klima-dios Michel Schneider : https://www.lejdd.fr/Culture/Michel-Schneider-raco
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