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EAN : 9782266151801
341 pages
Éditeur : Pocket (19/10/2006)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Au milieu du XIXe siècle, la montagne est peu à peu apprivoisée. Cyprien Vétraz est l'un des meilleurs guides des Alpes du Nord et, pourtant, on lui refuse l'entrée à la Compagnie des guides nouvellement créée...

1865, dans un village des Alpes du Nord, Cyprien Vétraz est l'un des meilleurs montagnards de sa vallée. Fier et digne, le visage encadré de larges favoris blonds, respecté de tous mais jalousé pour ses exploits, il est pourtant refusé à la C... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Wyoming
  04 juin 2020
Une jolie odyssée montagnarde, au pays du Giffre, une action se situant en 1865, année de l'âge d'or de l'escalade, puisque c'est elle qui vit le plus grand nombre de conquêtes de sommets alpins.
Mais les protagonistes de ce roman sont bien à l'écart de ces conquêtes menées le plus souvent par les britanniques, ils ont fort à faire entre les travaux de la terre, du bois pour l'hiver, et quand même des courses en montagnes pour quelques clients.
Le roman s'articule autour d'un personnage principal, Cyprien, homme honnête, véritable montagnard, force de la nature, capable de lire dans les regards, de porter aussi des souffrances, la dispartion prématurée des parents, la vie finissante du grand-père. Cyprien est un héros très attachant, un homme aux valeurs ancrées solidement au tréfonds de son être, capable de sentiments, même si ceux-ci sont le plus souvent énoncés que par la puissance du regard.
Un deuxième personnage est capital, l'ingénieur qui a besoin de Cyprien pour son projet fou de découvrir de l'or au coeur du glacier. Il n'est pas sympathique, dur et faible à la fois, dépendant de Cyprien qu'il admire sans l'avouer, enfermé dans ses fantasmes.
La personnalité du grand-père est également très forte, homme sur la fin de sa vie, perclus de douleur, guetteur du ciel et des âmes, particulièrement celles de ses petit-fils.
L'histoire, bien que naïve, tient la route. Elle est peu structurée, les chapitres se suivent avec certain manque de cohérence, largement compensé par les descriptions des saisons et du temps en montagne, brouillard, pluie, neige, orage, printemps lumineux, automne flamboyant, hiver figé dans neige et glace, l'ensemble procurant aux amateurs un vrai plaisir de lecture.
Il manque quelquefois le style pour atteindre le niveau d'un Frison-Roche qui est effleuré par moments, même si les clichés descriptifs sont un peu trop récurrents.
Ce roman fleure la montagne, le terroir, la vie dure, une époque très bien traduite, avec le vocabulaire désignant des objets, outils, lieux tels qu'ils étaient en 1865.
Belle lecture.
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Commenter  J’apprécie          210
gavarneur
  24 mars 2016
Ne l'ouvrez pas si vous cherchez une histoire qui coule toute seule et des personnages qui vous ressemblent.
Il y a dans ce livre des morts, des sauvetages, des aventures en montagne, et plus. Il y a un pays, le massif du Giffre (en Haute Savoie). Il y a surtout un groupe humain, vivant durement dans ce pays rude, vers 1865, époque où le goût de l'alpinisme se développe. Et tout n'y est pas rose, on s'y affronte, par les mots ou par les poings si besoin. Pourtant la solidarité y est frappante : intérêts communs, besoin de s'entraider pour des travaux durs, pour des luttes contre les éléments (eau, feu...), mais aussi empathie sans autre justification que le sens du devoir, de la communauté et l'amour du prochain.
Eh bien, la lecture ressemble à ces hommes et à ces femmes : elle n'est pas facile, elle ne livre pas immédiatement ses aspects les plus amènes. Les longues descriptions, la lenteur de l'action au début, l'aspect peu sympathique du personnage du premier chapitre demandent au lecteur un peu de persévérance.
Le langage rapporté, plein d'expressions dont certaines persistent en Haute Savoie (et un peu plus loin) m'a attiré avant le fond. Un vocabulaire rare, souvent local, m'a plu, tout en continuant à me demander un peu d'effort. Je vous livre quelques exemples de mots ou d'expressions que je connaissais peu ou pas (êtes vous plus savant dans ce domaine?)  :
Une croche (dans le sens de gaffe, crochet)
une bézière*
un chapi
une gueule d'empeigne
baboler
le miche à foin
je me suis mis le piot à la renverse
Endurant, attiré et fatigué tout à la fois, j'ai poursuivi ma lecture, avec un plaisir croissant. Car outre le fait que des péripéties satisfaisaient après les premiers chapitres ma nature de lecteur naïf, je me suis peu à peu senti bien proche de ces rudes paysans montagnards, partageant leurs espoirs, leurs querelles, leurs amitiés. C'est vraiment cet aspect portrait de groupe** qui fait le sel de cette lecture.
Petite remarque finale : la quatrième de couverture reflète très mal le sujet du récit, mais ce n'est pas un défaut : quel besoin aurais-je qu'on me résume l'action avant que je ne la découvre ?
*Les bézières étaient des canaux en bois posées sur des poteaux afin de transporter l'eau d'alimentation des moulins et scieries (www. morzine-avoriaz.com)
** j'ai bien souvent envie de reprendre le titre du roman de Böll
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luis1952
  05 août 2020
Le roman se déroule en 1865 à Sixt Fer à cheval , en Haute Savoie. C'est le début de l'alpinisme dans cette région. Quelques années plus tôt, Jacques Balmat avait escaladé le Mont blanc.
Quelques personnages principaux suffisent pour meubler l'histoire qui se passe dans la région du Haut- Giffre, pays enchanteur, paysages époustouflants ...
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etoile05
  20 décembre 2014
Je n'ai pas vraiment aimé ce livre, bien qu'il parle de montagne. L'ambiance décrite n'est pas joyeuse, le récit est trop long, trop lent. le personnage principal n'est guère attachant. Et le milieu décrit (les guides de montagne au début des créations des compagnies) est plutôt hostile, injuste. Encore une fois, le montagnard n'est pas mis sous son meilleur jour, il est décrit de façon plutôt triste, et est perçu comme un être renfermé. Je trouve ces portraits toujours sinistres peu glorieux pour tous les montagnards...
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Citations et extraits (66) Voir plus Ajouter une citation
luis1952luis1952   03 août 2020
Au bout d'un moment, il se souvint qu'il était lui aussi pieds nus dans la neige...
Le pied n'avait plus de forme, les orteils non plus.
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luis1952luis1952   31 juillet 2020
Le souffle court, les yeux presque à palper ses pieds. L'un après l'autre, il les remua. Ses orteils aussi, pour lesquels il prit plus de précaution, sachant ce qu'un engourdissement, ou pire, une immobilité trahirait.
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WyomingWyoming   03 juin 2020
La nuit était belle. Le ciel avait tendu son voile bleu marine d'un bout à l'autre de la vallée, prenant appui sur chacun des sommets. Pas un nuage ne le plissait. Partout dans les pâtures, une fine rosée s'était déposée, libérant des odeurs d'herbes sucrées et de terre mouillée. Le long des lisières de noisetiers, un vent timide fouinait sans bruit, furetait comme un chien sous le couvert, hésitait, puis repartait, entraînant dans son sillage des odeurs fortes de sous-bois et de troncs moussus.
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WyomingWyoming   02 juin 2020
Il questionnait la roche du regard, une roche rabotée par le vent, dure et fière le long des couloirs. Rongée par une sorte de pelade sur toute la partie gauche, là où le moutonnement des épicéas avait réussi à prendre racine. Le gros de la troupe se blottissait en une longue crinière vert foncé abandonnant à quelques troncs le soin de jouer les éclaireurs, lesquels s'agrippaient là où pourtant rien ne semblait vivre. Des sacrifiés vaillamment accrochés à la roche, avec leurs branches tordues, leurs flèches tourmentées, tête de pont illusoire d'un mouvement de troupe qui ne se ferait jamais.
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gavarneurgavarneur   15 mars 2016
D'énormes plaques de neige arrondies comme des édredons pendaient des toits. A coup de hache, on brisait ces surplombs, aussi durs que la pierre, allégeant ainsi les charpentes et les arbalétriers. Quand la tâche devenait trop pénible, on montait sur les toits pour scier la neige au passe-partout comme l'auraient fait des scieurs de long.
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