AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Albert Kohn (Autre)
EAN : 9782070221530
608 pages
Gallimard (14/10/1980)
4.49/5   43 notes
Résumé :
Virgile est mort à l'âge de cinquante et un ans, à Brindisi, le 21 septembre 19 av. J. -C ; au retour d'un voyage en Grèce où il avait contracté la malaria. Déçu par son temps, il avait voulu, au cours de ses derniers jours, détruire le manuscrit de L'Enéide.
Tels sont les faits historiques qui ont servi de point de départ à l'ouvrage d'Hermann Broch, vaste méditation lyrique où les rêves du poète à l'approche de la mort se mêlent, dans le flux d'un monologu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
pasiondelalectura
  27 juillet 2019
Le livre est bâti sur les 18 dernières heures de la fin de vie de Virgile lequel est ramené en piteux état De Grèce où il avait contracté la malaria. Broch a organisé cette temporalité en 4 chapitres liés au cycle de la vie: L‘arrivée, La descente, L'attente et le retour. Et la mort est racontée en 4 mouvements qui correspondent aux 4 éléments naturels : l'eau, le feu, la terre et l'air (éther).
Dans ce texte empreint de mysticisme, Broch va consacrer 600 pages a une sorte de rêve, de délire agonique, d'une lente surrection des souvenirs les plus intimes de Virgile. C'est un texte mystique, impregné de la présence du Christ qui va hanter tout le roman (à noter la conversion au christianisme de Broch) et son originalité est de nous présenter le Sauveur comme le pressentiment d'une Voix et d'une Chair. L'auteur développe les thèmes de la vie et de la mort, la responsabilité du poète face à l'irruption du Mal : la maladie, la misère du peuple. (p.29 …Le Mal, un déferlement immense d'une malédiction indicible, inexprimable, inconcevable). L'auteur Broch se base aussi sur la légende qui dit que Virgile voulait détruire l'Énéide.
Nous sommes à Brindisi en septembre 19 av JC, Publius Vergilius Maro (Virgile) est un poète latin très reconnu, né le 15 octobre 70 av JC à Andes, Lombardie. Il revient malade De Grèce atteint de malaria: l'empereur Auguste est allé le chercher là, car Virgile a manifesté le désir de brûler le texte de l'Énéide qui flattait Auguste; le poète trouve que l'Énéide est une oeuvre inachevée et il voudrait l'offrir en sacrifice aux dieux. Or ce poème que Virgile a mis les 11 dernières années de sa vie à écrire, rend un hommage appuyé à Auguste, grand vainqueur d'Actium, et qui est au début de son règne, un règne enfin pacifique.
Après dures négociations, Auguste sauvera le manuscrit des flammes.
Le livre de Broch n'est pas un roman mais un texte poétique avec des phrases interminables « à la Proust », un monologue intérieur qui ne s'achève jamais mais sans la signification qui existe chez Proust. C'est un délire, un rêve entre comateux et éveillé qui se remémore, mais se perd aussi. Il existe une moyenne de 2 phrases par page et j'ai fait une nouvelle expérience de dédoublement de la pensée en lisant et en même temps en pensant à autre chose bien concrète. A la fin de la page je m'apercevais du dédoublement et la relisais bien concentrée pour me dire, à la fin, que je n'obtenais pas plus de renseignements; c'était en réalité un rêve éveillé, incantatoire, hypnotique et seule la musicalité du phrasé avait une signification car le reste était abscons. le texte est surabondant en anaphores qui servent à lui donner un rythme, une musicalité.
Par moments le texte peut être si beau qu'il nous élève nettement au dessus d'une certaine médiocrité. Félicitations au traducteur qui a su garder le côté très lyrique à la métrique. Il faut lui rendre hommage, il s'agit d'Albert Kohn.
Mais par bonheur, tout le livre n'est pas délire et les conversations entre Virgile et Auguste sont de haute teneur politique et philosophique, ainsi que les conversations entre Virgile et ses deux plus vieux amis qui seront aussi ses exécuteurs testamentaires. Elles restent d'une notable modernité.
Cette lecture est une mise à l'épreuve du lecteur, c'est une expérience en soi, mais il faut beaucoup de patience et d'un esprit libre de toute préoccupation.

Lien : https://pasiondelalectura.wo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
tristanledoux
  04 novembre 2020
Ce roman, le plus grand, le plus intense, le plus beau de tous les romans de Broch, selon Kundera, plonge le lecteur dans un état second. C'est un texte visionnaire, où la fièvre du personnage dont nous accompagnons le délire intérieur nous transporte quelque part dans les limbes du sublime, en un lieu où la littérature, plutôt que de chercher à reproduire le réel, élabore un monde qui lui est propre. Il faut certes du courage et de la persévérance pour en venir à bout, mais ce livre-engrenage "ne vous lâchera qu'après avoir donné un tour à votre esprit", comme disait Victor Hugo dans son "Tas de pierres". TL
Commenter  J’apprécie          51

Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ay_guadalquiviray_guadalquivir   12 avril 2011
incipit :
"Bleu d'acier et légères, agitées par un imperceptible vent debout, les vagues de l'Adriatique avaient déferlé à la rencontre de l'escadre impériale lorsque celle-ci, ayant à sa gauche les collines aplaties de la côte de Calabre qui se rapprochaient peu à peu, cinglait vers le port de Brundisium, et maintenant que la solitude ensoleillée et pourtant si funèbre de la mer faisait place à la joie pacifique de l'activité humaine, maintenant que les flots doucement transfigurés par l'approche de la présence et de la demeure humaine la peuplaient de nombreux bateaux, - de ceux qui faisaient route également vers le port et de ceux qui venaient d'appareiller, - maintenant que les barques de pêche aux voiles brunes venaient de quitter, pour leur expédition nocturne, les petites jetées des nombreux villages et hameaux étendus le long des blanches plages, la mer était devenue presque aussi lisse qu'un miroir."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
AtarahAtarah   16 décembre 2016
En effet, comme conscient de l’abolition de toute durée, comme conscient de l’unité du commencement et de la fin, mais comme conscient également de la dualité à laquelle toute unité est soumise, à laquelle lui aussi devait se soumettre, il se défit de l’unité de son être, il devint, tout au moins pour un certain temps, dualité; d’une part restant assis dans une tranquille quiétude sur le banc des rameurs,d’autre part se levant et s’approchant avec l’allure souple du marin, lui tendant le gobelet une nouvelle fois, afin que l’ami altéré-oh ! était-il altéré?- y puisse boire encore une fois ! Et lorsque cela s’accomplit, Ô miracle, ce ne fut pas l’absorption d’un breuvage que l’on boit, ce ne fut pas comme l’étanchement, une soif que l’on étanche, non, ce fut une participation, ce fut une part à la double existence reflétée, ce fut une intégration à la marée infinie des eaux, ce fut le sentiment d’une pénétration de soi par la vue intérieure du monde invisible, mais ce fut aussi, un savoir sans savoir, au point où se referme le cycle de la connaissance, qui enclot le néant, ce fut cette fermeture même, ce fût la jonction des infinis divergents, la jonction par laquelle l’avenir se mue en passé, le passé en avenir, ô duplication à l’intérieur de la duplication, réflexion à l’intérieur de la réflexion, invisibilité à l’intérieur de l’invisible. Il n’était donc plus besoin d’un médiateur ni d’un ustensile, ni du gobelet qui enferme le liquide, ni de la main qui tend le gobelet, à peine besoin de la bouche qui accueille le liquide, il n’en était plus besoin parce que toute action, celle de boire ou une autre, parce que les liens de toute vie avaient été relâchés et dénoués en vertu d’une connexion qui annulait toute discordance… Et voilà que l’ivoire du gobelet se métamorphosa en une corne de brune et solide qui se dissipa en un nuage brun et léger; en même temps le passé se dissipa aussi, entièrement, non pas comme un simple phantasme, mais comme une réalité vue en rêve, autorisée à demeurer, dans l’assurance qu’elle n’aura pas été vaine…Voilà ce qui eût lieu,tandis que le liquide sans humidité, la boisson sans goût, courait sur ses lèvres et à travers son gosier, sans que ses lèvres sa langue et son gosier en fussent humectés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
WilkinsonWilkinson   09 mai 2012
"Oh c'était du bon papier; il avait ce grain rugueux et frais qu'aime la plume, et cela faisait du bien d'y promener délicatement le bout des doigts, comme si l'on voulait se préparer à écrire. Et quand on le présentait à la lumière, on voyait les filigranes des marbrures se détacher de son ivoire. O première application de la plume sur la première feuille blanche, premier trait dessiné en vue de la création, premier mot destiné à entrer dans l'éternel !"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   30 juin 2013
Le poète ne peut rien, il ne peut éviter aucun mal, on ne l'écoute que lorsqu'il glorifie le monde, mais non quand il le représente tel qu'il est. Le mensonge seul procure la gloire, non la connaissance. (p.15).
Commenter  J’apprécie          120
WilkinsonWilkinson   04 mai 2012
"Toute vie humaine, toute oeuvre humaine entraîne avec soi un reste d'inaccomplissement caché; ce sort nous a été imposé à tous."
Commenter  J’apprécie          190

>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
autres livres classés : littérature allemandeVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Quiz: l'Allemagne et la Littérature

Les deux frères Jacob et Whilhelm sont les auteurs de contes célèbres, quel est leur nom ?

Hoffmann
Gordon
Grimm
Marx

10 questions
354 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature allemande , guerre mondiale , allemagneCréer un quiz sur ce livre