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Patrick Grilli (Traducteur)
ISBN : 2070731189
Éditeur : Gallimard (30/09/1995)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 25 notes)
Résumé :
Apprenant la mort de sa mère, en janvier 1981, Jeroen se met à trembler d'angoisse. Puis il entreprend de recouvrer son calme jusqu'à pouvoir évoquer la mémoire de sa mère sur un ton dénué de tout sentimentalisme. Quelques souvenirs intéressent le passé proche et, plus loin, l'immédiat après-guerre, mais l'essentiel de Rouge Décanté est une évoquation incantatoire des deux années de la Seconde Guerre mondiale que Brouers a passées au camp de Tjideng, à Batavia, dura... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
OlivierH77
  23 février 2015
Janvier 1981, l'auteur perd sa mère, décédée en maison de retraite, au terme d'années de maladie de Parkinson pendant lesquelles il n'a pas voulu la voir se dégrader. Il n'ira pas davantage voir sa dépouille, ni à la cérémonie funéraire...comme il l'avait annoncé 35 ans plus tôt, lorsqu'il avait 5 ans...
Cet événement est prétexte à se remémorer et témoigner des moments terribles de leur passé commun, une mère et son fils, prisonniers pendant 2 ans à l'approche de la fin de la seconde guerre mondiale dans le camp japonais de Tjideng, en Indonésie néerlandaise.
Dans les yeux d'enfant du petit Jeroen, la conscience du bien et du mal n'est pas encore complètement formée, les apparences l'emportent, les "Japs" peuvent ainsi être drôles, presque beaux dans leurs uniformes militaires et leur magnifique drapeau national, et sa mère apparaître comme une étrangère dont on ne veut plus comme maman lorsqu'elle gît à terre humiliée et rouée de coup par les geôliers...
Mais en ce moment présent grave, les souvenirs remontent de ces années de camp sous un autre jour : cette mère admirable, exemplaire, toujours rieuse et digne dans la souffrance, protectrice pour son enfant, la cruauté et le sadisme inouïs du commandant Kenitji Sone, qui sera fusillé en 1946 pour crimes de guerre, et de ses hommes...
Des images reviennent sans cesse : ces prisonnières, même les plus âgées, obligées de faire les grenouilles en sautant et coassant...la faim lorsqu'il faut compter les grains de riz et l'eau...et ces véhicules de la Croix Rouge arrivant dans les derniers jours de guerre pour livrer une profusion de denrées alimentaires...aussitôt brûlées, sous les yeux des prisonniers affamés, par les japonais vaincus mais jusqu'au-boutistes...
On sent l'auteur écorché, traumatisé par ce vécu, et pourtant il étouffe cette émotion par une forme d'indifférence à sa propre vie, et surtout en sublimant l'image de courage et d'exemplarité de sa mère, qui devient à jamais une icône inaltérable, figée et auréolée dans sa gloire.
Beaucoup d'émotion dans ce récit autobiographique...témoignage magnifique sur la réalité des camps de concentration, et spécialement sur la terrible culpabilité des japonais dans les horreurs fascistes de la seconde guerre mondiale...mais aussi sur l'amour pudique et les relations complexes entre un homme et sa mère...
Une belle découverte d'un auteur chevronné malheureusement peu traduit en France.
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defi724
  27 février 2014
C'est l'histoire d'un jeune garcon âgé de moins de 6 ans , déporté dans un camp appelé Tjideng et gardé par les Japs ( japonais ) lors de la guerre à Batavia dans les années 1940. Ce camp héberge que les femmes et les garcons de moins de 10 ans , les hommes eux allaient au Japon. Les conditions de vie au camp sont extrêmes et la violence ne cesse d'apparaître sous l'oeil des autres. Mais la force d'un lien vital ,la famille , va permettre aux enfants comme à la mère de garder espoir et de ne jamais baisser les bras malgré la souffrance qui s'y fait ressentir. Lorsqu'il devient adulte , il garde des traces de cet enfer vécu tout petit , des traces physiques et morales. Les liens avec sa mère peu à peu s'effacent pour au final disparaîtrent et faire apparaître des regrets. Quant à sa copine , ce n'est qu'une relation d'un jour qui va pourtant marquer son coeur . En revanche, il aura des flashs backs de son passé , qu'il va reporter dans le présent . Jeroen Brouwers , raconte sa propre histoire, aprés 1943 son pére fut transporté dans un camp de concentration à Tokyo. Lui , sa grand-mére, sa mére et sa soeur sont internés au camp de Kramat , puis à Tjideng.
C'est un roman dur, où le combat de toute une vie est mis en valeur. On vit avec lui ces moments difficiles comme ses joies; mais le plus dur pour eux c'est d'accepter la réalité qui met en jeu leur existence.
L'auteur écrit la réalité de l'époque telle qu'elle , mais ce n'est qu'une belle lecon de morale qui porte à réfléxion. Je conseille vivement ce livre.
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Just-Lou
  05 octobre 2014
Brouwers livre ici un des trois volets de son autobiographie. Nul besoin de lire les trois, les oeuvres restent liées dans la cohérence du vécu mais indépendantes. C'est un bijoux d'un point de vu littéraire. le texte est ciselé, incisif, naif et se raconte à travers le style d'un écrivain aguerri et celui de ses régressions enfantines. Équilibre captivant pour le lecteur qui face à la densité du vécu à parfois besoin de souffler! La mise à nu de cet auteur torturé permet de mieux le cerner...
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brigetoun
  18 novembre 2009
J'ai terminé le livre de Brouwers et la force de cette tentative de "reconstruction" (horrible mot auquel je n'arrive pas à trouver un équivalent) qui ne se dit pas, m'a tenue sous son emprise. Lu après la représentation du spectacle que a tiré Guy Cassiers. le montage était bien fait, sabrant dans les horreurs du camp, mais en gardant de longs passages qui permettent de penser saisir l'origine du sentiment de culpabilité de l'enfant de cinq ans qui avait ri en voyant les femmes battues, humiliées.. (un collier et une laisse qui nous rappellent des souvenirs récents), l'impossibilité de supporter les êtres aimés dont il a vu la souffrance - resserrant l'histoire d'amour en respectant son importance et son rapport avec l'ensemble - gardant la construction en marqueterie, et l'approfondissement progressif
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nadouk
  02 août 2013
Ce livre a été une sacré claque pour moi. Il est rude, âpre mais tellement captivant. L'auteur, à l'annonce de la mort de sa mère, décide de se plonger dans les souvenirs. Derrière une apparente indifférence se cache tout le mal être d'un homme qui, petit garçon, a subi les horreurs de la guerre dans un camp de concentration japonais. le récit des moments dans le camp est effroyable de vérité et le récit de la vie actuelle de l'auteur nous montre toute la difficulté de "survivre" à de telles atrocités! Un témoignage poignant, saisissant...
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
OlivierH77OlivierH77   15 février 2015
Ce camp s'appelait Tjideng. C'était le camp d'un commandant très redouté qui avait une sinistre réputation : le capitaine japonais Kenitji Sone ; condamné pour crimes de guerre, il a été exécuté en 1946 ; je me souviens de lui ; il a rossé ma mère personnellement et lui a donné des coups de pied avec ses bottes éperonnées, et j'ai assisté à cette scène personnellement.
"C'était une reine." "Ils ont battu ma mère jusqu'à ce qu'elle reste étendue sur le sol, à moitié morte." " Ma mère était la plus belle des mères, j'ai cessé de l'aimer à ce moment-là." C'est ainsi que j'ai consigné cela, de même que j'ai consigné ceci : "si elle meurt un de ces jours, je n'irai pas à son enterrement."
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brigetounbrigetoun   18 novembre 2009
(De loin en loin, ces dernières années, ma mère m'appelait mais dès que j'avais prononcé mon nom, elle disait : "Excusez-moi, je me suis trompée de numéro". Je reconnaissais sa voix à son timbre et à son accent des Indes, il y a des millions de mères dans le monde et il n'y en a qu'une seule qui soit la mienne. Avant que je n'aie pu répondre, elle raccrochait, et j'en restais là : - j'avais entendu la voix d'une mère qui s'était trompée de numéro en téléphonant à son fils.)
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OlivierH77OlivierH77   22 février 2015
Début août 1945, je me trouve, mais je ne le sais pas encore, dans un épicentre de l'histoire mondiale : ce qui se produit change la face du monde, dieu est dé-divinisé, désormais la vie ne sera plus jamais comme avant, car d'un coup toutes les époques prennent fin et la fin est marquée par la cicatrice, que des siècles ne suffiront pas a rendre invisible, d'une brûlure sur la peau du monde et de l'humanité entière.
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nadouknadouk   02 août 2013
Dans une de ces maisons, au n°7 de la Tjitarumweg, nous logions, avec une dizaine d'autres personnes, dans la cuisine- nous habitions dans l'évier. Ma mère dormait dessus, et ma grand-mère, ma soeur et moi dessous: ma grand-mère sur la planche qui divisait l'intérieur de l'évier en une moitié supérieure et une moitié inférieure, ma soeur et moi "au rez-de-chaussée", en dessous de ma grand-mère.
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OlivierH77OlivierH77   22 février 2015
"Faire comme si" une chose n'est pas ce qu'elle est, mais "autre chose", peut-être les gens qui en sont capables sont-ils "heureux", sereins et immunisés contre l'angoisse.
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Videos de Jeroen Brouwers (3) Voir plusAjouter une vidéo
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Vidéo de jeroen brouwers
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