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Estelle Roudet (Traducteur)
ISBN : 2020849569
Éditeur : Seuil (05/01/2006)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 165 notes)
Résumé :
Après le succès des Soldats de l'aube, Grand prix de Littérature policière 2003, Deon Meyer nous invite à une superbe course poursuite à travers une Afrique du Sud toujours en proie à ses vieux démons. Véritable force de la nature, "P'tit" Mpayipheli fut un agent des services secrets sudafricains. Depuis le changement de régime, il s'est refait une vie honorable et paisible. Mais un jour la fille d'un vieux camarade de lutte lui demande son aide: son père a été enle... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Thyuig
  08 octobre 2015
Un homme est chassé par les services secrets sud-africains et traverse l'état monté sur une moto BMW. Au cours de la lecture, on en apprend plus sur cette homme et sur les raisons de son engagement.
Certainement pas la porte d'accès la plus évidente à l'oeuvre de Deon Meyer, mais il y a parfois des livres qui viennent à vous par hasard, qu'on vous met dans les mains, qu'on attrape au guichet d'un kiosque à journaux avant de sauter dans un train, ou simplement parce qu'on s'était promis de lire du Meyer et que l'occasion se présentait.
Mon cas personnel est un peu tous ceux-ci. J'ajoute que j’éprouve toujours une sorte d'avidité à la découverte d'un auteur de polar, surtout quand celui-ci est largement plébiscité. J'ai toujours cette peur qui me dit de me méfier mais aussi de foncer, que personne n'est à l'abris d'une bonne surprise, que c'est aussi ça le plaisir de lire.
Toute cette introduction pour donner un point de vue de néophyte assez mitigé sur L'âme du chasseur. En versant côté positif, il y a une indéniable maîtrise factuelle du romancier. Meyer connaît son sujet (ici la politique pré et post apartheid) et permet au lecteur mal renseigné de prendre un magnifique cours d'histoire. De plus, il se plait à jouer avec ces personnages et leurs doutes d'une façon qui n'est pas sans rappeler celle d'Ellroy (la comparaison s'arrête là) et use beaucoup de seconds rôles très adroitement.
Sur les bémols, la narration en dent de scie avec une intrigue qui souffle le chaud et le froid a ternis le plaisir de lecture indéniable que j'ai éprouvé lors des cent cinquante premières pages. Après ça, un ronronnement s'insinue et pour dire vrai, on s'ennuie pas mal, anticipant aussi très largement le déroulé de l'intrigue.
Comme je l'expliquais, je n'ai pas commencé par le bon roman pour pénétrer l'oeuvre de Deon Meyer. Je suis certain malgré tout que j'y retournerai via un roman plus adapté à ce que je recherche, plus éloigné de l'espionnage dont je ne rafolle pas.
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BMR
  11 novembre 2007
Après Les soldats de l'aube, lu il y a quelques années (c'était avant l'éclosion de la blogoboule), voici L'âme du chasseur du même auteur sud-africain : Deon Meyer.
C'est écrit à l'américaine, vite fait bien fait, comme un scénario pour Hollywood.
On est donc bien loin des polars littéraires comme ceux que nous avons pu découvrir avec Mankell, Connelly, Indridason et d'autres, et le style relève plutôt du roman de gare, de plage ou de TGV.
Mais tout l'intérêt de ce bouquin (et il est d'un grand intérêt) vient du contexte dans lequel se déroule l'intrigue : l'Afrique du Sud d'après Mandela, l'Afrique du Sud d'aujourd'hui, celle d'après le 11 septembre 2001.
Les services de renseignement du nouveau régime (un nouveau régime qui peine encore à se mettre en place) livrent bataille alors que les plaies de la guerre civile sont encore bien loin d'être refermées.
Et l'on devine derrière tout ça que d'autres (CIA, extrêmistes islamistes, ...) se font un malin plaisir à soufller sur les braises.
L'intrigue de base est plutôt simple (pour Hollywood sans doute !) : pour aider un ancien ami, un grand black, ancien militant (doux euphémisme) désormais rangé, se trouve embringué dans le convoyage de renseignements explosifs. Il se retrouve vite pourchassé par divers rapaces et enfourche une BMW GS avant de traverser tout le pays et le roman raconte cette course-poursuite à moto (l'auteur n'a peut-être pas une âme de chasseur mais assurément une âme de motard).
Mais P'tit (c'est l'ancien nom de guerre du héros) n'aime pas qu'on le chatouille quand il veut rendre service et il va vite retrouver ses anciens réflexes (c'était un ancien tueur à la solde du KGB).
Même si c'est plutôt bien ficelé, il n'y a pas là de quoi se triturer les méninges.
Du moins de ce côté.
Car ce n'est pas tout et au fil des pages et des flash-backs on découvre tout un monde : celui d'une Afrique du Sud plutôt méconnue, les accointances entre les services secrets d'ici ou d'ailleurs, les luttes raciales d'hier (Boers, Anglais et Xhosas) auxquelles répondent les intrigues intestines d'aujourd'hui.
Et c'est passionnant.
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Derfuchs
  21 février 2017
J'avoue que j'apprécie cette littérature sud-africaine, avant, pendant et post apartheid de par ce qu'elle apporte sur la majesté de l'Afrique mais aussi par ses côtés très sombres, inquiétants, tristes mais également, à bien des égards, pleine de dignité. Ce qui est le cas ici.
La force de D. Meyer, auteur que je lis pour la première fois, dans ce récit c'est sa construction qui est remarquable. Un peu comme M. Ravel dans son boléro : ajout d'un (ou plusieurs) instruments à chaque passage du leitmotiv ou, ici, pour Meyer, d'un nouveau personnage à chaque chapitre, sans indigestion pour le lecteur.
P'tit est rangé des voitures, il vit peinardement avec Myriam et Pakamile le fils de cette dernière. La fille d'un ami à qui il doit une fière chandelle, vient le trouver pour qu'il retrouve son père. Elle ne peut pas aider à le chercher car elle est appareillée des jambes. Bref, P'tit y va.
Entre écoutes téléphoniques, services secrets, police et armée, Meyer nous convie à une furieuse course poursuite du tonnerre du Cap à Lusaka en Zambie, ce qui n'est pas la porte à côté.
P'tit est à moto, les suiveurs en hélico, avions, voitures et camion. P'tit est une force la nature, entraîné à tuer, les autres découvrent. Mais le héros tient à sa nouvelle famille, à cette vie loin des balles qui fusent et des gens que l'on supprime pour des raisons obscures, aussi il prévient les autres, je ne vous veux pas de mal, fichez moi la paix, passez votre chemin. Ils n'abandonneront pas car ce que détient P'tit est une bombe.
On rit dans ce livre quand le club des motards veut l'aider et, peu après, c'est au tour du club des motards BMW, ce qui au lieu d'aider donne lieu à un affrontement particulièrement savoureux.
On pleure et on est triste aussi.
On voit du paysage, on mange du sable, on parcourt le Veld (je connais peu le Veld), on a les reins cassés par les trépidations de la machine (cf BB).
Et puis j'ai aimé cette littérature, ces dialogues :
-C'est quoi une GS ?
-C'est une moto qui roule aussi bien sur bitume que sur route.
-Comme une moto de trial ?
- Non. Enfin…je suppose qu'on peut parler d'une trial avec une hyperthyroïdie.
Ou
-Vous savez ce que ça veut dire BMW ?
-Quoi ?
-Bankrot maar windgat, c'est ce que racontent les boers, Fauché mais fier de l'être.
Les personnages, dont un griot chanteur – extra – sont bien campés, bien décrits, simplement, avec des mots justes, le paysage, l'ambiance peint au plus juste avec la couleur là où il faut. On transpire avec P'tit. J'ai eu peur avec lui, je l'ai suivi et j'ai passé un moment bien agréable.
Que dire de plus
Un coup de coeur.
5/5
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urbanbike
  04 janvier 2009
Commencé un soir du dernier week-end, j'ai eu du mal à ne pas poursuivre au delà des 200 premières pages, trahi par ma fatigue… le petit déjeuner expédié le lendemain matin, je me suis réfugié à nouveau sous ma couette pour terminer les 480 pages de ce polar haletant de bout en bout…
Difficile de résumer ce type d'ouvrage car c'est toujours dévoiler trop d'informations que le lecteur potentiel doit impérativement découvrir seul. Je ne connaissais pas Deon Meyer mais ce gars là connaît bien son sujet et use d'un style particulièrement efficace, style salué par un autre monstre de cette littérature, Michael Connelly.
Sans entrer dans les détails, c'est l'histoire d'un gars rangé des voitures qui accepte de jouer les messagers par amitié pour un autre gars en difficulté. Si le thème peut sembler éculé, sachez que cette histoire — écrite en 2002 — se déroule dans l'Afrique du Sud de l'après apartheid, que le héros de ce livre est un grand Xhosa noir dont on suit les tribulations dans ce pays qui a encore du mal avec la création d'une nation arc en ciel souhaitée par Mandela… D'autant que nombre de services secrets et mouvements politiques divers poursuivent des violents bras de fer à base de manipulations à tiroirs. Bon, le souci, c'est quand une opération commence à partir en vrille par la faute d'un gars qui, lui, n'a rien perdu de ses réflexes passés…
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Lounima
  20 juin 2013
Après avoir failli y passer en aidant Zet van Herdeen lors de sa dernière enquête (cf. Les soldats de l'aube), Thobela Mpayipheli, dit "P'tit' a décidé de changer de vie. le voilà maintenant deux ans plus tard, rangé, homme à tout faire dans un garage et vivant aux côtés de Miriam, l'amour de sa vie, et de son fils adoptif, Pakamile.
Mais lorsque Monica Kleintjes vient lui demander de l'aide au nom de l'amitié qui le lie à son père, les événements se bousculent. Cette intrusion brutale de son passé dans sa toute nouvelle vie aurait dû le faire réfléchir d'avantage mais la loyauté envers son ami est plus forte et l'oblige à accepter la mission : amener un disque dur à Lusaka pour libérer son ami. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu et, embarqué dans une course poursuite à travers toute l'Afrique du Sud, son passé d'agent secret du KGB le rattrape et en fait l'ennemi public n°1 des services secrets sud-africains actuels du pays. le combat est engagé.
Comme avec les deux précédents livres que j'ai lus de cet auteur, une fois plongée dans l'histoire, il m'a été impossible d'en sortir. le rythme et le changement incessant de point de vue à travers la multitude de personnages en font un roman haletant qui, malgré un sujet qui ne m'attirait pas du tout de prime abord (l'histoire des services secrets en Afrique du Sud), a su maintenir mon intérêt tout au long des près de cinq cents pages que constituent ce thriller passionnant.
Les personnages sont complexes, extrêmement bien décrits, psychologiquement intéressants : difficile d'y résister. Même les brutes ont une histoire qu'il convient d'écouter pour comprendre à défaut d'adhérer à leurs actes !
Par ailleurs, l'auteur profite de cette course poursuite à travers tout le pays pour nous faire découvrir la beauté de son pays : ses paysages grandioses et variés, ses animaux sauvages qui ne sont pas sans rappeler les hommes. Une ballade époustouflante de jour comme de nuit : on en redemande !
Au-delà du polar, et contrairement à ses deux premiers romans où le clivage blancs/noirs n'était même pas évoqué, Deon Meyer fait de la "Lutte" des noirs pour la liberté le thème principal de ce thriller et rappelle que, même si l'Apartheid n'existe plus officiellement, les blancs et les noirs ont encore beaucoup de mal à vivre sur un pied d'égalité : Xhosas, Zoulous, Blancs, Métis, Boers,... l'origine des hommes est étudiée à la loupe et il faudra encore beaucoup de temps au pays pour construire entre les différentes communautés une relation de confiance réciproque...
Lien : http://loumanolit.canalblog...
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Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
LounimaLounima   20 juin 2013
"Le sang n'avait cessé de couler sur ce continent. Ici, où l'homme s'était enfin séparé du singe, où il avait imprimé ses premières empreintes dans une boue qui s'était ensuite fossilisée. Imposante rivières de glace qui avaient modifié le paysage et laissé derrière elle des monceaux de rochers aux allures grotesques, les glaciers mêmes n'avaient pu étancher ces flots de sang. La terre en était imprégnée. L'Afrique. Pas le continent noir, non. Le continent rouge. La mère nourricière. Celle qui donnait la vie sans compter. Et la mort en contrepartie, accouchant de prédateurs pour faire bonne mesure, de prédateurs sous toutes les formes, à travers les millénaires.
Jusqu'au jour où elle avait engendré le chasseur parfait, le prédateur qui avait enfin bouleversé l'équilibre, survécu aux périodes glaciaires, aux maladies et à la sécheresse, semant la ruine sans discontinuer, rejetant le pouvoir de la Nature et sa toute puissance. Les prédateurs bipèdes avaient accompli le grand coup d'Etat, le coup d'Etat cosmique, ils avaient conquis la planète et s'étaient ensuite entretués, Blancs contre Blancs, Noirs contre Noirs, Blancs contre Noirs." (Points - p.129-130)
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le_Bisonle_Bison   17 février 2012
- Mais le nègre sait-il chanter ? avait lancé alors le copilote.
- Evidemment, avait rétorqué Little Joe.

Et c’est ainsi que les choses commencèrent, parce que alors le pilote ajouta : « Prouvez-le ». Little Joe Moroka leur décocha un sourire éclatant dans l’obscurité. Il allongea le cou, redressa la tête comme pour libérer ses cordes vocales et le chant éclata, enflammé et puissant, Shosholoza, quatre notes de pur baryton pleines de bravoure.

Thobela Mpayipheli ne pouvait suivre la conversation depuis le pont, mais le premier chant des deux pilotes était parvenu jusqu’à lui et qu’il ne soit pas particulièrement amateur de musique ne l’empêcha pas d’en éprouver du plaisir, malgré sa situation, malgré les circonstances. Et, tout à coup, il entendit la première phrase de l’hymne africain et dressa l’oreille, sachant qu’il assistait à quelque chose de rare.

Little Joe lançait les notes dans la nuit comme un défi. Deux autres voix se joignirent à lui, que Mpayipheli ne put identifier. La mélodie gagna en signification, en émotion, en nostalgie. Puis ce fut encore une voix de ténor, celle de Cupido, sonore et haut perchée comme une flûte, qui flotta un instant au dessus des autres avant de trouver sa place. Zwelitini apporta la touche finale en ajoutant discrètement sa voix de basse à l’ensemble, de sorte que les quatre voix formèrent une trame de velours pour la mélodie de Moroka, s’entremêlant les unes aux autres au grè des gammes. Ils chantaient sans hâte, portés par les rythmes paisibles de tout un continent et les bruits de la nuit cessant, le veld silencieux accueillit le chant, l’Afrique ouvrit les bras.

Les notes envahirent Thobela, l’arrachèrent au pont, lui firent lever les yeux sur la trouée d’étoiles qui se trouvaient dans son champ de vision, il entrevit un monde de Noirs, de Blancs et de métis vivant dans une harmonie encore plus parfaite, un monde de possibilités fantastiques et laissa l’émotion, infime et d’abord retenue, éclater, tandis que la musique emplissait son âme.
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NATBNATB   29 novembre 2014
Mon Dieu, pourquoi fallait-il qu'il y ait des hommes ? Pourquoi devait-elle se battre contre leur petit ego si fragile et si faible ? ça et le sexe, leur mode de pensée à sens unique - si vous êtes une femme, vous êtes une proie.Si vous résistez et refusez de sauter dans leur lit, c'est que vous êtes lesbienne, si vous avez un poste à responsabilité, c'est que vous avez couché pour y parvenir, s'il s'agit d'un homme avec plus de pouvoir, alors vous êtes baisable.
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NATBNATB   02 décembre 2014
Les gens de mon peuple aiment donner à leurs enfants des noms à la signification positive, pour qu'il démarrent bien dans la vie, une sorte de prédiction personnelle en puissance.
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NATBNATB   29 novembre 2014
Dans une partie d'échecs, on perd quand on ne pense qu'à son adversaire, à ses moindres options, à ses moindres alternatives.On devient fou.Il faut penser à ce qu'on va faire.Penser à sa propre stratégie.A la manière de la faire évoluer.A la façon de prendre l'avantage.Au meilleur moyen de briser l'équilibre.Soyez acteur, ne vous contenter pas de réagir.C'est la clef de la réussite.
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