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Brice Matthieussent (Traducteur)
EAN : 9782264076571
288 pages
Éditeur : 10-18 (01/04/2021)
3.98/5   342 notes
Résumé :
Avec Au sud de nulle part, des "Contes souterrains" publiés en 1973, Buko replonge à corps perdu dans sa folie ordinaire. Ou, plutôt, il mêle ses délires à ceux d'autres types, restituant ce qu'il a connu, vu, pigé, enregistré, et qu'il recrache aujourd'hui, comme des morceaux de bidoche hachée gros, presque saignante.
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Nastasia-B
  30 avril 2014
À quoi reconnaît-on un bon Bukowski ? C'est toujours un peu la même histoire, le même style, ça ne ressemble pas à de la littérature, cela paraît facile et pourtant c'est incomparable. Vous pouvez commencer un Bukowski, le laisser tomber pendant 2 ans, 10 ans, 15 ans et quand vous le rouvrez, vous avez l'impression de l'avoir fermé le matin même.
Il y a une fraîcheur et un humour incroyable dans ce style mêlant scatologie, sexe et débauches variées, les pérégrinations apparemment sans intérêt d'un type bien paumé dans l'existence. Vous en sortez comme revigoré, revivifié. Je vais essayer de vous faire du Bukowski (singer maladroitement serait l'appellation la plus correcte) et vous aurez tout compris :
" Je suis rentré dans ma piaule, c'était le bordel. Alors je me suis gratté les couilles et je suis descendu m'acheter une bouteille. J'étais raide et le gars du drugstore voulait plus me faire crédit. J'ai gueulé un bon coup et quand j'ai laissé ma montre en gage il m'a filé la bouteille. En route j'ai croisé une poule. Elle était moche et encore plus bourrée que moi mais comme elle avait le feu au cul, j'ai bien voulu la faire monter " et cætera, et cætera.
Bref, c'est une sorte d'OVNI littéraire bien plus cru et dépravé que Fante ou Kerouac mais dans la même lignée des oubliés (volontaires ou pas) du rêve américain, du moins c'est mon avis, un avis qui ne sait pas trop où il va, au sud de nulle part, sans doute, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Marymary
  09 juillet 2015
Au sud de nulle part est un recueil de plus d'une vingtaine de nouvelles pour la plupart autobiographiques.
Charles Bukowski, (ou Hank, Buk, Chinaski) y décrit la misère avec un réalisme cru. Charles est né en Allemagne, puis ses parents décident de s'installer à Los Angeles pour faire fortune alors qu'il est enfant. Ils débarquent aux Etats-Unis pendant la récession, s'en suit alors des années de galère. Pour ne rien arranger, son père est un homme violent, alcoolique, qui bat sa femme. Il tabassera aussi Charles presque tous les jours jusqu'à que celui-ci ne réplique à l'âge de 16 ans.
Hank raconte la honte, la souffrance, celle par exemple de n'avoir qu'une paire de chaussures et d'y glisser du carton pour remplacer la semelle, celle aussi des enfants qui se battent devant les fenêtres des parents sans que ceux-ci n'interviennent (une bouche de moins à nourrir peut s'avérer une aubaine…) mais que si un enfant rentre à la maison avec un trou dans son pantalon, c'est la correction assurée (enfin elle était déjà assurée…).
Hank quittera la maison familiale et vivra de petits boulots pénibles et dégradants dans lesquels il sera humilié, exploité et considéré comme moins que rien. S'ajoute à cela la venue d'une forme très sévère d'acné (bien peu et bien mal soignée à l'époque au dispensaire des pauvres) qui lui laissera des cicatrices à vie et un complexe de laideur très profond.
Hank se réfugie donc dans l'alcool, louant des chambres proches des bars, fuyant la réalité dans un alcoolisme échevelé et dans une sexualité débridée. L'alcool et le sexe à outrance comme remèdes contre la détresse et la misère, mais pas l'ivresse agréable ou le sexe voluptueux, l'un et l'autre comme les ultimes moyens pour s'abrutir et arriver enfin au bout de nulle part.
Curieusement, la misère racontée par Hank, si elle est désolante, n'est absolument pas triste. 3 de ces nouvelles sont particulièrement jubilatoires (car la plume de Bukowski est d'une ironie et d'un cynisme réjouissants) : « Maja Thurup » (ou un cannibale amoureux), « Arrêtez de lorgner mes nénés, mister » (un western à la sauce Bukowski…) et « le diable était en chaleur » (histoire d'un diable lubrique et quelque peu expéditif !).
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moravia
  07 novembre 2014
Recueil de nouvelles dans lequel nous retrouvons tous les thèmes emblématiques de l'auteur : Dérive alcoolique,vie nocturne, sexe, personnages ayant un petit lutin dans le crâne.
Charles Bukowski a deux principales occupations : boire et baiser.
Pour les moments de récupération il va faire un tour sur les champs de courses de chevaux.
Si cela commence lentement, les moins bonnes nouvelles sont au début, nous retrouvons rapidement le ton Bukowski. Sa gouaille, son franc-parler jusqu'à l'ordure. Un cocktail de cynisme et de fatalisme qui le conduit à tout exécrer.
Faisant fi de ses contradictions, se moquant de types autant à la dérive que lui, il envoie au diable toutes les conventions pour revendiquer un individualisme acharné.
Il fait ses gammes (certains passages seront utilisés pour des romans ultérieurs) en écrivant ces nouvelles, mettant au point son style qui souvent sera copié mais jamais égalé .
Bukowski est un alcoolique : ok
Bukowski est ordurier : encore ok
Mais voilà un auteur qui me fait hurler de rire (ils sont si rares) comme aucun autre.
Je suis certain que dans trente ou quarante ans (si les petits cochons ne me mangent pas) j'aurai toujours plaisir à parcourir ses écrits.
Un écrivain incontournable.
Lire Bukowski ? Toujours !
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Darkcook
  04 février 2021
Après une longue succession de lectures de classiques géniaux du XIXe siècle en grande majorité pendant un an ou deux, je voulais revenir au langage familier, à l'américain, au crade, à l'humour, à la saleté, au corporel, au sensuel... J'ai hésité entre ce cher Ellroy et Bukowski, dont je n'avais lu que Pulp il y a fort longtemps. J'ai voulu réparer cette erreur avec Au Sud de Nulle Part, recueil de nouvelles qui allait pouvoir être une lecture compatible avec ma mission toujours plus chronophage dans l'enseignement.
Comme je m'y attendais, je me suis bien amusé avec cette collection de nouvelles paillardes et éthyliques, où le double de Buko, qu'il se fasse appeler Henry Chinaski ou Hank, erre dans des piaules sordides de la Californie, alterne les boulots aussi absurdes et bas qu'éreintants, les conquêtes loufoques, les piécettes dépensées en gnôle, les paris aux courses de chevaux, les problèmes de santé les plus cracras et rabelaisiens... Bukowski, c'est le fan américain de Céline, transformé en Gainsbourg, qui crache sur l'humanité comme Bardamu, mais en se réfugiant chez les femmes et la bière... Il faut vraiment que je lise Fante, l'autre monument auquel on l'associe souvent, et qui est son autre idole avec Céline....
Je vous passe en revue les nouvelles les plus mémorables à mon sens : "Maja Thurup", incontestablement, une histoire à pleurer de rire où une femme tombe amoureuse d'un cannibale bien membré ramené d'Amérique du Sud. "Politique", brûlot célinien à l'américaine contre l'absurdité de la guerre et de l'engagement politique et don quichottien contre un ennemi idéologique désigné (ce qui m'évoque évidemment la bien-pensance médiatique d'aujourd'hui). "Guerre et Taule", un peu dans le même esprit, où Chinaski préfère le confort de la taule aux déboires du quotidien et à l'envoi au front. "L'Amour pour 17,50 $", fantastique nouvelle où un type tombe amoureux d'un mannequin pour vitrine, avec une fin tragique. "Arrêtez de lorgner mes nénés, Mister", nouvelle western improbable où le protagoniste nommé Gros Gus essaie de conquérir une poule nommée Perle de Rosée par la taille de son engin. "À propos d'un drapeau vietcong", où des hippies anti-guerre du Vietnam se font ridiculiser par un énième avatar de Buko. "Le Diable était en chaleur", mémorable nouvelle mettant en scène le Diable en personne, prisonnier d'un forain. Les déboires de l'écrivain, avec "Tu sais pas écrire une histoire d'amour", "L'Expéditionnaire au nez rouge", ou "Voila ce qui a tué Dylan Thomas" (que j'ai découvert pour l'occasion, et c'est un plaisir de la littérature que des auteurs vous amènent à d'autres...). "Les Tueurs", histoire complètement absurde, à la fois horrible et drôle, d'un duo de cambrioleurs. "La Classe", nouvelle légendaire où Chinaski démolit sur le ring Ernest Hemingway, que Bukowski adorait chambrer et ridiculiser dans ses histoires autant qu'il l'admirait... "Un boulot comme un autre", où l'on flirte avec le roman noir. "Docteur Nazi", absolument hilarante, avec un docteur ancien nazi, une citation du tonnerre "Quand vous partez à la guerre, soit vous finissez dans un cercueil, soit vous finissez dans un fourgon à bestiaux avec les badauds qui vous balancent des étrons...." ainsi qu'une éruption de furoncles dans le cul, et un commentaire social sur la souffrance générale et l'absurdité même de faire la queue au supermarché.
Le recueil se termine par deux plus longues nouvelles. "Tous les trous du cul de la terre et le mien", assurément une de mes préférées du recueil, qui conte le séjour à l'hôpital de Chinaski, en proie aux hémorroïdes et aux pires détraquements intestinaux, torturé par un docteur allemand cette fois diabolique. La nouvelle reste très célinienne, de par la déchéance de tous les patients, et fait immanquablement penser au cabinet de Bardamu dans Voyage au bout de la nuit, même si chez Buko, on est véritablement terrassé par la maladie et le corporel, là où, dans mon souvenir de Céline, l'on va chez le médecin surtout pour lui confier sa misère existentielle, dans l'hypocondrie et la névrose généralisées. Enfin, "Confessions d'un homme assez fou pour vivre avec des bêtes" est une sorte de pot-pourri de saynètes semblables à certaines des nouvelles précédentes, mais l'on y retiendra notamment un boulot avilissant de porteur de bidoche où le double de Buko est humilié, essaie de s'accrocher face à l'absurde et à l'American Way of Life ne serait-ce que quelques heures, finalement pour être une fois de plus broyé et préférer retourner à la fuite dans la loose éthylique...
Il y a une véritable dénonciation sociale chez lui, c'est ce qui est formidable avec lui. Les déchéances de ses doubles fictifs ne sont que le produit de leur détestation de l'humanité, du capitalisme, du XXe siècle, du rêve américain, du travail atroce et/ou chaplinien... La seule raison qui m'a fait mettre 4 étoiles sur 5 est que certaines nouvelles finissent parfois en anti-climax décevant, et que même si je le compare à Gainsbourg ou Ellroy pour certaines choses, au niveau du style, ceux-ci vont avoir plus d'audace...
Ce site m'avait manqué, j'espère y être plus prolifique dans les semaines et mois à venir !
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JIEMDE
  14 mai 2021
Picorées une par une entre mes autres lectures de ces dernières semaines, ces vingt-trois nouvelles regroupées dans Au Sud de nulle part de Charles Bukowski – Traduit par Brice Matthieussent – confortent l'admiration sans limite que j'ai pour cet auteur surdoué.
Mélangeant comme d'habitude sa vie personnelle (quand il met en scène Henri Chinaski dans ses petits boulots alimentaires en attendant le succès de ses nouvelles) et ce regard réaliste et cruel qu'il sait si bien poser sur ses semblables, Buk raconte simplement l'Amérique comme nul autre.
Celle des paumés et des fêlés ; des petites gens et des traine-savates ; des planqués et des lâches ; des obsédés et des dépravés ; des alcoolos et des perfusés ; des accidentés et des morts-vivants.
C'est drôle parfois ; désespéré souvent ; désespérément drôle la plupart du temps ! de toute façon, le maître vous prévient : « Si vous poursuivez votre lecture, la prochaine nouvelle sera peut-être plus gaie. J'espère. » Elle n'en sera cependant jamais moins crade, grossière, provocante, sexuelle, imbibée ou scatologique. Ca choquera - et peut-être lassera - le lecteur prude, mais positionnera le terrain de jeu du fan absolu.
Raconter Bukowski est trop ambitieux pour moi. Juste dire combien le génie de son imagination et la puissance de son style sont brillants suffira. Entre deux beuveries ou deux coups de reins, laissez-vous entraîner dans un combat de boxe contre Hemingway, dans une caravane du far-west, dans les amours inavouables avec un mannequin de vitrine, dans un reportage dantesque en avion ou dans la lubricité décevante d'un démon de foire.
Quant à son art du titre, c'est un délice : « Toi, ta bière et ta célébrité », « Arrête de lorgner mes néné, mister », « le Christ à patins à roulettes », « Tous les trous du cul de la terre et le mien » et j'en passe… du grand art !
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Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
MarymaryMarymary   29 juin 2015
Comme n'importe qui vous le dira, je ne suis pas un homme très affable. Les gens affables me donnent envie de dormir. J'ai toujours admiré les méchants, les hors-la-loi, les fils de pute. Je n'aime pas les petits gars rasés de près, portant cravate et nantis d'un bon boulot. J'aime les hommes désespérés, les hommes aux dents brisées, aux vies brisées et aux manières brusques. Ils m'intéressent. Ils ménagent plein de surprises et d'explosions. [...] Les pervers m'intéressent davantage que les saints. Quand je suis avec des ratés, je me sens bien, étant moi-même un raté. Je n'aime pas la loi, la morale, la religion, les règlements. Je refuse d'être modelé par la société.
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MarymaryMarymary   02 juillet 2015
"ACCROCHE-LE DANS LE CAMION !"
J'ai couru vers le camion. La honte de la défaite, apprise dans les cours d'écoles américaines quand j'étais petit, me dit que je devais pas foutre le boeuf par terre, car cela prouverait que j'étais un minable, et non un homme, je ne mériterais alors que ricanements et sarcasmes, fallait être un gagnant en Amérique, y avait pas d'autre moyen de s'en sortir, fallait apprendre à se battre pour rien, sans poser de question, et puis si je lâchais le boeuf, faudrait peut-être que je le ramasse, je savais que je n'y arriverais jamais.
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Caro29Caro29   11 août 2019
Harry s'assit à une table bancale. Le café était bon. Trente-huit ans, une vie ratée. Sirotant son café, il se rappela ses conneries - et ses bons moments. Il en avait tout simplement eu ras le bol - de la valse des assurances, des petits boulots, des hautes cloisons vitrées, des clients : il avait tout bonnement eu ras le bol de tromper sa femme, de coincer les secrétaires dans l'ascenseur et les couloirs ; ras le bol des fêtes de Noël et du Nouvel An et des anniversaires, des traites à payer pour la voiture neuve ou le mobilier - l'eau, le gaz et l'électricité - toute la saloperie écœurante du quotidien.
Il en avait eu ras le bol et il s'était tiré, point final. Le divorce arriva assez vite, l'alcool arriva assez vite, et brusquement il se retrouva dans le vide. Il ne possédait rien, il découvrit que le dénuement aussi était difficile à assumer. C'était un fardeau d'un autre style. Si seulement il existait une solution intermédiaire acceptable. Apparemment, on n'avait le choix qu'entre deux voies : persévérer dans l'arnaque ou devenir un clochard.
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iti1801iti1801   03 septembre 2010
Financièrement parlant, il valait manifestement mieux avoir une chatte qu'une queue.
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moraviamoravia   15 octobre 2014
Pourtant, en même temps, j'étais content d'éviter le casse-pipe. Le médecin a fini d'écrire. J'ai eu l'impression de l'avoir roulé. Je ne reproche aucunement à la guerre que je doive tuer quelqu'un ou que je puisse être tué sans raison, tout cela n'a que peu d'importance. Ce que je lui reproche, c'est de m'empêcher de rester assis dans une petite chambre pour crever la dalle, picoler du vin dégueulasse et délirer à ma façon, quand j'en ai envie.
Je ne voulais pas me réveiller au son de la trompette. Je ne voulais pas dormir dans une caserne avec une bande de jeunes Américains pleins de santé obsédés frustrés amateurs de football suralimentés masturbateurs aimant les vannes lourdingues adorables trouillards roses accrochés à leur maman modeste jouant au basket, avec qui je devrais faire ami-ami, avec qui je devrais m'enivrer pendant les permissions, que je devrais me farcir à longueur de journée, et dont je devrais écouter les innombrables plaisanteries salaces, grossières et chiantes. Leurs couvertures, leurs uniformes et leur humanité me donnaient de l'urticaire. Je ne voulais pas chier au même endroit qu'eux, pisser au même endroit qu'eux ni partager les mêmes putains qu'eux. Je ne voulais pas voir leurs ongles de pied ni lire les lettres de leurs parents. Je ne voulais pas voir leurs culs tressauter devant moi en formation serrée, je ne voulais pas copiner avec eux, je ne voulais pas m'en faire des ennemis, je ne voulais tout bonnement pas d'eux, ni de ça ni de rien de tel.
Tuer ou être tué, c'était accessoire.

(in Guerre et taule).
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