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ISBN : 2253038369
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1986)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 248 notes)
Résumé :
Avec Au sud de nulle part, des "Contes souterrains" publiés en 1973, Buko replonge à corps perdu dans sa folie ordinaire. Ou, plutôt, il mêle ses délires à ceux d'autres types, restituant ce qu'il a connu, vu, pigé, enregistré, et qu'il recrache aujourd'hui, comme des morceaux de bidoche hachée gros, presque saignante.
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  30 avril 2014
À quoi reconnaît-on un bon Bukowski ? C'est toujours un peu la même histoire, le même style, ça ne ressemble pas à de la littérature, cela paraît facile et pourtant c'est incomparable. Vous pouvez commencer un Bukowski, le laisser tomber pendant 2 ans, 10 ans, 15 ans et quand vous le rouvrez, vous avez l'impression de l'avoir fermé le matin même.
Il y a une fraîcheur et un humour incroyable dans ce style mêlant scatologie, sexe et débauches variées, les pérégrinations apparemment sans intérêt d'un type bien paumé dans l'existence. Vous en sortez comme revigoré, revivifié. Je vais essayer de vous faire du Bukowski (singer maladroitement serait l'appellation la plus correcte) et vous aurez tout compris :
" Je suis rentré dans ma piaule, c'était le bordel. Alors je me suis gratté les couilles et je suis descendu m'acheter une bouteille. J'étais raide et le gars du drugstore voulait plus me faire crédit. J'ai gueulé un bon coup et quand j'ai laissé ma montre en gage il m'a filé la bouteille. En route j'ai croisé une poule. Elle était moche et encore plus bourrée que moi mais comme elle avait le feu au cul, j'ai bien voulu la faire monter " et cætera, et cætera.
Bref, c'est une sorte d'OVNI littéraire bien plus cru et dépravé que Fante ou Kerouac mais dans la même lignée des oubliés (volontaires ou pas) du rêve américain, du moins c'est mon avis, un avis qui ne sait pas trop où il va, au sud de nulle part, sans doute, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Marymary
  09 juillet 2015
Au sud de nulle part est un recueil de plus d'une vingtaine de nouvelles pour la plupart autobiographiques.
Charles Bukowski, (ou Hank, Buk, Chinaski) y décrit la misère avec un réalisme cru. Charles est né en Allemagne, puis ses parents décident de s'installer à Los Angeles pour faire fortune alors qu'il est enfant. Ils débarquent aux Etats-Unis pendant la récession, s'en suit alors des années de galère. Pour ne rien arranger, son père est un homme violent, alcoolique, qui bat sa femme. Il tabassera aussi Charles presque tous les jours jusqu'à que celui-ci ne réplique à l'âge de 16 ans.
Hank raconte la honte, la souffrance, celle par exemple de n'avoir qu'une paire de chaussures et d'y glisser du carton pour remplacer la semelle, celle aussi des enfants qui se battent devant les fenêtres des parents sans que ceux-ci n'interviennent (une bouche de moins à nourrir peut s'avérer une aubaine…) mais que si un enfant rentre à la maison avec un trou dans son pantalon, c'est la correction assurée (enfin elle était déjà assurée…).
Hank quittera la maison familiale et vivra de petits boulots pénibles et dégradants dans lesquels il sera humilié, exploité et considéré comme moins que rien. S'ajoute à cela la venue d'une forme très sévère d'acné (bien peu et bien mal soignée à l'époque au dispensaire des pauvres) qui lui laissera des cicatrices à vie et un complexe de laideur très profond.
Hank se réfugie donc dans l'alcool, louant des chambres proches des bars, fuyant la réalité dans un alcoolisme échevelé et dans une sexualité débridée. L'alcool et le sexe à outrance comme remèdes contre la détresse et la misère, mais pas l'ivresse agréable ou le sexe voluptueux, l'un et l'autre comme les ultimes moyens pour s'abrutir et arriver enfin au bout de nulle part.
Curieusement, la misère racontée par Hank, si elle est désolante, n'est absolument pas triste. 3 de ces nouvelles sont particulièrement jubilatoires (car la plume de Bukowski est d'une ironie et d'un cynisme réjouissants) : « Maja Thurup » (ou un cannibale amoureux), « Arrêtez de lorgner mes nénés, mister » (un western à la sauce Bukowski…) et « le diable était en chaleur » (histoire d'un diable lubrique et quelque peu expéditif !).
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moravia
  07 novembre 2014
Recueil de nouvelles dans lequel nous retrouvons tous les thèmes emblématiques de l'auteur : Dérive alcoolique,vie nocturne, sexe, personnages ayant un petit lutin dans le crâne.
Charles Bukowski a deux principales occupations : boire et baiser.
Pour les moments de récupération il va faire un tour sur les champs de courses de chevaux.
Si cela commence lentement, les moins bonnes nouvelles sont au début, nous retrouvons rapidement le ton Bukowski. Sa gouaille, son franc-parler jusqu'à l'ordure. Un cocktail de cynisme et de fatalisme qui le conduit à tout exécrer.
Faisant fi de ses contradictions, se moquant de types autant à la dérive que lui, il envoie au diable toutes les conventions pour revendiquer un individualisme acharné.
Il fait ses gammes (certains passages seront utilisés pour des romans ultérieurs) en écrivant ces nouvelles, mettant au point son style qui souvent sera copié mais jamais égalé .
Bukowski est un alcoolique : ok
Bukowski est ordurier : encore ok
Mais voilà un auteur qui me fait hurler de rire (ils sont si rares) comme aucun autre.
Je suis certain que dans trente ou quarante ans (si les petits cochons ne me mangent pas) j'aurai toujours plaisir à parcourir ses écrits.
Un écrivain incontournable.
Lire Bukowski ? Toujours !
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SBys
  30 août 2014
On connaît tous ces auteurs qui ont un penchant pour l'alcool, Duras, Bukowski, Faulkner, Hemingway… On peut à la limite comprendre en les lisant le moment où ils se servent un verre, puis un autre. Ça semble facile, quasiment nécessaire. Pour la lecture, c'est une autre paire de manches.
Lire en état d'ivresse suppose une certaine sélection. On ne peut pas lire des livres très descriptifs (comme 2666 de Bolano), on se perd, on perd notre concentration, on s'ennuie à mourir et on passe à autre chose. Il faut que ça soit court, sans trop de description; l'auteur doit aller à l'essentiel. "Au sud de nulle part", des nouvelles de Bukowski! Pas un mot de trop. de quoi le livre parle? J'en ai plus la moindre idée. C'est du Bukowski, c'est tout. On rit, on se dit qu'on se prend trop la tête et pas assez d'alcool. Nos problèmes sont toujours à relativiser, ça peut aller mal, ce ne sera pas la dernière fois.
Ce qui est étonnant dans cette situations, c'est que l'on se retrouve à relire les mêmes phrases, deux, trois cinq fois. On échappe le livre, tente de retrouver la page, on lit pis on s'aperçoit qu'on a déjà lu tout ça... mais cela n'a pas la moindre importance.
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yves1901
  03 juin 2015
A la lecture de ce petit recueil de nouvelles on se fait une petite idée synoptique du personnage haut en couleur qu'était Charles Bukowski. Un type hors du commun (seulement au sens, éloigné de la masse) ayant vécue une vie de débauche et de bacchanales.
Bukowski, sans doute, retranscrit finalement une grande partie de lui même dans ces nouvelles. de ses expériences des "moins que rien" (au sens non péjoratif, bien entendu), de ce peuple d'en bas, des oubliés, ceux qui n'ont pas le droit à l'attention et à la parole. Une société en pleine déliquescence. L'envers du rêve américain en somme.
Le ton est donc très mature, sordide, glauque, cru, noir et tourne la plupart du temps autour de l'alcool, la perdition, le désespoir, le sexe (on le ressent, une véritable obsession chez lui), de manière directe, décomplexée, et mettant en scène des personnages indigents véritablement dépravés, névrosés et excentriques.
Pour autant, le livre n'est pas là pour plomber le moral, et même si ce n'est pas la joie qui transpire de ces écrits - les sujets étant plutôt sérieux - la plupart du temps, un côté absurde, pathétique tourné d'une manière comique fait naitre sur le visage du lecteur un sourire. Des nouvelles crues mais en même temps - parfois - amusantes. Bukowski maniant finalement les deux extrêmes avec doigté.
La plume de Bukowski est elle acerbe, sarcastique, directe, ascétique, sans fioritures stylistiques et digressions en tout genre, la narration étant elle aussi loin d'être capillotractée. C'est sans doute un style très travaillé et voulu, mais pour ma part je trouve que sa prose manque un peu d'épaisseur et n'arrive pas pleinement à me charmer, à me tenir accrocher au bouquin (bien que certaines phrases valent vraiment le détour !).
On le rapproche souvent de John Fante (notamment pour son Demande à la poussière), mais je préfère de très loin ce dernier, qui je trouve, au-delà du style viscérale, a pour ma part, plus de choses à dire et le fait d'une plus belle manière.
Finalement je trouve ces histoires - assez irrégulières - un peu « creuses », même parfois un peu clinquantes (regardez comment je raconte ce que personne d'autre ne met en avant !), et finalement, son univers m'étant finalement très éloigné, je peine à véritablement m'intéresser grandement à ce qu'il raconte, bien que la lecture d'Au sud de nulle part ne soit pas du tout rebutante et ennuyeuse. Soyons clair.
Néanmoins, je dois bien avouer que je ne suis pas un grand amateur des recueils de nouvelles. J'essayerai donc de me plonger dans un de ses romans pour me faire un avis plus complet sur ce paltoquet atypique.
Un auteur à lire au moins une fois en tout cas.
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
MarymaryMarymary   29 juin 2015
Comme n'importe qui vous le dira, je ne suis pas un homme très affable. Les gens affables me donnent envie de dormir. J'ai toujours admiré les méchants, les hors-la-loi, les fils de pute. Je n'aime pas les petits gars rasés de près, portant cravate et nantis d'un bon boulot. J'aime les hommes désespérés, les hommes aux dents brisées, aux vies brisées et aux manières brusques. Ils m'intéressent. Ils ménagent plein de surprises et d'explosions. [...] Les pervers m'intéressent davantage que les saints. Quand je suis avec des ratés, je me sens bien, étant moi-même un raté. Je n'aime pas la loi, la morale, la religion, les règlements. Je refuse d'être modelé par la société.
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MarymaryMarymary   02 juillet 2015
"ACCROCHE-LE DANS LE CAMION !"
J'ai couru vers le camion. La honte de la défaite, apprise dans les cours d'écoles américaines quand j'étais petit, me dit que je devais pas foutre le boeuf par terre, car cela prouverait que j'étais un minable, et non un homme, je ne mériterais alors que ricanements et sarcasmes, fallait être un gagnant en Amérique, y avait pas d'autre moyen de s'en sortir, fallait apprendre à se battre pour rien, sans poser de question, et puis si je lâchais le boeuf, faudrait peut-être que je le ramasse, je savais que je n'y arriverais jamais.
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ZinaidaZinaida   02 septembre 2010
Les femmes. Oui, les femmes. Pour ma gouverne, il a décomposé le mot. Je ne sais plus si c'était femme ou femelle, toujours est-il qu'il m'a sorti l'étymologie latine du mot pour me montrer quel était le sens premier du mot - en latin : les femmes sont fondamentalement givrées.
Comme il me parlait de la folie des femmes, j'ai commencé à me sentir à l'aise avec ce médecin. Convaincu, j'acquiesçais.
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moraviamoravia   15 octobre 2014
Pourtant, en même temps, j'étais content d'éviter le casse-pipe. Le médecin a fini d'écrire. J'ai eu l'impression de l'avoir roulé. Je ne reproche aucunement à la guerre que je doive tuer quelqu'un ou que je puisse être tué sans raison, tout cela n'a que peu d'importance. Ce que je lui reproche, c'est de m'empêcher de rester assis dans une petite chambre pour crever la dalle, picoler du vin dégueulasse et délirer à ma façon, quand j'en ai envie.
Je ne voulais pas me réveiller au son de la trompette. Je ne voulais pas dormir dans une caserne avec une bande de jeunes Américains pleins de santé obsédés frustrés amateurs de football suralimentés masturbateurs aimant les vannes lourdingues adorables trouillards roses accrochés à leur maman modeste jouant au basket, avec qui je devrais faire ami-ami, avec qui je devrais m'enivrer pendant les permissions, que je devrais me farcir à longueur de journée, et dont je devrais écouter les innombrables plaisanteries salaces, grossières et chiantes. Leurs couvertures, leurs uniformes et leur humanité me donnaient de l'urticaire. Je ne voulais pas chier au même endroit qu'eux, pisser au même endroit qu'eux ni partager les mêmes putains qu'eux. Je ne voulais pas voir leurs ongles de pied ni lire les lettres de leurs parents. Je ne voulais pas voir leurs culs tressauter devant moi en formation serrée, je ne voulais pas copiner avec eux, je ne voulais pas m'en faire des ennemis, je ne voulais tout bonnement pas d'eux, ni de ça ni de rien de tel.
Tuer ou être tué, c'était accessoire.

(in Guerre et taule).
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iti1801iti1801   03 septembre 2010
Financièrement parlant, il valait manifestement mieux avoir une chatte qu'une queue.
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Vidéo de Charles Bukowski
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