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Gérard Guégan (Traducteur)
EAN : 9782253141976
189 pages
Le Livre de Poche (01/09/1997)
3.78/5   584 notes
Résumé :
Louis-Ferdinand Céline n'est pas mort en 1961. On l'a aperçu à Los Angeles. Et une pulpeuse créature qui n'est autre que la Mort charge un «privé» minable, Nick Belane, de le retrouver: "Je veux m'offrir, dit-elle, le plus grand écrivain français." Ainsi commence l'ultime roman du génial et intenable auteur des Contes de la folie ordinaire et d' Au sud de nulle part. Une enquête échevelée, jalonnée de saouleries et de cadavres, d'autant plus compliquée que le malheu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
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Cher Hank,

Votre dernière escale dans le roman m'a été un rare plaisir... Une de ces jouissance particulière que l'on ne trouve que dans ces romans noirs confectionnés à l'ancienne!

Vous arrivez quasiment au niveau de mon mètre étalon qui se trouve être

Un privé à Babylone de Richard Brautigan! C'est vous dire.

Vous sublimez l'archétype du privé américain, sauce côte ouest, en l'épiçant de filles toujours plus sublimes et inatteignables et de beuveries incessantes.

Votre galerie de personnages grotesques, improbables, cruels et pitoyables est proprement phénoménale... Et le Louis-Ferdinand Céline pas mort comme tout le monde mais convoité par la grande faucheuse, n'est pas la moindre de ces figures!

Belane, votre héros fripé fait de son mieux pour résoudre plusieurs enquêtes en même temps... Parviendra-t-il à trouver les solutions?... En tout cas, l'apothéose finale de Pulp est l'une des plus belle qu'il m'ait été donné de lire. C'est...somptueux.

Gérard Guégan, qui a traduit Pulp, s'est fendu d'une fort intéressante postface dans laquelle il raconte votre trip européen et donne un aperçu de votre personnalité difficilement fréquentable... indissociable de votre génie particulier.

Par chance, Hank, il me reste la majeure partie de votre oeuvre à parcourir.

La fête n'est donc pas terminée pour le lecteur que je suis et qui vous découvrit avec Les contes de la folie ordinaire.

Hi, Hank et bien à vous,

Horusfonck

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« - Qu'y a-t-il de si affreux sur cette.. Terre ?

- Chacune de ses composantes. le smog, par exemple, mais aussi son taux de criminalité, l'air empoisonné, les eaux polluées, la nourriture cancérigène... Mais encore la haine, le désespoir... (...) Ça m'attriste, mais ça m'explique aussi pourquoi tu bois tant.

- Brillante analyse, Jeannie. Et encore tu oublies nos centrales nucléaires !

- C'est vrai. En définitive, vous n'avez pas su vous arrêtez à temps, vous avez creusé votre propre tombe. »

Ce mec était un génie. J'aime son écriture, ses pensées et son humour. Je me suis régalée avec cette lecture. On croit que ça part dans tous les sens mais non. Pas du tout. Il dit ce qu'il veut nous dire et nous fait passer un bon moment en sa compagnie. Au quotidien, ça devait pas être facile, mais en concentré dans un bouquin, quel bonheur. Moi j'adore cet humour grincheux, grinçant et plein de dérision.

« Regardons les choses en face : j'étais assis entre l'Espace et la Mort. Qui portaient jupes moulantes et hauts talons. Avais-je la moindre chance ? »

C'est Belane qui parle, l'homme sans nom. Mais bien évidemment Belane a un nom : Bukowski. Alors quand Belane reprend la Grande Faucheuse qui annonce « vous êtes un piètre philosophe », Bukowski s'amuse et lance « au contraire, je m'estime l'un des meilleurs. »

C'est l'histoire d'un détective, Belane qui doit résoudre plusieurs enquêtes :

«  1. Découvrir si Céline est Céline. (...).

2. Loger le Moineau Écarlate.

3. Vérifier si Cindy est bien en train d'entortiller Bass. Si oui, la coincer.

4. Débarrasser Grovers de la monstresse de l'espace. »

Tout un programme. Un privé qui se la joue comme au bon vieux temps, qui rencontre Céline (si si, l'écrivain – mouai, moi aussi je croyais qu'il était mort, mais bon... un petit coup de reveniez-y, ça fait toujours du bien). Bref, je disais : un privé qui se la joue comme dans les années Marlowe et qui vous entraîne avec des bookmakers et des Moineaux écarlates, moi je dis, vive la Grande Faucheuse ! Elle aussi elle y est dans son histoire. Normale, elle nous attend tous « homme, oiseau, ruminant, reptile, rongeur, insecte, poisson, tous, nous sommes logés à la même enseigne. Des morts à crédit. Et je vois mal comment y couper. »

« Oh, et puis merde, tapons-nous une vodka ! » en (re)lisant ce livre, vous en saurez autant que moi, sûrement plus même.

Je garde précieusement deux grandes pensées de Bukowski :

« Pouvoir encore enfiler ses chaussures chaque matin que Dieu fait, n'est-ce pas la plus grande des victoires ? »

« J'étais sorti d'un trou et je me préparais à finir dans un autre. »

Garçon, un autre s'il vous plait. Merde, il comprend rien celui-là. Oui, un double. Dans deux verres, que j'ai l'impression d'en avoir encore quand y en a plus.

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Nick Belane détective privé, fauché, minable, alcoolique, solitaire, menacé d'expulsion par son propriétaire se voit proposer une mission étrange par la Grande Faucheuse, retrouver l'écrivain Céline qui ne serait pas mort à Meudon en 1961 !

Le lendemain, un autre client John Barton lui confie également une mission, retrouver le fameux moineau écarlate, mission alléchante car ce dernier lui propose une rente de 100 $

jusqu'à la fin de sa vie.

Quelques temps après Jack Bass homme blindé de thunes demande à Nick de surveiller sa femme Cindy qu'il soupçonne de s'envoyer en l'air avec un voire plusieurs mecs...

Les affaires reprennent pour notre détective mais au fil du temps, ces 3 enquêtes se rejoignent étrangement...

Sous couvert d'un roman policier, Bukowski se livre sous les traits de Nick Belane, un détective paumé qui revient sur sa vie, ses échecs mais c'est également un regard sur le sens de la vie et on comprend bien que ce cher Bukowski n'a jamais trouvé un sens à la sienne !

Dans « Pulp » nous retrouvons l'univers déjanté de l'auteur, tout y est, l'errance, l'alcool, le sexe, les femmes, les courses de chevaux...

Du bon Bukowski avec une plume fidèle à son style brut, direct, spontané, drôle un Bukowski qui ne cesse d'exprimer son cynisme et ses émotions avec beaucoup de sincérité.

Le dernier roman de Bukowski est un roman sur sa mort, comme un adieu...

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Pulp est le dernier roman de Charles Bukowski. Et c'est bien un roman et non un recueil de chroniques et de nouvelles ou un récit autobiographique. Mais même s'il a abandonné Hank Chinaski, son personnage fétiche et alter-ego, pour Nick Belane, un « privé minable », Bukowski n'a pas laissé tomber pour autant ses thèmes fétiches : le sexe, l'alcool, les courses, les bars, les femmes et la « GDB », à ceci près qu'un autre thème – et pas des moindres – s'est invité ici : la mort. La mort qui planait aussi sur la vie de l'auteur – et il le savait certainement – puisqu'il est décédé peu de temps après la publication de Pulp. Mais Buko étant Buko, la mort prend ici les apparences d'une femme magnifique. Une femme… fatale, dira-t-on…

Pulp, c'est un prétexte. C'est un faux roman policier qui rassemble en fait les idées de Bukowski sur bien des sujets. Et ça part un peu dans tous les sens. On y croise donc la Grande Faucheuse – que Belane appelle « ma Reine », mais aussi des extraterrestres, des bandits et… des écrivains comme Céline, Dante ou John Fante. Nombreuses sont d'ailleurs les références à leurs écrits comme Mort à crédit, Voyage au bout de la nuit ou encore Demande à la poussière. Et c'est parfois très drôle. Mais j'ai trouvé que le côté tragique l'emportait largement sur l'humour (souvent noir d'ailleurs). La mort est notamment omniprésente dans ce roman, et pas seulement sous les traits de la magnifique jeune femme aux jambes interminables qui se fait appeler « Lady Death » et qui est à la recherche de Louis Ferdinand Céline. Elle l'est aussi dans les réflexions de Bukowski : « A l'évidence, si nous faisons semblant de remuer l'air, c'est pour tromper l'attente de la mort. » le personnage de Nick Belane est quant à lui tragi-comique : il est tellement « minable » qu'il en est touchant, émouvant.

Pulp a été pour moi une lecture divertissante mais aussi, et surtout, une lecture un peu philosophique. Bukowski a toujours partagé ses idées et tous ses livres sont pleins de ses réflexions sur la société et bien d'autres thèmes. Mais je les ai trouvées plus saisissantes ici. Peut-être parce qu'il s'agit d'un roman. En tout cas, il permet de comprendre un peu plus ce grand auteur qu'était Bukowski et de lui découvrir un autre style d'écriture.

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Je tiens tout d'abord à remercier les éditions 10/18 et l'opération Masse critique qui m'a permis de découvrir le dernier roman de Bukowski.

« Dernier » signifiant ici, et le dernier titre sorti par l'auteur et son ultime chef-d'oeuvre puisque publié en 1994, juste avant sa mort.

Pulp, dédié « à la littérature de gare », suit le meilleur détective de L.A, Nicky Belane traquant à la fois l'auteur classique français Céline (oui, Louis-Ferdinand Destouches vit à LA) et un mystérieux Moineau écarlate.

« Pulp », c'est aussi l'abréviation de « pulp magazines » qui désignait les magazines populaires américains du début du XXe siècle qui publiaient indifféremment histoires à l'eau de rose, série Z, et polars.

Comme dans ces magazines, on retrouve dans cet ultime opus des nanas aux formes généreuses, des mecs qui se branlent tout le temps et des monstres de l'espace, le tout arrosé au whisky bon marché.

Bukowski/Belane tente un dernier pied de nez à son époque, dans un ultime face à face à la plus pulpeuse des garces : la Mort. Mais la fin est inéluctable. "Le vieux dégueulasse", comme il s'était lui-même baptisé, sera emporté par une leucémie tandis que son héros disparaîtra dans un tourbillon jaune pisseux.

Lire Pulp, c'est cette impression d'avoir en permanence la gueule de bois, avec des relents de mélanges douteux, la réalité dansant au-dessus des gogues un rouleau de PQ à la main, on a hâte que ça se termine tout en sachant qu'il n'y en aura plus.

Adieu et merci Chinaski.

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Citations et extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
- Belane, ajouta-t-elle, je m'en vais.
- Dans ce cas, on se prend le dernier pour la route.
- Non, tu n'as pas compris, je m'en vais pour de bon. Mes équipiers et moi-même, nous quittons la terre... Dans toute cette histoire, le plus curieux, et sans que je sache pourquoi, c'est que je te regretterai...
- Comme je te comprends ricanai-je. Mais pourquoi vous tirez-vous, toi et ton groupe ?
- Après mûre réflexion, nous sommes arrivés à la conclusion que votre planète est trop affreuse. Et nous avons renoncé à la coloniser.
- Qu'y a t'il de si affreux sur cette... terre ?
- Chacune de ces composantes. Le smog par exemple, mais aussi son taux de criminalité, l'air empoisonné, les eaux polluées, la nourriture cancérigène... Mais aussi la haine, le désespoir... La seule chose de belle sur votre planète, ce sont les animaux, contre lesquels vous vous acharner, et qui bientôt auront tous disparu, excepté les rats apprivoisés et les chevaux de champs de courses. Ça m'attriste, mais ça m'explique aussi pourquoi tu bois tant.
- Brillante analyse, Jeannie. Et encore tu oublies nos centrales nucléaires !
- C'est vrai. En définitive, vous n'avez pas su vous arrêter à temps, vous avez creusé votre propre tombe.
- Sauf que ça peut péter demain comme dans mille ans. Du coup, puisque nul ne sait combien on a de temps encore, la plupart des Terriens ont renoncé à changer quoi que ce soit à cet état de choses. Après nous, le déluge, n'est ce pas ?
- Tu me manqueras, Belane. Les animaux aussi...
- Comme je t'approuve de t'en aller !
Ses yeux se mouillèrent.
- Je t'en conjure, Jeannie, ne pleure pas... Bon Dieu de merde !
Elle approcha le verre de ses lèvres et but avec avidité, puis elle me regarda. Jamais au grand jamais, on ne m'avait regardé avec de tels yeux. Et que ne donnerais-je pour en revoir de comparables.
- Au revoir, mon gros, dit-elle en souriant.
Je me retrouvai seul.

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L’homme est né pour mourir. Impossible de nier l’évidence. On se rattache à tout ce qui passe et on attend. On attend le dernier métro. On attend une paire de gros nibards dans une chambre d’hôtel, une nuit d’août à Las Vegas. On attend que les poules aient des dents. On attend que le soleil baise la lune. Et en attendant, on se raccroche à n’importe quoi.
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- Qu’y a-t-il donc de si affreux sur cette… Terre ?
- Chacune de ses composantes. Le smog, par exemple, mais aussi son taux de criminalité, l’air empoisonné, les eaux polluées, la nourriture cancérigène… Mais encore la haine, le désespoir… La seule chose de belle sur votre planète, ce sont les animaux, contre lesquels vous vous acharnez, et qui bientôt auront tous disparu, excepté les rats apprivoisés et les chevaux des champs de courses. Ça m’attriste, mais ça m’explique aussi pourquoi tu bois tant.
- Brillante analyse, Jeannie ! Et encore tu oublies nos centrales nucléaires !
- C’est vrai. En définitive, vous n’avez pas su vous arrêter à temps, vous avez creusé votre propre tombe.
- Sauf que ça peut péter demain comme dans mille ans. Du coup, puisque nul ne sait pour combien de temps on en a encore, la plupart des Terriens ont renoncé à changer quoi que ce soit à cet état des choses. Après nous, le déluge, n’est-ce pas ?
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[...], je décidai, le lendemain, de me livrer à une sorte de bilan général. Eh bien, tout compte fait, le positif l'emportait sur le négatif. J'avais eu beau déménager pas mal de fois, je n'avais jamais dormi sous les ponts. Ce qui ne m'aurait pas particulièrement ennuyé, vu le nombre de clochards estimables. Ce ne sont pas des détraqués, c'est la sacro-sainte productivité qui les a mis sur la touche. Voilà ce qui les a changés, et qui les a obligé à cette sinistre métamorphose. D'où j'en déduis que dormir dans un lit est déjà en soi une grande victoire sur les puissants. Et même si j'ai dû, à plus d'une reprise, me dénicher un toit en urgence, j'ai été plutôt verni. Mais quelle importance, quand on songe à l'horreur de ce monde ! Une horreur qui explique les larmes que j'ai souvent versées sur le sort de ces malheureux qui se débattent au fond de la nasse...
Oh, et puis merde, tapons-nous une vodka !
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Et tout bien pesé, est-ce que ça compte de savoir qui baise qui? C'est d'une telle banalité. Le cul, encore le cul, toujours le cul! Dès la rencontre du spermatozoïde et de l'ovule, nous sommes liés à celle qui nous héberge. Et sitôt le cordon ombilical coupé, nous ne cessons de vouloir nous enchaîner à des tas d'autres choses: images, sons, sexe, argent, illusions, mère, masturbation, crimes et gueules de bois du lundi matin.
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Vidéo de Charles Bukowski
Qui était John-Antoine Nau, lauréat en 1903 du premier prix Goncourt ? Un aventurier comme il n'en existe plus, autant chez lui à San Francisco qu'en Martinique. Un poète féru de liberté et ivre d'indépendance. Un romancier qui envoie le manuscrit vainqueur – "Force ennemie" – à compte d'auteur et ne daigne pas aller chercher sa récompense. Nau est l'anti-Goncourt par excellence. Alors qu'on le sacre, il est installé dans le cabanon du peintre Paul Signac au coeur de la baie des Canoubiers. Entre une partie de pêche et la minutieuse préparation d'un dîner de gourmets, il expose à une pittoresque bande d'amis sa conception du Beau et son abjection pour les cénacles de littérateurs qui, sans cesse, complotent dans les antichambres. Goncourt originel et personnage absolument romanesque, John-Antoine Nau méritait bien un roman. En écho à l'aveu de Huysmans, président de l'académie : « C'est encore le meilleur que nous ayons couronné ! ».
Cédric Meletta est l'auteur de "Jean Luchaire. L'Enfant perdu des années sombres" (Perrin), "Tombeau pour Rubirosa, un roman" (Séguier), "Diaboliques" (Robert Laffont) et en 2020, aux éditions du Rocher, "Les Bukoliques", récit littéraire autour de Charles Bukowski.
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