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Gérard Guégan (Traducteur)
ISBN : 2253141976
Éditeur : Le Livre de Poche (01/09/1997)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 336 notes)
Résumé :
Louis-Ferdinand Céline n'est pas mort en 1961. On l'a aperçu à Los Angeles. Et une pulpeuse créature qui n'est autre que la Mort charge un «privé» minable, Nick Belane, de le retrouver: "Je veux m'offrir, dit-elle, le plus grand écrivain français." Ainsi commence l'ultime roman du génial et intenable auteur des Contes de la folie ordinaire et d' Au sud de nulle part. Une enquête échevelée, jalonnée de saouleries et de cadavres, d'autant plus compliquée que le malheu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  02 juillet 2017
« - Qu'y a-t-il de si affreux sur cette.. Terre ?
- Chacune de ses composantes. le smog, par exemple, mais aussi son taux de criminalité, l'air empoisonné, les eaux polluées, la nourriture cancérigène... Mais encore la haine, le désespoir... (...) Ça m'attriste, mais ça m'explique aussi pourquoi tu bois tant.
- Brillante analyse, Jeannie. Et encore tu oublies nos centrales nucléaires !
- C'est vrai. En définitive, vous n'avez pas su vous arrêtez à temps, vous avez creusé votre propre tombe. »
Ce mec était un génie. J'aime son écriture, ses pensées et son humour. Je me suis régalée avec cette lecture. On croit que ça part dans tous les sens mais non. Pas du tout. Il dit ce qu'il veut nous dire et nous fait passer un bon moment en sa compagnie. Au quotidien, ça devait pas être facile, mais en concentré dans un bouquin, quel bonheur. Moi j'adore cet humour grincheux, grinçant et plein de dérision.
« Regardons les choses en face : j'étais assis entre l'Espace et la Mort. Qui portaient jupes moulantes et hauts talons. Avais-je la moindre chance ? »
C'est Belane qui parle, l'homme sans nom. Mais bien évidemment Belane a un nom : Bukowski. Alors quand Belane reprend la Grande Faucheuse qui annonce « vous êtes un piètre philosophe », Bukowski s'amuse et lance « au contraire, je m'estime l'un des meilleurs. »
C'est l'histoire d'un détective, Belane qui doit résoudre plusieurs enquêtes :
«  1. Découvrir si Céline est Céline. (...).
2. Loger le Moineau Écarlate.
3. Vérifier si Cindy est bien en train d'entortiller Bass. Si oui, la coincer.
4. Débarrasser Grovers de la monstresse de l'espace. »
Tout un programme. Un privé qui se la joue comme au bon vieux temps, qui rencontre Céline (si si, l'écrivain – mouai, moi aussi je croyais qu'il était mort, mais bon... un petit coup de reveniez-y, ça fait toujours du bien). Bref, je disais : un privé qui se la joue comme dans les années Marlowe et qui vous entraîne avec des bookmakers et des Moineaux écarlates, moi je dis, vive la Grande Faucheuse ! Elle aussi elle y est dans son histoire. Normale, elle nous attend tous « homme, oiseau, ruminant, reptile, rongeur, insecte, poisson, tous, nous sommes logés à la même enseigne. Des morts à crédit. Et je vois mal comment y couper. »
« Oh, et puis merde, tapons-nous une vodka ! » en (re)lisant ce livre, vous en saurez autant que moi, sûrement plus même.
Je garde précieusement deux grandes pensées de Bukowski :
« Pouvoir encore enfiler ses chaussures chaque matin que Dieu fait, n'est-ce pas la plus grande des victoires ? »
« J'étais sorti d'un trou et je me préparais à finir dans un autre. »
Garçon, un autre s'il vous plait. Merde, il comprend rien celui-là. Oui, un double. Dans deux verres, que j'ai l'impression d'en avoir encore quand y en a plus.
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fredho
  03 mars 2014
Nick Belane détective privé, fauché, minable, alcoolique, solitaire, menacé d'expulsion par son propriétaire se voit proposer une mission étrange par la Grande Faucheuse, retrouver l'écrivain Céline qui ne serait pas mort à Meudon en 1961 !
Le lendemain, un autre client John Barton lui confie également une mission, retrouver le fameux moineau écarlate, mission alléchante car ce dernier lui propose une rente de 100 $
jusqu'à la fin de sa vie.
Quelques temps après Jack Bass homme blindé de thunes demande à Nick de surveiller sa femme Cindy qu'il soupçonne de s'envoyer en l'air avec un voire plusieurs mecs...
Les affaires reprennent pour notre détective mais au fil du temps, ces 3 enquêtes se rejoignent étrangement...
Sous couvert d'un roman policier, Bukowski se livre sous les traits de Nick Belane, un détective paumé qui revient sur sa vie, ses échecs mais c'est également un regard sur le sens de la vie et on comprend bien que ce cher Bukowski n'a jamais trouvé un sens à la sienne !
Dans « Pulp » nous retrouvons l'univers déjanté de l'auteur, tout y est, l'errance, l'alcool, le sexe, les femmes, les courses de chevaux...
Du bon Bukowski avec une plume fidèle à son style brut, direct, spontané, drôle un Bukowski qui ne cesse d'exprimer son cynisme et ses émotions avec beaucoup de sincérité.
Le dernier roman de Bukowski est un roman sur sa mort, comme un adieu...
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Malabar_
  22 septembre 2013
Même lorsqu'il écrit un polar, Bukowski ne peut pas s'empêcher de faire du Bukowski. Et c'est tant mieux.
Pulp, roman foutraque où l'on croise pêle mêle Céline, La Grande Faucheuse, des extraterrestres peu commodes, un mari trompé, le Moineau Ecarlate, un privé pour le moins lamentable, un voisin postier (tiens tiens) et évidemment pléthore de "casse-burnes" en tout genre. le tout arrosé, que dis-je, inondé de whisky et de réflexions métaphysiques confortablement planquées sous le voile de l'ironie. Ultime pied de nez d'un auteur se sachant condamné, Pulp est de l'aveu de l'auteur, une parodie de roman policier et un hommage à la littérature de gare. Ne vous attendez donc ni à une intrigue rocambolesque, ni à une cascade de péripéties. Nick Belane, puisque que c'est ainsi que notre "héros" se nomme, passe plus de temps au rade du coin à se noircir qu'à tenter de se résoudre ses deux principales affaires: retrouver Céline pour le compte de la Grande Faucheuse et dénicher le légendaire Moineau Ecarlate. Tout un programme.
Comme toujours chez Bukowski l'humour et le trivial ne sont qu'une façade, un vernis qu'il suffit de gratter pour voir poindre le regard acéré et désabusé. Jubilatoire mais finalement assez sombre dans son propos, ce livre, bien que singulier dans l'oeuvre de l'auteur, porte en fait en lui les mêmes caractéristiques, la même vision que ses précédents romans.
Un rafraîchissement grisant, à savourer sans modération en ces temps d'hypocrisie généralisée et de politiquement correct.
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alberthenri
  07 février 2017
Bien que je lui reconnaisse un talent certain, je ne suis pas un fervent lecteur de Bukowski.
PULP, est son dernier roman.
Pour terminer sa carrière, l'auteur, a mis de côté son personnage fétiche et alter ego d' Hank Chinaski, pour livrer un roman humoristique, parodie de roman noir.
Le titre est un hommage aux "pulps", surnom donné à ces magazines bon marché qui proposaient aux lecteurs américains des nouvelles policières, de science-fiction, d'épouvante, et où des grands noms des littératures de genre se firent connaître, tels que H.P Lovecraft, R.E Howard, Robert Bloch, Fredric Brown et beaucoup d'autres.
A l'instar de nos "romans feuilletons", les pulps fidélisaient le lectorat avec des histoires courtes à sensations aux personnages souvent stéréotypés.
Bukowski reprends le principe pour son roman, on y trouve un détective privé dur à cuire, mais complétement à coté de ses pompes, qui doit composer avec l'inévitable femme fatale, (et pour cause, il s'agit de la Faucheuse, en personne) de Céline (l'écrivain) d'un mari trompé, d'extraterrestres, et d'un mystérieux Moineau Ecarlate.
Tout cela, disons le, part un peu dans tous les sens, et l'on ne comprend pas toujours le pourquoi du commun....
Mais j'ai trouvé le roman très distrayant, avec des traits d'esprits jubilatoires.
J'ajoute, que le "Vieux Dégueulasse" a eu la main moins lourde sur les obscénités et la scatologie, ce que pour ma part j'ai apprécié.
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Darkcook
  21 avril 2014
Une amie m'avait fait découvrir Charles Bukowski, auteur lubrique fan de Céline, et lorsque, sur le net, je suis tombé par hasard sur le pitch d'un roman noir où le détective partait à la recherche de Louis-Ferdinand Céline pour le compte de la Faucheuse qu'il fuirait depuis 1961... Je ne pouvais que me jeter dessus!!
Le bilan est mitigé : de magnifiques maximes et citations post-céliniennes parsèment le livre, Bukowski étant vraiment son admirateur absolu, et son personnage autobiographique adopte le même ton pessimiste quant à l'humanité, qui a pu tant nous régaler chez l'auteur français controversé. Mais il fait l'erreur d'ajouter plusieurs enquêtes moins intéressantes, et surtout, d'évacuer Céline de la carte à un peu plus de la moitié du roman. À partir de là, énorme coup de mou, la tension et l'attention retombent, et les errances dans les bars du protagoniste alcoolique observateur de la chute de l'humanité (et de la sienne) deviennent répétitives et lassantes, malgré la beauté de l'écriture (chapeau au traducteur).
Vu qu'il s'agit du tout dernier roman de Bukowski, et que son personnage est obsédé par l'image de la Mort, récurrente à travers Pulp, on y lit évidemment les propres angoisses de l'auteur, qui voit la fin approcher. Bukowski était un adepte du protagoniste double de lui-même, et Pulp n'y fait pas exception. Ce parallèle ajoute indéniablement une émotion et une noirceur à un roman cependant très drôle, surtout dans sa première partie (moins dans la deuxième). C'est effectivement une véritable parodie de roman noir, avec TOUS les clichés du détective kitsch badass décuplés à une échelle complètement burlesque, grotesque, qui vous fera beaucoup rire... Il est donc d'autant plus dommage que le fil Céline ne soit pas tenu jusqu'au bout et expédié, et que le ton s'assombrisse à la fin, en plus de perdre de l'interêt. Petites cerises : d'autres auteurs et références littéraires apparaissent en dehors de Céline et de ses oeuvres, je n'en dirai pas plus!
J'ai hâte de me jeter sur les autres oeuvres déjantées de cette icône alcoolique et très portée sur la chose!
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
MarcPruvostMarcPruvost   25 mars 2012
- Belane, ajouta-t-elle, je m'en vais.
- Dans ce cas, on se prend le dernier pour la route.
- Non, tu n'as pas compris, je m'en vais pour de bon. Mes équipiers et moi-même, nous quittons la terre... Dans toute cette histoire, le plus curieux, et sans que je sache pourquoi, c'est que je te regretterai...
- Comme je te comprends ricanai-je. Mais pourquoi vous tirez-vous, toi et ton groupe ?
- Après mûre réflexion, nous sommes arrivés à la conclusion que votre planète est trop affreuse. Et nous avons renoncé à la coloniser.
- Qu'y a t'il de si affreux sur cette... terre ?
- Chacune de ces composantes. Le smog par exemple, mais aussi son taux de criminalité, l'air empoisonné, les eaux polluées, la nourriture cancérigène... Mais aussi la haine, le désespoir... La seule chose de belle sur votre planète, ce sont les animaux, contre lesquels vous vous acharner, et qui bientôt auront tous disparu, excepté les rats apprivoisés et les chevaux de champs de courses. Ça m'attriste, mais ça m'explique aussi pourquoi tu bois tant.
- Brillante analyse, Jeannie. Et encore tu oublies nos centrales nucléaires !
- C'est vrai. En définitive, vous n'avez pas su vous arrêter à temps, vous avez creusé votre propre tombe.
- Sauf que ça peut péter demain comme dans mille ans. Du coup, puisque nul ne sait combien on a de temps encore, la plupart des Terriens ont renoncé à changer quoi que ce soit à cet état de choses. Après nous, le déluge, n'est ce pas ?
- Tu me manqueras, Belane. Les animaux aussi...
- Comme je t'approuve de t'en aller !
Ses yeux se mouillèrent.
- Je t'en conjure, Jeannie, ne pleure pas... Bon Dieu de merde !
Elle approcha le verre de ses lèvres et but avec avidité, puis elle me regarda. Jamais au grand jamais, on ne m'avait regardé avec de tels yeux. Et que ne donnerais-je pour en revoir de comparables.
- Au revoir, mon gros, dit-elle en souriant.
Je me retrouvai seul.

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AalizAaliz   10 juillet 2013
L’homme est né pour mourir. Impossible de nier l’évidence. On se rattache à tout ce qui passe et on attend. On attend le dernier métro. On attend une paire de gros nibards dans une chambre d’hôtel, une nuit d’août à Las Vegas. On attend que les poules aient des dents. On attend que le soleil baise la lune. Et en attendant, on se raccroche à n’importe quoi.
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fredhofredho   02 mars 2014
Et tout bien pesé, est-ce que ça compte de savoir qui baise qui? C'est d'une telle banalité. Le cul, encore le cul, toujours le cul! Dès la rencontre du spermatozoïde et de l'ovule, nous sommes liés à celle qui nous héberge. Et sitôt le cordon ombilical coupé, nous ne cessons de vouloir nous enchaîner à des tas d'autres choses: images, sons, sexe, argent, illusions, mère, masturbation, crimes et gueules de bois du lundi matin.
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alberthenrialberthenri   05 février 2017
J'ouvris la bouche, et mes dents apparurent. Quelle invention diabolique que les dents! On s'en sert pour manger. Manger et remanger. Nous sommes vraiment des être répugnants, programmés pour nous épuiser, notre vie durant, à accomplir de sordides petites tâches. Se remplir le ventre et lâcher des pets, nous gratter l'échine et nous souhaiter de joyeuses fêtes avec le sourire de circonstance.
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Malabar_Malabar_   19 septembre 2013
Putain de casse-burnes! Quel que soit le continent où ils ont vu le jour, ils sont la vraie majorité. Prêchant l'exemple et ralliant sans cesse à eux de nouveaux casse-burnes. Il y a de quoi trembler! Bientôt, le monde leur appartiendra.
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