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Gérard Guégan (Traducteur)Robert Crumb (Illustrateur)
ISBN : 2253151009
Éditeur : Le Livre de Poche (19/09/2001)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 107 notes)
Résumé :
Alors que la Faucheuse se prépare à l'entraîner de l'autre côté du miroir, l'auteur des Contes de la folie ordinaire entame, à la demande d'un ami, un journal intime.
S'il dit son peu de goût pour ce genre d'exercice, il s'y plie cependant avec une magnifique sincérité, n'épargnant ni ses contemporains, ni soi-même. Les courses de chevaux, les ennuyeux interviewers ou quémandeurs d'autographes, la relecture d'un jeu d'épreuves, ces ongles de pieds qu'il faudr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Horizon_du_plomb
  17 avril 2018
« Je déteste les gens d'Hollywood, même lorsqu'ils ont adapté mes livres. »
« Pour sûr que c'est génial que des rock stars lisent mes bouquins, mais on m'a raconté que des criminels et des cinglés en raffolent tout autant. Je me tape de qui me lit. S'il vous plaît, ne prenez pas en mauvaise part cette dernière remarque. »
J'ai découvert Bukowski grâce à un poème « Dimosauria, We » aka « Born like this ». J'ai vu le film Barfly scénarisé par Bukowski grâce à Babelio mais un film ne cerne jamais l'écriture et je n'ai rien lu d'autre du personnage.
«  Mon âme est en danger. L'a toujours été. »
«  Nous ne valons pas mieux que des escargots en balade sur une feuille de laitue. »
Un journal de vie écrit d'août 1991 à février 1993 sachant que Bukowski est mort en 1994 à l'âge de 73 ans. Bukowski s'encroute vers ses 72 balais mais prétend être le même. S'il a quitté la précarité, il aime toujours autant la musique classique et les grands philosophes.
«  La vie m'a écrabouillé, on ne s'est pas très bien entendus, nous deux. Elle ne m'a accordé que des bouts de rôle, jamais le haut de l'affiche.  »
Il faut le dire, les illustrations de Crumb qui parsèment le livre en sont une des grandes forces. Un vieillard se raconte, qu'a-t'il de plus que les autres ? Peut-être, plus que l'expérience des mots, l'art d'oser insérer son style dans la chair de l'existence jusqu'à l'os:
« J'ai appris qu'on avait retrouvé en Inde le corps de ma première épouse et qu'aucun membre de sa famille ne l'avait réclamé. Pauvre femme ! Une paralysie de la nuque l'empêchait de mouvoir son cou. Excepté ce détail, elle était d'une grande beauté. Je n'ai pas dit non lorsqu'elle a voulu divorcer. Je n'étais ni assez prévenant ni assez énergique pour assurer son salut. »
« L'hippodrome est un résumé de la condition humaine la vie ferraillant contre la mort jusqu'à l'ultime défaite. Personne n'en sort vainqueur, tout au plus cherchons-nous à obtenir un sursis, un instant de répit avant d'être précipités dans le brasier. (Merde, je viens de me brûler le bout des doigts avec mon mégot alors que je m'engluais dans la nausée. Voilà en tout cas qui réveille, et qui me sort de cet état sartrien !)  »
L'auteur va nous parler de sa petite vie, de son passé mais surtout des champs de courses comme une métaphore de la vie, voire de la fin de vie.
« En sorte que pour vaincre cette angoisse de la page blanche, je m'oblige à aller là-bas observer l'Humanité, car il n'est pas de meilleur catalyseur que le travail d'après motif. »
Les courses ne sont pas juste la vie, les décrypter c'est l'écriture. Tout le long du texte, cela transpire aussi l'écriture de manière directe ou imagée, si bien qu'on peut y voir des conseils non avisés.
« Le jeu n'est jamais terminé. Il suffit de se remettre en mémoire les deux, trois choses que les frangins ont dites avant nous. Jeffers, par exemple : « Sois en colère dès le lever du jour. » Ou Sartre « L'enfer, c'est les autres. » Bien vu, en plein dans le mille. Je ne suis jamais seul pour autant. le mieux étant, selon moi, de vivre sa solitude au contact des multitudes. »
L'écriture est bouillante, voire débordante. L'auteur rugit, c'est sa manière à lui de jouir. On a aussi parfois l'impression qu'il aligne les références littéraires comme pour pouvoir vous remettre à votre place: « Alors le jeune, tu pensais que je n'étais qu'un poivrot ? » La littérature comme un crochet du gauche dans la ruelle d'un esprit.
« Nous sommes faits de papier. »
On a parfois l'impression aussi que, se sentant proche de la fin, l'auteur se met en scène, crée son image en épitaphe, même s'il se défend de toute recherche de gloire.
« Quand vous prenez ce genre d'hommes et que vous les opposez aux figures que je vois déambuler dans les rues ou gameler dans les cafétérias ou parader à la télé, la différence me paraît si gigantesque que quelque chose se déchire en moi, comme si l'on me décrochait des coups de latte dans le bide. » (Parlant des philosophes qu'il a lus.)
Bukowski, un homme torturé entre deux natures, une circonstancielle et une intemporelle. Sans blague !
On a parfois l'impression que Bukowski a besoin des autres pour prendre le large, pour s'élever de la fange. Pas qu'il se croie supérieur, juste qu'ils lui permettent de ressentir plus ce vent intérieur qui le pousse. La hargne intériorisée vous fait des croches-pied à votre réalité. Bukowski, misanthrope assumé… comme une évidence.
« Car la foule n'invente jamais. Et rien ne peut lui titiller l'âme. de sorte qu'elle m'aura contraint à la fuir sans relâche, mais qu'elle va quand même me passer par-dessus. S'il m'avait été donné, une seule fois, de rencontrer UN être vivant en mesure de faire ou de dire quoi que ce soit qui sorte de l'ordinaire, je me serais promptement rangé à ses côtés. »
L'auteur parle de la foule tout le temps mais de quoi parle-t-il ? D'un fantasme, d'un regroupement un peu trop facile ? Car il ne faut pas s'y tromper, Bukowski parle souvent des petites rencontres et c'est souvent cela qui a le plus de charme pour moi dans son écriture bien avant sa philosophie qui frise parfois le comptoir. En fait, Bukowski est avant tout un écrivain de l'instantanéité, seule voie au non-sens. Partant de cela, le format court d'une note de journal (ou le poème) lui convient bien (Il se récrie pourtant des nouvelles à un moment mais bon parfois il prétend chercher un sens, parfois il se fait l'apôtre du non-sens).
«  Entre nous, la littérature semble avoir partie liée avec l'imposture. de quelle façon ? Eh bien, de tous les artistes, les écrivains sont les plus difficilement cernables, tant dans leur production que dans leur être. J'ajoute que leur vie déçoit plus encore que leur oeuvre, et que c'est cela qui en fait d'aimables filous. Mais pourquoi « aimables » ? Pourquoi pas « lamentables » ? Disons qu'ils sont tout à la fois d'aimables et de lamentables filous. D'où le plaisir que l'on prend à débiner tel ou tel d'entre eux. À commencer par moi, n'est-ce pas ? »
Ce qui frappe, c'est que même proche de la fin et en se revendiquant pleinement écrivain, Bukowski se voit encore parfois comme un imposteur. J'ai apprécié cette modestie. Par contre, je n'ai pas apprécié sa manière de dire et répéter que tous ses contemporains ne faisaient rien de bon, comme si la littérature était morte à part lui.
« Mes héros s'en sont à jamais allés, et je dois vivre avec mon époque. Avec les nouveaux créateurs, avec les célébrités du jour. Qui me touchent si peu. Je les observe, je les écoute, et je me dis est-ce donc tout ce qu'ils ont à m'offrir ? C'est qu'ils paraissent si bien dans leur peau… certes, je vous le concède, ils s'indignent… mais, tout de même, ils respirent la QUIÉTUDE. Aucune fureur ne les habite. La rage, on ne la trouve que chez les artistes ratés qui attribuent leur échec à quelque sombre machination. Alors qu'ils ont merdé salement. Horriblement. »
Bukowski m'a fait penser à ma lecture récente de William Finnegan, ce sont des gens qui ont connu d'autres manières plus brutes, un monde moins aseptisé, moins glacé par l'écran. Leurs écritures à tous les deux marquent la transition des années nonante entre deux époques, celle des post sixties vers celle du numérique explosant.
Je me reconnais dans Bukowski comme dans Céline mais c'est un livre qui manque souvent d'imprévu, qui se répète comme un miroir fendu sur l'auteur, qui alterne les pensées trop courtes comme les mégots froids. Pour moi, seules quelques séquences d'échanges humains sont intéressantes et relèvent le livre. Je ne sais pas ce qu'il en est du capitaine ou des marins mais le navire, lui, continue d'écumer en vins. J'ai l'impression d'avoir raté quelque chose, je pense que je vais plus lire Bukowski, notamment « Souvenirs d'un pas grand chose » avant de plus me faire une idée sur l'homme et sur l'écrivain (en particulier, vérifier par moi même sa prétention à 72 ans de mieux écrire que jeune et ce, pas simplement à cause de son ordinateur).
« Tout de même, il est bizarre que chacun de nous soit censé remplir une fonction. »
« Jusqu'alors, même lorsque je déprimais, les mots, impatients de monter en ligne, continuaient de bouillonner au plus profond de moi. Je fuis la compétition littéraire. Ni la gloire, ni le fric ne m'ont tenté. Je ne cherche à exprimer que ce que je ressens, un point c'est tout. Je ne me bats que contre les mots, et je préférerais encore mourir que de me retirer du ring. Disant cela, je ne sacralise pas la littérature, j'affirme simplement qu'elle se confond avec ma vie. »
« Pourtant, ce qui m'a permis d'en réchapper, c'est d'avoir tracé dans toute cette saloperie une voie qui n'appartenait qu'à moi. Au final, j'aurai fait preuve en toutes circonstances d'une certaine somme d'indifférence et d'élégance. »
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Corboland78
  29 octobre 2012
Charles Bukowski (1920-1994) est un écrivain américain d'origine allemande. Après avoir fait mille métiers, de postier à employé de bureau, connu la misère et la prison, il se lance dans l'écriture de poèmes puis de romans et nouvelles. Buveur et coureur de filles, les téléspectateurs se souviennent de sa sortie du plateau de télévision où il était l'invité de Bernard Pivot en 1978.
Bukowski et moi c'est une vieille histoire, puisque j'ai encore dans ma bibliothèque son premier bouquin paru en France, Mémoires d'un vieux dégueulasse sorti en 1977 dans la collection Speed 17 et traduit par Philippe Garnier. Je l'ai beaucoup lu par la suite (à l'exception de ses poésies, genre que je ne prise guère) et durant de nombreuses années, mais il y a aussi longtemps que je ne pensais plus à lui, jusqu'à ce que je tombe un peu par hasard sur ce petit bouquin au titre bien trop long, le Capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau paru chez nous en 1999.
Il s'agit d'un journal – auquel il ne s'est résolu que « sous la pression d'un tiers » - couvrant la période d'août 1991 à février 1993. le vieux Buk est presque arrivé au bout de la route, « la mort s'approche, je sens déjà son souffle », il a soixante et onze ans, sa santé n'est guère florissante, il a triomphé de la tuberculose, subi une opération de la cornée, souffert l'enfer avec sa jambe droite et un cancer de la peau le ronge. Néanmoins, en tant qu'ancien lecteur je le reconnais aisément, même s'il est moins fringant qu'avant.
Son journal en atteste, ses journées consistent à jouer aux courses et passer du temps sur les hippodromes, puis il rentre chez lui et retrouve ses neufs chats et sa femme avant de s'installer devant son ordinateur et écrire. Il fume toujours, boit nettement moins et le tagada n'est plus guère évoqué comme jadis, sinon comme un souvenir. Si le corps est un peu à la ramasse, l'esprit frondeur et indépendant est toujours là. « Je n'ai jamais placé mes espoirs dans la raison ou dans la justice », les flics ne sont pas ses amis, les gens en général et la connerie humaine l'agacent et il ne supporte pas la promiscuité, seule la musique classique trouve encore grâce à ses yeux aujourd'hui.
Lu superficiellement le bouquin n'est guère palpitant et Bukowski écrit un peu comme on parle, ce qui donne une littérature paraissant quelconque. Si l'auteur m'était inconnu, il est fort probable d'ailleurs que mon jugement en soit resté là, mais je l'ai dit Bukowski est un compagnon de jeunesse, alors j'ai lu derrière les lignes. J'y ai trouvé un homme vieillissant, qui se pose les questions existentielles qu'on se pose à son âge et qui n'aura eu qu'un seul but dans la vie, écrire, toujours écrire.
Il faut néanmoins admettre que le père Buk n'échappe pas aux travers de la vieillesse, il bougonne, regrette les temps anciens, « il m'est impossible de vous dire pourquoi mais tout était différent par le passé », bref, du poivrot macho des jeunes années il est devenu sur le tard un vieux schnock comme on en croise dans les bureaux de tabac ou les troquets de quartier. Une trajectoire logique en somme, mais qui ne m'interdit pas de lui conserver toute ma tendresse.
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MarcPruvost
  06 juin 2012
Bukowski ne boit (presque) plus, il vit avec sa femme et ses neufs chats dans une charmante petite maison avec piscine et jacuzzi. Heureusement, il écrit toujours, mais il le fait maintenant dans la tranquillité de son bureau, devant l'écran de son mac (qu'il a tout de même un certain mal à dompter).
Légitimement, on peut se poser la question, Bukowski est-il toujours Bukowski ?? Lui même pose la question lors d'une de ces réflexions dans ce journal, écrit sur une période de trois ans, peu de temps avant son ultime rendez-vous avec la grande faucheuse : Suis-je toujours le même qui s'écroulait et s'endormait sur un tas de poubelle ??
Et bien, incontestablement oui.
En effet, Bukowski n'est pas dupe, Il a beau s'être embourgeoisé quelque peu, il n'en oublie pas qui il est ni d'où il vient, et n'est guère plus optimiste sur l'avenir de notre société. Il nous livre ici ses dernières constatations sur le monde et l'humanité (qu'il observe inlassablement, et non sans un certain dégoût, quotidiennement sur les champs de courses), mais également sur lui même : l'évolution de son style, son rapport avec autrui, et aussi avec la mort, qu'il attend patiemment et presque sans appréhension, avec un cancer de la peau qui le ronge et la certitude qu'il ne devrait plus être de ce monde depuis un moment déjà.
Tout cela, comme à son habitude, d'une plume acerbe, sans langue de bois, ni aucune intention de plaire à son lecteur.
Brut, franc et sans concession, non Bukowski n'a pas changé, il est resté le même... jusqu'au bout !
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Bcerulli
  17 avril 2012
On retrouve Bukowski en septuagénaire, sa vie oscillant entre son ordinateur capricieux, les embouteillages sur l'autoroute et les champs de courses. Il s'est assagi, il ne boit plus, et vit avec sa femme Linda et ses neufs chats. Dans ce journal rédigé à la demande de l'éditeur entre août 91 et février 93, Hank pense à la mort qui approche, et livre ses derniers regards sur le monde, avec par moments, des visions quasi prophétiques sur son évolution (crise, société, avancées technologiques). Sa plume, toujours aussi cinglante, et plus vraie que jamais, nous entraîne dans sa vie en inertie, pour mieux nous offrir de véritables instants de réflexion, de philosophie, mais à la Bukowski ! Il fait tomber les masques, c'est le moment où Hank se retourne sur sa vie, sur l'existence en général, plus authentique que jamais, et se dit prêt à affronter la mort.
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HORUSFONCK
  22 novembre 2016
Bukowski nous livre ses dernières lignes...écrites au traitement de texte.
C'est différent, comme apaisé.
C'est comme une eau devenue calme, après les rapides et les canyons.
Un lac?
By, hank.
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Citations et extraits (95) Voir plus Ajouter une citation
MarcPruvostMarcPruvost   27 mai 2012
L'horreur, ce n'est pas la mort, mais la vie que mènent les gens avant de rendre leur dernier soupir. Ils n'ont aucune considération pour elle et ne cesse de lui pisser, de lui chier dessus. Des copulateurs sans conscience. Ils ne s'obsèdent que sur la baise, le cinoche, le fric, la famille, tout ce qui tourne autour du sexe. Sous leur crâne, on ne trouve que du coton. Ils gobent tout, Dieu comme la patrie, sans jamais se poser la moindre question. Mieux, ils ont vite oublié ce que penser voulait dire, préférant abandonner à d'autres le soin de le faire. Du coton, vous dis-je, plein le cerveau ! Ils respirent la laideur, parlent et se déplacent de manière tout aussi hideuse. Faites leur donc entendre de la bonne musique, eh bien ils se gratteront l'oreille. La majeur partie des morts l'étaient déjà de leur vivant. Le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.
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moraviamoravia   10 octobre 2014
Voilà qui me remet en mémoire une lettre rageuse qu'un olibrius m'avait un jour expédiée, et dans laquelle il me reprochait vertement d'avoir déclaré que je n'aimais pas Shakespeare. Sous mon influence, toute une jeunesse risquait, s'en indignait-il, de ne jamais le lire. De quel droit avais je osé exprimer une telle ineptie ? Et ainsi de suite sur plusieurs pages. Je ne lui ai pas répondu. Eh bien, le moment est venu de le faire.
Je te pisse à la raie, branlotin ! Et tu ne sais pas la meilleure ? Je n'aime pas non plus Tolstoï.
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moraviamoravia   09 octobre 2014
Ce que Sherwood Anderson a découvert, il le doit à son instinct. Hemingway a essayé mais en voulant passer en force. Il a entassé images sur images. Jamais Anderson n'hésite à ironiser alors que la situation tourne au vinaigre. Hemingway ignore le rire. Quiconque se lève à 6 heures du matin pour écrire n'a pas le sens de l'humour. Il cherche à se punir.
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moraviamoravia   09 octobre 2014
Lorsque je commence à douter de mon travail, il suffit que je lise l'un de mes contemporains pour qu'aussitôt je me reproche mon inquiétude.
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PinceauPinceau   11 mai 2016
A Philadelphie, il y avait autrefois un bar où je m'ancrais de 5 heures du soir à 2 heures du matin.Comme s'il m'était interdit d'aller ailleurs.Souvent je n'arrivais même pas à me souvenir si j'étais remonté dans ma chambre.Je faisais, comme qui dirait, corps avec mon tabouret.Je m'étais évadé de la réalité extérieure.Elle me plaisait si peu.
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