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Gérard Guégan (Traducteur)Robert Crumb (Illustrateur)
EAN : 9782253151005
224 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (19/09/2001)
3.88/5   109 notes
Résumé :
Alors que la Faucheuse se prépare à l'entraîner de l'autre côté du miroir, l'auteur des Contes de la folie ordinaire entame, à la demande d'un ami, un journal intime.
S'il dit son peu de goût pour ce genre d'exercice, il s'y plie cependant avec une magnifique sincérité, n'épargnant ni ses contemporains, ni soi-même. Les courses de chevaux, les ennuyeux interviewers ou quémandeurs d'autographes, la relecture d'un jeu d'épreuves, ces ongles de pieds qu'il faudr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Corboland78
  29 octobre 2012
Charles Bukowski (1920-1994) est un écrivain américain d'origine allemande. Après avoir fait mille métiers, de postier à employé de bureau, connu la misère et la prison, il se lance dans l'écriture de poèmes puis de romans et nouvelles. Buveur et coureur de filles, les téléspectateurs se souviennent de sa sortie du plateau de télévision où il était l'invité de Bernard Pivot en 1978.
Bukowski et moi c'est une vieille histoire, puisque j'ai encore dans ma bibliothèque son premier bouquin paru en France, Mémoires d'un vieux dégueulasse sorti en 1977 dans la collection Speed 17 et traduit par Philippe Garnier. Je l'ai beaucoup lu par la suite (à l'exception de ses poésies, genre que je ne prise guère) et durant de nombreuses années, mais il y a aussi longtemps que je ne pensais plus à lui, jusqu'à ce que je tombe un peu par hasard sur ce petit bouquin au titre bien trop long, le Capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau paru chez nous en 1999.
Il s'agit d'un journal – auquel il ne s'est résolu que « sous la pression d'un tiers » - couvrant la période d'août 1991 à février 1993. le vieux Buk est presque arrivé au bout de la route, « la mort s'approche, je sens déjà son souffle », il a soixante et onze ans, sa santé n'est guère florissante, il a triomphé de la tuberculose, subi une opération de la cornée, souffert l'enfer avec sa jambe droite et un cancer de la peau le ronge. Néanmoins, en tant qu'ancien lecteur je le reconnais aisément, même s'il est moins fringant qu'avant.
Son journal en atteste, ses journées consistent à jouer aux courses et passer du temps sur les hippodromes, puis il rentre chez lui et retrouve ses neufs chats et sa femme avant de s'installer devant son ordinateur et écrire. Il fume toujours, boit nettement moins et le tagada n'est plus guère évoqué comme jadis, sinon comme un souvenir. Si le corps est un peu à la ramasse, l'esprit frondeur et indépendant est toujours là. « Je n'ai jamais placé mes espoirs dans la raison ou dans la justice », les flics ne sont pas ses amis, les gens en général et la connerie humaine l'agacent et il ne supporte pas la promiscuité, seule la musique classique trouve encore grâce à ses yeux aujourd'hui.
Lu superficiellement le bouquin n'est guère palpitant et Bukowski écrit un peu comme on parle, ce qui donne une littérature paraissant quelconque. Si l'auteur m'était inconnu, il est fort probable d'ailleurs que mon jugement en soit resté là, mais je l'ai dit Bukowski est un compagnon de jeunesse, alors j'ai lu derrière les lignes. J'y ai trouvé un homme vieillissant, qui se pose les questions existentielles qu'on se pose à son âge et qui n'aura eu qu'un seul but dans la vie, écrire, toujours écrire.
Il faut néanmoins admettre que le père Buk n'échappe pas aux travers de la vieillesse, il bougonne, regrette les temps anciens, « il m'est impossible de vous dire pourquoi mais tout était différent par le passé », bref, du poivrot macho des jeunes années il est devenu sur le tard un vieux schnock comme on en croise dans les bureaux de tabac ou les troquets de quartier. Une trajectoire logique en somme, mais qui ne m'interdit pas de lui conserver toute ma tendresse.
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MarcPruvost
  06 juin 2012
Bukowski ne boit (presque) plus, il vit avec sa femme et ses neufs chats dans une charmante petite maison avec piscine et jacuzzi. Heureusement, il écrit toujours, mais il le fait maintenant dans la tranquillité de son bureau, devant l'écran de son mac (qu'il a tout de même un certain mal à dompter).
Légitimement, on peut se poser la question, Bukowski est-il toujours Bukowski ?? Lui même pose la question lors d'une de ces réflexions dans ce journal, écrit sur une période de trois ans, peu de temps avant son ultime rendez-vous avec la grande faucheuse : Suis-je toujours le même qui s'écroulait et s'endormait sur un tas de poubelle ??
Et bien, incontestablement oui.
En effet, Bukowski n'est pas dupe, Il a beau s'être embourgeoisé quelque peu, il n'en oublie pas qui il est ni d'où il vient, et n'est guère plus optimiste sur l'avenir de notre société. Il nous livre ici ses dernières constatations sur le monde et l'humanité (qu'il observe inlassablement, et non sans un certain dégoût, quotidiennement sur les champs de courses), mais également sur lui même : l'évolution de son style, son rapport avec autrui, et aussi avec la mort, qu'il attend patiemment et presque sans appréhension, avec un cancer de la peau qui le ronge et la certitude qu'il ne devrait plus être de ce monde depuis un moment déjà.
Tout cela, comme à son habitude, d'une plume acerbe, sans langue de bois, ni aucune intention de plaire à son lecteur.
Brut, franc et sans concession, non Bukowski n'a pas changé, il est resté le même... jusqu'au bout !
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HORUSFONCK
  22 novembre 2016
Bukowski nous livre ses dernières lignes...écrites au traitement de texte.
C'est différent, comme apaisé.
C'est comme une eau devenue calme, après les rapides et les canyons.
Un lac?
By, hank.
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NinonVignol
  01 novembre 2019
Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau.
Point final de l'oeuvre complet de Bukowski, ce petit livre condensé se présente comme un journal intime, résultat d'un défi -assez peu apprécié par l'auteur- qu'un de ses amis lui aurait lancé. Assez peu apprécié et pourtant: le jeu respire l'amusement et la sincérité. On y retrouve un bukowski qui, à 72 ans, n'a rien perdu de sa vivacité d'esprit, de ses inventions linguistiques pleines de colorations, de sa capacité à aligner sur le papier ses émotions et sa vision des choses, aussi brutales que profondément sensibles. Car c'est aussi avec grâce et mélancolie que l'auteur se met à nu. Et même dans ses plus anciens textes.
Se mettre à nu, le terme est juste pour définir l'empreinte littéraire de bukowski. Si dans ce roman précisément, on le découvre plus posé, plus assagi, il n'en reste pas moins que la virulence de sa plume reste intacte. Toujours fraîche, pétillante, dépourvue de toute amertume et aiguisée sur le ton d'un humour très subtil. Certains vont y aller de la même critique : celle du sujet répétitif. Vrai, sauf que l'essentiel demeure dans ce qu'il ne raconte JAMAIS de la même façon ses points d'attrait. le turf, le dégoût de l'humanité ou de « la figure humaine », de ses contemporains, la grande Faucheuse qu'il traite avec dérision tout en laissant goutter quelques traces de réflexions craintives en arrière plan... le sexe est évoqué de manière plus que fugace, cette fois ci. Et les moments d'alcool sont désormais davantage des rappels de mémoire. Car il nous engage aussi dans ses souvenirs, dans une nostalgie toute personnelle de ses moments intenses de crève la faim, de bagarres nocturnes(« les corridas de comptoir »), et de saouleries sans fin qu'il ne peut plus tellement assumer à l'heure actuelle.
Le journal est jonché d'anecdotes intimes qui respirent le véritable vécu, ce sont là des moments qui s'entrechoquent sans que la continuité de la lecture s'en trouve meurtrie. Des pépites. Des souvenirs. Des drôleries. Des lignes de pensées plus abouties les unes que les autres et dépassant pour ma part la voix des grands philosophes. Car il y'a de la veine chaude qui coulent dans ses mots. Un livre qui se boit, dont on se délecte. On en prend aussi plein la figure, nous, pauvres lecteurs assaillis de noms d'oiseaux quand il le faut. Une nouveauté ici: l'histoire (quasi) amoureuse de bukowski et de son jacuzzi. Ho! Et le livre est aussi illustré de temps à autres, par l'excellent Robert Crumb dont le coup de crayon a su pour ma part cerner le personnage dans toute sa splendeur. Je vous laisse entre de bonnes pages. Et merci l'artiste !
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Bcerulli
  17 avril 2012
On retrouve Bukowski en septuagénaire, sa vie oscillant entre son ordinateur capricieux, les embouteillages sur l'autoroute et les champs de courses. Il s'est assagi, il ne boit plus, et vit avec sa femme Linda et ses neufs chats. Dans ce journal rédigé à la demande de l'éditeur entre août 91 et février 93, Hank pense à la mort qui approche, et livre ses derniers regards sur le monde, avec par moments, des visions quasi prophétiques sur son évolution (crise, société, avancées technologiques). Sa plume, toujours aussi cinglante, et plus vraie que jamais, nous entraîne dans sa vie en inertie, pour mieux nous offrir de véritables instants de réflexion, de philosophie, mais à la Bukowski ! Il fait tomber les masques, c'est le moment où Hank se retourne sur sa vie, sur l'existence en général, plus authentique que jamais, et se dit prêt à affronter la mort.
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Citations et extraits (97) Voir plus Ajouter une citation
MarcPruvostMarcPruvost   27 mai 2012
L'horreur, ce n'est pas la mort, mais la vie que mènent les gens avant de rendre leur dernier soupir. Ils n'ont aucune considération pour elle et ne cesse de lui pisser, de lui chier dessus. Des copulateurs sans conscience. Ils ne s'obsèdent que sur la baise, le cinoche, le fric, la famille, tout ce qui tourne autour du sexe. Sous leur crâne, on ne trouve que du coton. Ils gobent tout, Dieu comme la patrie, sans jamais se poser la moindre question. Mieux, ils ont vite oublié ce que penser voulait dire, préférant abandonner à d'autres le soin de le faire. Du coton, vous dis-je, plein le cerveau ! Ils respirent la laideur, parlent et se déplacent de manière tout aussi hideuse. Faites leur donc entendre de la bonne musique, eh bien ils se gratteront l'oreille. La majeur partie des morts l'étaient déjà de leur vivant. Le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.
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moraviamoravia   10 octobre 2014
Voilà qui me remet en mémoire une lettre rageuse qu'un olibrius m'avait un jour expédiée, et dans laquelle il me reprochait vertement d'avoir déclaré que je n'aimais pas Shakespeare. Sous mon influence, toute une jeunesse risquait, s'en indignait-il, de ne jamais le lire. De quel droit avais je osé exprimer une telle ineptie ? Et ainsi de suite sur plusieurs pages. Je ne lui ai pas répondu. Eh bien, le moment est venu de le faire.
Je te pisse à la raie, branlotin ! Et tu ne sais pas la meilleure ? Je n'aime pas non plus Tolstoï.
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moraviamoravia   09 octobre 2014
Ce que Sherwood Anderson a découvert, il le doit à son instinct. Hemingway a essayé mais en voulant passer en force. Il a entassé images sur images. Jamais Anderson n'hésite à ironiser alors que la situation tourne au vinaigre. Hemingway ignore le rire. Quiconque se lève à 6 heures du matin pour écrire n'a pas le sens de l'humour. Il cherche à se punir.
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moraviamoravia   09 octobre 2014
Lorsque je commence à douter de mon travail, il suffit que je lise l'un de mes contemporains pour qu'aussitôt je me reproche mon inquiétude.
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PinceauPinceau   11 mai 2016
A Philadelphie, il y avait autrefois un bar où je m'ancrais de 5 heures du soir à 2 heures du matin.Comme s'il m'était interdit d'aller ailleurs.Souvent je n'arrivais même pas à me souvenir si j'étais remonté dans ma chambre.Je faisais, comme qui dirait, corps avec mon tabouret.Je m'étais évadé de la réalité extérieure.Elle me plaisait si peu.
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