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EAN : 9782849904954
Éditeur : Editions des Equateurs (18/05/2017)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 208 notes)
Résumé :
La géographie de Sylvain Tesson est vaste. Elle couvre Paris, les toits de Notre-Dame, les calanques de Cassis, les montagnes de Chamonix, l’Irak, l’Ukraine, la Russie. Il y a les expéditions et les voyages intérieurs, les bivouacs d’un soir et les méditations d’un jour, mais aussi les escalades des parois et les descentes au fond des livres. Entre les mots se dessine l’écriture d’un destin. Alors que son dernier livre Sur les chemins noirs raconte son voyage du sud... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  02 janvier 2018
"La vie ? Un peu d'agitation entre deux silences".
Sylvain Tesson, l'aventurier, l'écrivain, le penseur, l'homme, j'avoue l'avoir découvert depuis peu de temps (pourtant, nous sommes de la même génération, à une année près), eh bien, mais qu'est-ce qu'il me plaît !!!
A travers ce journal intime, tenu de 2014 à 2017, Tesson se fait le "sismologue" de notre société.
En fin observateur et analyste, il dénonce la folie, la fureur, le bruit, l'inconstance, la faiblesse et l'inconscience des hommes, auxquels il préfère les bêtes, les montagnes, les grottes, les arbres, le soleil, le silence.
Dans ce journal, il revient surtout sur les événements marquants de 2014-2015 : son accident, les attentats, la politique intérieure, les relations internationales... Le tout à la lumière de ses réflexions personnelles sur la religion, la mort et la vie, de ses coups de gueule ou coups de coeur (littéraires, artistiques).
Il ne ménage pas non plus son regard sur notre société actuelle, cyber-connectée et esclave de l'image, ne lisant plus, ne se posant jamais, irrespectueuse de la nature...
J'aurais eu envie de publier mille citations ! (dont ses aphorismes irrésistibles). C'est un livre que je voulais absolument. Je le garderai près de moi, j'irai souvent m'y ressourcer.
Monsieur Tesson est un véritable philosophe et humaniste de notre temps, poétique, cynique mais jamais cruel, épicurien, utopiste, réaliste, rêveur, râleur, solitaire...
Il nous livre une cartographie de ses humeurs, les combats intérieurs d'un homme qui a conquis des sommets pour échapper à la peur du vide. Il nous offre cette "très légère oscillation" qui nous rattache à la vie.
Il nous ressemble, et c'est ce que j'ai tant aimé !!
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fanfanouche24
  29 mai 2017

Un journal émouvant, tonique, virulent d'un "miraculé", aventurier, qui
après un accident, une chute, se retrouve immobilisé de force.
Un temps de rééducation et de réflexion à la fois, où notre voyageur-
alpiniste revoit sa vie, remet en cause son parcours, le "pourquoi de
son agitation constante"
Son inactivité obligée et douloureuse ne sera atténuée et vivable que
par la présence des livres...
Tour à tour, un ton poétique, grinçant, polémique [ pour parler, entre autres,
de l'actualité, de l'Islamisme, de nos propagandes mensongères, de
notre progrès illusoire, etc. ]
Un journal intime, avec ses joies, ses émerveillements, ses colères, et
ses indignations, etc.
Restent son amour de la vie comme ceux de la nature, des arbres, de la
montagne, du silence.La dite civilisation et le monde des hommes,
décidément n'obtiennent pas son agrément.
Un ton souvent très grinçant et très sombre sur ses contemporains...
L'auteur va jusqu'à imaginer notre société et notre monde , en 2050....
et pas sous les hospices les plus heureux... Sylvain Tesson s'insurge
de toutes ses forces contre Internet, et ces simulacres des réseaux
sociaux.
L'auteur parle toujours avec autant de passion de son amour des
sommets. Sinon, il ne rate pas une occasion de pourfendre la
bêtise humaine et nos préjugés. Ce qui continue de le confirmer
dans une misanthropie intense.
Ne faisant jamais rien comme personne, pour sa rééducation, Sylvain
Tesson refusa les séances de kiné classiques; il décida de grimper
quotidiennement les 450 marches de Notre-Dame... Un magnifique passage
sur les gargouilles de la sublime cathédrale !
Cet ouvrage est également accompagné d'un exercice que l'écrivain
semble apprécier largement: la rédaction d'aphorismes !
Et toujours la curiosité avide et impatiente et l'omniprésence des livres,
des découvertes esthétiques et culturelles...
"Février 2015
(...) Les bouquinistes de Paris : leurs boîtes vertes rivées aux quais de pierre.
Eux, les libraires de plein vent, gardent les livres dans leur enclos, pendant
des heures, fumant des blondes, face au fleuve.
Apollinaire disait que la Seine était le seul cours d'eau à couler
entre deux rangées de livres. On rejoint les étals comme on monterait
au grenier" (p. 65)
Journal rempli de poésie, de belles envolées quant à ce qui enchante notre
écrivain-voyageur...mais aussi de fort contrastes quant il parle de ses
contemporains, de ses rages contre les fléaux de notre époque:
, nos addictions envers les réseaux sociaux, qui nous empêchent de
REGARDER le monde etce qui nous entoure, avec un vrai regard..
Et de façon récurrente, la colère envers les fanatiques qui sèment la
terreur et la mort à travers le monde...
Il est aussi question de son accident, de son visage très abîmé, de
sa rééducation sur les sommets de Notre-Dame... de façon très
pudique et réservée . J'ai une affection particulière sur les magnifiques
descriptions touchant cette merveille architecturale...et ses gargouilles !
"Les gargouilles avaient été dessinées par Viollet-Le-Duc. Elles surveillaient
les Parisiens depuis un siècle et demi. Elles assistaient au retour des
ivrognes en pleine nuit, aux baisers clandestins des amants de l'aube,
aux cavalcades des voyous et des flics. Elles étaient la mémoire de la ville.
Elles ne quittaient jamais leurs loges, et je les comprenais. Lorsqu'on a élu
domicile dans les hauteurs, on se passe bien vite de l'envie de traîner
dans la vallée. (p. 117-118)"
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jeunejane
  21 avril 2019
J'ai décidé de commencer la lecture de Sylvain Tesson "Une très légère oscillation" après avoir vu la dernière émission de "La grande librairie" , une spéciale "Notre-Dame de Paris " après le terrible incendie du 15 avril.
Le livre est présenté sous forme de journal qui lui permet de lutter contre le désordre de ses pensées.
Un journal entre 2014 et 2017 rempli d'évènements assez terribles pour lui d'abord avec la mort inattendue de sa mère et sa chute d'un toit en Savoie, pour la France ensuite avec les attentats.
On connaît tous sa passion pour l'escalade en toutes circonstances, dans tous les états et en tous lieux comme Paris et les toits de ses églises.
En août 2014, après son accident, il se retrouve fracassé à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière où l'attend une longue rééducation.
A sa sortie, il refuse les salles de fitness qui emprisonnent, les séances de kiné et commence à monter régulièrement les marches de la tour nord du beffroi de Notre-Dame.
Ce qui m'a étonné chez cet insatiable voyageur animé d'une curiosité sans fin, c'est l'acceptation de sa faiblesse après son accident et ses progrès ensuite.
Une curiosité qui ne s'arrête pas à la géographie, sa formation première mais à une grande connaissance littéraire ainsi qu'à une réflexion profonde sur une multitude de sujets .
C'est avec un grand plaisir qu'on le voit apparaître maintenant dans les émissions avec un visage animé, avec une apparence qui ne fait plus du tout penser à la souffrance.
Sylvain Tesson tient une rubrique chaque mois dans le magazine "Lire" . C'est mon mari qui l'apprécie le plus même si je le lis avec intérêt également.
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berni_29
  01 août 2019
Une très légère oscillation est le journal intime de quelqu'un qui se décrit à juste titre comme un géographe, Sylvain Tesson, écrivain-voyageur, partagé comme dans un déchirement perpétuel entre l'appel des steppes et la compagnie des livres.
Pour lui, vivre c'est en quelque sorte être tiraillé entre des penchants contraires, entre la lecture des auteurs qu'il affectionne et le vertige des cimes. S'enfermer ou fuir. Ce sont deux battements extrêmes. L'écriture d'un journal devient alors pour Sylvain Tesson cette jonction infime, cet équilibre qui réconcilie les deux battements d'un même coeur affolé, les apaise en cette très légère oscillation.
C'est une oscillation durant quelques mois arrachés au temps d'une époque datée par des faits précis, les siens, ceux de l'actualité aussi, et elle fut tragique à certains moments, entre janvier 2014 et le printemps 2017.
J'ai aimé ce journal intime dont les premières pages sont une manière pour nous d'entrer dans les pas de l'écrivain, sa façon d'arpenter le monde, de s'emplir de la patience du paysage qui vient à ses yeux,
musardant le nez au vent, rêvant peut-être,
admirant la pudeur des arbres,
se laissant toucher par la grâce et le mystère des baleines,
s'étonnant de l'arrogance des vagues,
s'apitoyant sur la disparition des papillons et des abeilles,
mais ô combien fustigeant les appareils photos, les écrans et les tiges idiotes qui se dressent au-dessus des visages, comme autant de symptômes d'une tyrannie de l'image et de l'immédiateté.
J'ai aimé la patience et l'humilité d'un voyageur insatiable, qui dit faire fausse route à chaque sensation nouvelle amassée.
Géographe infatigable,
"éperdu de contrées invisibles, rêvant d'une vie au 1/25 000",
décrivant le monde,
écrivant le monde sans vouloir le changer.
J'ai aimé la légèreté, l'émerveillement qui touchent ce journal, Sylvain Tesson n'est pas forcément un poète et d'ailleurs il s'en défend, mais il sait trouver les mots justes pour dire ce qui vient toucher son coeur et son âme, ses yeux aussi, les yeux d'un enfant tardif qui se consolent comme ils peuvent par la beauté du monde.
Admiratif de la légèreté, des profondeurs abyssales, de l'ivresse des sommets et de ceux qui les défient,
aimant lui aussi les itinéraires de haute volée,
Sylvain Tesson évoque l'élégance des alpinistes, celle d'Edward Whymper notamment atteignant il y a cent cinquante ans la barre des Écrins, celle de Reinhold Messner, ou bien encore celle de Stéphanie Bodet dont il nous livre la très belle expression : "vivre à la verticale de soi",
me donnant envie de les connaître, de les suivre non pas vers les sommets, mais vers leurs mots...
Mais alors pourquoi cet amour des cimes ? Peut-être est-ce dans l'art d'escalader les montagnes pour la seule beauté du geste ?
"Jamais ailleurs que sur une paroi de montagne, au sommet d'une "fine pointe" de granit ou de calcaire, j'atteins à ce point le sentiment d'habiter pleinement le temps. Là-haut, on ne fait que passer. On ne devrait pas se trouver là, on n'y restera pas, on n'y retournera jamais. Il est déjà temps de partir alors qu'on voudrait demeurer toute sa vie au sommet et qu'il fut difficile d'y parvenir".
J'ai aimé ce journal intime d'un voyageur-écrivain à l'âme d'enfant peut-être encore, dont l'émotion apparaît parfois à fleur de peau,
voyageur touché par cet homme prostré chaque jour durant des heures devant le lac Baïkal, à l'endroit même où son fils s'était jeté quelques années plus tôt dans les eaux sombres pour n'en jamais resurgir,
se consolant d'une phrase de Vladimir Jankélévitch lue à sa mère quelques heures avant sa mort.
C'est le journal d'un homme blessé. Blessé de mélancolie, Sylvain Tesson n'est pas de son temps et le dit presque à chaque page,
parfois fatigué de la condition humaine,
s'étonnant des gestes vides de ses contemporains,
s'insurgeant contre "ces appareils qui nous tiennent en laisse, nous domestiquent , nous hypnotisent"...
se moquant avec délice d'une ancienne ministre de la culture qui ne lisait pas un seul livre,
être ému par la vision d'une jeune fille, dans le train Paris-Marseille, seule personne à lire, dans le wagon qu'il venait d'emprunter.
En parfait géologue de l'esprit, Sylvain Tesson déplore l'assèchement de nos vies connectées.
Car le journal de Sylvain Tesson, c'est avant toute chose un calepin et un stylo.
J'ai adoré cette indignation particulièrement jubilatoire. Mais celle aussi où il dénonce, en convoquant les esprits les plus éclairés, les fondamentalismes religieux, l'Islam notamment pour lequel Claude Lévi-Strauss affirmait dans les derniers chapitres de Tristes Tropiques, qu'il n'y a pas d'Islam modéré. Et Sylvain Tesson de rajouter qu'il suffit de lire quelques sourates du Coran pour s'en laisser convaincre.
C'est le journal d'un homme blessé, physiquement aussi, le corps brisé par une chute de dix mètres d'un toit un soir d'août 2014, ivre d'un vin de Savoie. De cette chute lui revient le souvenir vague d'avoir frôlé les limbes du néant.
Se reconstruire dans la douleur et les mots des grands auteurs, poètes, philosophes, essayistes... Tant de compagnons qu'il convoque à son chevet.
De cette chute lui vient alors l'envie de se relever, se reconstruire, tenter de nouveau l'approche des cimes. C'est le journal d'un homme épris de verticalité.
C'est alors que viennent des pages émouvantes qui nous permettent de retrouver la cathédrale Notre-Dame de Paris, car c'est bien à elle qu'il doit sa rééducation,
se donnant un rendez-vous rituel avec ses tours, ses quatre cent-cinquante marches,
montant vers le ciel pour fortifier son corps.
L'odeur de la pierre, sa fraîcheur, le vertige de la spirale du colimaçon, la pensée qui s'y enroule, les gargouilles, la fameuse flèche détruite dans l'incendie du 15 avril 2019, et puis l'évocation de Quasimodo sous le beffroi...
Étonnant aussi ce passage où le narrateur évoque tout ce que la cathédrale avait subi comme outrages durant la Terreur.
Est-il nostalgique, réactionnaire, délicieusement misanthrope ? Oui je le pense, sans doute est-il un splendide ringard, lorsqu'il évoque le corps d'Isadura Duncan "inondé d'air et de lumière ".
Oui forcément un journal est subjectif, écrit le parti pris des êtres et des choses. Alors, parfois n'est-il pas de mauvaise foi lorsqu'il réécrit à sa manière les événements tragiques de la place Maïdan, à Kiev en février 2014, dédouanant au passage toute ingérence de son "ami" Poutine dans le sort de l'Ukraine ?
Mais qu'importe ! Ce n'est pas dans ces errements géopolitiques hasardeux qu'il faut apprécier l'écrivain, mais plutôt dans ses errances du coeur et de l'âme.
Et comme pour conjurer le chagrin ou ne pas se laisser emporter par trop de colère, l'écrivain nous jette de temps à autre une pelletée d'aphorismes de son cru. On s'en délecte.
"Est-ce grâce aux punaises que les feuilles tiennent aux arbres ?"
Sylvain Tesson, c'est en quelque sorte l'élégance d'esprit, comme un rempart contre la bêtise humaine, contre les barbaries sous toutes leurs formes.
Mais il est déjà temps pour moi de rejoindre la cime d'autres livres...
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Nastie92
  20 octobre 2019
J'aime Sylvain Tesson.
J'aime l'écrivain cultivé, intelligent et poète.
J'aime l'homme, original en diable, extravagant et excessif.
Et par-dessus tout, j'aime son non-conformisme assumé.
J'aime ses prises de positions franches, sa façon de ne pas avoir peur d'être à contre-courant.
J'aime sa droiture tranquille.
Sylvain Tesson est droit dans ses bottes et ne craint pas d'exprimer ses convictions.
J'aime sa façon de refuser la pensée unique que l'on veut nous imposer.
Sylvain Tesson est un esprit libre. Libre de ne pas suivre le courant bienpensant. Libre de ne pas hurler avec les loups.
À l'époque actuelle, il faut du cran pour revendiquer le droit de penser par soi-même. De l'intelligence et du talent pour transformer sa pensée en mots percutants.
De tout cela, Sylvain Tesson ne manque pas. Le panache en plus.
Voilà pourquoi j'aime Sylvain Tesson.
Ce livre est un journal intime, couvrant la période de janvier 2014 au printemps 2017.
Dans la préface, l'auteur explique que pour lui, "un journal intime est une entreprise de lutte contre le désordre." Il y consigne ses pensées au fil du temps et de ses multiples voyages. L'homme a la bougeotte ; éternel baroudeur, il saute d'un point à l'autre du globe avec naturel et facilité.
Tout au long de la lecture, on le suit dans ses pensées, ses découvertes, ses réflexions, ses indignations, ses amusements ; on passe du plus futile au plus important.
J'aime ce mélange rafraichissant de la part de quelqu'un qui ne se prend pas au sérieux et pratique beaucoup l'autodérision.
J'aime sa passion folle de la culture, qui transparaît à chaque page et j'apprécie les coups de griffes qu'il n'hésite pas à donner à ceux qui la piétinent, comme une certaine ministre de la culture : "Étrange sensation d'entendre les élites politiques se vanter de ne plus jamais lire (la cybergirl Fleur Pellerin, par exemple)".
J'aime sa façon de parler sans détour et très lucidement de sujets graves, tel le massacre des chrétiens d'Orient : "À la souffrance de ces hommes s'ajoute l'étourdissante indifférence de nos édiles, de nos évêques, lesquels, à force de crier à la discrimination pour tous, ne parviennent même plus à discerner ceux de leurs frères qui la subissent le plus cruellement."
Au cours de ma lecture, je me suis souvent réjouie de trouver sous la plume de Sylvain Tesson les mêmes pensées que les miennes, et je le remercie de savoir bien mieux les exprimer que je ne le ferais.
Par exemple : les églises en France, indépendamment de toute considération religieuse, appartiennent à notre histoire, à notre culture. Le nier est faux et stupide. Ce n'est pas parce que la France est aujourd'hui un pays laïc qu'il faudrait effacer toute trace du passé : "On peut tenir à ces églises, aimer l'apparition du clocher au creux d'une vallée de France, même lorsque l'on ne croit pas au Ciel. Il faut distinguer la foi et la culture. Le dogme et la civilisation."
Sylvain Tesson a parsemé son livre d'aphorismes réjouissants. J'adore ces petites formules qui nous montrent que quelques mots bien choisis ont parfois plus de poids qu'un grand discours. Tout y passe et l'ensemble forme un mélange jubilatoire.
L'auteur y excelle car il possède l'oeil averti du photographe qui sait voir ce que la plupart ne voient pas. Par exemple, en Chine : "Ce panonceau : Cité interdite : horaires d'ouverture". Il a le sens de la formule lapidaire : "Le voile est le linceul du féminisme", et son ironie désabusée y fait merveille : "Apparition de l'homme sur la Terre : l'Évolution déterre la hache de guerre." ou "Le seul inconvénient de la disparition de l'humanité est qu'il n'y aura personne pour se réjouir de l'événement."
Une très légère oscillation est une lecture beaucoup plus riche que la forme choisie du journal intime ne le laisserait penser.
Entrez dans ce texte, entrez dans une pensée consistante et hors des sentiers battus, dans laquelle liberté de ton et intelligence sont étroitement mêlées.
Beaucoup de fantaisie et de poésie, une bonne dose de philosophie et d'humanité, un brin d'ironie et un zeste de cynisme.
Ai-je déjà dit que j'aimais Sylvain Tesson ?
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critiques presse (1)
LeFigaro   16 juin 2017
L'écrivain aventurier publie son journal intime aux éditions des Équateurs.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (258) Voir plus Ajouter une citation
ReikjaReikja   14 juillet 2020
Pourquoi les chercheurs américains qui ont échafaudé la théorie du genre ne se penchent-ils pas sur la théorie du nombre ? Car, si je peux décider moi-même de mon sexe, pourquoi ne pourrais-je pas déterminer le nombre de personnages qui m'habitent ? Suis-je ? Et si oui, combien ?Suis-je plusieurs ? Ne fais-je qu'un avec moi-même ? Qui parle quand je dis "je" ? Suis-je coupé en deux, en trois, en quatre ?
+ Lire la suite
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Marech20Marech20   11 juillet 2020
Le mariage est l'intervalle qui sépare une passion élémentaire d'une pension alimentaire.
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Nastie92Nastie92   17 avril 2020
Sur la plage de Biscarrosse (Landes), une dame joue gaiement avec son enfant dans une baïne. Elle est recouverte de la tête aux pieds d'un somptueux niqab. Derrière elle, une copine − une sœur peut-être ? − patauge dans l'eau, intégralement voilée. On croirait qu'elles disputent une régate. L'homme de la famille se repose en slip, à l'ombre d'un parasol. Tariq Ramadan, dialecticien des palmeraies, expliquait l'autre jour à la télévision que voiler les femmes consistait à « protéger leur vertu ». Il eût fallu répondre à Tariq chéri qu'il a grand tort de prendre ses penchants cochons pour une loi commune, qu'il est temps de sortir de l'adolescence acnéique, que sa propre vertu de bellâtre (barbe de baryton, regard ourlé) n'est pas menacée par les femelles en rut (hélas ! pour lui), que nous autres mâles, ne sommes pas tous aussi excités que lui par nos glandes et que nous pouvons paisiblement soutenir le spectacle de milliers de femmes en maillot de bain s'ébattant dans l'écume. La preuve : sur les kilomètres de plages landaises recouvertes de corps joyeux, il n'y a pas l'ombre d'un malentendu, pas le soupçon d'une inconvenance. Penser que l'évolution darwinienne a fait péniblement sortir l'homme des flaques pour que la femme musulmane y retourne habillée et que joli Tariq dise pareilles foutaises... quel ennui !
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   29 mai 2017
Pas un seul visiteur du matin ne regarde la ville autrement qu'à travers son appareil. La vie est un Photomaton. La mémoire des hommes serait-elle devenue à ce point défaillante qu'il faille archiver chaque instant ? Ainsi des voyages modernes: on traverse le monde pour prendre une photo. Il n'y aura plus de récits de voyage, seulement des cartes postales. (...)
Qu'a fait de mal le monde pour qu'on tire des écrans sur lui ? Seuls les enfants, les vieillards et les oiseaux regardent la vue de leurs pleins yeux. Ce sont les derniers êtres à qui il restera des souvenirs. (p. 72)
+ Lire la suite
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Nastie92Nastie92   20 octobre 2019
L'Europe
C'est une petite péninsule à l'ouest de l'Eurasie. Son climat lui a conféré une richesse agreste unique. C'est un jardin minutieusement cultivé, un potager agencé depuis des millénaires, une mosaïque de paysages, de terroirs. Irriguée par des sources spirituelles grecques, romaines, celtiques, chrétiennes, juives, elle a vu naître des systèmes de pensée somptueux, la plupart des philosophies politiques et la majorité des découvertes scientifiques. Elle a nourri des savants qui, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, s'intéressaient à ce qui n'était pas eux-mêmes et désiraient comprendre, connaître, étudier l'Autre. La démocratie y a été inventée, expérimentée. Aujourd'hui, on y vit libre. Les plus démunis peuvent espérer une prise en charge gouvernementale. Des millions de déshérités essaient d'en gagner les rivages. Elle a conquis le monde et régné sur les peuples. Son modèle a été partout exporté, partout imité. Il sert encore de référence aux pays qui vivent la transition démocratique. Cette péninsule s'appelle l'Europe. Il paraît que les Européens d'aujourd'hui en rejettent l'héritage.
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