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ISBN : 2266285289
Éditeur : Pocket (06/09/2018)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 129 notes)
Résumé :
La géographie de Sylvain Tesson est vaste. Elle couvre Paris, les toits de Notre-Dame, les calanques de Cassis, les montagnes de Chamonix, l’Irak, l’Ukraine, la Russie. Il y a les expéditions et les voyages intérieurs, les bivouacs d’un soir et les méditations d’un jour, mais aussi les escalades des parois et les descentes au fond des livres. Entre les mots se dessine l’écriture d’un destin. Alors que son dernier livre Sur les chemins noirs raconte son voyage du sud... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  02 janvier 2018
"La vie ? Un peu d'agitation entre deux silences".
Sylvain Tesson, l'aventurier, l'écrivain, le penseur, l'homme, j'avoue l'avoir découvert depuis peu de temps (pourtant, nous sommes de la même génération, à une année près), eh bien, mais qu'est-ce qu'il me plaît !!!
A travers ce journal intime, tenu de 2014 à 2017, Tesson se fait le "sismologue" de notre société. En fin observateur et analyste, il dénonce la folie, la fureur, le bruit, l'inconstance, la faiblesse et l'inconscience des hommes, auxquels il préfère les bêtes, les montagnes, les grottes, les arbres, le soleil, le silence.
Dans ce journal, il revient surtout sur les événements marquants de 2014-2015 : son accident, les attentats, la politique intérieure, les relations internationales... Le tout à la lumière de ses réflexions personnelles sur la religion, la mort et la vie, de ses coups de gueule ou coups de coeur (littéraires, artistiques). Il ne ménage pas non plus son regard sur notre société actuelle, cyber-connectée et esclave de l'image, ne lisant plus, ne se posant jamais, irrespectueuse de la nature...
J'aurais eu envie de publier mille citations ! (dont ses aphorismes irrésistibles). C'est un livre que je voulais absolument. Je le garderai près de moi, j'irai souvent m'y ressourcer. Monsieur Tesson est un véritable philosophe et humaniste de notre temps, poétique, cynique mais jamais cruel, épicurien, utopiste, réaliste, rêveur, râleur, solitaire... Il nous livre une cartographie de ses humeurs, les combats intérieurs d'un homme qui a conquis des sommets pour échapper à la peur du vide. Il nous offre cette "très légère oscillation" qui nous rattache à la vie. Il nous ressemble, et c'est ce que j'ai tant aimé !! :-)
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fanfanouche24
  29 mai 2017

Un journal émouvant, tonique, virulent d'un "miraculé", aventurier, qui
après un accident, une chute, se retrouve immobilisé de force.
Un temps de rééducation et de réflexion à la fois, où notre voyageur-
alpiniste revoit sa vie, remet en cause son parcours, le "pourquoi de
son agitation constante"
Son inactivité obligée et douloureuse ne sera atténuée et vivable que
par la présence des livres...
Tour à tour, un ton poétique, grinçant, polémique [ pour parler, entre autres,
de l'actualité, de l'Islamisme, de nos propagandes mensongères, de
notre progrès illusoire, etc. ]
Un journal intime, avec ses joies, ses émerveillements, ses colères, et
ses indignations, etc.
Restent son amour de la vie comme ceux de la nature, des arbres, de la
montagne, du silence.La dite civilisation et le monde des hommes,
décidément n'obtiennent pas son agrément.
Un ton souvent très grinçant et très sombre sur ses contemporains...
L'auteur va jusqu'à imaginer notre société et notre monde , en 2050....
et pas sous les hospices les plus heureux... Sylvain Tesson s'insurge
de toutes ses forces contre Internet, et ces simulacres des réseaux
sociaux.
L'auteur parle toujours avec autant de passion de son amour des
sommets. Sinon, il ne rate pas une occasion de pourfendre la
bêtise humaine et nos préjugés. Ce qui continue de le confirmer
dans une misanthropie intense.
Ne faisant jamais rien comme personne, pour sa rééducation, Sylvain
Tesson refusa les séances de kiné classiques; il décida de grimper
quotidiennement les 450 marches de Notre-Dame... Un magnifique passage
sur les gargouilles de la sublime cathédrale !
Cet ouvrage est également accompagné d'un exercice que l'écrivain
semble apprécier largement: la rédaction d'aphorismes !
Et toujours la curiosité avide et impatiente et l'omniprésence des livres,
des découvertes esthétiques et culturelles...
"Février 2015
(...) Les bouquinistes de Paris : leurs boîtes vertes rivées aux quais de pierre.
Eux, les libraires de plein vent, gardent les livres dans leur enclos, pendant
des heures, fumant des blondes, face au fleuve.
Apollinaire disait que la Seine était le seul cours d'eau à couler
entre deux rangées de livres. On rejoint les étals comme on monterait
au grenier" (p. 65)
Journal rempli de poésie, de belles envolées quant à ce qui enchante notre
écrivain-voyageur...mais aussi de fort contrastes quant il parle de ses
contemporains, de ses rages contre les fléaux de notre époque:
, nos addictions envers les réseaux sociaux, qui nous empêchent de
REGARDER le monde etce qui nous entoure, avec un vrai regard..
Et de façon récurrente, la colère envers les fanatiques qui sèment la
terreur et la mort à travers le monde...
Il est aussi question de son accident, de son visage très abîmé, de
sa rééducation sur les sommets de Notre-Dame... de façon très
pudique et réservée . J'ai une affection particulière sur les magnifiques
descriptions touchant cette merveille architecturale...et ses gargouilles !
"Les gargouilles avaient été dessinées par Viollet-Le-Duc. Elles surveillaient
les Parisiens depuis un siècle et demi. Elles assistaient au retour des
ivrognes en pleine nuit, aux baisers clandestins des amants de l'aube,
aux cavalcades des voyous et des flics. Elles étaient la mémoire de la ville.
Elles ne quittaient jamais leurs loges, et je les comprenais. Lorsqu'on a élu
domicile dans les hauteurs, on se passe bien vite de l'envie de traîner
dans la vallée. (p. 117-118)"
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BrunoA
  29 août 2017
Dernier ouvrage de Sylvain Tesson, ce livre reprend des chroniques réalisées pour un hebdomadaire et se présente sous la forme d'un journal.
On y trouve ainsi, à un rythme enlevé, des réflexions, des aphorismes, des récits.
Le texte est, comme toujours, remarquable, et l'humour est loin d'être absent, notamment à travers quelques notes à l'attention d'une ancienne ministre de la culture qui avait dit ne jamais lire...
Ce livre est un très bon compagnon de voyage et a éclairé mes vacances.
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Lune
  28 mai 2017
Voyageur compulsif, ayant approché les géographies, la nature, les peuples occupant les espaces, les cultures, il semble être le défenseur respectueux des diversités là où elles se manifestent c'est-à-dire dans leur berceau d'origine.
Sylvain Tesson se situe à l'opposé d'une globalisation assimilante et apparaît comme un homme multiplié.
Ce journal ou « carnet de vie » (2014-2017) aux nombreuses fulgurances en est le reflet. Une manière de se poser, d'où le titre.
Quelques mots déclenchés par cette lecture : beauté, réalisme, lucidité, poésie, humour, passion, sarcasmes, humeur du moment.
Le livre est rythmé par des aphorismes où en quelques mots, Sylvain Tesson nous fait partager ses perceptions.
Au-delà de leur forme ramassée, ces aphorismes provoquent des prolongements de réflexion et de pensée.
Ce texte ou plutôt ces textes trempés dans l'intime livrent une vue lucide sans concessions de l'humanité et de ses errements : politiques, écologiques, religieux, militaires, éducatifs, technologiques.
Il s'en dégage pour le lecteur une vision du monde si pas pessimiste tout au moins inquiète.
Le livre porte bien son nom : « Une très légère oscillation ».
On peut même y percevoir un mouvement général.
L'image de l'escalier en spirale de Notre-Dame à Paris illustre le mouvement que lui-même a vécu : avant la chute, le gouffre, la remontée… comme une montagne… comme une grande oscillation.
Merci pour cette lecture captivante et enrichissante.
Merci à Babelio et aux Editions Equateurs pour ce plaisir.
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Franz
  17 juin 2017
Journal d'un vieux Renard
Meurtri et sonné par une mauvaise chute sur le dos ainsi que par la disparition brutale de sa mère, Sylvain Tesson a remis en perspective ses lignes de fuite dans le tableau chamboulé de son existence. Entre le zen hédoniste et l'« épilepsie sociale », la sérénité et l'agitation, l'écrivain voyageur a vécu l'enfer de l'écartèlement au-dessus du gouffre aux chimères. La tenue d'un journal de bord, vaille que vaille, a ramené les stériles convulsions à une « très légère oscillation ».
L'auteur possède l'art du recyclage puisque ses textes ont été publiés dans divers magazines où il tient une chronique (Le Point, Philosophie magazine, Grands reportages) mais il les a remaniés en les agrémentant d'aphorismes pour présenter l'ensemble sous la forme d'un journal cohérent qui court de janvier 2014 au printemps 2017. C'est dire si l'actualité politique et sociale qu'il commente brièvement et critique sans concession est fraîche dans la mémoire du lecteur avec les attentats djihadistes en France, les relations franco-russes, la guerre en Syrie, l'Etat islamique, l'identité culturelle, etc. ! Loin de la realpolitk flasque et grenouillante, ses prises de position courageuses et polémiques nourries au bon sens et à l'élan du coeur sont argumentées mais trop lapidaires. Remuant une mémoire brûlante, elles ne peuvent qu'enfler la polémique. Sylvain Tesson a l'enthousiasme farouche et la parole vive. Il n'est pas seulement un fin lecteur, il se sert du verbe en poète visionnaire, en voyageur ébloui. Un texte superbe de février 2014 parle ainsi des calanques marseillaises : « le parfum des lentisques, l'odeur de la lumière serrent la gorge. Pas étonnant que les stoïciens aient écrit des pages de diamant et d'acier : ils vivaient dans cette géographie de la limpidité, de la pureté karstique, sous des ciels qui intiment l'ordre de vivre sans espérer ». le texte se clôt sur une parabole de l'existence : « Une étroiture communique à la mer… Nous plongeons, passons dans la fente, crevons la surface, face au large, comme jetés sur un parvis de soleil. J'ai l'impression de sortir d'une cathédrale où viendraient d'être célébrées les fiançailles de la mer, du soleil, des falaises et des gouffres ». Bien des bonheurs d'écriture parsèment le journal. le style nerveux, les phrases calibrées, les mots choisis restituent une pensée en mouvement, riche, critique et prospective. le lecteur voyage beaucoup, ne s'ennuie jamais, les aphorismes venant régulièrement titiller l'esprit. L'humour brille à maintes reprises ainsi : « Quand un Chinois regarde notre alphabet de vingt-six lettres, il doit penser qu'il s'agit d'un système de transcription de grognements ». La solitude ontologique de l'homme nourrit le dialogue et l'ouverture au monde.
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critiques presse (1)
LeFigaro   16 juin 2017
L'écrivain aventurier publie son journal intime aux éditions des Équateurs.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (95) Voir plus Ajouter une citation
IsabelioIsabelio   13 février 2019
Klaus Mann se révolte et malmène Zweig dans une lettre : " Tout ce que fait la jeunesse ne montre pas la voie de l'avenir... je crains que votre sympathie pour la jeunesse en soi ne vous empêche de voir en quoi consiste cette révolte. " Plus loin : " Je ne veux absolument rien avoir à faire avec cette forme d'extrémisme... je répudie devant vous ma propre génération... je ne veux pas comprendre ces gens là, je les rejette. "
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fanfanouche24fanfanouche24   29 mai 2017
Pas un seul visiteur du matin ne regarde la ville autrement qu'à travers son appareil. La vie est un Photomaton. La mémoire des hommes serait-elle devenue à ce point défaillante qu'il faille archiver chaque instant ? Ainsi des voyages modernes: on traverse le monde pour prendre une photo. Il n'y aura plus de récits de voyage, seulement des cartes postales. (...)
Qu'a fait de mal le monde pour qu'on tire des écrans sur lui ? Seuls les enfants, les vieillards et les oiseaux regardent la vue de leurs pleins yeux. Ce sont les derniers êtres à qui il restera des souvenirs. (p. 72)
+ Lire la suite
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ninachevalierninachevalier   04 juin 2017
Ma mère
je veille [...] ma mère foudroyée par une crise cardiaque. Aucune consolation dans les mots des uns et des autres.Aucune consolation dans les lettres amicales, ni dans l'évocation des souvenirs.Aucune dans les prières du magnifique rite oriental gréco-melkite prononcé à l'église Saint-Julien -le-Pauvre. Heureusement il y a un baume. Ce sont les dernières lignes du premier tome du Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien de Vladimir Jankelévitch dont je lui parlais quelques heures avant sa mort: " C'est l'heure: Hora! tout à l'heure, il sera trop tard, car cette heure-là ne dure qu'un instant. Ne perdez pas votre chance unique dans toute l'éternité, ne manquez pas votre unique matinée de printemps." La seule leçon que nous donnent les morts, c'est de nous hâter de vivre.de vivre plus, de vivre avidement.De s'échiner à un surplus de vie. De tout rafler. De bénir tout instant. Et d'offrir ce surcroît de vie à eux, les disparus, qui flottent dans le néant, alors que la lumière du soir transperce les feuillages.
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nadejdanadejda   08 juillet 2017
Après avoir combattu dans les tranchées, Otto Dix attendit une dizaine d'années avant de donner ses visions de la Première Guerre Mondiale. Patrick Leigh Fermor écrivit le récit de son voyage à travers l'Europe des années 1930 quarante ans après l'avoir accompli. Nicolas de Staël, revenant de Sicile, laisse passer des mois avant de composer ses premiers dessins de femmes. En permettant au souvenir de se sédimenter, ces maîtres usaient d'un principe géologique. Une fois la matière bonifiée, ils passaient à l'acte, c'est-à-dire à l'œuvre. Le genre de types à balancer leur tweet deux ans après l'avoir écrit.p 131
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nadejdanadejda   09 juillet 2017
(Après sept cents marches, parvenu au deuxième étage de la tour Eiffel)
Le spectacle est étrange au bord du parapet : une forêt de bras brandissant des écrans. Pas un seul visiteur du matin ne regarde la ville autrement qu'à travers son appareil. La vie est un photomaton. La mémoire des hommes serait-elle devenue à ce point défaillante qu'il faille archiver chaque instant ? Ainsi des voyages modernes : on traverse le monde pour prendre une photo. Il n'y aura plus de récit de voyage, seulement des cartes postales. Ici, pas un œil ne reçoit le spectacle en direct. Que feront les hommes de toutes ces images qui leur volent la possibilité d'une émotion organique ? Peut-on méditer en tripotant les touches de ces trucs ? Qu'a fait de mal le monde pour qu'on tire des écrans sur lui ? Seuls les enfants, les vieillards et les oiseaux regardent la vue de leurs pleins yeux. Ce sont les derniers à qui il restera des souvenirs. p 72
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Interview (1) de Sylvain Tesson - Livres en Tête 2016
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