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EAN : 9782752909688
224 pages
Phébus (05/04/2013)
3.27/5   32 notes
Résumé :
Pour la première fois, l'histoire de l'amour fou qui unit durant dix-huit ans Madeleine et Léo Ferré est racontée de l'intérieur, par la fille de Madeleine, qui partagea leur quotidien dès l'âge de cinq ans. Celle pour qui Léo Ferré écrivit « Jolie môme » évoque la misère des débuts, le succès, la gloire et... les dérives. Elle assiste à la création de plus de deux cents chansons, aux rencontres avec André Breton, Aragon, Louise de Vilmorin, le prince Rainier pour n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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cascasimir
  07 juillet 2019
Vous vous souvenez de ce poète fou, aux cheveux en pagaille au dessus des oreilles et de cette voix éraillée, mais chaude, qui chantait:
"Avec le temps, va, tout s'en va"?.

Annie Butor se souvient de Madeleine et de Léo.
Elle avait 5 ans, quand tenant la main de sa mère, elle a rencontré l'artiste en 1950, dans un hôtel vieillot...
Très vite, Annie l'appela Poutachounnet!

"Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et on oublie la voix
Mais, dans un texte tendre: A la folie, Léo avoua sa reconnaissance ( il fallait comprendre "amour") à cette femme qui " le sauva du désespoir alors que, amer et pauvre, il allait abandonner sa vie d'Artiste:
- Je vivais d'expédients... Alors, vous m'avez donné la main...Alors, vous m'avez souri...
Alors, vous m'avez dit: Viens! Je m'appelle Madeleine.

Madeleine a appris à Léo, comment se tenir en scène. Elle était " le corps et l'esprit, la beauté, l'intelligence et la culture !"

Dans cet hôtel miteux, aux murs fatigués, Léo composait sans textes, au piano, avec Annie sur ses genoux. Annie y apprenait des mots qui ne figuraient pas dans le dictionnaire:
Un peu de rouquin, pas de thune, c'est la scoumoune... Et l'enfant essayait de ne pas répéter tous les gros mots entendus, mais c'était dur!
Poutachounnet, Pouta jouait le Père Noël. Mais en retard, il dut sonner à la porte. Là, Annie eut des doutes sur le Père Noël ! Elle a conservé le costume...

"Le coeur quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien"
Oui, mais l'amour ne dure parfois, pas toute une Vie... Les coups de gueule entre Madeleine et Léo étaient violents, autant que leurs retrouvailles étaient passionnées. Ces deux là s'aimaient tant! Ils se disputèrent une fois de trop à cause d'une femme, à cause d'un singe...

A cause d'une aventure...
A cause de leurs animaux, d'une chimpanzée...
A cause d'une "Peppée"...

L'autre qu'on adorait, qu'on allait chercher sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit
Même les plus chouettes souvenirs, ça t'a une de ces gueules
A la galerie, je farfouille dans les rayons de la mort
Le samedi soir, quand la tendresse s'en va toute seule...
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atchoumgirl
  19 juillet 2013
En lisant le témoignage d'Annie Butor, j'ai retrouvé le paradoxe qui m'anime lorsqu'il est question de Léo Ferré. Ayant découvert tardivement, adolescente, sa musique, ce fut pour moi un claque artistique, esthétique, poétique démente. J'ai baigné dans cet univers à la fois gouailleur, lyrique, exacerbé, puissant, machiste et j'en passe. Et puis, quand j'ai pu trouver des vidéos sur Léo (internet n'existait pas encore) eh bien, ce fut une terrible déception. le personnage était justement un personnage. J'ai vu un cabotin colérique, injuste, pleurnichard, très éloigné de sa musique. L'artiste m'avait ébloui, l'homme m'a déçu.
Le livre de sa belle fille éclaire donc de nouveau cette contradiction : un souffle musicale intense pour un homme souvent médisant, un poète grandiose, un anar revendiqué bien près de ses sous.
Même si ,comme le souligne une autre critique sur Babelio, il est bon d'avoir plusieurs sons de cloche, ce n'est pas en lisant les commentaires dithyrambiques parus en ce moment pour les vingt ans de sa mort que l'on peut se faire une image un peu plus juste (la palme revenant au critique Francis Dordor dans Télérama concernant les documentaires passés sur Arte et sur Europe 1).
Effectivement, c'est tout ou rien lorsqu'on parle de Léo Ferré. Cependant, le témoignage d'Annie Butor n'est pas le portrait à charge décrit dans la presse qui ne s'attarde que sur le meurtre de Pépée (en 40 ans, les journalistes ne changent pas...). Au contraire, ce bouquin nous montre bien comment l'amour et la haine sont les deux faces d'une même pièce et comment, encore une fois, les femmes restées dans l'ombre de l'artiste ont un rôle essentiel. Il est une évidence pour moi que suite à sa séparation , Ferré est retourné à ses défauts de débutant, ses défauts d'avant Madeleine : des textes à rallonge, une production chaotique, une orchestration souvent lourde et des concerts énervés où Léo chante de manière syncopée, se débarrassant de ses chansons.
A lire, malgré tout.
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lirabracieux
  12 juin 2013
Reçu dans le cadre de masse critique j'ai lu ce livre avec intérêt mais sans passion.
C'est l'histoire d'une petite fille qui grandit auprès de parents hors-norme. Elle raconte avec un luxe de détail, étayé de nombreuses références, des rencontres avec des célébrités et des lieux improbables. Dans ce livre Annie Butor semble régler ses comptes.
En désaccord avec de nombreuses biographies elle rétablit sa vérité.
C'est un livre qui m' a écoeuré par certains aspects. Léo Ferré semble un personnage peu sympathique et très critique envers ses amis et connaissances.
Page 94 elle retranscrit une violente lettre de reproche à André Breton (publié en 2006 mais que pas grand monde a dû lire) en notant " je ne suis pas certaine que Léo aurait aimé que cette lettre paraisse". Etrange procédé.
Léo c'était son père (mais il ne l'adoptera pas).. Elle le dit, le redit sans cesse. Jolie môme c'était elle.. Les chansons de Léo c'est sa mère qui les terminait...
Elle a haï la nouvelle famille de Ferré, car il s'est détaché d'elle à ce moment. On peut comprendre sa rancoeur..
Mais pas le fait qu'elle dise à 3 reprises dans son livre que si "elle avait voulu"... et que le chanteur était attiré par les jeunes filles... Personne ne peut la contredire. Il a été immonde avec sa mère soit. Mais sa vengeance est implacable avec cette plume trempée dans la rancoeur.
Un livre de souvenirs, heureux ou non et de souffrance. Une découverte pour moi qui ne connaissait rien de l'histoire de Léo Ferré, juste ses chansons, mais qui m'a donné un vague sentiment de malaise à la lecture.
Merci à Babélio pour ce livre et à Phébus pour l'envoi. Un livre qui intéressera sûrement nos lecteurs. Mais à lire avec un oeil critique je pense.
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liratouva2
  21 septembre 2013
J'aime beaucoup Léo Ferré. Je crois bien connaître bon nombre de ses chansons. L'étrangère reste peut-être ma préférée - mais non - c'est seulement celle qui me vient en premier. Impossible de choisir: je les aime toutes - ou presque.
J'aime aussi beaucoup les biographies et celle-ci était sur la liste des lectures conseillées par l'Académie Goncourt pour l'été 2013.
Voilà donc deux bonnes raisons de le choisir.
Sa lecture en a été facile.
L'auteur est la fille de Madeleine Ferré , la seconde femme du chanteur qui a voulu restituer la réalité, la sienne tout au moins, celle concernant cette longue partie de la vie de son beau père (23 ans) alors qu'à la suite de son divorce, cette relation a été mise à mal par Ferré lui-même et ce qu'elle appelle "La succession". Ferré a terminé sa vie à Sienne, en Italie, avec sa troisième femme et ses trois enfants (il n'en est rien dit dans le livre)
J'ai appris un tas de choses sur Ferré pendant cette période. En suis-je plus satisfaite pour autant? J'éprouve un étrange sentiment de malaise en le terminant. Je comprends très bien la souffrance d'Annie Butor quand elle a vu sombrer le mariage des deux êtres avec lesquels elle avait été si heureuse et elle a toutes les raisons pour en vouloir à Ferré et à sa lâcheté de ce gâchis total. Elle rend sa mère en partie responsable aussi dès le moment où elle a voulu à tout prix vivre avec Pépée, leur singe adoré, considéré comme une soeur pour leur fille, ce que celle-ci n'a jamais pu accepter.
Avais-je vraiment besoin de savoir tout ça sur la vie intime de ce couple? Un artiste et son oeuvre, on le sait, rien de moins simple! Juger l'homme à travers son art ou le contraire? Les différencier, toujours? le cas de Céline et de bien d'autres... Bref!
Je reste très partagée. et pas vraiment satisfaite de ma lecture. J'en sors en ayant l'impression que l'homme ferré n'était pas totalement à la hauteur de son art et ça, je n'aime pas!
Lien : http://liratouva2.blogspot.f..
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Sophie_Bazar
  12 juin 2013
Comme elle était belle la Madeleine de Léo Ferré ! Sa fille Annie, qui partagea avec elle 18 ans de la vie du chanteur/poète cherche manifestement dans ce recueil d'anecdotes à lui rendre justice, elle qui eut le rôle de la muse, "à la base de tout", dans la carrière de l'homme. Elle raconte l'avant et l'après succès, les bonheurs de la vie bohème, fantaisiste et sans entrave des débuts, pauvre mais heureuse, la tendresse de son "Pouta" qui l'aimait comme sa propre fille (sa "Jolie Môme"). Elle apporte un éclairage vivant et passionnant sur le processus de création des chansons ; puis vint le début de la gloire, et avec elle les changements, un Léo Ferré de plus en plus railleur et méchant, se sentant incompris et "en colère contre le monde entier". L'auteur rend compte par le détail de l"écart considérable entre l'artiste génial et adulé, et la réalité menaçante de son quotidien". La dérive atteindra son paroxysme avec l'histoire folle de cette "Pépée", chimpanzé littéralement adopté par le couple comme un second enfant, et qui provoquera l'implosion de la famille, la fuite de Léo et le début de la cruauté envers son ex-femme qui sombrera dans l'alcool, reniée, abandonnée, effacée littéralement de l'oeuvre du chanteur qui lui avait dédié tant de textes.
Quelle tristesse que l'histoire de cette passion d'une grande exception à ce point gâchée par l'orgueil et la notoriété, mais aussi de sentir le ressentiment de l'auteur, qu'on peut comprendre, mais qui pose aussi question sur son objectivité. N'est- ce pas la rancune qui tient la plume ? "Admirer l'oeuvre de Léo est une chose, célébrer l'homme en est une autre". Pourquoi parler des ayant droits de Léo sans les identifier, comme une entité qui n'a pas le droit à l'existence ? Reste un témoignage intime (trop intime ? l'allusion au caractère équivoque de leur relation père/fille provoque un léger malaise) et fort, parfois à peine croyable sur deux personnalités qui se sont trouvées et détruites aussi fort qu'elles se sont aimées, à lire en gardant à l'esprit qu'un seul son de cloche ne suffit pas toujours.
Lien : http://anyuka.canalblog.com/..
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critiques presse (4)
LaLibreBelgique   16 avril 2013
Un récit doux-amer, effarant parfois, qui entend rendre justice à l’ex-épouse de l’“anartiste” qui jouait les maudits.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   03 avril 2013
C'est avec sensibilité, pudeur et netteté qu'Annie Butor décline les épisodes de la tragédie. Prenant fermement place au côté de sa mère, Madeleine, délaissée, reniée, pour dresser de Ferré un portrait sans amertume, mais sévère et sans fard.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   02 avril 2013
Entre admiration et amertume, Annie Butor remet la légende Ferré en place. Elle lui a cousu une émouvante et terrible gueule de singe.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   02 avril 2013
Les admirateurs de Léo Ferré le savent : le poète et musicien avait adopté avec son épouse en 1961 un bébé chimpanzé. [...] Aujourd'hui, la belle-fille de Léo Ferré, Annie Butor, adolescente à l'époque, revient sur cette affaire tragique dans un livre de souvenirs.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
liratouva2liratouva2   21 septembre 2013
Il pouvait être fastueux ou sordide, sa bonté était intermittente, son cœur sélectif, sa mauvaise foi colossale. Il a voulu mettre à la poubelle son passé. Il a soigné sa légende de poète maudit, crié d'autant plus fort qu'il a cherché à cacher la vérité. Il a fait de sa haine son fonds de commerce.J'ai vécu dans une démesure affective qui a failli me détruire. Maintenant me poursuit une immense nostalgie. "Rompre avec les choses réelles, ce n'est pas rien; mais avec les souvenirs!" écrivit Chateaubriand. Je m'y refuse, j'en ai de trop beaux. Avec le temps j'aime encore Léo malgré tout, sentiment paradoxal fait de tendresse et de rancune ... Alors ce temps remettra tout en place, c'est mon espérance.. Il me fallait la distance nécessaire pour écrire ces confidences.J'essaie de m'arranger avec mes fantômes, et enfin de laisser un peu passer mon passé.
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rkhettaouirkhettaoui   09 juin 2013
Nous vivions d’amour, d’eau fraîche, de spaghettis et d’espoir. L’amour, « ça pousse à la maison », allait bientôt chanter Léo dans la chanson « Paris-Canaille », qui lui apportera un début de célébrité.
En attendant « d’en avoir », notre bonheur s’organisait. Le génie était dans la vie courante déjà un beau-papa adorable, doux, timide et tendre, n’hésitant pas à faire toutes sortes de pitreries pour faire rire et séduire une petite fille encore trop réservée à son goût.
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rkhettaouirkhettaoui   09 juin 2013
Je fais ma vie comme on fait l’amour : toujours au bord du sacrifice sans jamais y sombrer, libre, merveilleusement libre, et tâchant de garantir le bonheur aux gens, aux bêtes et aux choses qui vivent avec moi.
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rkhettaouirkhettaoui   09 juin 2013
Ça fait très mal de tomber du cocotier secouée par la main impitoyable de son unique amour, on met des années à ne plus vouloir se relever, et puis on se relève, boiteuse, cassée, sans cœur, des dents en moins, des cheveux blancs en plus.
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rkhettaouirkhettaoui   09 juin 2013
Il faut du temps à l’absent pour prendre sa vraie forme en nous. Il meurt, il mûrit, il se fixe.
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