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EAN : 9782757824719
352 pages
Éditeur : Points (22/09/2011)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Tu venais de si loin derrière ton visage, Que je ne savais plus à chaque battement, Si mon coeur durerait jusqu'au temps de toi-même, Où tu serais en moi plus forte que mon sang.
La poésie de Cadou est de plus en plus présente. Chaque jour qui passe en porte témoignage, du commentaire donné aux bacheliers, au chanteur qui met ses poèmes en musique, à l'enfant qui récite : "Odeur des pluies de mon enfance..." [...] Jamais sans doute poésie d'exigence intérieur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Blackbooks
  13 mai 2019
Un oiseau dans la tête pour ne plus entendre la cacophonie des balles, les partitions de la barbarie. Un oiseau dans la tête pour picorer la vie, morceler la mélancolie qui l'encage. Un oiseau dans la tête parce que le coeur chante l'amour des hommes, respire la terre.
Un oiseau dans la tête pour couvrir les yeux de ses ailes sur les noirceurs de la guerre, sur le temps qui file dans la chambre fossile où les poèmes luttent contre la mort, la maladie.
Un oiseau dans la tête pour siffler l'indicible, le silence des mots. Un oiseau dans la tête pour effacer de son vol les morsures de Vichy, pour relever les corps déchus épitaphes de la connerie humaine.
Un oiseau dans la tête pour le protéger, pour l'instruire de l'amitié, de l'amour impossible. Un oiseau dans la tête qui s'échappe enfin pour parsemer vos poèmes sur un pays bohème, pour répandre vos vers sur les maux de la guerre.
Un oiseau dans nos têtes tout simplement parce que c'est beau.
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sabine59
  02 juin 2017
La première de couverture de cette anthologie est à l'image du poète : un homme fusionnant avec un arbre. En effet, le profondément humain et la nature intimement mêlés sont le coeur même de toute sa poésie.
Je connaissais un certain nombre de ses poèmes mais j'ai apprécié d'en découvrir tant d'autres dans ce recueil. Grâce à la préface éclairante et poétique aussi de Philippe Delerm, j'ai mieux appréhendé son destin jalonné de chagrins, de pertes, rongé par la maladie mais aussi magnifié par la rencontre d'Hélène, sa femme, sa muse.Il est mort jeune, à 31 ans, et il avait déjà la prescience de sa disparition précoce , il écrivait :
" Ce sera comme un arrêt brutal du train
Au beau milieu de la campagne un jour d'été "...
J'aimerais que l'on ne voit pas en lui qu'un instituteur de village ( beau métier par ailleurs😊), et donc qu'on le réduise à un chantre de l'école et de la campagne, dont on ne retient souvent que quelques vers- même s'ils sont beaux!- appris en récitation, comme le connu:

" Odeurs des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison"...
René -Guy Cadou, c'est l'intensité dans la lumineuse simplicité des termes choisis, la beauté ardente et originale des images. C'est la nostalgie de l'enfance, certes, mais aussi la ferveur amoureuse. Comme dans un de mes poèmes préférés, un élan magnifique vers l'avenir du couple:
" Je t'atteindrai Hélène
A travers les prairies
A travers les matins de gel et de lumière"...
L'amitié est fort importante aussi: depuis sa chambre où il est souvent alité, il reçoit ses amis fidèles, il leur écrit . Retranché par la maladie dans sa maison, il n'en est pas moins ouvert au monde, à la guerre qu'il a connue. L'émouvant poème" Les fusillés de Chateaubriand" en témoigne.
N'oublions pas ce poète touchant , exigeant dans son travail d'écriture et sensible!
René-Guy Cadou au doux nom prédestiné
L'écho fou de tes mots hante encore mes pensées
L'arbre, l'oiseau, le vent, Hélène, la tant aimée
Et tout ce qui fut toi en ta fragile vie
Berce les frissons verts de ma mélancolie ...

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mgeffroy
  21 mars 2012
J'ai acheté ce livre sur un souvenir, le souvenir d'avoir entendu une lecture d'un des textes de René Guy Cadou, lecture qui m'avait bouleversé : Les fusillés de Chateaubriant "Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent".
Dans ce recueil de poèmes choisis, les textes sont classés par ordre chronologique et commence en 1937 (Cadou est né en 1920). Ce choix éditorial permet de suivre l'évolution du poète qui écrit "pour cet homme qui dépassé par l'orage / N'entend pas la rumeur terrestre de son sang"
A découvrir d'urgence pour ceux qui ne connaissent pas, à lire, à relire pour les autres.
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lehibook
  13 janvier 2020
Ce choix de poèmes permet une découverte de l'oeuvre de ce poète modeste ( pas son oeuvre , lui, le petit instit provincial) qui a su chanter son village et à travers lui le monde , comme son amour pour Hélène sa femme rejoint l'éternelle poésie amoureuse . J'aime beaucoup cet auteur et vous invite à sa table.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
sabine59sabine59   29 novembre 2016
Lettre à des amis perdus

Vous étiez là je vous tenais
Comme un miroir entre mes mains
La vague et le soleil de juin
Ont englouti votre visage

Chaque jour je vous ai écrit
Je vous ai fait porter mes pages
Par des ramiers par des enfants
Mais aucun d'eux n'est revenu
Je continue à vous écrire

Tout le mois d'août s'est bien passé
Malgré les obus et les roses
Et j'ai traduit diverses choses
En langue bleue que vous savez

Maintenant j'ai peur de l'automne
Et des soirées d'hiver sans vous
Viendrez- vous pas au rendez-vous
Que cet ami perdu vous donne
En son pays du temps des loups

Venez donc car je vous appelle
Avec tous les mots d'autrefois
Sous mon épaule il fait bien froid
Et j'ai des trous noirs dans les ailes
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   27 mars 2014
RAVENSBRÜCK

A Ravensbrück en Allemagne
On torture on brûle les femmes

On leur a coupé les cheveux
Qui donnaient la lumière au monde

On les a couvertes de honte
Mais leur amour vaut ce qu'il veut

La nuit le gel tombe sur elles
La main qui porte son couteau

Elles voient des amis fidèles
Cachés dans les plis du drapeau

Elles voient Le bourreau qui veille
A peur soudain de ces regards

Elles sont loin dans le soleil
Et ont espoir en notre espoir

+ Lire la suite
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si-bemolsi-bemol   12 juin 2018
J'AI TOUJOURS HABITE


J'ai toujours habité de grandes maisons tristes
Appuyées à la nuit comme un haut vaisselier
Des gens s'y reposaient au hasard des voyages
Et moi je m'arrêtais tremblant dans l'escalier
Hésitant à chercher dans leurs maigres bagages
Peut-être le secret de mon identité
Je préférais laisser planer sur moi comme une eau froide
Le doute d'être un homme Je m'aimais
Dans la splendeur imaginée d'un végétal
D'essence blonde avec des boucles de soleil
Ma vie ne commençait qu'au-delà de moi-même
Ebruitée doucement par un vol de vanneaux
Je m'entendais dans les grelots d'un matin blême
Et c'était toujours les mêmes murs à la chaux
La chambre désolée dans sa coquille vide
Le lit-cage toujours privé de chants d'oiseaux
Mais je m'aimais ah! je m'aimais comme on élève
Au-dessus de ses yeux un enfant de clarté
Et loin de moi je savais bien me retrouver
Ensoleillé dans les cordages d'un poème.
+ Lire la suite
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sabine59sabine59   27 novembre 2016
Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque noeud du bois renferme davantage
De cris d'oiseaux que tout le coeur de la forêt
Il suffit qu'une lampe pose son cou de femme
A la tombée du soir comme un angle verni
Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles
Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris
Car tel est le bonheur de cette solitude
Qu'une caresse toute plate de la main
Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes
La légèreté d'un arbre dans le matin.
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sabine59sabine59   02 juin 2017
Paysage de mon amour
Tout entier dans ce village
Dont je défais journellement
Les liens de chanvre et de fumée

Tuiles baignées de tourterelles
Qui chantez sous la main du soir
Écailles des saisons nouvelles
Plaques tournantes de l'espoir(...)

Et toi rivière sous les saules
Blanche fenêtre caressée
Par une truite et mon épaule
Et tous les jours qui son passés (...)
+ Lire la suite
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Vidéo de René Guy  Cadou
Bord sur bord poème de René Guy . Musique, guitare et chant: Guy Oudenot
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