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ISBN : 2848651415
Éditeur : Sarbacane (30/01/2007)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 39 notes)
Résumé :
C'est la guerre. On voit quelque chose qui pourrait être un désert, dans lequel il y a deux trous. Dans les trous, deux soldats. Ils sont ennemis. S'informer, utiliser son esprit critique, agir individuellement et collectivement sont les fondements du travail d'Amnesty International pour dénoncer et faire cesser les atteintes aux droits humains. C'est à cette prise de conscience qu'appelle l'histoire de ces deux soldats. En s'associant à la parution de cet ouvrage, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
SamyC
  04 décembre 2013
Résumé :
Ce sont deux soldats ennemis, isolés de leur troupe respective qui attendent dans le désert la fin de la guerre. Chacun dans son trou espère rentrer chez lui. L'album représente la vie des soldats dans sa quotidienneté : la surveillance du camp adverse, la météo, le repas, la solitude, l'espoir d'une fin proche. La faim qui tenaille les deux ennemis est présentée comme l'unique chose qui les rapproche car l'ennemi est féroce et sanguinaire. C'est ce que dit le manuel rouge du soldat qui présente l'ennemi à combattre et les raisons pour lesquelles il le faut combattre avec acharnement : la vie de familles innocentes est en jeu. La nuit étoilée est un moment de réflexion pour le soldat et elle marque un moment décisif dans l'histoire. le soldat décide de sortir de son trou et de mettre un terme à cette guerre lui-même et tirer sur son ennemi. Arrivée au trou de l'ennemi, personne, mais le soldat découvre des objets personnels, des photos de famille et surtout un manuel comme celui qu'il a reçu lui-même lors de son engagement sauf qu'à la différence, l'ennemi sanguinaire représenté dans le manuel c'est lui. le soldat s'insurge de ce qu'il considère comme des mensonges et le soldat prend conscience que l'ennemi est une personne à part entière, il a un visage : « Maintenant, je le sais. Et je sais qu'il a une famille qui l'attend. Si cette guerre cessait, nous pourrions rentrer chez nous, chacun chez soi ». L'album s'achève sur l'échange d'un message entre les deux soldats.
Mon Avis :
L'ennemi est un album écrit par Davide Cali et illustré par Serge Bloch. C'est un duo qui a déjà été récompensé pour : Moi, j'attends..., Sarbacane, 2005.
La première de couverture présente un soldat décoré, souriant et saluant. Notons qu'il a les mains tachées de sang. La part de son torse nettement plus imposante que ses jambes mettent en valeurs ses décorations : certaines sont dessinées tandis que d'autres semblent matérialisées. Les galons dessinés tels des dentelles donnent à penser que ces décorations sont totalement absurdes. L'absurdité de la situation est un message sous-jacent dominant dans l'album.
La quatrième de couverture présente un soldat assis, les yeux clos, paisible et heureux tenant un trèfle à quatre feuilles en bouche. de même elle expose la situation : « C'est la guerre. […] Dans les trous, deux soldats. Ils sont ennemis ». Elle fait enfin mention du contexte dans lequel l'album a été créé, du but visé lors de sa création ainsi que des partenaires associés à ce projet artistique.
La deuxième de couverture représente des soldats en rang, alignés prêts à obéir aux ordres. Nous pouvons la mettre en relation avec la troisième de couverture qui représente également ces soldats ; cependant si l'on est attentif on se rend compte qu'il manque deux soldats. Sans doute les deux soldats de notre histoire qui ne sont plus aussi prompts à obéir aux ordres que leurs camarades car eux ont vus que l'autre n'est pas si différent d'eux même.
Sur la première double page « c'est la guerre » est inscrit en blanc sur fond noir. C'est un moyen de capter l'attention et de marquer le contexte de l'histoire qui va se dérouler.
L'histoire commence lorsque sur une double page rouge est inscrit en noir le titre de l'album. le dessin d'un soldat armé, à l'air las, assis sur des marches accompagne le titre. Ces tons de couleur agressifs contrastent avec l'image du soldat ; un moyen habile de mettre en évidence que l'ennemi n'est peut-être pas l'être féroce que l'on croit.
Les pages représentant la nuit étoilée sont le point de basculement de l'oeuvre car il est écrit : « On comprend beaucoup de choses en regardant les étoiles ». A la suite on retrouve deux généraux des armées des camps adverses dotés d'un sourire carnassier trinquant et buvant dans des coupes remplies de sang.
Les dessins suivant montrent la lassitude éprouvée par le soldat. Lorsqu'il découvre que l'ennemi n'est pas différent de lui tout bascule. le manuel est un excellent moyen de rendre compte de l'embrigadement des troupes et c'est l'autre élément qui va permettre le revirement de l'histoire. le soldat ne veut plus tuer celui qu'il considérait comme son ennemi ; il veut juste rentrer chez lui retrouver sa famille et faire en sorte qu'il en soit de même pour le soldat du trou d'en face.
L'histoire s'achève sur l'échange d'une bouteille délivrant un message. Selon moi, cet échange représente la communication ; si elle était établie peut-être que le conflit ne perdurerait pas et peut-être même qu'il n'aurait jamais commencé.
Les illustrations sont assez simples, sans fioritures ce qui met en avant le message porté par le texte et par les dessins. Serge Bloch a utilisé différentes méthodes pour cet ouvrage : dessin, montages d'images de vrais objets (branchages, photographies), collage (les trous des soldats). Les couleurs utilisées sont le blanc, le noir, le gris, le kaki et le rouge. le rouge est utilisé pour mettre en avant l'agressivité de l'ennemi, le côté sanguinaire est accentué par le coloriage brouillon comme pour représenter toute la rage qui est en lui. Il est intéressant d'ajouter que le manuel est également rouge c'est selon moi un moyen de mettre en relation le manuel et l'agressivité de l'ennemi. Car celle-ci est décrite par le manuel qui restitue en réalité une invention de qui est l'ennemi. J'ai aimé mettre en lien le texte et l'illustration mais également le fait que l'image racontait d'elle-même l'histoire.
A mon avis c'est un très bel ouvrage qui peut être présenté aux élèves dès la sixième. C'est un album complet qui peut être lu à différents niveaux et permets une étude de l'oeuvre adaptée au niveau des élèves. La réflexion autour de la première guerre mondiale, du quotidien des soldats est à effectuer en particulier avec les troisièmes compte tenu de leur programme. On pourra la mettre en relation avec de nombreux ouvrages tels que : Paroles de poilus de Jean Pierre Guénot, le journal d'Anne Franck, L'horizon bleu de Dorothée Piatek, J'ai vécu la Première Cuerre Mondiale 1914-1916 de Jean Yves Dana
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biBlyTheKid
  20 septembre 2014
Les illustrations sont adéquates. J'aime beaucoup la relative absence du rouge mais qui souligne les sentiments et les détails quand il est là. J'aime l'omniprésence du blanc neutre qui démontre la ressemblance des deux soldats. Un petit bémol par contre pour l'utilisation de la double page qui aurait pu être plus poussée selon moi, justement pour accentuer l'idée de symétrie.
Le texte est génial aussi, on a un peu peur que ça se passe mal au début, on a de l'empathie pour le premier soldat qui est présenté et avant même de comprendre la symétrie on se dit que si ça se trouve la guerre est vraiment fini et il s'épuise comme un con... J'ai adoré découvrir cet album en cours et je l'ai acheté depuis. le message est magnifique et devrait être partagé avec chacun
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Lagagne
  02 mars 2013
Un album simple et efficace. Un texte et des illustrations sobres pour faire comprendre l'absurdité de la guerre des tranchées. Et de toute guerre en générale. Se battre contre un homme qui nous ressemble en tout points mais dont on nous a dressé un portrait diabolique, animé par l'inconnu, la peur....
Le texte est sans aucun mot inutiles, il n'en touche que plus justement le lecteur.
L'illustration sur fond blanc, allie traits simples, extraits de photographie et touches de kaki.
Une lecture à recommander à tous, petits et grands.
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ProfDoc45
  27 septembre 2014
Album aux texte et dessins très sobres. Quelle efficacité pourtant dans la dénonciation de l'absurdité que peut être la guerre. L'auteur montre comment un soldat, conditionné au début du conflit, voit en son ennemi, dans la même situation que lui, son total opposé. Jusqu'à ce qu'il s'aventure hors de son trou...
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sylvie
  21 décembre 2007
Tout d'abord, une campagne désertique ou désertée : la page blanche est traversée par une ligne, une route ?...
Seulement trois bouts de branches sont posées là...
Un peu plus loin, (on tourne la page), toujours ce même spectacle de désolation , mais,cette fois, de chaque côtés de la ligne, deux trous déchirent la page.
Deux trous d'obus ?
Non, deux trous à rats dans lequel se morfondent deux soldats, chacun dans sa peur, son désespoir, sa misère intime et matérielle.
Nous suivons ces deux hommes pour une histoire qui met en relief l'absurdité de la guerre, et qui se termine par un message de liberté et de paix.
Cet album sur la guerre en général et celle de 14 en particulier est édité grâce au partenariat d'Amnesty International, de l'Historial de la grande guerre de Péronne et des éditions Sarbacane.
Il est très simple, très percutant, très pertinent.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
LilizLiliz   14 janvier 2015
Je ne peux pas être le premier à arrêter la guerre, parce que alors il me tuerait Il faut que ce soit lui qui cesse la guerre le premier, et moi, dans ce cas, je ne tirerais pas.
Parce que je suis un homme, moi.
S'il regardait les étoiles, il comprendrait.
On comprend beaucoup de choses en regardant les étoiles.
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LagagneLagagne   02 mars 2013
On voit quelque chose qui pourrait être un désert...dans lequel il y a deux trous.
Dans les trous, deux soldats.
Ils sont ennemis.
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LilizLiliz   14 janvier 2015
La nuit, au-dessus de mon trou, il y a plein d'étoiles.
Les étoiles font penser.
J'aimerais être là-haut et regarder en bas.
Parfois je me demande à quoi pense l'ennemi :
regarde-t-il les étoiles, lui aussi ?
Peut-être que s'il les regardait, il comprendrait que cette guerre ne sert à rien et qu'il faut l'arrêter.
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LaLoLaLo   02 novembre 2010
La nuit, au-dessus de mon trou, il y a plein d'étoiles. Les étoiles font penser. J'aimerais être là-haut et regarder en bas. Parfois, je me demande à quoi pense l'ennemi : regarde-t-il les étoiles, lui aussi ? Peut-être que s'il les regardait, il comprendrait que cette guerre ne sert à rien et qu'il faut l'arrêter.
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LaLoLaLo   02 novembre 2010
L'ennemi est très fatigué. Maintenant, je le sais. Et je sais qu'il a une famille qui l'attend. Si cette guerre cessait, nous pourrions rentrer chez nous, chacun chez soi. Si la guerre cessait. Je pense qu'il suffirait de peu.
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