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Serge Quadruppani (Traducteur)
EAN : 9782864245551
246 pages
Éditeur : Editions Métailié (07/10/2005)
3.88/5   30 notes
Résumé :

A Vigàta, le vendredi saint de l'an 1890, est représenté le mystère de la Passion du Christ, dit Les Funérailles. Le comptable Pato, fonctionnaire irréprochable et époux exemplaire, incarne avec humilité le personnage de Judas. Comme prévu, au moment de la pendaison du mauvais apôtre, la trappe s'ouvre et Pato disparaît. Où est passé Pato ? Fugue, assassinat, fracture spatio-temporelle ? Hou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  13 juillet 2021
N° 1560 - Juillet 2021
La disparition de JudasAndrea Camilleri – Metallié..
Traduit de l'italien par Serge Quadruppani.
Le jour du Vendredi Saint de l'année 1890 à Vigata, la tradition veut que, dans un pièce de théâtre, autrement appelée « Les Funérailles » on fasse revivre la Passion du Christ. le personnage de Judas, incontournable, est tenu avec humilité par le comptable Pàto, directeur de la banque locale, personnage intègre et catholique pratiquant, citoyen estimé et neveu d'un sénateur, qui disparaît au cours de la représentation dans le cadre même de son rôle ; il se donne en effet la mort. Au départ on n'y prête guère attention mais il s'avère rapidement que cette disparition inquiète tout le monde d'autant plus qu'elle est mystérieuse. S'agit-il d'une perte de mémoire consécutive à une éventuelle chute, d'un enlèvement, d'un assassinat, d'une volonté de disparaître ou d'une fugue amoureuse ou, pourquoi pas, la chute de l'intéressé dans un interstice spatio-temporel ? D'emblée l'hypothèse d'une malversation bancaire est écartée, ce qui correspond bien à la personnalité intègre de Pàto mais une lettre anonyme qui le menaçait personnellement vient tout compliquer. Les autorités locales nationales et religieuses sont en émoi, les policiers et carabiniers sont sur les dents et, pour résoudre cette énigme, vont devoir oublier un temps leurs différents, sous le regarde inéluctable de la mafia. Dans le contexte religieux d'une Italie très dévote, il ne manque évidemment pas de voix pour fustiger le théâtre dont l'Église excommunia longtemps les acteurs et surtout la personnalité de Judas, archétype du traître, veule et cupide dont le rôle tenu par un comédien pourrait bien cacher quelque chose de sa vraie personnalité. le plus dur sera, l'énigme une fois révélée, de lui donner une explication logique et qui ne lèse personne.
Le personnage même de Judas a donné lieu à beaucoup de commentaires et d'interprétations parfois contradictoires. Il est certes l'archétype du félon selon l'Église mais incarne bien une facette ordinaire de la condition humaine, les autres apôtres étant eux aussi des hommes simples fascinés par la personnalité de Jésus. Sans lui la vie du Christ en eut été bouleversée, pour ne rien dire dire de celle du monde, et son nom aurait rejoint la cohorte des quidams oubliés.
Il s'agit bien d'un roman policier mais Camilleri choisit de le traiter avec humour sous la forme d'une accumulation d'articles de journaux, de rapports de police à la rédaction savoureusement administrative, d'interrogatoires, dont certains ne servent à rien dans la manifestation de la vérité, de fausses pistes, d'échanges de lettres non moins surprenantes ... J'ai bien aimé cette manière originale de présenter les choses qui est aussi une étude pertinente de la société italienne. On sent l'auteur particulièrement à son aise dans un registre où il excelle par l'architecture de ce roman et par le style toujours aussi agréable à lire et qui emporte à chaque fois l'assentiment de son lecteur.
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PeregrinateurLitteraireCompulsif
  20 avril 2020
A partir d'un fait divers (la disparition du comptable Pato pendant une pièce de théâtre), Andrea Camilleri présente un roman policier à la forme originale : le récit est en effet un dossier composé d'articles de journaux ou de lettres, pour la plupart administratives. Ce choix très surprenant rend la résolution de l'enquête parfois difficile à suivre en raison de nombreux parasitages d'informations, mais transforme la lecture en un moment délectable, notamment grâce à un humour très affirmé : tics de la communication administrative, pistes plus improbables les unes que les autres, observation de la société contemporaine du fait divers... A découvrir, pour sortir des sentiers battus et rebattus du polar !
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coquecigrue
  13 août 2019
Voici une enquête sur la disparition d'un honnête citoyen rondement menée par deux enquêteurs dont on n'aurait pas parié un rond qu'ils y arrivent.
Ca se passe fin du XIXe en Italie et nous est rapporté sous forme d'échange de lettres et télégrammes, et d'articles de presse locale. le début surprend un peu, on s'y perd dans trop de détails. Les caractères d'imprimerie sont désagréables, pour moi du moins, mais on comprend rapidement que c'est une manière de donner une voix différente à chaque personnage.
Et puis, rapidement, on se prend au jeu, subtil, ponctué de trait d'humour menant vers un dénouement en deux actes (je ne dévoile pas), et en passant en dit long sur le fonctionnement des diverses autorités dans un pays dont la mafia n'est pas absente.
Alors que dans les premières pages, je le trouvais trop verbeux, j'ai refermé ce roman avec le sentiment d'avoir lu un livre très bien construit et où il n'y avait pas un mot de trop !
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isabellelemest
  04 janvier 2013
Hilarant roman sous la forme d'un pseudo-dossier de police constitué après la disparition d'un honnête comptable, qui jouait le rôle de Judas dans la représentation pascale de la Passion du Christ sur la place de la petite ville. Pato n'est jamais rentré chez lui après le spectacle. Deux policiers, doués en apparence du même flair que les deux Dupond/t, mènent une enquête aussi absurde que désopilante, accumulant les témoignages les plus disparates et les plus contradictoires. Mais l'optimisme inné de Camilleri reprend le dessus, le crime organisé n'y était pour rien et il s'agissait d'une escapade amoureuse, comme l'avaient subodoré les deux limiers, moins stupides qu'à première vue.
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Apoapo
  05 février 2016
Polar historique (ayant pour cadre la Sicile de fin XIXe siècle) ou comédie de moeurs? Et quelle importance a le fait que le personnage disparu fût aussi le personnage d'une représentation théâtrale-religieuse lors de sa disparition ? Et qu'il représentât Judas ?
L'originalité du récit réside surtout dans la forme, car le livre n'est composé que de "documents" hétéroclites : la fiction du dossier de presse et de police. La langue aussi, comme souvent chez Camilleri, est très intéressante. C'est sans doute ce qui a rendu pour la première fois "acceptable" au lecteur italien standard de lire un Sicilien sans jamais tout comprendre à ce qu'il écrit. Pourtant d'autres illustres Siciliens avant lui s'étaient attelés à la tâche de faire passer une langue originale mi-dialectale, mais sans jamais entraîner un aussi vaste public, par forcément très cultivé non plus: je pense surtout à "mon" Stefano D'Arrigo...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
krzysvancokrzysvanco   17 août 2017
Ministère Royal de l'intérieur
le Sous-Secrétaire d'Etat

A l'exc. me
Com. Bonafede Liborio
Questeur de
Montelusa
Rome, le 3 avril 1890

Excellentissime Commandeur,
L'âcre anxiété qui me tourmente, le dur cilice qui me harcèle s'est enfoncé en moi jusqu'aux intérieurs splanchniques, m'engloutissant dans une neurasthénie pernicieuse;
jusques à quand serai-je contraint de m'abreuver à l'amer acétabule ?
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SZRAMOWOSZRAMOWO   20 janvier 2015
De l'interrogatoire auquel ont été soumis dans la journée d'aujourd'hui dimanche 23 mars, tous ceux, hommes aussi bien que femmes, qui en qualité de figurants avaient pris part aux Funérailles, rien n'a émergé qui pourrait en quelque manière éclairer la disparition du comptable Patò.
Concernant l'épisode de fornication survenu entre un certain Abbate Giovanni et une certaine Fantauzzo Margherita, j'attends vos lumières pour procéder aux termes de la loi. Même si je comprends combien la chose peut paraître passablement difficile étant donné que ces deux personnes sont majeures, étaient réciproquement consentantes, n'ont rien volé chez les Curtò, sa blessure, la princesse se l'est faite elle-même en tombant à la suite de son évanouissement, et qu'on ne peut soutenir qu'ils se livraient à des actes obscènes dans un lieu public. Et alors ? La seule chose à faire serait d'informer don Spiridione Randazzo parce que sacrilège, sûrement, il y a eu.
Je signale qu'à la Délégation s'est présenté le Maréchal des Carabiniers Royaux Giummàro Paolo lequel, avec des manières hautaines et désagréables, m'enjoignait de faire immédiatement démonter l'estrade qui avait servi pour la représentation, en assurant qu'elle gênait l'entrée des carrosses par la grande porte du palais Curtò et que le marquis s'en était grandement plaint auprès de lui.
Le comportement d'acquiescement servile du Maréchal à l'égard du marquis Curtò m'irritait énormément mais, n'en laissant cependant rien paraître, je répondis avec urbanité que la tribune m'était encore indispensable pour la poursuite des enquêtes. Ce qu'entendant, le Maréchal se mettait à ricaner et s'éloignait sans saluer personne.
Je signale par ailleurs qu'ayant entrevu que le portail de la filiale de la Banque de Trinacria était à moitié ouvert, j'y entrai et y rencontrai le Caissier principal, le comptable Tortorici Vitantonio, lequel m'informait que dans le bureau du Directeur se trouvait l'Inspecteur Général de la Banque pour les vérifications nécessaires.
Le soussigné ayant demandé à Tortorici de pouvoir assister aux opérations de vérification et de contrôle, ce dernier m'invitait en haussant les épaules à en parler avec l'Inspecteur Général. Lequel fermement rejetait mes demandes réitérées en assurant que pour cela, je devais lui présenter une autorisation en règle fournie par le Tribunal Royal de Montelusa.
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Videos de Andrea Camilleri (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrea Camilleri
Certains personnages ont la vie dure, traversant les années comme si auteurs et lecteurs ne pouvaient pas les quitter. Harry bosch, le fameux détective de L.A., est de ceux-là, créé en 1992 par Michael Connelly. Deux ans plus tard, Andrea Camilleri donnait naissance à son fameux commissaire sicilien Montalbano. Que deviennent-ils ? Leurs nouvelles aventures, qui viennent de paraître, valent-elles encore le coup ? Quant à Don Winslow, l'auteur de la fameuse trilogie La griffe du chien, il publie un recueil de six novellas dont deux remettent en scène les héros de ses plus anciens romans. Alors ? On a lu, on vous dit tout.
Incendie nocturne de Michael Connelly, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin, éd. Calmann-Lévy. Le manège des erreurs d'Andrea Camilleri, traduit de l'italien (Sicile) par Serge Quadruppani, éd. Fleuve noir. Le prix de la vengeance de Don Winslow, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Maillet, éd. Harper Collins. Vous avez aimé cette vidéo ? Abonnez-vous à notre chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/¤££¤36Abonnez-vous20¤££¤4fHZHvJdM38HA?sub_confirmation=1
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