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sur 1172 notes
andman
  24 mai 2015
Sitôt le personnage de ''L'étranger” abandonné à son triste sort, l'envie de rester un petit moment encore en compagnie d'Albert Camus s'est imposée naturellement.
D'un point de vue chronologique le choix de l'essai ”Le mythe de Sisyphe”, publié également en 1942 dans le cadre de la tétralogie “Le cycle de l'absurde”, semble aller de soi.

“Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide”. Malgré cet incipit quelque peu intransigeant, cet essai ne fait pas l'apologie du suicide, tant s'en faut.
Selon Camus, la passion et la révolte sont les meilleures armes pour combattre l'absurdité de la vie.
Pour échapper au tourment de sa propre finitude, à l'inutilité d'une vie, l'homme doit être habité d'un esprit tourné vers les relations humaines, épris de liberté dans la pleine conscience de ses pouvoirs et de ses limites.
L'homme conquérant doit essayer de constamment tendre vers “l'étonnante grandeur de l'esprit humain”.

Si le ton est parfois un peu péremptoire, le style de Camus n'est pas rébarbatif. Pour étayer ses dires l'écrivain se réfère souvent à d'illustres aînés, les passionnés de philosophie apprécieront.
Mes carences en la matière m'ont sans doute privé de quelques subtilités mais je n'ai pas éprouvé de lassitude à suivre l'auteur dans ses pérégrinations existentielles.

“Le mythe de Sisyphe” constitue une approche intéressante de la pensée camusienne. Le titre est éloquent mais la lecture de cette oeuvre pas le moins du monde éreintante.
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Petitebijou
  26 décembre 2011
Lorsqu'une fin d'année approche, que tout et tous autour de vous vous incitent au bilan, pensée on ne peut plus absurde quand on y pense, car, après tout, pourquoi ne pas faire un bilan chaque jour, ou tous les mois, etc... ?, il se produit un phénomène récurrent chez ma petite personne : j'ai besoin de ma dose de Camus, oui, je le confesse, je suis addict, il me faut me replonger dans sa prose, son style, ses idées, pour savoir où j'en suis. Ce peut être au travers d'un roman, d'une pièce de théâtre, d'un essai, et même de sa correspondance ou journaux de voyage, j'ai déjà tout lu, et la seule façon de me donner l'illusion heureuse qu'il continue d'écrire, est de poser un nouveau regard sur un texte que j'ai déjà exploré. Ces jours-ci, j'ai relu "Le mythe de Sisyphe", et ça m'a fait du bien. J'y trouve matière à affronter la vie, que ce soit dans le plus trivial du quotidien comme dans les plus hautes sphères de la réflexion. Cela me remet également les idées en place, me "dépollue" en quelque sorte de l'avalanche d'informations, commentaires, critiques, exégèses que je suis la première à lire via les divers supports médiatiques, pour ne garder que l'essentiel, la substantifique moelle de ce que devrait être notre regard sur le monde, sur notre propre vie : une distance nécessaire, une absence de complaisance non dépourvue d'humanité, et, plus que tout, ce qui, il me semble, irrigue l'oeuvre entière d'Albert Camus : la solidarité. Cela peut paraître simple, voire simpliste, mais si vous réflechissez, si vous êtes de ceux qui essaient de mettre en cohérence vos pensées et vos actes, reconnaissez que ce n'est pas si facile que ça. C'est un voyage intérieur, dont vous êtes seul le héros, mais avec un compagnon comme Camus, les bagages se font plus légers. Alors, oui, je suis peut être droguée à mort, mais, puisqu'il nous faut bien mourir à nous-mêmes, je persiste et signe.
Il y a un peu plus d'un mois, au cours d'un voyage familial en Provence, je me suis rendue à Lourmarin. J'avais un bouquet de fleurs avec moi, que j'ai déposé sur la petite tombe de Camus, cette tombe simple qui lui ressemble, avec cette jolie végétation qui lui sert de protection les jours de grand soleil. Je lui ai dit quelques mots, rien qu'entre lui et moi, ai versé quelques larmes. Et c'était bien.
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colimasson
  11 octobre 2013
Connaître le sort de Sisyphe nous éclaircit d'emblée sur les intentions d'Albert Camus :


« Les dieux avaient condamné Sisyphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir. »


Pauvre Sisyphe –et pauvre homme absurde. Car tout homme n'est pas Sisyphe, mais l'est seulement celui qui aura été un jour frappé par un instant de lucidité féroce. A partir de ce moment-là se révèle la question philosophique majeure : la vie mérite-t-elle d'être vécue malgré son inutilité absolue et apparente ? Si non, il faut se suicider. Si oui, il faut trouver une bonne raison de continuer à vivre. Celui-là qui continue est l'homme absurde, jonglant d'un jour sur l'autre entre espoir et lassitude.


Dans son exposé de la question, Albert Camus se montre austère et très peu engageant. Cherchant peut-être à prendre de la distance avec son sujet, il détaille les arguments et les réflexions avec une rigueur scientifique qui sied peu à la question, qui rebute souvent par une impression de manque d'empathie, mais qui finit toutefois de bouleverser par la pertinence des vérités ainsi discrètement révélées.


Inspiré et nourri de figures littéraires, Albert Camus disparaît le temps de deux chapitres derrière les interprétations absurdes des oeuvres de Dostoïevski et de Kafka. Il nous donne ainsi la possibilité de renouveler notre regard et de compatir avec ces hommes absurdes qui, pour faire fuir la terreur de la mort, ont créé ce qu'on appelle parfois « l'oeuvre d'une vie ».


Le mythe de Sisyphe est utilisé à escient pour dépasser son aspect tragique. Sisyphe est-il désespéré ? Parfois, sans doute, mais « il faut imaginer Sisyphe heureux » car « la lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme ». Si la seule et ultime raison qui nous conserve vivant est la vie elle-même, alors cela suffit.


Vraiment ? Il faut imaginer Albert heureux. Et si l'on y parvient, c'est que nous-mêmes le sommes encore un peu.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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aleatoire
  04 août 2015

Pierre qui roule...

Je ne sais pas vous, mais lorsque je pose un acte, je doute de sa validité, du sens qu'il peut revêtir. Je me dis qu'il pourrait être tout autre et qu'il aurait cependant la même importance, le même sens ou plutôt le même non-sens...


Chez Camus, c'est autre chose, à la relecture, le Mythe de Sisyphe est toujours aussi vertigineux et son évidence apparaît dans une flamboyance sans appel.
Tout commence par la question fondamentale du suicide, selon que la vie vaut ou non d'être vécue.
Sur cette question essentielle, le philosophe (existentialiste athée) met en garde contre les risques d'une pensée, (souvent mise en action par un simple "souci") trop introspective "c'est commencer d'être miné" et d'une lucidité exacerbée (dont Char écrivait qu'elle est "la blessure la plus rapprochée du soleil"). Il se réfère à deux postures possibles : celle de la Palisse ou celle du Quichotte, l'idéal étant un mix des deux, savant équilibre de l'étude rationnelle et du lyrisme.
Le suicide est donc un aveu d'incompréhension devant l'habitude, l'agitation quotidienne ainsi que devant le scandale de la souffrance et de la finitude qui génère ce sentiment d'absurdité qu'une logique poussée à son extrême entraîne jusqu'à l'irréversible abdication.
Il souligne une anomalie, le monde est "épais", une pensée anthropomorphique ne permet pas "d'unifier" ; un animal, une pierre nous sont étrangers ; la nature, un paysage "plus lointains qu'un paradis perdu" peuvent nous nier. Ainsi, "cette épaisseur et cette étrangeté du monde" participent de l'absurde.
Tentation de l'inutile, devant les apories toujours repoussées du travail scientifique et d'une physique dont les issues s'apparentent à l'oeuvre d'art.
Nul réconfort métaphysique ; que serait une liberté donnée par un être supérieur pour qui "n'a pas le sens de la hiérarchie" ? pas plus que celui de l'opportuniste pari pascalien.
Camus comprend mal également le revirement dostoïevskien d'un Kirilov se tuant pour être déifié, face aux espoirs d'une vie éternelle des Karamazov.


A cette absence de finalité et d'espoir (qui n'est pas le désespoir), répondent cependant une conscience cherchant sa direction, des intentions au coeur d'un présent, un mouvement, un devoir d'intelligence, des échanges humains et pour ne pas "ruminer", l'imagination, source de créations, fussent-elles éphémères.
Choisir entre "la croix ou l'épée", la contemplation ou l'action, bien que les sachant inutiles mais, dans dans une certaine mise à distance de l'événement, "faire comme si" et devant un hasard toujours "roi",savoir user de l'esquive...
Préférer encore la mutilation d'Oedipe, résistant ainsi au désespoir et à la tentation du suicide ; cette résistance devenant l'affirmation que "tout est bien".
C'est donc précisément l'absence de sens de l'existence qui en fait son intérêt.
Ainsi, pour Camus comme pour les stoïciens, l'homme peut et doit affronter le destin, enrichissement vers une certaine liberté intérieure :
"Il faut traiter le destin par le mépris"


Sauf que...
Peut-être ne convient-il pas de trop taquiner l'absurde ni provoquer
le fatum, les concepts ont parfois la susceptibilité exacerbée.
Le quatre janvier mille neuf cent soixante, la Facel Vega dans laquelle Albert Camus avait pris place s'est heurtée à l'épaisseur du réel ("ce qui résiste" - Serge Leclaire) et l'absurde, ainsi dépossédé de son objet s'est naturellement dissout.
L'écrivain a rejoint le minéral, tant chanté dans Noces et l'eté, avec lequel il aspirait parfois à se confondre.
La pierre délaissée a cessé son mouvement.
"Ce monde n'a plus son reflet dans un univers supérieur, mais le ciel des formes se figure dans le peuple des images de cette terre."
A noter que quelques mois plus tard, Sagan de justesse fut épargnée mais pourtant prévenus, Nimier ( "Il n'y a que les routes pour calmer la vie") et Huguenin abandonnèrent à l'asphalte beaucoup de leur superbe.


Bon voilà, j'ai terminé mon devoir de vacances, m'en vais sagement reprendre ma petite auto, puis maintenant que sont posées partout des limites et même aux vitesses, j'aurai l'absurde modeste, le destin besogneux ; pas de désir de suicide excepté peut-être une pendaison à un cou.
D'ailleurs, je n'intéresse guère les dieux, impassibles et somnolents dans la torpeur estivale.


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denis76
  01 juillet 2018
Ce fut une lutte intellectuelle pour le comprendre : mais où veut-il en venir ?
Camus est un homme qui interroge. Avant lui, je ne connaissais pas l'importance de "l'absurde". Là, comme Sisyphe, comme les existentialistes, il se révolte contre la mort, contre les dieux. Pourquoi nous donner une vie pleine de passions, si nous devons mourir après ? Alors autant qu'elle soit la plus longue possible.
.
Il est en colère. Et je ne comprends cette révolte qu'au milieu du livre. Furieux comme avec Faulkner ou Nietzsche, je lui donne une étoile. Puis, au bout de cent pages, mon incompréhension cesse, le déclic se fait, je me fais une opinion, pas forcément vraie, et je lui donne quatre étoiles. Je comprends que ce livre est un coup de gueule. Camus, comme Nietzsche, Kierkegaard, Sartre, etc... est révolté. Il se sent piégé. Pourquoi donner de la vie, de la passion, de l'intelligence, pour mourir après, puisque comme dit Nietzsche, "Dieu est mort" ? Alors, dit-il, on connait l'alternative de cette métaphysique : soit il n'y a pas de dieu, nous sommes seuls, mais libres, soit dieu est là, mais alors, ce n'est pas le dieu d'amour des "philosophes mystiques", comme il les appelle, mais un ingrat qui comme pour Sisyphe, nous soumet en esclavage, et nous rend "prolétaire des dieux". Que choisit-il ? Il ne le dit pas. Il martèle l'absurdité de la situation : l'homme, l'artiste, le conquérant heureux inconscient devient l'homme absurde quand il prend la mesure du piège. Camus est en pleine "crise existentielle", et quand j'ai lu "La chute", je suis passé à côté de ça.
.
Reprenons, en tenant compte qu'en 1942, quand ce livre sort, un de ses premiers, Hitler a provoqué "L'hiver du monde".
Je trouve que "Le mythe de Sisyphe" est une oeuvre brute de décoffrage, une belle analyse, un coup de gueule de la jeunesse, mais il manque la patine de l'expérience. Celle de Kafka, par exemple, un des maîtres du roman existentialiste, de "l'oeuvre absurde" ...
.
... dont il écrit merveilleusement, pour "La métamorphose" :
" Cette complicité secrète, au tragique, unit le logique et le quotidien. Voilà pourquoi Samsa, le héros de la métamorphose, est un voyageur de commerce... La seule chose qui l'ennuie dans cette singulière aventure qui fait de lui une vermine, c'est que son patron sera mécontent de son absence. Des pattes et des antennes lui poussent, son échine s'arque, des points blancs parsèment son ventre et cela lui cause "un léger ennui". Tout l'art de Kafka est dans cette nuance."
.
"Le Mythe" est une oeuvre qui m'a bien interrogé sur la place que donne Albert Camus à la religion. Il ne faut pas confondre Dieu et la liturgie. Celle-ci n'est qu'une construction humaine, artificielle : les supporters ne sont pas les joueurs. Cette question est posée depuis "Le siècle des Lumières". Voltaire a enfin séparé Dieu de la liturgie.
.
Quant à la promesse "d'âme éternelle", la question reste en suspens depuis Kierkegaard et Nietzsche. Pour Camus, sont-ce les limbes, comme pour Sisyphe, qui attendent "l'âme" après la mort ?
Je pense, mais ce n'est que mon humble avis, qu'après avoir été rapidement passé en jugement dernier en 1960, il se sent bien là-haut, et fait des clins d'oeil à certains Terriens : )

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Kittiwake
  23 mai 2012
Cet essai d'Albert Camus fait partie du cycle de l'absurde, avec l'Etranger, Caligula, et le Malentendu.
Camus se propose d'analyser l'absurde, inhérent à la condition humaine, et qui survient lorsque l'homme prend conscience de l'absence de tout fondement. Pourquoi alors choisir de vivre ou de mourir? Comment décider si la vie vaut le coup d'être vécue ou non? le suicide est ainsi une question fondamentale de la philosophie. Et si l'on choisit la vie, pas question d'éluder le problème en se reposant sur des doctrines hors du monde qui donneraient un sens à la vie. La solution est dans la révolte :

« Je tire de l'absurde, dit Camus, trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté, ma passion. Par le seul jeu de ma conscience, je transforme en règle de vie ce qui était invitation à la mort - et je refuse le suicide ». Ainsi se définit l'attitude de « l'homme absurde ».

A l'essai publié dans les années 70 , par Jean-Jacques Brochier, "Camus, philosophe pour classes terminales", je répondrais : philosophe, certes, sans aucun doute, au vu du sujet traité, des nombreuses références philosophiques, et du style d'écriture, par contre, en ce qui concerne la classe terminale, certainement pas en début d'année! Des notions fondamentales sont nécessaires, la lecture demande une attention et une concentration soutenues, et j'ai dû recourir à des explications complémentaires pour intégrer le propos. Certes ma terminale est loin derrière moi! Aurais-je eu mon bac avec un tel sujet : comment l'existentialisme constitue-t-il un suicide philosophique face à l'absurde?

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Philippe67
  24 février 2013
Lu, relu, re relu c'est pour moi un des fondamentaux.
Sommes nous condamnés à agir pour donner du sens à nos vies absurdes?
C'est bien nous qui devons trouver un sens à notre existence par notre engagement.
Et comme disait Sénèque "rien ne dure mais rien ne change".
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Christels
  07 octobre 2019
Et vous ?
Pensez-vous comme Camus que Sisyphe est heureux ?

(j'ouvre juste une petite parenthèse pour vous prévenir que j'ai pris des foutus raccourcis par rapport à ce superbe texte de Camus et que j'explique beaucoup moins bien que lui)

Chercher un sens à la vie est un non-sens car la condition de l'homme est absurde par essence : d'abord parce que le monde ne répond à aucune logique, et ensuite parce que l'avenir de l'homme, c'est forcément la mort.

Une fois que notre homme a bien intégré ça et qu'il a abandonné tout espoir en un futur meilleur et éternel, il a gagné la liberté.

Il peut alors, pleinement conscient de la vérité :
- se suicider (ce qui n'est pas la bonne solution) ou
- accepter sa condition d'homme absurde.

Acceptation ne signifie pas résignation! Car l'absurde étant inacceptable pour l'homme, ce dernier le combattra en permanence, en accomplissant sa tâche pour elle-même et non plus en fonction de sa signification ou de sa finalité.

Et voilà comment un homme absurde devient
un homme absurde heureux.
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aouatef79
  19 août 2015
le Mythe de Sisyphe est un essai d' Albert Camus, publié en 1942 .IL fait parti du " cycle de l' absurde", avec Caligula, l' Etranger et le Malentendu
Pour écrire un tel essai, Camus s' est inspiré de la mythologie grecque. L' auteur fait le rapprochement entre la vie comme un éternel recommencement obéissant
à l' absurde, et Sisyphe, héros de la mythologie grecque, puni par les dieux à faire remonter, continuellement, un rocher au sommet d' une montagne tout en sachant, qu' à la fin elle retombera et qu' il doit recommencer .
Même s' il s' agit de mythologie, la question qui vient à l' esprit est la suivante :
Pourquoi Sisyphe a été condamné à cette peine et quel est le crime qu' il a commis ? Camus cite plusieurs versions du mythe :
1/ La plupart explique la punition de Sisyphe par une insulte faite aux dieux.
2/ Une version, prête à Sisyphe, mourant, la volonté d' éprouver l' amour de sa femme, en lui demandant de ne pas lui donner une sépulture et de jeter son corps sur la place publique, après sa mort .
3/ Selon une autre version, Sisyphe découvrit la liaison amoureuse entre le maître de l' Olympe, Zeus, et Eugine. IL révéla cette liaison au père d' Eugine Ceci irrita les dieux qui le condamnèrent à pousser au sommet d' une
montagne un rocher, qui roule inéluctablement vers la vallée avant que le but du héros ne soit atteint.
Contrairement au Sisyphe que l' on présente habituellement dans la mythologie, Camus considère " qu' il faut imaginer Sisyphe heureux" . Sisyphe trouve son bonheur dans l' accomplissement de la tâche qu' il entreprend, et non dans la signification de cette tâche .
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Luniver
  15 septembre 2018
« Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide ». Ça c'est de l'introduction ! Il n'y a pas à dire, le sujet n'est pas spécialement réjouissant, mais ça donne envie de découvrir ce que contiennent les pages suivantes.

Mais voilà, passé ce départ fracassant, je dois reconnaître que je me suis pas mal ennuyé. La vie est absurde, certes, mais ça ne me paraît pas non plus une thèse révolutionnaire, et j'ai l'impression qu'en discutant avec n'importe quel passant dans la rue, on tomberait facilement et assez rapidement d'accord sur cette affirmation. Plutôt que de lire une longue description du problème, j'aurais préféré des pistes de solution.

Camus essaie aussi d'évacuer le dieu chrétien de la discussion et le fait sortir par la porte, mais à chaque argument, ce dernier revient par la fenêtre. Les seuls philosophes valables ne peuvent-ils être que croyants, et chrétiens ? Ça me semble plutôt un aveu d'impuissance et aussi un enfermement dans un certain cadre de pensée.

Je vais donc continuer à vivre ma vie absurde, sans savoir pourquoi je ne me suis pas encore suicidé pour le moment. Ce qui me rassure, c'est qu'on semble être nombreux dans le cas, et que ça n'a pas l'air de nous empêcher de dormir.
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