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Pierre Alien (Traducteur)Vincent Ferré (Éditeur scientifique)
ISBN : 2266146262
Éditeur : Pocket (04/11/2004)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 49 notes)
Résumé :
"Ce livre a pour support les lettres, le journal et d’autres documents laissés par le professeur J.R.R. Tolkien, ainsi que les souvenirs de sa famille et de ses amis.(...)

En l'écrivant, j'ai voulu raconter l'histoire de la vie de Tolkien en évitant tout évaluation critique de son œuvre d'imagination. En partie par respect pour ses opinions, et aussi parce qu'il me semble que la première biographie d'un auteur n'est pas nécessairement le meilleur endr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
InstinctPolaire
  25 janvier 2013
Il était un homme ordinaire.
Mais cette simple affirmation ne peut s'entendre pour minorer ses mérites de conteur.
On pense bien souvent que pour comprendre le talent d'un auteur, il peut suffire de délaisser ses histoires pour se glisser dans le récit de son existence. Mais lui-même ne semblait y croire " je tiens fermement que retracer la vie d'un écrivain est une manière fausse et entièrement vaine d'approcher son oeuvre. "
Est-ce à nous dissuader de mener plus loin notre quête ? Profiter de la première occasion qui nous est donné de "nous en retourner " ? " de refermer le livre " ? Mais ne fait-il pas écarter ces éventualités par Maître Samsagace dans " le Seigneur des Anneaux " ? Ne fait-il pas apparaître très tôt dans son récit un guide certes mystérieux, mais digne de confiance ? Acceptons qu'Humphrey Carpenter soit notre " Gras-Pas ".
En dissociant à dessein l'existence de l'homme et les récits de l'écrivain, Carpenter tranche les questions de préséance du premier sur le second.
Ainsi était-il un homme ordinaire.
Un homme attaché à sa famille.
L'Afrique du Sud est sa terre natale. Mais surtout celle où repose son père. Il y mourût loin de sa famille, retournée en Angleterre pour préserver la santé de ce fils aîné. Orphelin de père à quatre ans, il voue une immense tendresse à sa mère. Empruntons ses mots : " Ma chère mère fut une martyre. Ce n'est pas à tout le monde que Dieu à ouvert une voie aussi aisée à ses bénédictions pour Hillary – son frère – et pour moi, nous donnant une mère qui s'est tuée au travail et à la peine pour nous assurer de garder la foi ". Convertie au Catholicisme, le Père Morgan est un ami précieux qui devient le tuteur des enfants à sa mort.
Il n'a alors que douze ans...
A seize ans, il est amoureux. Unanime anglo-saxonne désapprobation : A l'âge où l'on doit s'investir dans ses ambitions universitaires, on ne s'éprend pas d'une jeune fille de trois ans son aînée. Soucieux des conventions, il ne revient vers elle qu'a ses vingt-et-un ans. Il l'épousera trois ans plus tard, avant de partir pour la Grande Guerre. Elle sera la seule. Timide et peu instruite, Édith vivra dans l'ombre de l'universitaire, du grand auteur. Elle lui donnera quatre beaux enfants qui feront leur fierté et la source de leur grande complicité.
Où leur histoire prend un caractère romanesque ? Si Shakespeare eût ses Roméo et Juliette, il eût Luthien et Beren, extraordinaire histoire d'amour. Il fît graver ces noms sur sa tombe et celle de son épouse partie deux ans avant lui. Ici l'oeuvre croise enfin son créateur...
Un homme attaché à son travail.
Menant à bien de brillantes études universitaires, il commence à enseigner après la guerre. Un laborieux parcours le conduit à Oxford en 1945. Il se fond à merveille dans cette " noblesse de robe ". Il conjugue les dons et les travers du professeur de faculté typique : Tout à la fois passionnant et érudit dans ses cours et trop perfectionniste dans ses recherches pour y être chaque fois prêt. Il conduit la vie sociale – certes atypique d'un entre-soi de traducteurs in-extenso de légendes scandinave, de déclameurs de poèmes antiques ou imaginaires, de lecteurs de leur propres productions – active et exclusivement masculine comme on l'attend d'un professeur reconnu.
C'est sa mère qui avait su très tôt déceler son don pour les langues. Il se prît de passion de l'obscure science des rhétoriques et grammaires anciennes, désuètes. Il parfît son art dans l'élaboration de langues imaginaires. Et sur cette passion, il bâtit un univers. Il remît entièrement en cause ce travail d'une vie d'une simple phrase : " Dans une trou vivait un hobbit "...
Un homme ordinaire.
Dont l'oeuvre est comparée à l'Odyssée d'Homère. Dont personne ne dénis le souffle d'héroïsme et d'aventure. Qui emporte tout ceux qui ont de l'imagination. Qui est aujourd'hui la source de tant d'auteurs et de tant de livres. D'un pan entier de la littérature contemporaine.
Il n'écrivit probablement pas pour la gloire ou la postérité. Peut-être écrivit-il simplement pour honorer la mémoire d'un de ses plus vieux ami mort sur le front de France. Goeffrey Bache Smith ,dans sa dernière lettre écrivit : " Puisses-tu dire ce que j'ai tenté de dire longtemps après que je ne serai plus là pour le dire. "
Il laissera un paradoxe : ses premiers récits, qu'il regroupait sous le titre " le Livre des Contes Perdus " seront publiés après sa mort par son fils Christopher. C'est " le Silmarillion "...
Parfois tout ceci prend beaucoup de temps à écrire. Comme capturer l'essence de la poussière d'un merveilleux songe...
J'ai modestement tenté de restituer l'immense travail de deux hommes. Humpfrey Carpenter, qui a su raconter l'histoire d'un homme. Et d'avoir par son talent su démontrer sa simplicité et son génie. John Ronald Reuel Tolkien, pour avoir offert son génie et avoir su cultiver sa simplicité.
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Aline1102
  31 juillet 2011
Je préviens tout de suite: quand il est question de Tolkien, je suis extrêmement partiale. C'est mon auteur préféré, je lis un de ses ouvrages chaque année depuis mes dix ans. Mon commentaire ne va donc peut être pas plaire à tout le monde...
Très tôt, Tolkien a montré une facilité déconcertante dans l'apprentissage des langues. Sa mère, Mabel, lui a appris le latin, alors qu'il était encore enfant. Et ses professeurs ont toujours été étonnés par cet élève qui étudiait des grammaires d'anglo-saxon dignes d'un universitaire, alors qu'il était encore au collège. Pas étonnant qu'il soit devenu un tel spécialiste de linguistique et de philologie.
Très vite aussi, il a ressenti le besoin de créer sa propre langue. Il a commencé par une espèce de "code secret" qu'il utilisait pour communiquer avec sa cousine. Mais il a ensuite évolué vers des choses plus sérieuses. Ainsi est né l'elfique. Après quelques années à améliorer l'elfique et à mettre au point d'autres langages, Tolkien a voulu créer des personnages qui utiliseraient ces parlers. Il s'est donc lancé dans la rédaction du Silmarillion.

Car, étonnamment, le Silmarillion est le premier ouvrage de Tolkien à avoir vu le jour. Mais le jeune homme qu'il était alors a abandonné ses brouillons après quelques mois. Il faudra attendre 1937 pour qu'il se remette à l'écriture et que naisse Bilbo le Hobbit.
Qui ne connaît pas la légende entourant la naissance de Bilbo? Tolkien, alors professeur d'anglais à Oxford, corrigeait des épreuves d'examens. Un élève, incapable de répondre aux questions posées, avait remis feuille blanche. Ravi de cette aubaine (une copie en moins à corriger!) le professeur Tolkien, pris d'une inspiration subite, écrivit sur cette feuille la phrase suivante: "Dans un trou dans le sol vivait un Hobbit.". L'histoire ne dit cependant pas si l'étudiant a tout de même eu une bonne note. Il la méritait, pourtant, car sans lui, les Hobbits n'auraient peut-être jamais existé.

Tolkien était donc également professeur et spécialiste de linguistique. C'est une partie de sa vie qui passe souvent inaperçue. Pourtant, il a écrit de nombreux articles, tous très pertinents, dans des revues spécialisées de linguistique et de philologie. Il a également donné de nombreuses conférences sur le sujet et était très respecté par ses collègues.
Et il était aussi, d'après les témoignages, un bon professeur. Malgré quelques soucis d'élocution (une voix qui portait mal dans les auditoires et la désagréable manie de garder sa pipe en bouche quand il parlait), ses anciens étudiants gardent de bons souvenirs de ses cours. Certains sont d'ailleurs devenus des amis de la famille Tolkien, le professeur n'hésitant pas à ouvrir la porte de son domicile privé à quiconque avait des questions ou des difficultés.
Une autre facette méconnue de l'écrivain est celle de mari et de père aimant. Tolkien avait rencontré Edith alors qu'ils étaient tous deux adolescents. Immédiatement conquis par cette jolie fille, orpheline comme lui, Ronald (il préférait son second prénom à celui de John) mît en péril son admission à Oxford, déconcentré par sa passion pour Edith alors qu'il aurait dû étudier sérieusement pour son examen d'admission. Car, le jeune Tolkien, orphelin, ne pouvait intégrer la prestigieuse université que s'il obtenait une bourse. Heureusement, malgré un échec à la première épreuve, il réussit la seconde session et pût intégrer Exeter College.

Son tuteur, le père Francis, prêtre ami de la défunte mère de Tolkien, s'est opposé au mariage de Ronald et d'Edith. En vain. Il se sont mariés et ont eu quatre enfants: John, Michael, Christopher et Priscilla. Pour Tolkien l'amour qu'il ééprouvait pour Edith était plus fort que le respect et la considération qu'il avait pour le père Francis. Mais le jeune homme n'était pas ingrat pour autant: il a toujours eu une profonde affection pour le père Francis et a été très affecté par sa mort.

Pour les connaisseurs de la mythologie de Tolkien, la preuve de l'immense amour que le professeur portait à son épouse se trouve gravé sur leur tombe. Tolkien a demandé à ce qu'Edith soit nommée Luthien et lui-même Beren, d'après les deux amants mythiques du Silmarillion. Luthien était une elfe, immortelle, et Beren un mortel. Pour rester auprès de Beren, Luthien a sacrifié son immortalité. Ils sont donc unis pour toujours, au delà de la mort, tout comme Edith et Ronald...

Pour terminer, j'aimerais vous faire partager quelques anecdotes relatées dans cet ouvrage:

- Tolkien a créé Arachnée, l'horrible araignée géante du Seigneur des Anneaux, parce qu'il avait lui-même très peur de ces bestioles. Alors qu'il était enfant, en Afrique du Sud, il marchait à pied nu et a écrasé une araignée qui lui a piqué le pied. Après cela, il les a toujours détestées;

- Tolkien détestait aussi Shakespeare. Il avait été déçu par une représentation théâtrale à laquelle il avait assisté et n'a plus voulu entendre parler du grand Will;

- il a joué au rugby lors de se études à Oxford et s'est cassé le nez pendant une partie;

- Tolkien a plus d'une fois critiqué les Chroniques de Narnia de son ami C.S. Lewis. Ils étaient tous deux membres des Inklings, un club intellectuel qu'ils avaient fondé avec quelques amis et dans lequel chacun lisait aux autres ce qu'il avait écrit;

- Tolkien conduisait très mal et a d'ailleurs abandonné les voitures quand il a appris à quel point ces engins polluaient. Après cela, le professeur partait donner cours en vélo;

- il préférait travailler tard le soir et se lever tard le lendemain matin. Edith, son épouse, préférait se coucher et se lever tôt. Ils faisaient donc parfois chambre à part, car Tolkien craignait de réveiller sa femme en allant se coucher.
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dedanso
  10 juillet 2015
Je disais adorer Tolkien, mais finalement je me rends compte que je n'aurais pas dû dire cela. Car je ne connaissais aucunement l'homme, ni finalement son oeuvre, n'ayant lu que le Seigneur des Anneaux, Bilbo le Hobbit et les aventures de Tom Bombadil.
Tolkien a écrit beaucoup plus que tout cela. En plus de "sa mythologie", dont sont tirées les oeuvres citées précédemment, Tolkien a écrit d'autres oeuvres d'imagination et plusieurs poèmes. Surtout, il a tenté toute sa vie de mettre en forme sa grande oeuvre, le Silmarillion.
Ce qui m'a frappée, c'est le contraste saisissant entre sa vie quotidienne, réglée comme du papier à musique et pleine d'événements très ordinaires, et l'imagination qui a su créer ces oeuvres magistrales d'un autre temps. Tolkien était même quelqu'un de plutôt conservateur, dans ses passe-temps comme dans sa vie familiale (notamment sa vision de la femme et du couple).
Cette biographie, très facile à lire, nous apprend beaucoup sur cet auteur finalement méconnu. En nous donnant à voir son enfance, sa jeunesse et sa vie d'adulte, à travers des anecdotes familiales, des choix de vie, des amitiés, des lectures, Humphrey Carpenter nous donne des indices éclairant toute son oeuvre littéraire, comme autant de perles à enfiler pour former un collier.
Pour finir, l'auteur nous dresse la liste, qui se veut exhaustive, de toutes les oeuvres publiées de Tolkien (liste impressionnante s'il en est). En milieu de livre, plusieurs photographies permettent au lecteur de mettre un visage sur un nom ou une image sur un lieu important.
Un très bon ouvrage donc, que je conseille aux fans comme aux non-initiés.
Challenge Monopoly : lire un livre à propos d'une personne célèbre.
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l-ourse-bibliophile
  15 décembre 2018
Je lis très peu de biographies et, sans une amie, je n'aurais pas lu celle-ci avant longtemps. Figurez-vous que je suis à présent ravie d'avoir pu la découvrir. Depuis ma relecture du Seigneur des Anneaux, je suis un peu focalisée sur la Terre du Milieu. Avant d'attaquer la suite de l'oeuvre de Tolkien, j'ai pu découvrir un peu plus l'homme qui se cachait derrière ce nom et dont je ne savais rien, à part son immense facilité avec les langues.
TOLKIEN. Un nom si familier, un nom synonyme d'imaginaire débridé, un nom presque une marque. Il est parfois ardu de songer que ces sept lettres ont pu un jour désigner un étudiant jouant au rugby, un jeune officier pendant la guerre, un mari à la vie qui serait presque banale… s'il n'avait pas cette extraordinaire imagination, ce don pour les langues et cette fascinante intelligence qui ont engendré un univers d'une richesse absolument unique.
Sa vie, son amour pour Edith, ses rencontres entre amis, ces réunions qui ont presque toute sa vie ponctué ses semaines, du T. C. B. S. (Tea Club, Barrovian Society) de ses années lycées aux célèbres Inklings… mais surtout sa façon de travailler. Sa précision, sa méticulosité extrême, son perfectionnisme. Son amour pour les langues, la musicalité des mots, leur histoire. Langues vivantes, langues mortes, langues disparues… et langues inventées bien sûr, celles présentes dans son oeuvre, celles, en constante évolution, qu'il utilisait pour écrire son journal.
Ce qui frappe tout au long de l'ouvrage, c'est la simplicité de Tolkien, la banalité de son quotidien. Une vie bien réglée, un esprit bourgeois, plutôt conservateur. J'avoue avoir même été un peu déçue face à sa relation avec Edith, son épouse. Elle était sa Lúthien, il était son Beren comme il est inscrit sur leurs tombes. Mais au final, ils avaient une vie très conventionnelle… avec beaucoup d'ennui pour cette dernière qui avait renoncé au piano et à ses rêves pour leur famille, qui voyait son mari se comporter totalement différemment avec elle qu'avec son cercle d'amis masculins. L'histoire ordinaire d'une femme en cette première moitié du XXe siècle certes. Cependant, j'avais imaginé, fantasmé autre chose. le livre m'a laissée partagée sur ce point, tantôt décrivant un profond et attentif amour, tantôt montrant une vie morne, vide de loisirs et d'amitiés pour Edith. Toutefois, ce n'est pas un aspect de leur vie sur lequel il est aisé de faire toute la lumière. Les seuls qui en connaissaient toute la vérité sont maintenant enterrés sous une même pierre grise dans le cimetière de Wolvercote.
Pour moi, Tolkien est un génie et son esprit me fascine. Mais son biographe nous donne également à voir l'être humain. le perfectionniste à l'extrême, incapable de donner un texte à l'imprimeur, sans cesse désireux d'y apporter des retouches, voire de réécrire des passages entiers. le brouillon parfois, incapable de s'atteler à une tâche – réviser le Silmarillion par exemple –, sans cesse distrait par une lettre sans réponse, un conte non achevé, un point obscur d'un langage… On l'imagine très bien, petit homme fumant la pipe, en train de s'agiter dans son bureau, exhumant tel ou tel trésor d'une pile de vieilles copies pleines de notes, s'asseyant pour le parcourir et se laissant absorber par une toute autre tâche qui devait être la sienne à ce moment-là.
Cette exubérance intellectuelle captive, amuse, mais frustre tout autant. J'ai souvent eu envie de le secouer, de le forcer à s'asseoir à son bureau et de lui dire de s'y mettre, bordel ! Quand je pense à tous ces textes publiés à titre posthume qui aurait pu sortir de son vivant s'il n'avait pas été aussi dissipé… mais c'était sa façon d'être, sa façon de fonctionner, avec ce cerveau parfois obsessionnel qui devait être parfois parfaitement usant à supporter.
Dans les annexes du Seigneur des Anneaux, l'une des sections s'intitule « Des problèmes de traduction ». Un essai dans lequel Tolkien expose les difficultés rencontrées et les choix effectués pour angliciser les langues elfiques, hobbites, ou autres. Surprenant si l'on considère que tous ces noms venaient de l'esprit de Tolkien. Mais l'on découvre dans sa biographie que ce dernier parlait, non pas comme un écrivain, mais comme « un chroniqueur d'événements réels ». Son oeuvre est née de ses langages inventés et il fallait sans cesse qu'il découvre le pourquoi du comment. Qu'il le découvre, et non qu'il l'imagine.
Un livre passionnant pour rencontrer – je n'utilise pas ce terme à la légère, j'ai réellement l'impression de l'avoir côtoyé tout au long de ma lecture – un homme qui aurait pu passer pour ennuyeux et qui, pourtant, a créé une oeuvre gigantesque, à la puissance épique digne des grandes épopées du temps passé.
(Bon, je vais faire ma ronchonneuse, j'ai déjà râlé auprès du Joli, mais niveau féminisation des noms de métiers, il y a encore du travail ! On trouve par exemple « Il se trouvait qu'il avait fait la connaissance d'un autre philologue qui se révéla bon équipier. C'était Simonne d'Ardenne, une Belge (...) » ou encore « Christopher et Faith, son épouse (...) Faith, sculpteur (...) »
Lien : https://oursebibliophile.wor..
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Henri-l-oiseleur
  27 avril 2018
Humphrey Carpenter a écrit une magistrale biographie d'Ezra Pound, énorme livre qui nous conduit de l'Amérique de 1900 à l'Italie des années 70. Autant la vie de ce premier modèle est riche et palpitante, autant celle de J.R.R. Tolkien, l'homme, le professeur, le catholique, l'ami fidèle, l'écrivain et le philologue perfectionnistes jusqu'à la manie, est une existence plate, sans charmes extérieurs ni romanesques. C'est que l'aventure, en Tolkien, est tout intérieure, intellectuelle et livresque. L'homme public est un petit-bourgeois professeur à Oxford et enterré dans ses livres. La meilleure analogie est encore celle de Bilbo : comme lui casanier, mais rêvant comme lui d'elfes et de contrées lointaines. Ce livre confirme bien qu'il n'est pas nécessaire de connaître l'homme pour aimer l'oeuvre.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   27 avril 2018
"Je ne m'intéresse pas à 'l'enfant' en tant que tel, moderne ou autre, et je n'ai sûrement pas l'intention de faire la moitié du chemin jusqu'à lui, ni même un quart. C'est une erreur de vouloir se mettre à sa 'hauteur', c'est inutile (quand ils sont stupides) ou pernicieux (quand ils sont doués)."

Paroles de Tolkien lui-même, citées p. 196
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l-ourse-bibliophilel-ourse-bibliophile   15 décembre 2018
Le flot de paroles se tarit un instant ; il rallume encore sa pipe. Je saisis l'occasion, je dis ce qui m'amène, et qui maintenant me paraît sans importance. Pourtant, il s'y attache immédiatement avec enthousiasme et m'écoute avec attention. Puis, quand cette part de la conversation est terminée, je me lève pour partir ; mais, pour le moment, ce départ n'est ni attendu ni souhaité, puisqu'il a recommencé à parler. Il se plonge une fois de plus dans sa propre mythologie. Il a les yeux fixés au loin sur un objet quelconque et semble avoir oublié ma présence, agrippé à sa pipe comme s'il parlait dans son tuyau. Il me vient en tête que, pour l’apparence extérieure, c’est vraiment l’archétype du don d’Oxford, parfois même sa caricature. Or c’est justement ce qu’il n’est pas. C’est plutôt comme si quelque étrange esprit avait pris l’aspect d’un vieux professeur. Son corps est en train d’arpenter une pauvre chambre de banlieue, mais son esprit est très loin et parcourt les plaines et les montagnes de la Terre du Milieu.
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