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EAN : 9782070300624
125 pages
Gallimard (28/02/1968)
4.03/5   51 notes
Résumé :
Au cœur du monde rassemble les poésies suivantes de Blaise Cendrars, alias Frédéric Sauser :
- Au cœur du monde, Feuilles de routes, Sud-Américaines, Poèmes divers (Poésies complètes : 1924-1929).
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Myriam3
  27 novembre 2014
Cendrars a commencé poète, avant de s'attaquer aux romans plus ou moins autobiographiques, reportages et expériences cinématographiques, pour ne parler que de sa création littéraire!
Dans les textes de Au Coeur du Monde, on perçoit déjà clairement ces différentes formes d'écriture par la lecture de ces textes poétiques très libres - je me suis demandé à quel point il retouchait ces textes par la suite, car il paraissent si spontanés - . Au Coeur du Monde se lit, ou peut se lire, comme un récit de voyage; les poèmes se suivent. Cendrars y évoque avec détails son départ du Havre pour le Brésil, Rio de Janeiro, en bateau. Chaque texte, relativement court, est comme un regard sur un port ou un paysage, une vision fugitive d'une ville ou d'un paysage intemporels, l'océan lorsque la nuit tombe, des hommes qui travaillent. Les mots sont comme jetés sur la feuille sur l'instant du regard, jeté du pont du bateau.
Le Brésil. Chaque plante, les montagnes, les Sud-Américaines, les constructions, tout y est détaillé en si peu de mots mais tellement de richesse, qu'on est bien ici dans un reportage poétique!
Cendrars traverse le monde, non, plonge au coeur du monde, l'universel, les nationalités, couleurs et peuples confondus, et il y plonge avec un amour gourmand de toute cette diversité.
Au Coeur du monde est suivi de poèmes variés, de très courts sur la première guerre mondiale, un Hommage à Apollinaire, décédé en 1918 de la grippe espagnole, et enfin un extrait retrouvé de Au Coeur du Monde, sensible, saisissant.
Je suis heureuse d'avoir retrouvé Cendrars avec ce recueil, et d'avoir voyagé ainsi avec lui au fil de l'eau.
Lu dans le cadre du Challenge Poésie et du Challenge Récit de Voyage
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Herve-Lionel
  30 mars 2020
N° 1448 Mars 2020.
Au coeur du monde précédé de « Feuilles de route sud-Américaines – poèmes divers »– Blaise Cendrars – Gallimard.
Ce recueil divisé en quatre parties inégales comporte des poèmes écrits entre 1924 et 1929 par Blaise Cendrars (1887-1961), de son vrai nom Frédéric Sauser, publiés plus tardivement.
L'auteur est en lui-même un paradoxe, en opposition avec l'image traditionnelle du poète. C'est un aventurier, un bourlingueur qui ne peut demeurer longtemps à la même place et rester assis à une table en attendant l'inspiration ne correspond pas du tout à son caractère. Il est pourtant un grand écrivain, né pour voyager, qui cultive sa spontanéité et dont l'écriture sans fioriture ressemble a sa manière de vivre. Très jeune déjà, il a répondu à l'appel du voyage, de l'inconnu et bien avant d'écrire, il exerce sans le moindre diplôme de nombreux métiers qui lui font parcourir l'Europe, la Russie et l'Amérique du Nord, rencontrer un nombre impressionnant de personnages et devenir un découvreur de jeunes peintres alors inconnus à propos de qui il émet de pertinentes remarques. Dans ses bagages il y a toujours des poèmes. Quand il choisit l'écriture, il a à ce sujet des idées bien arrêtées et scandalise Apollinaire en lui déclarant que la poésie doit être libérée de toutes contraintes prosodiques, célébrer « la vie moderne » et créer un langage nouveau. D'ailleurs ce recueil se caractérise, entre autre, par une absence de ponctuation et on sait qu'Apollinaire, quand il publiera « Alcools » s'inspirera de ce détail en gommant lui-même ces signes. Une amitié autour de l'écriture puis une opposition naquirent entre ces deux poètes, qui eut au moins l'avantage d'enrichir la palette de chacun d'eux et de transformer la poésie. Grâce à eux on n'écrira plus comme avant ! La Grande Guerre va lui donner l'occasion, à lui qui est de nationalité suisse, de s'engager pour la France dans la Légion Étrangère, d‘y avoir une conduite héroïque, puis, amputé de l'avant-bras droit, d'être réformé et décoré. On ne retrouvera lors du deuxième conflit comme correspondant de guerre .
Feuilles de route date de 1924. C'est son dernier recueil de poèmes. Ensuite il se consacrera au roman, au journalisme... Ce sont des textes emprunts d'une grande liberté d'écriture où il se moque des règles classiques pour ne privilégier que les images, les sons, les impressions, les remarques. Cela fonctionne comme un compte-rendu de voyage. Il quitte Paris, seul, par le train, arrive au Havre, destination le Brésil. Il évoque les escales, La Rochelle, le Portugal, Dakar, un point au milieu de l'océan donné par l'oeil d'un sextant. Il dit simplement ce qu'il voit et entend à bord ou à l'escale, les « lettres-océan » qu'il reçoit, la beauté des femmes noires, les ciels, les poissons-volants, le passage de la ligne… Puis ce sera la terre, la piste, les découvertes. Et bien sûr il écrit parce qu'il n'y a rien de tel que le voyage pour solliciter les cinq sens et titiller la plume. Il est tout entier dans son parcours, en goûte les moindres instants, à propos de rien, d'un petit détail anodin.Il veut être un témoin qui vit intensément et explore à sa sa manière les thèmes éternels que sont l'amour, la liberté, la pitié devant la misère ...
Avec « Poèmes divers » il évoque la guerre, la Grande, rend hommage à Apollinaire et il retrouve Paris dans « Au coeur du monde »mais toujours en solitaire et quelque peu désabusé à cause de ce conflit, des bombardements, des sirènes et de sa jeunesse enfuie…
Dans ces temps de longs confinements où la lecture reprend ses droits , chez moi Cendrars est toujours le bienvenu.

©Hervé Gautier mhttp:// hervegautier.e-monsite.com
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Jackiedream
  30 mai 2016
C'est là un auteur qui m'attirait depuis longtemps, et j'ai eu l'occasion d'attaquer son oeuvres par ses poésies. Elles m'ont ainsi beaucoup plu, véritable invitation au voyage. L'oeuvre se laisse lire très facilement, de manière très agréable. Les poèmes sont courts, concis comme je les aime, tout l'ouvrage est ainsi empreint de cette fulgurance, de cette vivacité. Pourtant, sous cette apparente simplicité se cache un grand talent. On est portés par les vagues, on découvre les paysages au gré de la plume du poète. Celui-ci retranscrit très bien les atmosphères indolentes, la moiteur de l'Amérique du Sud. Les poèmes m'ayant le plus plu sont ceux qui traitent directement de la nature, du voyage j'ai moins apprécié ceux concernant la vie sur le bateau, les passagers.
C'est avec plaisir que je me re-plongerai dans l'oeuvre de l'écrivain, notamment dans ses romans.

Lien : http://lantredemesreves.blog..
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LanQin
  28 juin 2021
Plus un carnet de bord où Cendrars jette ses idées telles qu'elle lui viennent à l'esprit que de la poésie à proprement parler. J'y au trouvé quelques perles mais je n'ai pas été transportée comme avec la prose du transsibérien ou Bourlinguer. Peut-être en attendais-je trop?
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Myriam3Myriam3   26 novembre 2014
Trouées

Echappées sur la mer
Chutes d'eau
Arbres chevelus moussus
Lourdes feuilles caoutchoutées luisantes
Un vernis de soleil
Une chaleur bien astiquée
Reluisance
Je n'écoute plus la conversation animée de mes amis qui se partagent les nouvelles que j'ai apportées de Paris
Des deux côtés du train toute proche ou alors de l'autre côté de la vallée lointaine
La forêt est là et me regarde et m'inquiète et m'attire comme le masque d'une momie
Je regarde
Pas l'ombre d'un oeil
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coco4649coco4649   20 février 2015
INCOGNITO DÉVOILÉ


Voici déjà quelques jours que j'intriguais énormément
mes compagnons de table
Ils se demandaient ce que je pouvais bien être
Je parlais bactériologie avec la sommité mondiale
Femmes et boîtes de nuit avec le commandant
Théories kantiennes de la paix avec l'attaché à La Haye
Affaires de fret avec le consul anglais
Paris cinéma musique banque vitalisme aviation
Ce soir à table comme je lui faisais un compliment la
femme de la sommité mondiale dit C'est vrai
Monsieur est poète
Patatras
Elle l'a appris de la femme du jockey qui est en deuxième
Je ne puis pas lui en vouloir car son sourire en forme de
nombril gourmand m'amuse plus que tout au monde
Je voudrais bien savoir comment elle arrive à si bien
plisser un visage grassouillet et rond

p.74-75
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Myriam3Myriam3   25 novembre 2014
Puis c'est la cataracte d'un pont métallique
La harpe martelée des aiguilles la gifle d'une gare le double crochet à la mâchoire d'un tunnel furibond
Quand le train ralentit à cause des inondations on entend un bruit de water-chute et les pistons échauffés de la cent tonnes au milieu des bruits de vaisselle et de frein
Le Havre autobus ascenseur

Dans le rapide de 19 H. 40
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Myriam3Myriam3   27 novembre 2014
La Nuit monte

J'ai bien observé comment cela se passait
Quand le soleil est couché
C'est la mer qui s'assombrit
Le ciel conserve encore longtemps une grande clarté
La nuit monte de l'eau et encercle lentement tout l'horizon
Puis le ciel s'assombrit à son tour avec lenteur
Il y a un moment où il fait tout noir
Puis le noir de l'eau et le noir du ciel reculent
Il s'établit une transparence éburnéenne avec des reflets
dans l'eau et des poches obscures au ciel
Puis le Sac à Charbon sous la Croix du Sud
Puis la Voie Lactée
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coco4649coco4649   07 avril 2021
LE VENTRE DE MA MÈRE



C'est mon premier domicile
Il était tout arrondi
Bien souvent je m'imagine
Ce que je pouvais bien être…

Les pieds sur ton cœur maman
Les genoux tout contre ton foie
Les mains crispées au canal
Qui aboutissait à ton ventre

Le dos tordu en spirale
Les oreilles pleines les yeux vides
Tout recroquevillé tendu
La tête presque hors de ton corps

Mon crâne à ton orifice
Je jouis de ta santé
De la chaleur de ton sang
Des étreintes de papa

Bien souvent un feu hybride
Électrisait mes ténèbres
Un choc au crâne me détendait
Et je ruais sur ton cœur

Le grand muscle de ton vagin
Se resserrait alors durement
Je me laissais douloureusement faire
Et tu m'inondais de ton sang

Mon front est encore bosselé
De ces bourrades de mon père
Pourquoi faut-il se laisser faire
Ainsi à moitié étranglé ?

Si j'avais pu ouvrir la bouche
Je t'aurais mordu
Si j'avais pu déjà parler
J'aurais dit :

Merde, je ne veux pas vivre !
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Vidéo de Blaise Cendrars
#apollinaire #enterrement #cultureprime 9 novembre 1918 : Apollinaire est emporté par la grippe espagnole. Écoutez Blaise Cendrars et Simone Weiss raconter l'étrange atmosphère qui régnait à son enterrement.
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