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ISBN : 2070364674
Éditeur : Gallimard (26/10/1973)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Première édition : 1945
À quoi tient, dans "L'Homme foudroyé", cet air de fête, cette jubilation de l'écriture dont rendent mal compte un titre aux couleurs tragiques et tant d'épisodes marqués par la guerre, l'échec ou la mort. Qu'est-ce qui pousse Blaise Cendrars à écrire à son ami Jacques-Henry Lévesque que c'est là ce qu'il a fait de meilleur à ce jour, et à Raymone, sa compagne, que c'est "le meilleur livre du monde". C'est dans le traitement du temps qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Lazlo23
  20 novembre 2017
« Ça grouille, ça vit, ça voyage là-dedans » dit à Cendrars l'un de ses amis, à propos de ses livres. Et c'est vrai. Dès les premières lignes de l'Homme foudroyé, on est frappé par la vitalité de ce texte branché directement sur le courant de la vie : on y boit comme des trous, on y mange comme quatre, on y aime sans retenue et surtout on voyage à chaque page.
Car vivre, selon Blaise Cendrars, c'est d'abord « tailler la route » (ce qui en fait le précurseur direct des Cassady, Kerouac et autres dévoreurs d'espace de la Beat Generation.)
Mais s'il lui arrive à l'occasion de pousser une pointe jusqu'au Brésil, c'est surtout à la découverte de la France que notre voyageur entraîne son lecteur, au volant de ses multiples bolides, même si le pays dont il est ici question n'a rien à voir avec celui de Monsieur Perrichon : la France qu'affectionne Cendrars est en effet un pays étrange, nocturne, parfois dangereux (à l'image de cette banlieue parisienne où les différends se règlent à coups de surin) - un pays exotique, en somme, et peuplé d'êtres meurtris, abîmés par la vie, souvent guettés par la mort. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard que ce livre de « souvenirs » (les guillemets sont de rigueur), commence par une scène d'épouvante vécue par l'auteur dans les tranchées :
« La guerre m'a profondément marqué. Ça, oui. La guerre, c'est la misère du peuple. » confie-t-il au détour d'une phrase, manière de souligner le caractère post-traumatique de ces mémoires.
Et cela vaut aussi pour le monde que raconte Cendrars, ces « années folles » coincées entre deux massacres, au cours desquelles toute distraction est bonne à prendre, même si les rires sont un peu étranglés.
Écrit d'une plume leste et souvent torrentielle, L'Homme foudroyé est un livre-gigogne, où chaque histoire débouche sur d'autres histoires, lesquelles donnent à leur tour naissance à de nouvelles anecdotes, sans grand souci de chronologie ni de géographie.
Pour être franc, les pérégrinations du grand Blaise ne sont pas toujours faciles à suivre, et il m'est arrivé plus d'une fois de me perdre dans son sillage ; il n'empêche, j'ai eu un petit pincement au moment de refermer cet ouvrage, premier tome d'une tétralogie dont il me tarde de poursuivre la lecture.
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Nicolas9
  18 septembre 2016
Publié en 1945! par Denoël, ce "roman" n'en est pas vraiment un. Il s'agit plutôt des carnets autobiographiques d'un baroudeur suisse qui a combattu volontairement pour la France en 1914-1918. C'est d'ailleurs dans les tranchées que débute le récit. Avec une bonhommie feinte, Cendrars raconte une série d'anecdotes savoureuses sur le quotidien des poilus.
Puis, sans transition, on se retrouve à Marseille, une ville dont le génial manchot adore le faux désordre et la ruse de ses habitants.
Mais la partie que j'ai le plus appréciée, c'est celle où le narrateur se met au vert dans une calanque un peu perdue, histoire de finir son roman... Avec beaucoup de tendresse, il décrit alors par le menu toute la faune humaine qui vivote grâce à la pêche, au tourisme et à la cueillette des herbes aromatiques et autres plantes bienfaisantes. A nouveau, Cendrars fait preuve d'une grand sincérité envers le lecteur dans le mesure où il se montre (presque) tel qui est, avec ses doutes, ses errements, ses angoisses à peine voilées... le tout, au milieu d'une nature sauvage et faussement amicale qui oblige justement chacun à se voir tel qu'il est. Au point qu'un dandy de passage finit par se jeter du haut de la falaise.
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stcyr04
  25 octobre 2013
En guise de préambule, Cendrars nous confie que c’est le témoignage d’un ami humilié par l’attitude d’un lieutenant allemand logé chez lui, et qui a profané “l’hospitalité” de son hôte en ramenant une prostitué, pour forniquer en son logis, en cette année 1943, qui fut l’élément déclencheur de l’écriture d’une série d’oeuvres autobiographiques dont le premier opus est L’homme foudroyé. L’homme foudroyé désignant la dépouille d’un sergent volatisée littéralement par la puissance destructrice d’un obus, ne restant de son passage sur terre, en guise de témoignage, que son pantalon ensanglanté. L’oeuvre présente est divisée en trois parties : Dans le silence de la nuit, Le Vieux-Port et rhapsodies gitanes.
Dans le silence de la nuit, courte chronique du front, on revit les combines pour boire bien pépère le petit bleu, la peur chez les poilus des dommages collatéraux, la litanie des défections, des désertions et des morts au champ d’honneur, le cafard qui règne dans la troupe, les estropiés volontaires, et la peur de mourir.
Le Vieux Port, c’est Marseille, ses mystères qui lui donnent tout son charme. C’est surtout la narration de la retraite que l’écrivain fit à Ensuès-la-Redonne, dans un décor enchanteur de calanques, de maquis, de chemins muletiers et de cabanes de pécheurs. Il y raconte les plats canailles, les parties de pétanques interminables et les tournées de “pastisse”. Temps de farniente délicieux, où de l'aveu de son auteur il n’a jamais été aussi heureux qu’à la Redonne.
Les rhapsodies gitanes, qui occupent plus de la moitié du présent volume, sorte de fricassée littéraire, pêle-mêle d'anecdotes réjouissantes, avec des tableaux de personnalités atypiques tels l’attachant Gustave Le Rouge, chantre du roman populaire, prolifique et désintéressé; le père François, gueulard au grand coeur, gros buveur d’absinthe, à la voiture trépidante et au fouet claquant et tonnant; Paquita, la richissime sud-américaine au sang gispy, qui choisit, au gré de ses caprices, des maris selon leur aptitude à faire tapisserie dans le décor d’une demeure cossue. Les mœurs particulières des gitans, leurs coutumes matrimoniales étranges, voire révoltantes, basées sur la matriarcat, la fièvre de la vendetta; l’exode des petites gens de Paris vers la petite et la grande couronne, la misère des lotissements ouvriers; c’est toute l’humanité des barrières et des fortifs de Paris qui revit par la grâce d’un conteur particulièrement efficace et bourré d’histoires truculentes.
J’aime l’écrivain, sa vie aventureuse et riche de rencontres, ses digressions, ses coq-à-l’âne, sont style facile et vivant. C’est bien simple, prenez n’importe quelle oeuvre de Cendrars, à votre guise, vous échapperez toujours à l’ennui.
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Levant
  24 avril 2018
Un parcours en zig-zag dans la vie d'un droitier d'origine suisse qui a perdu sa main droite en se portant au secours de la France au cours de la première guerre mondiale par son engagement au sein de la Légion étrangère.
De la même façon que l'on s'étonne de le voir devenir auteur de renom prolifique en s'apprenant à écrire de la main gauche, on reste ébahi de ce que cet homme a pu faire de sa vie menant conjointement cinéma, reportages, journalisme de radio, écriture de romans, poésie, essais, pièces de théâtre, multiples voyages au travers du monde entier. Sans parler d'une vie privée aussi riche en rencontres, fréquentation de célébrités de son temps dans tous les milieux culturels, en rupture de ban auprès de femmes et enfants dont il s'éloignera pour combler son goût de l'indépendance. Amours et désamours d'un droitier boulimique de la vie devenu gaucher insatiable.
J'ai trouvé cet ouvrage un peu compliqué à lire. Il est toutefois caractéristique d'une vie de boute-en-train, touche-à-tout, infatigable qui ne s'est surtout pas laissé abattre par le handicap de ce bras donné à la France. L'homme foudroyé est un survolté pourtant pudique. On n'ose imaginer ce qui aurait pu sortir de cette vie méprisante de demain si elle avait été menée à deux mains …
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myker
  06 février 2013
Tout comme ce livre-monstre que Cendrars se forme durant ses pérégrinations en découpant des pages dans divers ouvrages et les cousant ensuite ensemble en une somme hybride où se côtoient tous les styles, L'homme foudroyé se présente comme un texte rhapsodique, travail sur la mémoire et les liens tissés à travers le temps, chef-d'oeuvre de composition quasi-musicale, et livre-clé sur les rapports entre vécu, imagination, écriture et fiction. L'auteur y revient sur divers évènements de son existence par le biais de quelques scènes fortes apparemment sans analogies entre elles, mais les entrelace subtilement, relisant sa vie à l'aune de quelques thèmes et lieux centraux, le tout enrobé dans sa poésie de la modernité et son phrasé inimitable. Avec en prime des pages définitives sur l'amour, le voyage, l'errance, l'insomnie... Livre du mélange, de la digression dans la continuité d'un temps presque palpable, de l'intense présence dans un monde concret (bien qu'issu en partie de l'imagination), il me tarde de lire la suite de ces "mémoires qui sont des mémoires sans être des mémoires". Une réussite totale.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
JcequejelisJcequejelis   03 mars 2014
« Mon cher Edouard Peisson - ... j'ai pris feu, dans ma solitude, car écrire c'est se consumer...
« L'écriture est un incendie qui embrase un grand remue-méninge d'idées et qui fait flamboyer des associations d'images avant de les réduire en braises crépitantes et en cendres retombantes. Mais si la flamme déclenche l'alerte, la spontanéité du feu reste mystérieuse. Car écrire c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres.
« Ou ne crois-tu pas, tout simplement, que les marins comme les poètes sont beaucoup trop sensibles à la magie d'un clair de lune et à la destinée qui semble nous venir des étoiles, sur mer, sur terre, ou entre les pages d'un livre quand nous baissons enfin les yeux et nous détournerons du ciel, toi, le marin, moi, le poète, que tu écris et que j'écris, en proie à une idée fixe ou victimes d'une déformation professionnelle ? (21 août 1943)

1639 - [Le Livre de poche n° 535/6, p. 13]
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nadejdanadejda   13 avril 2012
Et alors, j'ai pris feu dans ma solitude car écrire c'est se consumer...
L'écriture est un incendie qui embrase un grand remue-ménage d'idées et qui fait flamboyer des associations d'images avant de les réduire en braises crépitantes et en cendres retombantes. Mais si la flamme déclenche l'alerte, la spontanéité du feu reste mystérieuse. Car écrire c'est brûler vif, mais c'est aussi renaître de ses cendres.
(Lettre à Edouard Peisson, Aix-en-Provence le 21 août 1943)
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VALENTYNEVALENTYNE   23 octobre 2014
Un des grands avantages de La Redonne était que les automobiles n’y descendaient pas et quand je vis le sort qui attendaient celles qui s’y risquaient, je compris l’indifférence dont les pêcheurs avaient fait montre le soir de mon arrivée et pourquoi personne n’avait réagi à mes appels de klaxon.. En effet, sur dix autos qui descendaient neuf ne pouvaient pas remonter la côte, ce dur raidillon qui menait à la gare et qui ressemblait beaucoup plus au lit desséché d’un torrent qu’à un chemin, même mauvais, et c’était la croix et la bannière pour se procurer un attelage de renfort, les huit pêcheurs de La Redonne ne possédant pas d’animal de trait et les vignerons d’Ensuès ne prêtant leurs mulets que de très mauvaise grâce pour concourir au dépannage des touristes citadins, dont tout le pays se gaussait en les voyant partir penauds, Monsieur au volant, Madame rougissant de honte, derrière cinq ou six mulets attelés en flèche qui tiraient à hue et à dia, excités par les cris de petits loqueteux qui faisaient claquer leur fouet parmi les jurons, les lazzis et les rires, démarrant enfin, souvent après des journées et des journées d’attente, d’énervement, de jérémiades, de vains coups de téléphone à Marseille où tous les garagistes se méfiaient connaissant de renommée le grimpaillon de La Redonne, de courses éplorées dans la région pour trouver un cheval de renfort, le porte-monnaie à la main et des promesses de récompenses pour qu’on les hisse là-haut, jusqu’à la route bénie ! Ma popularité et, finalement mon adoption par les huit, je le devais à ma voiture , dont ils me faisaient compliments à voir avec quelle aisance elle m’arrachait, m’enlevait, gravissait la côte funeste sans renâcler. » ça c’est un moteur! » disaient-ils.
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LevantLevant   21 avril 2018
L'écriture est un incendie qui embrase un grand remue-ménage d'idées et qui fait flamber des associations d'images avant de les réduire en braises crépitantes et en cendres retombantes. Mais si la flamme déclenche l'alerte, la spontanéité du feu reste mystérieuse. Car écrire, c'est brûler vif, mais aussi renaître de ses cendres.
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VALENTYNEVALENTYNE   23 octobre 2014
Notre arrivée au Nain Jaune fit sensation. C’est ainsi que l’automne précèdent j’avais vu entrer A la Rose, à Biarritz, le prince de Galles incognito entre deux belles filles qu’on lui avait jetées dans les bras et une bande de jeunes fous en délire. Mais le Nain Jaune était une maison sérieuse. C’était un tripot doublé d’une fumerie clandestine et l’on ne plaisante pas avec la drogue. Immédiatement on nous conduisit au petit bar privé, où d’autres gentlemen, tout aussi élégants et réservés que Félix et que Victor, les confrères avec qui ils avaient affaire, nous reçurent sans marquer aucune espèce d’étonnement. Il y avait une femme parmi eux, la patronne du Nain Jaune, une grande latte astiquée, lustrée, calamistrée, avec des dents de jument et des yeux glauques.
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Jacques Réda Quel avenir pour la cavalerie ?
Rencontre animée par Alexandre Prieux
La poésie serait-elle une guerre ? le vers, le corps d'élite de la langue ? En retraçant l'histoire de notre prosodie, Jacques Réda dévoile les processus de transformation du français, aussi inéluctables que ceux de la physique. Où les poètes sont les exécutants plus ou moins conscients d'un mouvement naturel. du Roman d'Alexandre à Armen Lubin, en passant par Delille, Hugo, Rimbaud, Claudel, Apollinaire, Cendrars et Dadelsen, Jacques Réda promène son oeil expert sur des oeuvres emblématiques, et parfois méconnues, de notre littérature. Inspirée et alerte, sa plume sait malaxer comme nulle autre la glaise des poèmes pour y dénicher les filons les plus précieux. À la fois leçon de lecture et d'écriture, et essai aux résonances métaphysiques, Quel avenir pour la cavalerie ? constitue la « Lettre à un jeune poète » de Jacques Réda, et le sommet de sa réflexion poétique.

À lire – Jacques Réda, Quel avenir pour la cavalerie ? – Une histoire naturelle du vers français, Buchet/Chastel, 2019.
Le jeudi 28 novembre 2019 à 19h
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