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Jean Roudaut (Autre)
EAN : 9782070110650
1525 pages
Éditeur : Gallimard (03/05/1983)

Note moyenne : 4.61/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Ce volume contient les oeuvres suivantes : Le Marteau sans maître - Moulin premier - Placard pour un chemin des écoliers - Dehors la nuit est gouvernée - Fureur et mystère - Les Matinaux - La Parole en archipel - Le Nu perdu - La Nuit talismanique qui brillait dans son cercle - Aromates chasseurs - Chants de la Balandrane - Fenêtres dormantes et porte sur le toit - Recherche de la base et du sommet - En trente-trois morceaux - À Faulx contente - Le Bâton de rosier -... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Bernardbre
  05 octobre 2012
Le risque est grand de lire l'intégralité de l'oeuvre du dieu Char. Et, de fait, la réputation, le mythe du grand homme, héros de la Résistance, quasi canonisé et qui a pu séduire le lecteur par quelques poèmes ou recueils, ne suffit à cacher faiblesses, facilités, tics, gongorismes et autres coquetteries. le poète qui, lui-même, s'employa (fort habilement) à construire son piédestal, prenant une hauteur bien présomptueuse sur tous les autres poètes français de sa génération, joua souvent le donneur de leçons; ainsi eut-il le culot d'écrire : "Le poète se remarque à la quantité de pages insignifiantes qu'il n'écrit pas." Une sentence qui ne peut que se retourner contre lui quand son lecteur atteint la 1 230e page. Faites ce que je dis, ne dites pas ce que je fais...
Écrivant cet avis, je me sens fichtrement coupable de crime de lèse-majesté tant il semble que nul n'ait le droit d'égratigner le Maître...
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Carciofi
  31 mai 2020
On se laisse séduire doucement, émerveillé.
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Citations et extraits (339) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   26 décembre 2015
Recherche de la base et du sommet
II. Alliés substantiels

VISAGE DE SEMENCE
Victor Brauner


Visage sous vos traits la terre se regroupe,
Votre appétit répond pour l'éclair questionné.
      Hauteur et profondeur
      Ne sauront vous glacer.
      Sur le sceptre d'amour
      Le froid croise l'ardeur.
      Nuage et sable d'homme
      Frondent l'humidité.

Figure, recueillez la folle voix errante,
Seul un vœu en révolte modèle le soleil.

      Volumes qui se mêlent
      Et surfaces qui s'aiment,
      Triton vêtu de boue
      Ou poussière chanceuse :
      Beaux sangs juxtaposés.

Figure, recueillez la Sibylle naissante.
Visage sous vos traits la terre se regroupe.
                              1938.

p. 682
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coco4649coco4649   29 février 2016
La Parole en archipel

POURQUOI LA JOURNÉE VOLE


 Le poète s’appuie, durant le temps de sa vie, à quelque
arbre, ou mer, ou talus, ou nuage d’une certaine teinte,
un moment, si la circonstance le veut. Il n’est pas soudé
à l’égarement d’autrui. Son amour, son saisir, son
bonheur ont leur équivalent dans tous les lieux où il
n’est pas allé, où jamais il n’ira, chez les étrangers qu’il
ne connaîtra pas. Lorsqu’on élève la voix devant lui,
qu’on le presse d’accepter des égards qui retiennent,
si l’on invoque à son propos les astres, il répond qu’il est
du pays d’à côté, du ciel qui vient d’être englouti.
 Le poète vivifie puis court au dénouement.
 Au soir, malgré sur sa joue plusieurs fossettes d’ap-
prenti, c’est un passant courtois qui brusque les adieux
pour être là quand le pain sort du four.

p.374
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coco4649coco4649   17 mai 2015
LE DARD DANS LA FLEUR


Ce qui m’attache à l'œuvre de Balthus, c’est d’abord la présence en elle de ce rouge-gorge infus qui en est l’artère et l’essence. L’énigme que j’appelle rouge-gorge est le pilote caché au cœur de cette œuvre dont les situations et les personnages égrènent devant nous leur volonté inquiétante. Le décalogue de la réalité, d‘après lequel nous évoluons, subit ici sa vérification : l’oiseau qui chante son nom termine en fil d’Ariane. À ce point se trouvent toutes les attitudes possibles des êtres à partir de leur nature divisée. En plaçant sous nos yeux, dans leur phase compréhensible, les ressources de la tragédie, Balthus indique l’avenir. À nous de nous passionner pour des faits et des caractères qui ne sont pas issus du chaos mais d’un mystérieux ordre humain. D’où la réserve intense de beauté mûrie qui accompagne l’œuvre de ce peintre.
L’hermétisme fertile se teint dans le tissu de la source et peu dans ses volutes. La lumière déchirée de notre temps donne raison à Balthus : au contact de son univers prémédité nous reprenons confiance et atteignons sans peine l'angle où s’épousent intelligence et sensation, au niveau d’un art qui est le climat souhaitable de la vie. Ainsi Balthus qui ne s’est jamais tenté par l’exploit, réalise celui de nous restituer quelque chose de plein, d’organisé pour agir, dans les limites supportables du particulier humain.
L’œuvre de Balthus est verbe dans le trésor du silence. Nous désirons la caresse de cette guêpe matinale que les abeilles désignent du nom de jeune fille et qui cache dans son corsage la clé des astres de Balthus.
1946.

p.681-682
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AlzieAlzie   12 septembre 2015
Mille planches de salut

Grâce à Picasso dans le département le plus éprouvé de la peinture, celui de la foliation des objets par l'ajustement rigoureux des visages et des formes affrontés, la lumière et sa servante la main auront accompli leur destin temporel : déborder l'économie de la création, agrandir la sensibilité des gestes de l'homme, le pousser à plus d'exigence, de connaissance et d'invention. Ceci est en cours d'exécution, universellement. Mais... la terreur nous cerne et une antivie artistique, la nazisme, peu à peu s'empare de tous les leviers de l'activité et du loisir ; il se prépare à gouverner en absolu équarrisseur. L'oeuvre de Picasso, consciemment ou involontairement prévoyante, a su dresser pour l'esprit, bien avant qu'existât cette terreur, une contre-terreur dont nous devons nous saisir et dont nous devrons user au mieux des situations infernales au sein desquelles nous serons bientôt plongés. Face au pouvoir totalitaire, Picasso est le maître-charpentier de mille planches de salut.
Sans apparaître déclinable, son apport semble procéder par lunaison. Perceur d'immunité, chiromancien de l'estocade, il faut avoir vu l'artiste, au demeurant plein d'effroi, faucher de son épée dessinatrice ou coloriste le trop de réalité de ses modèles, afin de nous indemniser par l'offrande de leur essence. De l'espiègle Minotaure aux jeunes femmes de Mougins, des têtes criblées de mots d'évasion à la grisaille sublime de Guernica, partout retenti le cri : "Debout les loups, on se bat !" Le cinabre s'allume, l'écarlate lui cède, mais à distance du tableau.
Au mois de juillet 1939, dans l'hypnose de Paris, capitale parjure, se dégager sans faiblir des sommations et reprendre un moment la vie commune avec nos Mélusines et nos ustensiles de jeunesse... O cher Picasso, Don Giovanni !
1939.
(p. 700)
II. Alliés substantiels
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coco4649coco4649   30 janvier 2014
LE DEUIL DES NEVONS
Pour un violon, une flûte et un écho

Un pas de jeune fille
A caressé l'allée,
A traversé la grille.

Dans le parc des Névons
Les sauterelles dorment.
Gelée blanche et grêlons
Introduisent l'automne.

C'est le vent qui décide
Si les feuilles seront
A terre avant les nids.

*

Vite ! Le souvenir néglige
Qui lui posa ce front
Ce large coup d’œil, cette verse,
Balancement de méduse
Au-dessus du temps profond.

Il est l’égal des verveines,
Chaque été coupées ras,
Le temps où la terre sème.

*

La fenêtre et le parc,
Le platane et le toit
Lançaient charges d’abeilles,
Du pollen au rayon,
De l’essaim à la fleur.

Un libre oiseau voilier,
Planant pour se nourrir,
Proférait des paroles
Comme un hardi marin.

Quand le lit se fermait
Sur tout mon corps fourbu,
De beaux yeux s’en allaient
De l’ouvrage vers moi.

L’aiguille scintillait ;
Et je sentais le fil
Dans le trésor des doigts
Qui brodaient la batiste.

Ah ! lointain est cet âge.
Que d’années à grandir,
Sans père pour mon bras !

Tous ses dons répandus,
La rivière chérie
Subvenait aux besoins.
Peupliers et guitares
Ressuscitaient au soir
Pour fêter ce prodige
Où le ciel n’avait part.

Un faucheur de prairie
S’élevant, se voûtant,
Piquait les hirondelles,
Sans fin silencieux.

Sa quille retenue
Au limon de l’îlot,
Une barque était morte.

L’heure entre classe et nuit,
La ronce les serrant,
Des garnements confus
Couraient, cruels et sourds.
La brume les sautait,
De glace et maternelle.
Sur le bambou des jungles
Ils s’étaient modelés,
Chers roseaux voltigeants !


*


Le jardinier invalide sourit
Au souvenir de ses outils perdus.
Au bois mort qui se multiplie.


*

Le bien qu'on se partage,
Volonté d'un défunt,
A broyé et détruit
La pelouse et les arbres,
La paresse endormie,
L'espace ténébreux
De mon parc des Névons.

Puisqu'il faut renoncer
À ce qu'on ne peut retenir,
Qui devient autre chose
Contre ou avec le cœur, —
L'oublier rondement,

Puis battre les buissons
Pour chercher sans trouver
Ce qui doit nous guérir
De nos maux inconnus
Que nous portons partout.

p.389-390-391
+ Lire la suite
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Videos de René Char (57) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Char
Les grands classiques du répertoire N°1 : René Char. “Claire”, suivi de “Fêtes des Arbres et du Chasseur” - Première diffusion sur la Radiodiffusion-Télévision Française : 14/05/1955. Réalisation : Alain Trutat. Musique originale : Pierick Houdy. Chef d'orchestre : Pierre Michel Le Conte. Avec Jacqueline Pagnol, Pierre Vaneck, Roger Blin, Madeleine Sylvain, Jean Mauvais, Pierre Leproux, Gaetan Jor, Jean-Jacques Morvan, Jean Péméja, Roger Pigaut, Jean Topart, Paul Emile Deiber, Lucienne Bogaert, Pierre Larquey, Michel Dumur, Catherine Goetgheluck. Et Cyril Dives à la guitare et l’Orchestre National de la RTF. “Claire” Dans cette suite, René Char suit le cours d’une rivière à laquelle il donne le nom familier de Claire. Il imagine que dans les villages et les lieux qu’elle traverse vivent, participant de l’existence de tous, des jeunes filles et des jeunes femmes appelées également Claire. Mais elles ne sont que des personnifications vivantes de la rivière elle-même. Claire est celle que le poète attend, la “Rencontrée” qui seule lui permet de chasser ses fantômes et de continuer à vivre. Claire est une et plusieurs, toutes celles qui “aiment, rêvent, attendent, souffrent, questionnent, espèrent, travaillent”. À travers les personnages d’un chef d’opérations dans le maquis puis d’un chargé de mission de la Résistance, ce sont ses propres contradictions qu’interroge le poète des “Feuillets d’Hypnos”. Dans “Claire”, il poursuit sous une forme dramatique son analyse à la fois poétique et politique du réel, avoue ses déceptions face à l’hostilité d’un monde qui aurait dû changer et s’est reconstruit, étranger à cette espérance. “Fêtes des Arbres et du chasseur” Poème pour voix et guitare. Deux joueurs de guitare sont assis en plein air dans l’attente du chasseur. Ils échangent des poèmes. Thèmes : Création Radiophonique| Radiodiffusion-Télévision Française| Grands Classiques| Poésie| France Culture| René Char
Source : France Culture
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