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Marie-Françoise Delecroix (Éditeur scientifique)Alain Jaubert (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070343790
Éditeur : Gallimard (22/03/2007)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Marie-Françoise Delecroix est professeur de chaire supérieure.
Elle enseigne en hypokhâgne et en khâgne au lycée Fénelon à Paris. En 2007, elle a collaboré à l'anthologie des œuvres de René Char Poèmes en archipel aux Éditions Gallimard. Alain Jaubert est écrivain et réalisateur. Après avoir été enseignant dans des écoles d'art et journaliste, il est devenu aussi documentariste. Il est l'auteur de nombreux portraits d'écrivains ou de peintres contemporains po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  23 septembre 2015
Travaillant dans un service d'Archives et ayant un directeur passionné d'Histoire et surtout l'histoire du XXème siècle et plus principalement encore, la guerre, c'est ce dernier qui, a l'occasion des Journées du Patrimoine, m'a conseillé de lire cet ouvrage de René Char. Pour une fois qu'il me conseille un ouvrage (susceptible de m'intéresser), je ne pouvais que sauter sur l'occasion, surtout lorsque j'ai vu que la médiathèque l'avait dans son fonds.
Ce qui devait à l'origine être un carnet de guerre, de's réflexions philosophiques ou de simples pensées ou réflexions sur ce que le poète, Résistant et maquisard, voyait devant lui, s'est plus tard transformé en recueil de poésie. Voilà d'ailleurs la raison pour laquelle mon directeur connaissait bien cet ouvrage, c'est tout simplement parce qu'il est question principalement de guerre ici, la Seconde Guerre mondiale, mais vu sous les yeux d'un homme engagé dans le FFL mais poète avant tout. C'est là où cet ouvrage est extraordinaire car le lecteur peut à la fois y puiser des sources historiques, philosophiques mais aussi poétiques tout simplement. Je ne vous cacherai pas que ces vers sont très sombres, engagé envers l'absurdité de l'homme, la cruauté de la vie mais se terminent cependant sur une note d'espoir avec un quelques vers consacrés à "La Beauté" !
Des vers qui ont été composés sur le vif, à savoir durant l'engagement de René Char dans la Résistance mais d'autres bien après, ce qui permet au poète de prendre un peu de recul...quoique ! Bref, un ouvrage que je ne peux que vous recommander et qui mériterait d'être étudié en toute fin de collège ou au lycée car il permettrai à la fois de mêler les cours d'Histoire et de Littérature et puis, surtout, l'avantage à étudier René Char, est que l'on peut y passer des heures sans jamais s'en lasser ni même épuiser le sujet. A découvrir et à faire découvrir !
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CorinneCo
  05 novembre 2013
J'ai toujours un livre de René Char à portée de main, non pas en livre de chevet, mais en livre que l'on emmène même si on n'a pas l'intention de lire. Un livre comme une couverture qui tient chaud. Feuillets d'Hypnos je l'ai tellement emmené partout juste pour l'avoir dans mon sac que je l'ai perdu, en même temps cela m'étonne... Mais je ne le trouve plus, enfin je ne trouve plus l'ancien exemplaire, usé, annoté. le neuf c'est différent. Voilà ce que résume cette" digression" personnelle sur René Char, l'importance de son écriture....
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Lazlo23
  26 mai 2018
Feuillets d'Hypnos est à ma connaissance le livre le plus accessible de René Char (1907-1988). Il est vrai qu'il s'agit au départ du journal de guerre du poète qui, sous le nom de capitaine Alexandre, dirigea un maquis en Haute Provence.
Cela explique sans doute la forme lacunaire, voire télégraphique, de ce recueil, dont certains fragments se résument à quelques mots : "Présent crénelé." (23) ou "Devoirs infernaux." (100)
Du journal intime, Feuillets d'Hypnos tire également son ancrage dans l'événement historique : l'ennemi y est clairement désigné (SS, Miliciens, traîtres...), tandis que les résistants qu'on y croise sont bien réels, encore que soigneusement camouflés sous des pseudonymes parfois drolatiques (Archiduc, Arthur le Fol...) Certains fragments prennent même la forme de micro-récits, comme le 138, qui raconte la mort du poète et résistant Roger Bernard : "Horrible journée ! J'ai assisté, distant de quelque cent mètres, à l'exécution de B..." Mais ces passages constituent finalement des exceptions : "Prends garde à l'anecdote, écrit Char. C'est une gare où le chef de gare se moque de l'aiguilleur." (53)
Nous voilà prévenus : le but ici poursuivi est moins de raconter l'action d'un chef de maquis que de lui donner un sens ; d'où peut-être ces nombreux aphorismes qui tentent (à l'impératif ou à l'infinitif) de fixer un cap, de tracer une ligne de conduite au milieu du chaos de la guerre : "Ne t'attarde pas à l'ornière des résultats" (2), "Être du bond. N'être pas du festin, son épilogue. (197)
En effet, si l'auteur, refusant la tiédeur, revendique de se mettre au service de l'action ("L'acquiescement éclaire le visage. Le refus lui donne la beauté." (81)), il n'est pas question pour lui de déchoir, et d'écrire de la poésie de circonstance : "Je me fais violence pour conserver, malgré mon humeur, ma voix d'encre." (194) Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le recueil s'achève sur le mot Beauté (avec une majuscule) : "Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la Beauté. Toute la place est pour la Beauté." (237)
Il est vrai que ce terme ne désigne pas seulement le travail du poète ; se battre contre les "ténèbres hitlériennes" est en effet pour Char une manière de vivre plus et mieux, "un surcroît d'existence" auprès duquel le reste ne pourra que sembler fade et "indigent" : "Si j'en réchappe, confie-t-il, je sais que je devrai rompre avec l'arôme de ces années essentielles, rejeter (non refouler) silencieusement loin de moi mon trésor, me reconduire jusqu'au principe du comportement le plus indigent comme au temps où je me cherchais sans jamais accéder à la prouesse, dans une insatisfaction nue, une connaissance à peine entrevue et une humilité questionneuse." (195)
Poésie de l'action, poésie en action, Feuillets d'Hypnos est un un très beau texte, qui peut constituer une excellente porte d'entrée dans l'oeuvre imposante de ce grand poète.
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paroles
  02 décembre 2018
Feuillets d'Hypnos est un recueil poétique constitué de 237 fragments numérotés. Ils ont été écrits entre 1943 et 1944, lorsque René Char, entré dans la Résistance, était surnommé le Capitaine Alexandre. Ils reflètent l'horreur des combats, la souffrance mais aussi le courage et la solidarité des combattants. Et ils sont aussi porteurs de beauté, celle que la nature délivre sans cesse malgré les souillures de la guerre. Et bien sûr celle de l'art face à la barbarie.
Ce recueil ne sera publié qu'après la Libération, en 1946. C'était une volonté de l'auteur de ne rien faire paraître pendant la guerre car il considérait que se battre était plus urgent.
Le style peut sembler parfois hermétique mais on peut comprendre la difficulté de s'exprimer face à l'horreur nazie, face à la guerre.
Ces fragments sont surtout des aphorismes, des poèmes-instants ou des poèmes-traces, ils sont des actualités du moment présent, des instantanés saisis sur le vif, dans l'urgence de la guerre.

Lien : http://mespetitesboites.net
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Pingouin
  28 avril 2012
Il s'agit là d'une suite de notes que René Char a pris lorsqu'il oeuvrait dans la Résistance, des notes, oui, mais des notes poétiques -si ce dernier qualificatif suffit à correctement représenter la vibration que celles-ci provoquent, ce dont je doute.
Le style aphoristique nous offre la poésie à l'état pur, délivrée de son enveloppe, de ce qui la prépare et la prolonge ; elle existe seule et il faut apprendre à l'apprécier ainsi pour réellement prendre conscience du génie de cette oeuvre. Chaque note est séparée de ses voisines par le numéro qu'elle occupe dans l'ouvrage, mais au fur et à mesure que l'on plonge plus avant dans celui-ci, on se rend compte que ces nombres qui défilent ne sont pas uniquement là pour servir de cloison délimitantes, ils ne sont que l'illustration mathématique de l'évolution du "récit". Car il y a une réelle progression, qui n'est pas forcément apparente au premier coup d'oeil.
Réduire cet ouvrage à une simple suite de notes plus ou moins lyriques prises pendant la guerre et la Résistance serait injuste, car il est beaucoup plus que ça, la plupart de ces pépites poétiques explosent en notre imaginaire tel l'atome isolé capable de rayer une ville de la carte ; elles se révèlent être universelles et intemporelles, voire même visionnaires.
C'est une poésie nouvelle que j'apprécie énormément, ne m'étant jamais vraiment plongé très profond dans ce style littéraire, je n'oserai pas prétendre qu'elle révolutionne celui-ci, mais il s'agit là tout du moins de celle que je préfère jusqu'à maintenant.
J'achève donc le premier livre de René Char que j'ai lu et il me semble évident qu'il ne devrait pas se sentir seul trop longtemps.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
PecosaPecosa   02 mai 2018
Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. On ne se bat bien que pour les causes qu'on modèle soi-même et avec lesquelles on se brûle en s'identifiant. Agir en primitif et prévoir en stratège. Nous sommes des malades sidéraux incurables auxquels la vie sataniquement donne l'illusion de la santé.
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Lazlo23Lazlo23   26 mai 2018
Horrible journée ! J'ai assisté, distant de quelque cent mètres, à l'exécution de B. Je n'avais qu'à presser la détente du fusil-mitrailleur et il pouvait être sauvé ! Nous étions sur les hauteurs dominant Céreste, des armes à faire craquer les buissons et au moins égaux en nombre aux SS. Eux ignorant que nous étions là. Aux yeux qui imploraient partout autour de moi le signal d'ouvrir le feu, j'ai répondu non de la tête... Le soleil de juin glissait un froid polaire dans mes os.
Il est tombé comme s'il ne distinguait pas ses bourreaux et si léger, il m'a semblé, que le moindre souffle d'air eût dû le soulever de terre.
Je n'ai pas donné le signal parce que ce village devait être épargné à "tout prix". Qu'est-ce qu'un village ? Un village pareil à un autre ? Peut-être l'a-t-il su, lui, à cet ultime instant ? (Fragment 138)
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PetitebijouPetitebijou   19 avril 2011
Horrible journée ! J'ai assisté, distant de quelque cent mètres, à l'exécution de B. Je n'avais qu'à presser la détente du fusil-mitrailleur et il pouvait être sauvé ! Nous étions sur les hauteurs dominant Céreste, des armes à faire craquer les buissons et au moins égaux en nombre aux SS. Eux ignorant que nous étions là. Aux yeux qui imploraient partout autour de moi le signal d'ouvrir le feu, j'ai répondu non de la tête... Le soleil de juin glissait un froid polaire dans mes os.
Il est tombé comme s'il ne distinguait pas ses bourreaux et si léger, il m'a semblé, que le moindre souffle de vent eût dû le soulever de terre.
Je n'ai pas donné le signal parce que ce village devait être épargné à tout prix. Qu'est-ce qu'un village ? Un village pareil à un autre ? Peut-être l'a-t-il su, lui, à cet ultime instant ?
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KittiwakeKittiwake   20 janvier 2016

Tiens vis-à-vis des autres ce que tu t'es promis à toi seul. Là est ton contrat.
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PingouinPingouin   28 avril 2012
Nous sommes des malades sidéraux incurables auxquels la vie sataniquement donne l'illusion de la santé. Pourquoi ? Pour dépenser la vie et railler la santé ?
(Je dois combattre mon penchant pour ce genre de pessimisme atonique, héritage intellectuel...)
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Videos de René Char (59) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Char
Un entretien entre Pierre Boulez et Philippe Albèra enregistré le samedi 8 décembre 2007 à la Cité de la musique.
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