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ISBN : 2072445620
Éditeur : Gallimard (26/06/2017)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 228 notes)
Résumé :
"Pourquoi le cacher ? Ce n'est pas une poésie facile. Ses difficultés sont à proportion, en nous, des vieilles habitudes de voir et de leur résistance: René Char ou la jeunesse des mots, du monde... Il faut le lire et le relire pour, peu à peu, sentir en soi la débâcle des vieilles digues, de l'imagination paresseuse... Poésie qui se gagne, comme la terre promise de la légende et de l'histoire: celui-là qui y plante sa tente, qu'il soit assuré de s'en trouver plus f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  15 février 2016
Je ne mentirai pas, je suis passée à côté des deux tiers de ce recueil de poèmes. Je les ai lus, tous, ou quasiment, et j'ai essayé de m'abandonner à la sonorité, à la juxtaposition de mots, aux mots eux-mêmes, sans chercher à tout comprendre, comme on le ferait à une exposition d'art contemporain.
Mais en suivant le flux des phrases, on retient plusieurs trames:
-pour commencer, l'action, la poussée vers le but, et parfois la violence de cette dynamique.
-la nature telle qu'on ne la connaît plus (dans la poésie, dans l'écriture), encore sauvage et si multiple, odorante, rugueuse, si vivante.
-l'amour, parfois dans sa désespérance, l'immédiateté.
-le souvenir, l'enfance, le passé qui n'est plus.
-la guerre, sa violence, sa présence.
Obligé d'écrire dans l'immédiateté, on imagine un carnet abîmé glissé dans sa poche de maquisard qu'il remplit entre deux actions, à l'envolée, et qu'il ne comprend peut-être plus lui-même au moment de les retranscrire. Fugacité du moment.
Coups de colère aussi, et intransigeance, pour ceux qui pourraient être traîtres ou ceux qui ne s'engagent pas vraiment, et pureté de ces hommes encore enfants qui se jettent dans la résistance.
Il m'a fallu énormément de temps pour lire ce recueil, et je ne pense pas en lire d'autres de lui de sitôt, mais comment ne pas reconnaître la profondeur et la richesse de chaque phrase, qu'on pourrait relire de tant de manières différentes?
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sabine59
  25 février 2018
Je me suis toujours tenue à l'écart de la poésie de René Char, que je sentais complexe, assez hermétique. Je me suis enfin décidée à l'aborder...mais malgré mes efforts et ma bonne volonté, je suis définitivement restée sur le bord du chemin poétique de cet auteur!
Oui, je sais, il n'est pas nécessaire de tout comprendre, pour apprécier des poèmes, certains textes me plaisent sans que je puisse définir vraiment pourquoi. Je pense notamment à des poèmes de Paul Eluard, de Pierre Reverdy, qui se révèlent peu accessibles et qui pourtant me parlent, me touchent, ont un écho en moi. Mais ici, rien ou si peu! Certains aphorismes, par leur fulgurante et étrange beauté , un ou deux poèmes en prose ( très peu de poèmes en vers dans ce recueil). Le reste m'est resté assez étranger, un buisson de mots inextricable...
Cela me déçoit mais je ne peux que formuler ce constat: la rage du poète, ses visions d'apocalypse ( les textes sont écrits avant et pendant la deuxième guerre mondiale), sa fureur, le mystère de sa poésie ne m'ont pas du tout atteinte...
En poésie, plus encore qu'en tout autre genre littéraire, il faut entrer en résonance avec le poète , pour moi le rendez-vous n'aura pas eu lieu...
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candlemas
  06 novembre 2016
J'ai apprécié la lecture de René Char dans Fureur et Mystère, et aussi les commentaires de Jean-Michel Maulpoix et la courte préface d'Yves Berger. Ils m'ont en effet permis, à défaut d'un entier plaisir de découverte, d'ouvrir ce livre avec des attentes par rapport à un style de poésie que j'aime...et je n'ai pas été déçu.
Le titre me semble de ce point de vue bien résumer le contenu : René Char exprime sa révolte et sa passion, et pas seulement dans son engagement résistant, mais aussi son questionnement permanent sur l'absurdité des malheurs des hommes... la condition humaine, et au-delà... la fameuse question ontologique... Fureur donc, et Mystère...
J'ai aimé aussi la force d'invocation et l'ambivalence de sa poésie.
Elle est à la fois matérialiste, concrète, terrienne, paysanne, s'appuyant sur des faits de guerre bien précis ou sur l'échange avec les camarades, et sur une connaissance intime du monde agricole. Yves Berger parle de laconisme (paysan...) et de poèmes pulvérisés comme dans un archipel.
On trouve donc aussi une seconde dimension qui, à travers des métaphores fortes et des associations de mots surprenantes, renvoie aussi le lecteur à une dimension mystique, transcendante, abstraite ... qui s'exprime dans les mots, mais aussi dans l'expression directe de préceptes moraux relatifs à l'homme d'action et à l'homme juste.
Bref, pour moi, René Char poursuit la lignée d'auteurs que j'apprécie tout particulièrement : Saint Exupéry, Kessel, Camus... et leurs cousins américains, London, Steinbeck, Hemingway.
Seulement trois étoiles pour Fureur et Mystère... peut-être parce qu'effectivement son écriture, à plusieurs niveaux, mérite qu'on y revienne, pour bien assimiler toutes les dimensions. J'ai aimé, mais avec le sentiment de n'avoir pas su tout digérer. Il faudra sans doute que j'y revienne...
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chartel
  15 novembre 2008
Un recueil rassemblant des poèmes de René Char écrits entre 1938 et 1947. L'amour pour la nature, ses souvenirs d'enfance, douloureux, tendres ou nostalgiques y sont des thèmes récurrents. Composant aussi de courts poèmes en prose durant son engagement dans la résistance pendant la Seconde Guerre: "les Feuillets d'Hypnos", l'auteur nous offre un témoignage d'une des plus importantes expériences humaines qu'il ait vécu. Sa lucidité, son humanité et son sens des responsabilités y apparaîssent dans toute leur grandeur.
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lDavidl
  24 juillet 2013
René Char fait partie de ces poètes que la Seconde Guerre Mondiale a inspirée profondément (ainsi que la Résistance). Néanmoins, il est plaisant de voir que, contrairement à d'autres écrits, la guerre n'est pas un prétexte à proprement dit, mais plutôt ce qui a réveillé en ce monsieur qu'est René Char une soif de dignité et d'envie qui se retrouve très clairement dans ces textes (et notamment dans les feuillets d'Hypnos). Par ailleurs, j'ai beaucoup apprécié '' l'efficacité'' de son écriture, en contact tout de même avec un certain flou qui peut gêner la compréhension de certains poèmes du fait d'un manque de connaissances (envers le personnage ET les événements de la Résistance). Il pourrait être intéressant de relire ce recueil un peu plus tard, pour pouvoir ajuster notre point de vue à l'égard de ces textes parfois quelque peu compliqués.
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Citations et extraits (218) Voir plus Ajouter une citation
fragolettefragolette   18 avril 2018
Marthe que ces vieux murs ne peuvent pas s’approprier, fontaine où se mire ma monarchie solitaire, comment pourrais-je jamais vous oublier puisque je n’ai pas à me souvenir de vous : vous êtes le présent qui s’accumule. Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir comme deux pavots font en amour une anémone géante.
Je n’entrerai pas dans votre coeur pour limiter sa mémoire. je ne retiendrai pas votre bouche pour l’empêcher de s’ouvrir sur le bleu de l’air et la soif de partir. je veux être pour vous la liberté et le vent de la vie qui passe le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable.
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sabine59sabine59   09 avril 2018
Ma convoitise est infinie. Rien ne m'obsède que la vie.
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MalauraMalaura   03 juillet 2012
Allégeance

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?
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IrisaIrisa   06 décembre 2010
La Sorgue

Rivière trop tôt partie, d'une traite, sans compagnon,
Donne aux enfants de mon pays le visage de ta passion.

Rivière où l'éclair finit et où commence ma maison,
Qui roule aux marches d'oubli la rocaille de ma raison.

Rivière, en toi terre est frisson, soleil anxiété.
Que chaque pauvre dans sa nuit fasse son pain de ta moisson.

Rivière souvent punie, rivière à l'abandon.

Rivière des apprentis à la calleuse condition,
Il n'est vent qui ne fléchisse à la crête de tes sillons.

Rivière de l'âme vide, de la guenille et du soupçon,
Du vieux malheur qui se dévide, de l'ormeau, de la compassion.

Rivière des farfelus, des fiévreux, des équarisseurs,
Du soleil lâchant sa charrue pour s'acoquiner au menteur.

Rivière des meilleurs que soi, rivières des des brouillards éclos,
De la lampe qui désaltère l'angoisse autour de son chapeau.

Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer,
Où les étoiles ont cette ombre qu'elles refusent à la mer.

Rivière des pouvoirs transmis et du cri embouquant les eaux,
De l'ouragan qui mord la vigne et annonce le vin nouveau.

Rivière au coeur jamais détruit dans ce monde fou de prison,
Garde-nous violent et ami des abeilles de l'horizon.
+ Lire la suite
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MoovanseMoovanse   23 juillet 2015
Ma renarde, pose ta tête sur mes genoux.
Je ne suis pas heureux et pourtant tu suffis.
Bougeoir ou météore, il n'est plus de cœur gros ni d'avenir sur terre.
Les marches du crépuscule révèlent ton murmure,
gîte de menthe et de romarin,
confidence échangée entre les rousseurs de l'automne
et ta robe légère.
Tu es l'âme de la montagne aux flancs profonds,
aux roches tues derrière les lèvres d'argile.
Que les ailes de ton nez frémissent.
Que ta main ferme le sentier et rapproche le rideau des arbres.

Ma renarde, en présence des deux astres, le gel et le vent,
je place en toi toutes les espérances éboulées,
pour un chardon victorieux
de la rapace solitude.


(p139 - Feuillets d'Hypnos)
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Videos de René Char (58) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Char
Il y a dix ans, Aimé Césaire nous quittait. La Grande Librairie rend hommage au poète disparu en compagnie de Christiane Taubira, sa plus illustre admiratrice. L?ancienne garde des Sceaux évoque sa passion des livres et des auteurs, d?Aimé Césaire à René Char en passant par Simone Weil. Après son manifeste « Murmures à la jeunesse », en 2016, elle publie « Baroque sarabande », aux éditions Philippe Rey, une véritable ode à la littérature. Elle est rejointe par l'écrivain Gaël Faye.
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