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ISBN : 207030065X
Éditeur : Flammarion (20/01/1967)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 197 notes)
Résumé :
"Pourquoi le cacher ? Ce n'est pas une poésie facile. Ses difficultés sont à proportion, en nous, des vieilles habitudes de voir et de leur résistance: René Char ou la jeunesse des mots, du monde... Il faut le lire et le relire pour, peu à peu, sentir en soi la débâcle des vieilles digues, de l'imagination paresseuse... Poésie qui se gagne, comme la terre promise de la légende et de l'histoire: celui-là qui y plante sa tente, qu'il soit assuré de s'en trouver plus f... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
15 février 2016
Je ne mentirai pas, je suis passée à côté des deux tiers de ce recueil de poèmes. Je les ai lus, tous, ou quasiment, et j'ai essayé de m'abandonner à la sonorité, à la juxtaposition de mots, aux mots eux-mêmes, sans chercher à tout comprendre, comme on le ferait à une exposition d'art contemporain.
Mais en suivant le flux des phrases, on retient plusieurs trames:
-pour commencer, l'action, la poussée vers le but, et parfois la violence de cette dynamique.
-la nature telle qu'on ne la connaît plus (dans la poésie, dans l'écriture), encore sauvage et si multiple, odorante, rugueuse, si vivante.
-l'amour, parfois dans sa désespérance, l'immédiateté.
-le souvenir, l'enfance, le passé qui n'est plus.
-la guerre, sa violence, sa présence.
Obligé d'écrire dans l'immédiateté, on imagine un carnet abîmé glissé dans sa poche de maquisard qu'il remplit entre deux actions, à l'envolée, et qu'il ne comprend peut-être plus lui-même au moment de les retranscrire. Fugacité du moment.
Coups de colère aussi, et intransigeance, pour ceux qui pourraient être traîtres ou ceux qui ne s'engagent pas vraiment, et pureté de ces hommes encore enfants qui se jettent dans la résistance.
Il m'a fallu énormément de temps pour lire ce recueil, et je ne pense pas en lire d'autres de lui de sitôt, mais comment ne pas reconnaître la profondeur et la richesse de chaque phrase, qu'on pourrait relire de tant de manières différentes?
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candlemas
06 novembre 2016
J'ai apprécié la lecture de René Char dans Fureur et Mystère, et aussi les commentaires de Jean-Michel Maulpoix et la courte préface d'Yves Berger. Ils m'ont en effet permis, à défaut d'un entier plaisir de découverte, d'ouvrir ce livre avec des attentes par rapport à un style de poésie que j'aime...et je n'ai pas été déçu.
Le titre me semble de ce point de vue bien résumer le contenu : René Char exprime sa révolte et sa passion, et pas seulement dans son engagement résistant, mais aussi son questionnement permanent sur l'absurdité des malheurs des hommes... la condition humaine, et au-delà... la fameuse question ontologique... Fureur donc, et Mystère...
J'ai aimé aussi la force d'invocation et l'ambivalence de sa poésie.
Elle est à la fois matérialiste, concrète, terrienne, paysanne, s'appuyant sur des faits de guerre bien précis ou sur l'échange avec les camarades, et sur une connaissance intime du monde agricole. Yves Berger parle de laconisme (paysan...) et de poèmes pulvérisés comme dans un archipel.
On trouve donc aussi une seconde dimension qui, à travers des métaphores fortes et des associations de mots surprenantes, renvoie aussi le lecteur à une dimension mystique, transcendante, abstraite ... qui s'exprime dans les mots, mais aussi dans l'expression directe de préceptes moraux relatifs à l'homme d'action et à l'homme juste.
Bref, pour moi, René Char poursuit la lignée d'auteurs que j'apprécie tout particulièrement : Saint Exupéry, Kessel, Camus... et leurs cousins américains, London, Steinbeck, Hemingway.
Seulement trois étoiles pour Fureur et Mystère... peut-être parce qu'effectivement son écriture, à plusieurs niveaux, mérite qu'on y revienne, pour bien assimiler toutes les dimensions. J'ai aimé, mais avec le sentiment de n'avoir pas su tout digérer. Il faudra sans doute que j'y revienne...
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chartel
15 novembre 2008
Un recueil rassemblant des poèmes de René Char écrits entre 1938 et 1947. L'amour pour la nature, ses souvenirs d'enfance, douloureux, tendres ou nostalgiques y sont des thèmes récurrents. Composant aussi de courts poèmes en prose durant son engagement dans la résistance pendant la Seconde Guerre: "les Feuillets d'Hypnos", l'auteur nous offre un témoignage d'une des plus importantes expériences humaines qu'il ait vécu. Sa lucidité, son humanité et son sens des responsabilités y apparaîssent dans toute leur grandeur.
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lDavidl
24 juillet 2013
René Char fait partie de ces poètes que la Seconde Guerre Mondiale a inspirée profondément (ainsi que la Résistance). Néanmoins, il est plaisant de voir que, contrairement à d'autres écrits, la guerre n'est pas un prétexte à proprement dit, mais plutôt ce qui a réveillé en ce monsieur qu'est René Char une soif de dignité et d'envie qui se retrouve très clairement dans ces textes (et notamment dans les feuillets d'Hypnos). Par ailleurs, j'ai beaucoup apprécié '' l'efficacité'' de son écriture, en contact tout de même avec un certain flou qui peut gêner la compréhension de certains poèmes du fait d'un manque de connaissances (envers le personnage ET les événements de la Résistance). Il pourrait être intéressant de relire ce recueil un peu plus tard, pour pouvoir ajuster notre point de vue à l'égard de ces textes parfois quelque peu compliqués.
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charlottelit
08 septembre 2011
arrivée à la fin sans me presser trop, une seule envie, recommencer la promenade enchantée depuis la page no..............1
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Citations & extraits (121) Voir plus Ajouter une citation
MalauraMalaura03 juillet 2012
Allégeance

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima?

Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. A son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor, ma liberté le creuse.

Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas?
+ Lire la suite
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IrisaIrisa06 décembre 2010
La Sorgue

Rivière trop tôt partie, d'une traite, sans compagnon,
Donne aux enfants de mon pays le visage de ta passion.

Rivière où l'éclair finit et où commence ma maison,
Qui roule aux marches d'oubli la rocaille de ma raison.

Rivière, en toi terre est frisson, soleil anxiété.
Que chaque pauvre dans sa nuit fasse son pain de ta moisson.

Rivière souvent punie, rivière à l'abandon.

Rivière des apprentis à la calleuse condition,
Il n'est vent qui ne fléchisse à la crête de tes sillons.

Rivière de l'âme vide, de la guenille et du soupçon,
Du vieux malheur qui se dévide, de l'ormeau, de la compassion.

Rivière des farfelus, des fiévreux, des équarisseurs,
Du soleil lâchant sa charrue pour s'acoquiner au menteur.

Rivière des meilleurs que soi, rivières des des brouillards éclos,
De la lampe qui désaltère l'angoisse autour de son chapeau.

Rivière des égards au songe, rivière qui rouille le fer,
Où les étoiles ont cette ombre qu'elles refusent à la mer.

Rivière des pouvoirs transmis et du cri embouquant les eaux,
De l'ouragan qui mord la vigne et annonce le vin nouveau.

Rivière au coeur jamais détruit dans ce monde fou de prison,
Garde-nous violent et ami des abeilles de l'horizon.
+ Lire la suite
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MoovanseMoovanse23 juillet 2015
Ma renarde, pose ta tête sur mes genoux.
Je ne suis pas heureux et pourtant tu suffis.
Bougeoir ou météore, il n'est plus de cœur gros ni d'avenir sur terre.
Les marches du crépuscule révèlent ton murmure,
gîte de menthe et de romarin,
confidence échangée entre les rousseurs de l'automne
et ta robe légère.
Tu es l'âme de la montagne aux flancs profonds,
aux roches tues derrière les lèvres d'argile.
Que les ailes de ton nez frémissent.
Que ta main ferme le sentier et rapproche le rideau des arbres.

Ma renarde, en présence des deux astres, le gel et le vent,
je place en toi toutes les espérances éboulées,
pour un chardon victorieux
de la rapace solitude.


(p139 - Feuillets d'Hypnos)
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PetitebijouPetitebijou06 juillet 2011
FASTES

L'été chantait sur son roc préféré quand tu m'es apparue, l'été chantait à l'écart de nous qui étions silence, sympathie, liberté triste, mer plus encore que la mer dont la longue pelle bleue s'amusait à nos pieds. L'été chantait et ton coeur nageait loin de lui. Je baisais ton courage, entendais ton désarroi. Route par l'absolu des vagues vers ces hauts pics d'écume où croisent des vertus meurtrières pour les mains qui portent nos maisons. Nous n'étions pas crédules. Nous étions entourés. Les ans passèrent. Les orages moururent. Le monde s'en alla. J'avais mal de sentir que ton coeur justement ne m'apercevait plus. Je t'aimais. En mon absence de visage et mon vide de bonheur. Je t'aimais, changeant en tout, fidèle à toi.
+ Lire la suite
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IrisaIrisa06 décembre 2010
Le thor

Dans le sentier aux herbes engourdies où nous nous étonnions, enfants, que la nuit se risquât à passer, les guêpes n'allaient plus aux ronces et les oiseaux aux branches. L'air ouvrait aux hôtes de la matinée sa turbulante immensité. Ce n'était que filaments d'ailes, tentation de crier, voltige entre lumière et transparence. Le Thor s'exaltait sur la lyre de ses pierres. Le mont Ventoux, miroirs des aigles, était en vue.
Dans le sentier aux herbes engourdies, la chimère d'un âge perdu souriait à nos jeunes larmes.
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