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ISBN : 2930853034
Éditeur : Les Éditions de l'Instant (01/05/2017)

Note moyenne : 4.46/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Célestopol, la cité lunaire, la perle de l’Empire Russe, la ville de toutes les démesures, où toutes les technologies de ce XXème siècle naissant se combinent pour créer la métropole ultime. Célestopol, où à chaque coin de rue, la magnificence de ses merveilles architecturales rivalise avec l’éblouissement que provoquent ses automates affectés à mille et une tâches. Célestopol et ses canaux de sélénium dont la brume mordorée baigne en permanence la lumière des réver... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  19 septembre 2017
Début du XXe siècle. Grâce à une nouvelle technologie encore balbutiante mais pleine de promesse, l'Empire russe parvient non seulement à envoyer des hommes sur la Lune, mais aussi à rendre possible la construction d'une ville toute entière : Célestopol. Une cité sous cloche qui finit par échapper au fil des années au contrôle de ses créateurs et qui se métamorphose peu à peu au gré des lubies de son dirigeant, l'excentrique duc Nikolaï. Après un premier roman plutôt bien accueilli par la critique (« Le village »), Emmanuel Chastellière revient cette fois avec un recueil consacré à cette fameuse cité lunaire dont chaque nouvelle nous dévoile un aspect différent. Alors, le voyage vaut-il le détour ? La réponse est incontestablement oui, même si j'avoue avoir eu quelques difficultés au début de ma lecture, les deux premières nouvelles étant, à mon humble avis, les plus faibles du recueil. Les treize textes suivants sont heureusement plus réussis, si bien que l'on se laisse rapidement prendre au piège de cette cité aux multiples visages, tour à tour merveilleuse et innovante ou au contraire monstrueuse et inquiétante (une ambiance d'ailleurs très justement retransmise par l'illustration de couverture signée Marc Simonetti). Difficile de ne pas se laisser entraîner par cette déambulation dans les lieux les plus emblématiques ou les plus magiques de la ville lunaire, du labyrinthique palais des glaces à l'imposante horloge de Saint-Basile, en passant par les jardins suspendus, le casino flottant ou encore la très décriée maison close « Chez Hécate ». L'auteur a pris soin de bien peaufiner son univers, cela se ressent, et il en va de même de la plupart des personnages. le plus marquant d'entre tous reste incontestablement le duc Nikolaï, souverain retors et tyrannique, qui possède une personnalité troublante que l'on peine à cerner.
On retrouve d'ailleurs tout au long du recueil un certain nombre de figures emblématiques de Célestopol qu'il s'agisse du peu discret duo de mercenaire mi-humain mi-ours, des redoutables Siamoises (assassins de haute volée), de l'impuissant capitaine de la garde ou encore du voleur ambitieux, mettant de temps à autre ses services à disposition du duc. L'auteur construit ici un habile jeu de chassé-croisé, certains personnages ou certains lieux faisant leur apparition dans plusieurs nouvelles de manière plus ou moins anecdotique. Et s'il est bien une figure dont l'ombre plane sur la totalité du recueil, c'est bien entendu celle du duc Nikolaï. le titre de la nouvelle « Oderint dum metuant » (« Qu'ils me haïssent pourvu qu'ils me craignent ») donne le ton sans guère d'ambiguïté et est intéressante dans ce qu'elle nous révèle des attaches du personnages avec la Russie et surtout de son caractère. Même chose avec « Tempus fugit », sans doute l'un des textes les plus réussis du recueil, mettant en scène un peintre à qui l'on confie la mission de restaurer un vieux portrait du maître de la cité, complètement transformé par les années et donnant du duc une vision terrifiante. La référence au célèbre « Portrait de Dorian Gray » d'Oscar Wilde est évidente et on entre vite en empathie avec l'artiste, hanté par ce tableau qui ne tarde pas à également provoquer chez le lecteur un profond sentiment de malaise. L'ombre du personnage plane aussi sur plusieurs autres nouvelles qui nous révèlent qui les atrocités dont l'homme s'est rendu coupable pour satisfaire ses ambitions (« Convoi », un texte glaçant !), ou qui les extrémités auxquelles ses adversaires se retrouvent réduis pour remettre en cause son pouvoir (« Le chant de la lune »).
Il est une autre figure qui traverse de manière un peu moins marquée mais toute aussi importante l'ensemble du recueil : celle des automates. Main d'oeuvre abondante et silencieuse, les créatures de métal pullulent dans la cité lunaire, certaines servant comme domestiques, d'autres comme manutentionnaires, gardes du corps voire même prostitués. de simples machines, tolérées par les habitants de Célestépol tant qu'elles se cantonnent aux tâches spécifiques pour lesquelles elles ont été programmées. Une poignée de ces automates sont pourtant de toute évidence bien plus que cela. Dans « Le boudoir des âmes », l'un d'entre eux entame ainsi une carrière (fort controversée) de spirite, tandis que dans « Fly me to the moon », une prostituée robotique parvient à convaincre un homme de l'aider s'échapper de sa prison. Ils sont d'ailleurs nombreux, ces hommes à se laisser séduire ou émouvoir par ces créatures devenues plus humaines que machines, qu'il s'agisse du jeune garde de « La danse des libellules », ou encore du gardien de « Les lumières de la ville », deux textes très réussis, le premier par sa chute inattendue, le second par la nostalgie qui s'en dégage. Les autres textes du recueil servent essentiellement à mettre en avant un lieu symbolique (les canaux dans « Dans la brume » ; les jardins suspendus dans « Les jardins de la Lune »...) ou rappeler l'influence de la Russie et sa culture sur la ville de Célestopol. Dans « Une note d'espoir », l'auteur reprend ainsi l'une des figures les plus célèbres de la mythologique russe, celle de Baba-Yaga, de même que dans « La douceur du foyer », l'un de mes textes préférés, qui relate les difficultés posées par la présence d'un esprit protecteur dans un bâtiment appelé à devenir le premier Grand magasin sur la Lune. « Le roi des mendiants », dernière nouvelle du recueil, se démarque indubitablement des précédentes et permet de refermer l'ouvrage sur une note douce-amère qui n'est pas désagréable.
Pari réussi pour Emmanuel Chastellière qui signe avec « Célestopol » un ouvrage de qualité qui, en dépit de quelques maladresses plus ou moins marquées selon les textes, dresse le portrait d'une cité complexe et envoûtante dans laquelle on s'attarderait bien plus longtemps. Une jolie découverte.
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celindanae
  22 mai 2017
Célestopol est un recueil de nouvelles se déroulant dans le même univers, une cité construite sur la lune bâtie par l'empire russe. La très belle couverture de Marc Simonetti représente bien cette cité avec son ambiance de début XX ème siècle où l'on peut croiser de beaux habits d'époque ainsi que des automates. Elle est dirigée par le duc Nikolaï qui a beaucoup de pouvoir. C'est une ville construite sous dôme, avec des canaux de sélénium qui la baignent d'une brume particulière. La cité est aussi parée d'une ambiance steampunk. Célestopol tient sa puissance du sélénium, substance que l'on trouve uniquement sur la lune. C'est une ville que l'on a envie de découvrir en s'y promenant pour y découvrir de nouvelles merveilles, pour flâner le long des canaux. Mais, il ne faut pas s'y fier, le danger rode et peut survenir au coin de la rue.
Ce recueil contient 15 nouvelles qu'il faut lire dans l'ordre où elles sont proposées: Elles s'inscrivent en effet dans une logique non chronologique. Les nouvelles couvrent plusieurs années de l'histoire de cette cité unique, allant de 1901 pour Oderint dum metuant à 1932 pour Tempus Fugit. On retrouve certains personnages dans plusieurs nouvelles, comme le duc Nikolaï mais aussi le duo de mercenaires très original Arnrún et Wojtek. Les personnages revenants dans les différentes nouvelles ont des rôles de différente importance selon la nouvelle. Une des choses qui m'a marqué dans ce recueil est le travail sur les personnages, ils sont nombreux étant donné le nombre de textes mais on s'attache vite à certains et en très peu de lignes on arrive à les cerner et à se prendre très vite à leurs histoires. On aimerait passer plus de temps avec certains d'entre eux ou les retrouver à nouveau dans d'autres récits.
Malgré tout, Célestopol, la ville en elle-même, peut être considérée comme le personnage principal du recueil. Cet univers particulier montre une nouvelle facette à chaque texte et chaque nouvelle est un instantané de la vie de la cité. Emmanuel Chastellière est un peu comme un réalisateur promenant sa caméra au sein de Célestopol et filmant des instants de vie de certains personnages, avec des ambiances différentes à chaque nouvelle.
Célestopol est une ville dirigée par un duc venant de Russie et l'influence slave se fait bien sentir. Cependant, c'est aussi une ville cosmopolite où l'on trouve des habitants venant de différents milieux et différentes origines. Comme dans toute grande ville, il y a aussi une mafia locale que l'on trouve avec le casino flottant du peu recommandable Li Chen qui est au coeur de l'histoire de la danse des libellules où une enquête sur le casino est menée par une équipe de policiers. On retrouve aussi le casino dans la nouvelle Dans la brume où deux frères que tout oppose sont amenés à se revoir après le décès de leur père, cette nouvelle est une de mes préférées, l'hésitation entre le surnaturel et la folie est très bien rendue tout comme l'angoisse de l'inconnu.
On retrouve l'aspect cosmopolite dans l'ambiance des différentes nouvelles: de l'aventure dans Face cachée avec sa course de régates ou La Chambre d'ambre avec un côté chasse aux trésors et histoire, du surnaturel avec La douceur du foyer où il est question de légendes russes sur les fantômes, ou avec le Boudoir des âmes où il est question de spiritisme avec la confession d'un automate spirite sur sa vie, ou encore Convoi dans les ténèbres avec un côté X-Files, de l'émotion dans Les lumières de la ville où les disparitions incompréhensibles d'ouvriers-automates inquiètent Sergei un très beau personnage, ou encore dans Les jardins de la lune où il est question de jardins sur la lune et de production de vin.
J'ai aimé toutes les nouvelles de ce recueil mais certaines sortent du lot comme Oderint dum metuant qui revient sur le passé de la cité et explique comment le duc a assis son pouvoir sur la ville. Ce texte permet de voir le côté sombre du duc et de mieux comprendre comment il est devenu ce qu'il est. Tempus Fugit est également une excellente nouvelle avec des passages poétiques, émouvants, tristes mais aussi angoissants.
Célestopol est une ville aux multiples visages, qui rivalise en beauté avec les villes de la terre et où la technologie est très présente. Les automates sont communs, on en trouve même dans les maisons closes comme le montre Fly me to the moon, la nouvelle qui a donné naissance à l'univers. Parmi les facettes de la ville, il y a aussi son origine slave qui a son importance dans les nouvelles de par les légendes présentes et la politique au travers du Duc. Cependant, la cité a également un côté plus sombre qui tend parfois vers l'horreur et on y trouve des cultistes dans le chant de la lune, une créature étrange près des canaux ainsi qu'une sorcière que Lovecraft n'aurait pas renié dans Une note d'espoir.
J'avais beaucoup aimé l'aperçu de cet univers avec la lecture de Face cachée et j'ai vraiment adoré me promener au sein de cette ville majestueuse et mystérieuse. le style très imagé et immersif de l'auteur, le travail sur l'univers et les personnages sont vraiment à souligner. Les nouvelles sont liées par la ville mais aussi par des personnages que l'on retrouve au fil du livre avec grand plaisir. Célestopol est un livre-univers de très grande qualité que je vous recommande chaudement.
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SerGarlan
  26 juin 2017
Je ne suis pas un habitué du format recueil de nouvelles, ceci expliquant sûrement que j'ai lu Célestopol plus lentement qu'un roman standard (genre le Village smile ), mais j'en ressors ravi. J'avais aimé le Village malgré quelques tics de jeunesse (petits soucis de rythme parfois, méchant qui en fait des caisses) et je trouve qu'Emmanuel Chastellière s'est amélioré dans son style. L'écriture format nouvelle apparaît ici concise, efficace, avec ce qu'il faut de poésie et d'imaginaire quand même.
Cette exploration de la cité lunaire via le regard de multiples protagonistes permet de saisir au mieux son atmosphère rétro-futuriste empreinte d'âme slave. On a l'impression d'y être, de se promener avec les protagonistes le long des canaux de Sélénium, de gravir le beffroi de Saint Basile, ou même d'aller parfois en escapade à l'extérieur du dôme. Dépaysement assuré (et big up au splendide artwork de Marc Simonetti). Mais effectivement, Célestopol, c'est aussi le destin croisé d'âmes blessées, à la dérive, à commencer par ce duc Nikolaï méprisé par la tsarine, rejeté par ses proches, qui tente dans son exil lunaire d'exister par-delà tous ceux qui le méprisent / le rabaissent. En ressort un personnage mystérieux et fascinant, parfois un peu caricatural aussi (réaction très cruelle dans "les Jardins de la Lune"), que l'on aime détester mais avec lequel on entre souvent en empathie.
Des personnages touchants, il y en a des caisses, comme ce viticulteur qui s'enferme dans le mensonge, ces frères ennemis amoureux d'une même femme que les événements acculent au drame, ce voleur épris d'une belle violoncelliste française (magnifique scène sur la glace au passage), ces automate humanisés, ici un fugitif voulant admirer l'intérieur du dôme, là une esclave sexuelle éprise d'une cliente, là encore un "médium" ballotté par la tragédie. D'autres personnages sont attachants : Anton le journaliste désabusé, Clémence l'historienne têtue, Igor le contremaitre bourru et indépendant... et bien sûr le truculent duo Arnrun et Wotjek, la cow girl islandaise et l'ours parlant ayant droit au beau rôle dans deux nouvelles, un caméo dans une autre et aussi une petite BD pour ceux qui ont précommandé le livre. En espérant voir ce duo débonnaire et comique tenir le haut de l'affiche lors d'un prochain roman ?
Je n'ai pas vraiment de reproches à faire à ce recueil hormis il est vrai quelques imperfections formelles (couvertures cartonnée fragile, quelques coquilles de ci de là) et, évidemment, quelques nouvelles en deçà des autres (pour ma part : Oderint Dum Metuant trop prévisible - je sais que cet avis ne sera pas partagé, La chambre d'ambre trop anecdotique, la danse des libellules un peu tirée par les cheveux dans sa conclusion, les jardins de la lune trop succincte). Quelques fins sont un peu abruptes, il faut aimer "rester sur sa faim". Fly me to the moon est autosuffisante et antérieure aux autres nouvelles, ça se sent mais je ne vois pas comment la placer autrement dans ce recueil. Pour le reste honnêtement on navigue entre le vraiment très bon et l'excellent, et je ne peux que vous recommander particulièrement Face cachée, Dans la brume, le boudoir des âmes, Fly me et Tempus fugit qui sont vraiment superbes... pour plein de raisons différentes.
Bravo à Emmanuel Chastellière, ça ne présage que du meilleur pour ses prochains projets.
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Dup
  20 juin 2017
Wow ! Ceci est une grande première. C'est la première fois que j'apprécie entièrement la lecture d'un recueil de nouvelles. Quand je dis entièrement, cela veut dire que pas une ne m'a laissée indifférente, ni dubitative comme si souvent avec ce format littéraire. Je redoute ces fins abruptes, parfois (souvent) incompréhensibles (pour moi en tout cas).
Ici, rien de tout ça. Nickel, elles passent toutes. Mieux, elles passent comme un roman entier, sans rupture car il y a toujours un petit quelque chose qui les relie. Pourtant même l'ordre chronologique n'est pas toujours respecté... Quinze nouvelles, quinze petites tranches de vie qui ont toutes un lien, soit avec Célestopol, soit avec le duc Nikolaï qui dirige d'une main de fer cette ville, comme tout ce qui se passe sur la Lune.
Nous sommes au début du XXe siècle, l'empire Russe a écrasé la France. Napoléon et les français se sont enfuis de l'autre côté de l'Atlantique. Là ils ont bouté les anglais hors du continent Américain et ont créé la Nouvelle-France. Depuis, les Russes ont conquis la Lune, découvert une richesse locale, le Sélénium qu'ils exploitent, et construit Célestopol abritée sous un dôme gigantesque de verre et de métal.
Les descriptions d'Emmanuel Chastellière de cette ville font franchement rêver : une majestueuse St Pétersbourg sous cloche, sillonnée de canaux comme une Venise mais avec ce côté fantasmagorique si bien illustré par Marc Simonetti, car c'est du Sélénium qui y circule et non de la si banale eau. Et donc une sorte de mélange de phase liquide (là, je n'en suis pas si sûre, même si on lit que le casino de Li-Chen y flotte) et de phase gazeuse. On parle surtout de ces vapeurs orangées, fluctuantes, mouvantes, à la fois magnifiques et inquiétantes...c'est selon la nouvelle ! Des belles toilettes, des palais, des parcs, de somptueux immeubles ou demeures en surface, des ouvriers, des laissés-pour-compte entassés dans les sous-sols.
Et une ambiance steampunk, avec des automates partout, bons à tout faire, des tâches ménagères aux plaisirs de ces messieurs, ou dames, dans des maisons closes, chez Hécate pour le gratin. Réparateurs/techniciens sur le barrage de Sélénium à quelques kilomètres de Célestopol, et même en chien de compagnie comme le vieux Isidore, le compagnon de Sergueï, à bout de carburant, et donc en fin de vie. A noter que ce roman (oui, j'insiste) commence par un joli clin d'oeil à Jules Verne, avec un journaliste qui fait le trajet Terre-Lune dans un traversier-obus :))
Le personnage le plus récurrent sera bien sûr le dirigeant de cette ville lunaire, le duc Nikolaï, auquel on s'attache bien vite, quoique... à l'instar de Célestopol, au gré des nouvelles, il nous apparaît tantôt inflexible, intransigeant, tantôt fragile, touchant, mais parfois énigmatique, mystérieux. J'ai adoré cette façon de cerner un personnage.
Ainsi, au gré des nouvelles, c'est toute une galerie de protagonistes que va nous faire découvrir l'auteur. Certains plus que d'autres, comme les deux mercenaires Arnrùn et Wotjek que l'on voit ou entrevoit plusieurs fois. Un tandem original et succulent que cette Islandaise et son ami piégé dans le corps d'un ours brun de 700 kilos de muscles. Lady Tuppence aussi. Mais je dois avouer que même ceux que l'on ne croise qu'une seule fois, je les ai appréciés. Je ne vais pas les énumérer, ce serait trop fastidieux, il ne vous reste qu'une solution, le lire !
Il se dégage de ce roman (je persiste et signe) un maelström de sentiments, allant de l'émerveillement à la frayeur intense, de l'amusement à la tristesse. Un sacré panel d'émotions, mais celle que je retiendrai le plus est la mélancolie de l'ensemble, comme si j'avais lu un recueil de poésie de Baudelaire. Et moi, je me mords les doigts de ne pas avoir craqué, d'avoir joué les timorées aux Imaginales, car ce livre je vais devoir le reposer dans le tas de Phooka, le rendre alors qu'il me manque déjà. J'espère sincèrement que tu seras invité l'année prochaine Emmanuel ! Et surtout que tu continueras à développer cet univers lunaire que j'ai tant aimé.
Célestopol est un doux coup de coeur.
Lien : http://bookenstock.blogspot...
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PatchouliKnowledge
  31 mai 2017
Une claque steampunk! Même si dans ce cas, réduire Célestopol à l'appellation "steampunk" est presque injuste tant l'oeuvre se nourrit d'influences diverses.
Quand on évoque les mots "recueil de nouvelles", on est un peu dubitatif. On se dit que ce ne seront que des esquisses d'histoires, frustrantes pour le lecteur. Enfin, c'est ce que je me dis en général...
Et puis, finalement, je crois que c'était le format dont avait besoin la ville de Célestopol pour se dévoiler une première fois. Un peu comme si, depuis la Terre, le lecteur braquait un télescope sur la Lune et apercevait le dôme de verre et d'acier de cette superbe cité sélène et, avec curiosité et avidité, grossissait encore la vue pour en saisir les détails. Et c'est comme ça qu'il apercevrait des tranches de vie des habitants de Célestopol, tant humains qu'automates : Nikolaï le duc qui règne en maître bien inquiétant sur sa cité, Arnrun la mercenaire et Wojtek son comparse humain dans un corps d'ours, Amelia l'automate qui rêve d'humanité, Alexey la rêveuse qui conduit sa locomotive à travers les plaines lunaires...
Il n'y a d'ailleurs aucun personnage auquel je ne me sois pas attachée, des palais ducaux jusqu'aux bas-fonds de Célestopol. Emmanuel a insufflé la vie même aux personnages qu'on pourrait qualifier de secondaires et qui sont, plus que les personnages ancrés dans l'action comme Arnrun, ceux qui permettent de contempler la réalité cache-misère de la cité dans toute sa mélancolie : Sergei l'ouvrier du barrage qui observe la ville de loin et son chien Isidore, automate en fin de vie, Ivan le maître de chai qui s'abandonne au désespoir, Elod le peintre sans le sou étouffé de frustration...
Je vois d'ailleurs dans tout ça un certain hommage aux grands auteurs russes, via cette mélancolie d'ailleurs, mais aussi par le biais d'une certaine critique sociale. Evidemment Célestopol et les victimes que sa construction a engendrées, puis qui ont sombré dans l'oubli, font penser à Saint-Petersbourg qui est sortie d'un immense marais à la suite de travaux meurtriers et titanesques, avec l'acharnement de Pierre le Grand qu'on peut un peu rapprocher de Nikolaï dans ses ambitions.
Donc, beaucoup de mélancolie à la fin de cette lecture, et surtout l'envie d'en lire encore.
J'ai aussi énormément apprécié la variété des nouvelles, parfois amusantes (bien que toujours un peu tristes) avec Arnrun et Wojtek, lovecraftiennes avec Dans la Brume, horrifiques avec Convoi, et un peu de "lonesome cowboy" avec Les Lumières de la ville. Aussi, du merveilleux, des amours malheureuses, et toujours, beaucoup de mélancolie dans l'atmosphère feutrée des brumes de sélénium qui, parfois, recouvrent les rues dans l'éternelle nuit lunaire.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   14 juin 2017
Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce recueil. Non seulement car il représente un ouvrage empreint de qualité, mais aussi car on ne dira jamais assez que l’on manque de recueils de nouvelles en France.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
HenaakiHenaaki   23 septembre 2017
Nous savons toutes les deux que Nikolaï en aime une autre, n’est-ce pas ? Et pas de chance pour vous comme pour moi, elle a gagné depuis longtemps puisqu’elle est morte. C’est injuste pour lui comme pour elle, mais Nikolaï ne la voit plus comme celle qu’elle était vraiment. Il aime une image, un mirage. Je ne peux pas me battre avec un souvenir nourri de regrets. (Elle sourit, encore.) Je ne veux pas.
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WhismerhillWhismerhill   26 août 2017
À l’ombre des contreforts de la chaîne des Apennins et du barrage retenant les réserves quasi-infinies de sélénium de la province impériale, un gigantesque dôme de verre et d’acier protégeait la ville, ses canaux, ses flèches, ses palais oubliés et ses grands magasins, dans une farandole de lumières.
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Videos de Emmanuel Chastellière (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuel Chastellière
Une interview d'Aliette de Bodard dans le cadre de la Rencontre Blogueurs du 26 octobre dans les locaux de Fleuve Éditions.
Elle présente son roman de fantasy Urbaine publi dans la collection Outrefleuve : La chute de la Maison aux Flèches d'argent (Traduction : Emmanuel Chastellière) qui prend pour cadre Paris.
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