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ISBN : 2070767744
Éditeur : Gallimard (15/01/2003)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Composé à plus de 80 ans par Andrée Chedid, Rythmes apparaît pourtant comme un livre de jeunesse, tant il manifeste une capacité d'étonnement et d'émerveillement devant la vie et ses métamorphoses, tant il fait montre, en dépit d’une lucidité sans compromis sur les faiblesses, travers et failles de l'humain, d'un optimisme obstiné, vigoureux, sans cesse renaissant. On y retrouve, d'une façon extraordinairement vive et franche, tous les thèmes de l'œuvre d'Andrée Che... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
  16 février 2017
Rythmes, quel joli mot thématique pour ce recueil ,qui en effet bat le tempo: celui du coeur, du corps, de la vie, de la mort...
" La Vie
se rythma
se nuança "

Les vers courts, les brisures mélodiques, scandent un chant profondément humain, une incantation douce et têtue, qui veut comprendre le sens de la vie, s'interroge:
"Que dire de l'instant
tantôt ami
tantôt ennemi?"
La générosité de l'auteure, son besoin de l'autre sont présents, comme dans tous ses livres."En cette fraternité / de nos fugaces vies", elle trace, malgré les doutes, un chemin d'espoir, et se sent "mutiple", ancrée au coeur des hommes. J'admire cette capacité à se fondre dans autrui, à laisser en route son ego:
" Mon semblable
Mon autre
Là où tu es
Je suis."
Ce qui me séduit aussi, à travers sa poésie, c'est ce sens si frais et vivace de l'émerveillement, d'ailleurs une des parties du recueil s'appelle ainsi.
"Jamais de terme
Aux arcanes de la vie
Jamais de fin
A nos émerveillements!"
Le rythme, c'est aussi celui du temps, des saisons, de la nature.Si l'angoisse est présente face au passé enfui, inaccessible, elle est transcendée par un désir intense d'avancer, de créer. L'auteure n'est cependant pas dupe:
" Je fonce vers l'horizon
Qui s'écarte
Je m'empare du temps
Qui me fuit"

Avec des mots simples, sobres mais profonds et si pleins d'énergie, de souffle , Andrée Chedid me touche, fait tressaillir en moi des vérités essentielles. Ses élans sincères, sa manière bien à elle de faire vibrer les mots me plaît.
Laissez-vous prendre par le rythme de son chant , aux accords riches et inspirés, entrez dans la danse émouvante du coeur, la seule qui vaille vraiment...


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Petitebijou
  24 août 2012
« Rythmes » d'Andrée Chedid est un cadeau que j'ai reçu de l'homme que j'aime, voilà huit ans, alors que notre histoire peinait à prendre son envol. Au milieu du livre, il avait glissé une carte, à la page d'un poème, dédicace et invitation à éprouver dans les mots de la poétesse ce qu'il avait à me dire, de lui, de moi, de nous.
C'est à travers le prisme de cette invitation que j'ai lu le livre entier, découvrant aussi la poétesse Andrée Chedid dont je n'avais lu, et apprécié que « L'Autre ».
« Rythmes » renvoie à la musique, aux battements du coeur, au temps qui passe, ce temps qui est le thème principal du recueil. Temps que l'on éprouve au quotidien, après lequel on court, que l'on voudrait retenir, qui nous abime mais nous façonne aussi. Il y a dans ces poèmes sérénité et peur mêlées, solitude et partage, une union de mélodies et tempi calmes mais vigilants.
En choisissant la poésie comme offrande, cet homme à qui je veux rendre hommage, a aussi signifié la part du mystère dans chaque relation comme à l'intérieur de chaque être, cette part de l'Autre qui nous échappera toujours et qui nous complète, et je mesure la chance que j'ai eue à croiser sur ma route un être si subtil, m'ayant épargnée un vague roman sentimental à la mode bourré de clichés pour m'inviter à la rêverie, à l'inconnu, au décryptage de l'énigme en lui qui continue encore aujourd'hui. Je lui sais gré d'avoir choisi Andrée Chedid comme messagère, méditerranéenne comme moi, ses mots comme échos à notre rencontre, ses vers dans lesquels il s'est reconnu et qu'il m'a tendus comme un miroir.
La poésie est simple, limpide, fleuve parfois tranquille et parfois tumultueux, aux méandres voluptueux et envoûtants. Les émotions affleurent dans la résonnance, la suggestion plutôt que le fracas. Les images défilent à nos yeux bienveillants, solaires mais jamais clinquantes, au parfum que j'aime infiniment du jasmin, léger mais entêtant, oriental.
« Rythmes » est un hommage à la beauté de la vie qui s'offre, à l'amour que l'on se donne, dont les senteurs, qu'il dure huit jours, huit ans ou toute une vie, navigueront dans la mer d'un ciel liquide bien après nous.
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Harmonide
  04 mars 2018
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un recueil de poésie, un recueil de poésie entier. Quelque chose s'était brisé entre la poésie et moi. Ou plutôt, entre les poètes et moi. Trop d'amours déçues avec beaucoup d'entre eux – avec Baudelaire, surtout –, déçues par leur faute, après de grands élans enthousiastes et naïfs. Trop de promiscuité imposée par les programmes scolaires et universitaires, qui m'ont fait lire tout de Villon, trop d'Apollinaire, trop de Ronsard, trop de Verlaine, Rimbaud et Mallarmé, trop de l'un ou de l'autre poète, sans jamais vouloir savoir si je le voulais ou non, si cela me plaisait ou non, si j'en tirais personnellement quelque chose ou non, si cela me blessait ou non ; ou plutôt, qui exigeaient unilatéralement que ce soit ce que je voulais, que cela forcément me plaise, que j'en tire de voir le monde à travers leurs yeux et sans critique qui viendrait de moi-même, et surtout, surtout, que je me taise et que je nie que cela me blesse d'être niée. Trop de gifles assenées par leurs mots, à eux, trop de soufflets assenés par ceux qui se réclament la fine fleur des hommes et qui au détour d'un vers, exigent, dénigrent, se moquent, menacent, exercent un chantage à l'éternité, ridiculisent, anéantissent, renversent les rôles et attribuent à la destinataire – à la lectrice dont le ressenti n'intéresse pas le critique, qui la rabaisse tout autant – leur propre cruauté. Et il fallait leur tresser des couronnes et leur composer des odes et des dissertations plus dithyrambiques les unes que les autres.
Je me suis lassée de tout cela. Les poètes sont peut-être plus fins que la moyenne des hommes, mais ils n'en sont pas nécessairement plus humains. Quant à divins, c'est avoir une bien piètre vision de la divinité que de la leur attribuer dans ces conditions tristes et vaseuses. J'ai arrêté de courber l'échine, de me forcer à les lire, à tout avaler malgré le mauvais goût et l'amertume. J'ai continué à picorer de-ci de-là un poème errant, à l'occasion, mais avec défiance et circonspection, en me donnant l'autorisation de battre en retraite dès que je sentais dans une tournure leur bouche se tordre du dédain et de l'injure, au nom d'une prétendue esthétique supérieure, traditionnelle ou provocatrice (puisque tous les prétextes, même les plus contradictoires, peuvent être invoqués successivement ou simultanément quand il s'agit de justifier le droit de nous fouler aux pieds dans les règles ou hors des règles de l'art). Avec ma relation aux poètes, ma relation à la poésie s'est refroidie et distendue, devenant épisodique et guère plus que vaguement cordiale.
Est-ce un hasard que ce soit une poétesse qui me réconcilie aujourd'hui avec la poésie ? Je ne le crois pas ; il y a là une forme d'évidence. Car peu à peu, grâce à ces mots, mon esprit s'est apaisé et a pu déposer le lourd bouclier nécessaire à ma protection.
C'est une amie, ma très chère Constance, qui a travaillé pour que voie le jour la nouvelle édition de Gallimard des Rythmes d'Andrée Chedid et que je remercie encore, qui m'a généreusement et chaleureusement offert ce recueil pour me souhaiter, en ce début d'année 2018, un merveilleux tour de soleil. Après quelques poèmes lus avec la curiosité toute simple qui ne m'a jamais quittée, je me suis laissée prendre au tempo de la poétesse. Je l'ai lu en sept fois, ce recueil, en sept jours, chaque jour successif d'une pleine semaine, respectant les sept parties, me laissant emporter par chacune des sept vagues et déposer en douceur après chaque creux, avant de me laisser reprendre le lendemain par la nouvelle onde.
Ce sont les poèmes cosmologiques qui m'ont le plus transportée. Ceux qui m'ont fait voir l'univers avec le plus de distance, mais sans s'en dissocier, et en me faisant sentir cette force de liaison formidable entre étoiles et planètes. Ceux qui m'ont remplie de paix, d'une paix qui n'est pas faite d'illusions, qui ne se fait pas dans le déni de la tristesse et du sentiment d'absurdité, mais faite d'une lucidité chaude, d'une beauté ronde et dont les distances ne sont pas néant. Ceux qui m'ont permise, pour quelques instants, de laisser mon coeur blessé scintiller parmi les astres.

LES ASTRES
Chétives sont nos voix
Parmi le chant des sphères
Vains sont nos cris
Précaires nos fables
Périssables nos corps
Liés au persistant univers
Face au monde sans confins
À la magie des astres
Que peuvent nos mots
En leur membrane singulière ?
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Lagagne
  22 novembre 2018
Un recueil de poésie lu de bout en bout ! Cela est rarissime ! En fait, le dernier lu devait être un Philippe Jacottet pendant mes études.
La poésie d'Andrée Chedid est à l'image de son oeuvre romanesque : apparemment simple, le mot juste, des sonorités agréables, un rythme efficace. Les thématiques sont là aussi : la mort, l'amour, le temps, l'artiste, la vie, la langue, l'humanité.
C'est doux à l'oreille, ça roule sur la langue. le cerveau et le coeur entendent, comprennent le sens. C'est une poésie qui se laisse appréhender, sans barrage. C'est agréable, comme une pause hors du temps et du bruit.
Je continue ma découverte d'Andrée Chedid, et pour le moment je ne suis pas déçue, loin de là.
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Wozniaksandy
  21 mai 2018
André Chedid, femme de lettres universellement connue pour son oeuvre multiculturelle, empreinte à la fois à la culture occidentale et orientale. Ouverte sur l'Autre, formidable Humaniste, la fraternité et le rythme, voilà les valeurs chères à la poétesse…
Le recueil Rythme, est vraiment un souffle d'oxygène. La poésie d'Andrée Chedid suscite beaucoup d'émotions différentes, elle est directe et il est agréable de se perdre dans ses mots. Dans ce recueil, il y a plusieurs degrés de lecture et de formidables métaphores, tout en couleurs, des sensations, et tellement de rythme qu'il est impossible de fermer le livre en cours de route.
C'est à bout de souffle que l'on arrive à la fin, complètement sonnée par la sobriété et la justesse de "Rythmes".
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Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
LaliLali   26 mars 2012
L’escapade des saisons

Je t’aimais
Dans l’orage des sèves
Je t’aime
Sous l’ombrage des ans

Je t’aimais
Aux jardins de l’aube
Je t’aime
Au déclin des jours

Je t’aimais
Dans l’impatience solaire
Je t’aime
Dans la clémence du soir

Je t’aimais
Dans l’éclair du verbe
Je t’aime
Dans l’estuaire des mots

Je t’aimais
Dans les foucades du printemps
Je t’aime
Dans l’escapade des saisons

Je t’aimais
Aux entrailles de la vie
Je t’aime
Aux portails du temps.
+ Lire la suite
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Zora-la-RousseZora-la-Rousse   08 février 2011
Enclos
Dans le fruit délectable
De nos corps
Dans la pulpe savoureuse
De notre chair
Nous oublions le temps
Son harpon impitoyable
Qui peu à peu nous dégrade
Et nous entraîne
Dans les filets de la mort

Comment se soumettre
Au détissage de nos peaux
Aux flux de nos rides
Aux piétinements de l'âme
Au pourrissement des os.

Comment ignorer
La morosité de l'aube
Les pâleurs de la nuit
Les brisures de la flamme
Ou le chant appauvri

Comment redresser
La fourbe courbure
Comment se détourner
De l'avenir suspendu ?"
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sabine59sabine59   19 juin 2018

Nuages

Les nuages frôlent
Falaises et crêtes
Courtisent les vallées
Tracent sur plan d'azur
De brèves et blanches écritures
Détissées par le temps

Face aux montagnes
Qui surplombent nos saisons passagères
Nous sommes ces nuages
Entre gouffres et sommet.
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coco4649coco4649   28 septembre 2014
7 ÉMERVEILLEMENTS
Émerveillements

Jamais au bout du mystère
Qui manœuvre les saisons
Ni de cette branche lépreuse
Qui regorge de feuillage
Ni de l'élan des fleurs
Ou l'essor des bourgeons
Ni de nos terres percluses
D'où naissent les moissons


Jamais au bout du secret
De l'écroulement des feuilles
Talonné par l'hiver acide
Ni des touffeurs de l'été
Après la fronde du printemps
Jamais de terme
Aux arcanes de la vie
Jamais de fin
À nos émerveillements !

p.97
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coco4649coco4649   30 septembre 2014
7 ÉMERVEILLEMENTS

L'Eau


Par la grâce de l'eau
Nous sommes nés à la terre

De sources en ruisseaux
De rivières en fleuves
De cascades en océans
Surpeuplant tous les sols
Au risque de naufrages

Issus de l'eau remuante
Nous subissons mêmes vagues
Mêmes houles mêmes remous
Mêmes écumes mêmes déluges
Jusqu'à mortelle sécheresse
En désertant le temps

Bâtis d'eau d'étoiles
Et d'une étrange chimie
Voués aux mutations
Fluides ou marécageuses
Voguant entre les berges
Ou bien à la dérive

Nous sommes les éphémères
Nous sommes les permanents.

p.110-111
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Videos de Andrée Chedid (48) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Andrée Chedid
Un entretien de la poétesse avec Catherine Pont-Humbert diffusé dans l’émission « À voix nue » du 11 au 15 mars 2002.
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