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ISBN : 2253037613
Éditeur : Le Livre de Poche (03/11/1985)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 271 notes)
Résumé :
Sur les bords du Nil, en Égypte, près de Thèbes, 2 000 ans avant Jésus-Christ.
Prêtre de la maison des morts, Imhotep doit veiller à l'entretien du tombeau d'un riche notable. En échange, il a reçu de nombreuses terres et des troupeaux. Ce propriétaire avisé n'a pas confiance dans l'esprit d'initiative de sa progéniture à qui il impose ses décisions.
Devenue veuve, sa fille Renisenb revient vivre au domaine familial, et perçoit vite les tensions généré... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  01 juin 2013
Sacrée Reine du Crime ! Si Agatha Christie a l'habitude de surprendre et de déstabiliser son lecteur, c'est encore plus vrai dans "La mort n'est pas une fin" !
Quittons la campagne anglaise et ses maisons à l'architecture compliquée et aux bibliothèques pleines de chandeliers, coupe-papiers, tisonniers, cale-livres et autres objets pouvant parfaitement convenir au rôle d'arme du crime et transportons-nous dans une toute autre ambiance, très éloignée de l'habituel Cluedo "christinien". Plongeons, à la suite de l'auteur, dans la lointaine Antiquité, sur les bords du Nil...
Je m'attendais plus ou moins à un bis de l'excellent "Mort sur le Nil" et quelle ne fut pas ma surprise de ce bond dans le passé de plus de 4 000 ans ! L'auteur manifeste ainsi son intérêt réel pour l'archéologie et l'égyptologie mais, à ma grande déconvenue, elle semble avoir été plus soucieuse de se faire plaisir que de faire plaisir à ses lecteurs.
Je m'explique. le grand paradoxe de cette intrigue policière réside dans le fait qu'Agatha Christie, bien que choisissant de la situer dans un contexte original et nouveau, est incapable d'en faire un roman historique. Vous me direz avec raison que ce n'est pas son rôle, c'est la reine du polar, pas la soeur de Christian Jacq ou la cousine de Guy Rachet. Vrai. A tel point que selon moi c'est presque du gâchis ! Agatha Christie aurait aussi bien pu situer son intrigue policière dans n'importe quel autre contexte, sur Mars, en Australie, au fond de la forêt amazonienne ou à Paris, à la Préhistoire, pendant la Révolution française ou les croisades, ça aurait été du pareil au même.
Ma curiosité, émoustillée au début de ma lecture par les rares descriptions des champs de lin, des embarcations remontant le Nil et par l'évocation de la puissante Thèbes, a rapidement été déconfite par le manque de précisions autour des moeurs, de la vie quotidienne ou des particularités des Egyptiens de cette lointaine époque qui, pourtant, n'a pas sa pareille pour éveiller les fantasmes du lecteur, la passion de l'historien ou l'intérêt du néophyte.
Du coup, j'ai vraiment eu l'impression d'assister finalement à une intrigue "à la Cluedo" habituelle avec des personnages anglais déguisés en Egyptiens, impression très bizarre... Ce n'est certes pas grâce à l'auteur mais bien grâce à ma propre imagination que j'ai réussi à me représenter tant soit peu les vêtements, la vaisselle, les habitations, les paysages, les coiffures, les bijoux, les codes de conduite, les croyances et tout ce qui a servi d'écrin à l'histoire d'Imhotep et ses enfants, pris dans une tourmente meurtrière non dénuée de suspense. Et pourtant, tournant les pages, j'attendais avec espoir ne serait-ce qu'un unique paragraphe me décrivant la fertile vallée du dieu-fleuve, ses cultures, sa chaleur, les clameurs des esclaves aux champs, le clapotis des eaux prisonnières du système d'irrigation, toutes ces réminiscences d'un monde sophistiqué, civilisé et depuis longtemps oublié... A peine ai-je eu droit à quelques lignes sur la pluralité des divinités et sur les rites funéraires... trop maigre consolation.
Assez dépitée, j'ai quand même suivi avec attention le déroulé de l'intrigue où se retrouve la patte d'Agatha Christie, toujours savoureuse. Néanmoins, c'est presque avec un sentiment de déception que je suis parvenue au point final de l'oeuvre, gardant en moi ce goût de "trop peu", cette espèce de spleen du lecteur pour tout ce qu'il me semble avoir raté et qui aurait pu rendre cette histoire vraiment inoubliable, ce qui, présentement, n'est absolument pas le cas.

Challenge AGATHA CHRISTIE
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scarlett12
  25 octobre 2017
L'intrigue de ce roman se déroule en Egypte, 2000 ans avant Jésus-Christ.
Ici, pas d'Hercule Poirot ni de Miss Marple ou autre.
Comme toujours dans les livres d'Agatha Christie, il y a meurtre(s) évidemment mais aussi le cercle restreint de la famille et amis parmi lesquels se cache le(la) coupable. C'est ce qui fait tous le charme d'Agatha Christie, l'intrigue psychologique. le fait que l'histoire ne se déroule pas en Angleterre parmi les manoirs ne change rien à ce fait.
Il y a donc Imhotep, le père de famille, veuf, ses trois fils, Yahmose, le jovial, , Sobek, le sanguin,leurs épouses respectives et leurs enfants, Ipi, le benjamin, chouchou de leur père et puis sa fille Renisenb, veuve avec une petite fille. Esa, la mère d'Imhotep, pleine de bon sens, Hénet, la servante fureteuse et bavarde, un scribe et un musicien.
Un jour Imhotep revient de voyage accompagné d'une jeune concubine, la belle et dédaigneuse Nofret.
Celle-ci ne s'entend pas du tout avec le reste de la famille et tente d'imposer sa loi à Imhotep au détriment de sa famille.
Depuis son arrivée, rien ne fonctionne plus correctement dans les rapports entre tout ce petit monde.
Et puis arrive ce qui devait arriver, une première mort bientôt suivie de plusieurs autres .... On ne s'appelle pas Agatha Christie pour rien !
Il va donc falloir trouver le(la) coupable parmi ceux-ci.
L'intrigue est, comme d'habitude, très bien menée et comme dans la plupart des cas, on ne s'attend pas du tout au dénouement.
Ce roman figure dans la dizaine que je préfère d'Agatha Christie (je les ai tous lus).
Je le recommande donc aux amateurs de cette dernière.
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Neneve
  20 janvier 2019
La mort n'est pas une fin est un livre plutôt atypique dans la bibliographie de Agatha Christie : elle délaisse, l'espace de cette histoire, l'Angleterre et son XXe siècle pour amener son lecteur dans l'Égypte, quelques 2000 ans avant Jésus-Christ. Ce n'est pas banal, mais pas totalement incompréhensible, puisque nous savons que Agatha Christie est une grande amoureuse d'histoire et qu'elle accompagnait souvent son mari dans ses voyages... Mais au final, cette histoire aurait pu se dérouler dans le décor habituel, puisque, certes, l'Égypte sert de décor, mais ne nous renseigne pas autant qu'on l'aurait voulu, sur les us et coutumes de l'époque... Mais un peu quand même, surtout sur les rites funéraires, puisque qui dit Christie, dit morts en série... Ici, les meurtres se déroulent dans une famille bien nantie, qui voit se décimer de la nouvelle concubine du père, d'un frère, d'une épouse et d'un jeune garçon qui en avait trop vu... L'histoire a tardé à se mettre en place... les 100 premières pages ont été longues, et ce n'est pas banal, puisque le roman n'en contient que 250... et puis, après sa déboule, évidemment, avec tous ces morts... Un peu tiré par les cheveux... Mais bon, j'adore cette autrice et je ne me lasserai jamais de la lire... Pas le meilleur, mais heureusement que j'en ai d'autres dans ma PAL...
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Musardise
  26 juillet 2015
Dès la note de l'auteur, tout est dit : l'intrigue se déroule à Thèbes, sous l'Égypte ancienne, mais la période et le lieu importent peu. Il ne s'agit pas ici d'un roman policier à tendance historique. Comme Agatha Christie ne nous a jamais habitués à décrire, et encore moins à analyser, la société et l'époque qui servent de décor à ses romans - sauf à utiliser quelques clichés un rien usés et caractéristiques d'un esprit pour le moins conservateur -, nous ne serons donc pas déstabilisés. "La mort n'est pas une fin", c'est bien du Agatha Christie pur jus.
Nous allons donc être plongés dans une histoire typique d'une certaine catégorie de ses romans : celle du conflit familial, et, plus précisément, du conflit entre un père et ses fils. "Une poignée de seigle" est un bon exemple du genre. Ici, Renisenb, l'héroïne, revient vivre chez son père après la mort de son mari, retrouvant ses trois frères, ses deux belles-soeurs, sa grand-mère et Hori le scribe. Or Imothep, le chef de famille, a décidé de prendre une très jeune (encore plus jeune que sa fille) et très belle concubine, choix qui amène la discorde au sein de la cellule familiale. Jusqu'à ce que Nofret, la concubine, meure, apparemment accidentellement. Suit une seconde mort, puis une troisième, puis encore une autre...
C'est là que réside l'originalité de ce roman. Jamais, je crois, Agatha Christie n'avait poussé le nombre de morts aussi loin (sept, en tout), introduisant la figure d'un(e) tueur(se) en série. Jamais non plus elle n'avait autant utilisé les mots "evil" (mal) et "rotten" (pourri), qui reviennent pourtant régulièrement dans ses autres romans, notamment dans la bouche de Poirot ou de Miss Marple. On avait déjà pu remarquer qu'elle associait volontiers la notion de "evil" au soleil et à la chaleur. Peut-est-ce là la véritable raison du choix de l'Égypte ancienne comme contexte. "La mort n'est pas une fin" est un roman sur le mal qui grandit et se propage dans un individu ; on peut d'ailleurs noter une certaine parenté, sur ce point, avec "La nuit qui ne finit pas". Mais c'est aussi une réflexion sur la mort et la vie - l'aspect philosophique est clairement assumée.
Pour autant, Agatha Christie n'est pas Georges Bataille et l'analyse du mal, comme celle du sens de la vie et de la mort, s'avère assez superficielle. de plus, j'avais le souvenir d'une première lecture, datant d'une quinzaine d'années, au cours de laquelle j'avais trouvé l'héroïne sympathique et Hori le scribe absolument charmant. Je dois bien avouer qu'aujourd'hui Renisenb me paraît fade et nunuche, et Hori péniblement moralisateur. En revanche, j'ai redécouvert avec plaisir le personnage d'Esa, la grand-mère observatrice et particulièrement maligne. L'intrigue, forcément, ne m'a pas tenue autant en haleine que la première fois, mais cette série de meurtres qui semble ne jamais devoir finir vaut le détour pour son côté inédit dans l'oeuvre de l'auteur.
J'ajoute pour finir qu'il s'agit là d'un roman assez triste : mais à ça, Agatha Christie nous avait déjà habitués.
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Biblioroz
  25 mars 2018
Dépaysement garanti dans ce roman qui nous emmène dans l'Égypte ancienne, au bord du Nil, quelques deux mille années avant Jésus-Christ. Les prénoms, à eux seuls, nous propulsent dans cet univers bien lointain. Les papyrus, les offrandes, les rites funéraires avec les scribes et les embaumeurs nous immergent dans cette ambiance égyptienne d'une autre ère.
Renisenb, jeune veuve, revient au domaine familial. Huit années se sont écoulées depuis son départ mais elle éprouve rapidement un sentiment de sécurité en observant que finalement rien n'a changé. Rassurée, elle pense reprendre le cours de sa vie d'avant, dans les appartements des femmes.
Mais l'ambiance familiale va être bien vite perturbée par l'arrivée d'une jeune et belle concubine dont le père s'est entiché. Cette jeune Nofret avec son sourire félin éveille un sentiment de malfaisance perçu par toute la famille.
Cette chronique familiale où la peur plane de plus en plus, où la sensation qu'une âme maléfique rôde, est tout à fait captivante.
Agatha Christie campe ici une galerie de personnages mais tout l'intérêt de cette intrigue réside dans le fait qu'il ne faut pas se fier aux apparences mais plutôt aller chercher la véritable nature des êtres en creusant sous l'enveloppe visible.
Les frères de Renisenb sont tiraillés de part et d'autre par leurs femmes ambitieuses et par le père autoritaire et narquois.
La vieille servante, mielleuse et geignarde, soit disant toute dévouée à la famille, a toujours les oreilles et les yeux qui traînent.
La grand-mère, la vieille Esa, avec ses propos acérés semble bien perspicace au sujet de sa famille.
Les rancoeurs vont crescendo et l'intérêt porté à cette lecture aussi. Plus j'avançais, plus les soupçons sur telle ou telle personne se précisaient, avant d'être remarquablement déjoués par les nouveaux éléments et nouveaux évènements apportés par la Reine du Crime. Une fois commencée, difficile de s'extraire de cette aventure historico-policière que je trouve très réussie !
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   09 septembre 2013
(20e JOUR)
Renisenb, debout, regardait le Nil.
Elle entendait au loin ses frères, Yahmose et Sobek, qui se disputaient pour savoir s’il convenait ou non de renforcer les digues en un certain endroit. La voix de Sobek était, comme toujours, puissante et assurée. Il avait l’habitude d’être toujours certain de ce qu’il avançait. Plus basse et comme étouffée, la voix de Yahmose reflétait le doute et cette anxiété qui était dans son caractère. Il était le fils aîné et, tandis que son père visitait ses propriétés du Nord, la direction des cultures restait plus ou moins entre ses mains. Yahmose était lent, prudent et toujours enclin à découvrir des difficultés là où il n’y en avait pas. Solidement bâti, il se déplaçait sans hâte et ne possédait ni la gaieté, ni la confiance en soi de Sobek.
Depuis sa plus petite enfance, Renisenb avait toujours entendu ses deux aînés se disputer avec les mêmes accents. Elle en éprouva comme un sentiment de sécurité. Elle se retrouvait chez elle. Oui, elle était revenue chez elle…
Cependant, comme ses yeux erraient de nouveau sur le fleuve aux eaux miroitantes, sa douleur lui revint, avec une révolte. Khay, son jeune époux, était mort… Khay, un visage riant et de larges épaules…
Khay était avec Osiris au Royaume des Ombres, et elle, Renisenb, sa femme bien-aimée, elle restait seule avec son chagrin. Pendant huit ans, ils vécurent ensemble. Elle était presque une enfant encore lorsqu’il l’épousa et maintenant, veuve, elle revenait chez son père, avec Teti, la fille de Khay.. Elle eut soudain l’impression qu’elle n’avait jamais quitté la maison paternelle. Elle en éprouva comme une joie. Elle oublierait ces huit années, si pleines d’un bonheur que rien ne venait ternir, elle oublierait cette perte qui l’avait laissée déchirée et meurtrie…
Oui, elle oublierait. Il fallait redevenir Renisenb, la fille d’Imhotep, le prêtre de Ka, l’insouciante Renisenb d’autrefois. L’amour lui avait été cruel pour lui avoir trop donné. Khay avec ses larges épaules bronzées et sa bouche qui riait…
Aujourd’hui, Khay était embaumé, enveloppé dans des bandelettes, protégé par des amulettes dans son voyage dans l’autre monde. Il n’y avait plus de Khay dans celui-ci, plus de Khay pour naviguer sur le Nil, pêcher et rire dans le soleil, cependant que sa femme, allongée dans le bateau, la petite Teti sur son giron, lui renvoyait son rire…
Elle songeait :
« Je ne dois plus penser à cela ! C’est le passé. Je suis revenue chez mon père et tout est comme autrefois. Il faut que, moi aussi, je redevienne celle que j’étais autrefois et tout, alors, sera comme avant. Teti a déjà oublié. Elle joue et elle rit avec les autres enfants. » Renisenb se retourna brusquement et se remit en route vers la maison, croisant en chemin quelques ânes lourdement chargés qu’on conduisait vers le fleuve. Elle passa près des greniers à blé et, le porche extérieur franchi, arriva dans les jardins qui s’étendaient autour de la maison. Il y faisait bon. La piscine, à l’ombre des sycomores, était entourée d’une ceinture de lauriers-roses et de jasmins en fleur. Jouant avec de grands cris perçants, Teti et les autres enfants se poursuivaient, entrant et sortant sans cesse du pavillon qui se trouvait sur un des côtés de la piscine. Renisenb remarqua que Teti s’amusait avec un lion
en bois, dont la bouche s’ouvrait et se refermait à l’aide d’une ficelle sur laquelle on tirait. Ce jouet, elle l’avait elle-même adoré quand elle était toute petite. « Oui, murmura-t-elle encore une fois avec une émotion reconnaissante, je suis bien chez moi ! » Rien n’était changé, tout était comme autrefois. Sa vie continuait, identique à ce qu’elle fut. Teti était l’enfant, et elle, une des mères qui restaient, nombreuses, enfermées dans la maison, mais l’essence des choses demeurait la même. Une balle, jetée par un des enfants, vint rouler à ses pieds. Elle la ramassa et la lui renvoya en riant. Puis elle s’avança sous la voûte de la maison riante entre ses colonnes aux vives couleurs, traversa la grande chambre centrale, avec sa frise peinte de lotus et de coquelicots, et gagna le quartier des femmes sur l’arrière de la maison. Des voix aiguës frappèrent son oreille. Elle s'immobilisa, ravie d’entendre de nouveau les vieux échos familiers. Satipy et Kait discutaient, comme toujours ! Elle retrouvait le timbre élevé de la voix de Satipy, toujours prête à commander et à bousculer tout le monde. Satipy, la femme de son frère Yahmose, était une personne énergique qui parlait haut, jolie d’ailleurs, mais autoritaire. Elle passait son temps à donner des ordres, à presser les domestiques et à trouver que « ça » n’allait pas comme il fallait. Mais, à force de crier et parce qu’elle avait de la personnalité, elle obtenait des choses qu’on eût crues impossibles. On craignait sa langue et on courait pour lui obéir. Yahmose lui-même admirait son épouse, par laquelle il se laissait rabrouer avec une résignation qui rendait Renisenb furieuse.
Par intervalles, entre deux phrases de Satipy, la voix calme et obstinée de Kait se faisait entendre. Kait avait épousé le beau et joyeux Sobek. C’était une femme solide, avec un bon gros visage, qui ne s’occupait guère que de ses enfants, lesquels représentaient à peu près son seul sujet de conversation.
Dans ses discussions quotidiennes avec sa belle-soeur, elle soutenait son point de vue en répétant avec un
entêtement que rien ne pouvait fléchir l’argument qu’elle avait fait valoir au début. Elle ne s’emportait
pas, n’apportait dans le débat aucune passion, mais s’en tenait à son opinion, bien résolue à n’en point
changer Sobek l’aimait beaucoup et l’entretenait volontiers de ses affaires, assuré qu’il était qu’elle ferait
semblant de l’écouter, qu’elle pousserait, approbatifs ou non, les grognements convenables et qu’elle ne
se souviendrait de rien, son esprit ayant tout le temps été absorbé par...
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OutremesureOutremesure   11 janvier 2014
Il était chaud quand je le saisis, chaud comme la braise, et ma main fut brûlée de telle sorte que je doute de jamais être débarrassé de la douleur. Mais au moment ou j'écris, il est refroidi, et il paraît se rétrécir, sans pourtant perdre sa beauté ni sa forme. Déjà l'inscription qu'il portait et qui au début était aussi claire que la flamme rouge s'estompe et devient à peine lisible. Elle est formée de caractères elfiques d'Eregion, car il n'y a pas en Mordor de lettres convenant à un travail aussi subtil; mais le langage m'est inconnu. Je pense qu'il s'agit d'une langue du Pays Noir, car elle est grossière et barbare. Quel mal elle énonce, je l'ignore; mais j'en trace ici une copie, de peur qu'elle ne disparaisse définitivement. Il manque peut-être à l'Anneau la chaleur de la main de Sauron, qui était noire tout en brûlant comme du feu, et ainsi Gil-galad fut détruit; et peut-être si l'or était de nouveau réchauffé, l'écriture serait-elle ravivée. Mais pour ma part, je ne risquerai pas d'endommager cet objet: de toutes les œuvres de Sauron, la seule belle. Il m'est précieux, bien que le paie d'une grande souffrance.
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Gwen21Gwen21   06 juin 2013
- [...] Pour la plupart des femmes, être heureuse, c'est s'occuper d'une foule de choses sans importance, soigner ses enfants, rire, bavarder, se quereller avec d'autres femmes et échanger avec un homme tantôt des propos d'amour, tantôt des phrases méchantes. Le bonheur, pour ces femmes-là, c'est toutes sortes de petites choses, enfilées comme les perles d'un collier.
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Dionysos89Dionysos89   22 mars 2012
- C'est vrai, dit-elle, il m'a donné mes enfants. De cela, je le remercie. Mais, lui, tout bien considéré, qu'était-il ? Un bel homme et un vantard, qui passait son temps à courir après les autres femmes. Il n'aurait pas choisi quelque domestique, qui se serait tenue à sa place et nous aurait rendu service. Non, il préférait fréquenter des cabarets malfamés, dépensant là sans compter, à boire et à s'amuser avec des danseuses qui lui coûtaient cher. Ma seule chance a été que son père ne lui donnait pas énormément d'argent et surveillait ses comptes de près. Pourquoi aurais-je aimé et respecté un homme comme ça ?… D'ailleurs, les hommes, qu'est-ce que c'est ?… Ils sont nécessaires pour engendrer les enfants, un point c'est tout ! La force d'une race est dans ses femmes. C'est nous, Renisenb, qui transmettons à nos petits tout ce qui nous appartient. Quant aux hommes, le mieux qu'on puisse souhaiter, c'est qu'ils meurent jeunes !
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scarlett12scarlett12   25 octobre 2017
Rien qu'un regard ... une lueur fugitive où se lisait la peur, l'aveu ... A moins qu'elle ne se soit trompée ? Etait-elle si sûre de ce qu'elle avait vu ? Après tout, ses yeux n'étaient plus ce qu'ils avaient été ...
Hélas, oui, elle en était sûre. C'avait moins été l'expression d'un visage qu'une sorte de tension soudaine de tout le corps ... un figement, un raidissement. Pour une personne - et une personne seulement -, ses divagations avaient eu un sens. Le sens implacable, inéluctable de ce qui est la vérité ...
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Videos de Agatha Christie (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Agatha Christie
Après une première vie de documentariste, chroniqueuse radio et dramaturge, Julie Birmant ajoute le 9ème Art à ses nombreux talents de scénariste en 2010. Elle publie avec Catherine Meurisse un premier album remarqué : Drôles de femmes, dix portraits de femmes drôles célèbres (Yolande Moreau, Sylvie Jolie, Claire Bretécher...). Avec Pablo, qui retrace la jeunesse de Picasso, elle collabore avec Clément Oubrerie pour la première fois, et signe une grande et belle série en quatre albums. Le duo revient en 2018 avec une nouvelle série, de fiction cette fois, intitulée : Renée Stone, entre Agatha Christie et Indiana Jones. Découvrez le tome 1 de Renée Stone : http://www.dargaud.com/bd/Renee-Stone/Renee-Stone/Renee-Stone-tome-1-Renee-Stone
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