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ISBN : 2878581520
Éditeur : Viviane Hamy (15/10/2001)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.94/5 (sur 3582 notes)
Résumé :
Pour avoir rossé un armateur responsable de la mort de deux marins, Joss Le Guern, capitaine du chalutier "Le Vent de Norois", a connu la prison, puis le chômage avant d'échouer à Paris et de devenir "crieur", place Edgar Quinet.
Trois fois par jour, Joss relève les messages, accompagnés de pièces ou de billets, que ses clients ont déposés dans sa boîte et, trois fois par jour, perché sur une estrade, il crie les nouvelles devant les habitués du quartier. Un ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (201) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
23 mai 2015
Soyons honnête, je n'avais jamais lu du Fred Vargas par préjugés (j'ai même longtemps cru que c'était un homme... c'est pour dire...). En effet, ce titre me faisait rire mais ne me donnait aucune envie de lire le contenu. Je me disais "et pourquoi pas Va faire les courses et n'oublie pas les carottes " ? Bref, il m'arrive ainsi de passer à côté de certaines lectures par bêtise (parfois c'est le nom de l'auteur qui me rebute... oui, je sais, c'est grave, Doc !) Heureusement que certaines personnes ne réagissent pas comme moi et qu'elles ont eu raison de mon entêtement. Il faut dire que pour cet opus, le mot magique a été prononcé : "Moyen-Âge". Que voulez-vous, je n'y résiste pas ! Alors c'est quand même avec un certain scepticisme que j'ai ouvert ce roman, me demandant bien comment ma période préférée allait pouvoir intervenir dans un polar moderne... et j'ai tourné les pages à une cadence frénétique. Parce qu'il faut bien le dire, c'est bien fichu, bien ficelé et j'ai vraiment aimé. Oui, oh, je vous vois arriver avec vos grands sabots, vous allez dire que tant qu'il y a du Moyen-Âge, cela ne peut que me plaire. Eh bien non ! Car on a tellement surfé sur la vague des romans historiques que l'on peut lire tout et n'importe quoi. Quant aux polars, je deviens difficile pour en avoir lu une flopée.
Sous une écriture en apparence légère, notre romancière sait parfaitement travailler la psychologie des personnages et jouer sur les nerfs du lecteur. C'est bien écrit, très fluide et agréable à lire. Il ne me reste plus qu'à aller voir ses autres livres maintenant !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Dionysos89
13 mars 2014
Comme dirait un sacré contributeur de Babelio, « de temps en temps, rien ne vaut un bon vieux polar ! » Bon, celui d'aujourd'hui n'est pas spécialement vieux, voire même pas du tout (2001 !), mais le Pars vite et reviens tard, de Fred Vargas, fait parfaitement l'affaire.
Quand on débute dans la lecture de romans policiers écrits par Fred Vargas, on s'attend sûrement à une histoire qui vaut particulièrement le détour ou bien à un style qui a su marquer de si nombreux lecteurs. Force est de constater que ce n'est pas le cas. Pour autant, point de grande déception à avoir puisque nous sortirons de cette lecture avec un sentiment non grandiloquent, mais au moins satisfait.
Fred Vargas nous propose deux histoires construites en parallèles et qui ne sont destinées à se réunir qu'au bout d'une centaine de pages : Joss le Guern, ses rêveries schizophréniques et son métier de crieur public d'un côté, le commissaire Adamsky, ses TOC et son instinct hors pair de l'autre. Dans leurs deux trajectoires, destinées à se rejoindre sur une affaire louche, nous trouvons heureusement à chaque fois un personnage providentiel décelant la menace dans des actes bien peu clairs. Il est étonnant, mais pas inutile, de constater que nous avons là un thriller finalement très lent, puisque l'enquête policière ne s'accélère vraiment qu'à partir de 150 pages (sur 350). Sans en dévoiler de trop, la clé de l'enquête est, en vérité, contenue tout entière dans le titre, même si nous ne le comprenons que bien tard dans la lecture.
Pour autant, le style est vraiment agréable, et même en s'arrêtant régulièrement (comme j'ai dû le faire, personnellement, pour cause de lecture au travail, en transports en commun et entre deux activités), il est très simple de se retrouver dans l'intrigue en quelques mots de l'auteur. En plus de cela, elle multiplie les descriptions de scènes anecdotiques – procédé à double tranchant puisqu'il permet de nous lancer doucement dans le contexte de l'enquête, mais ringardise malgré tout certaines facettes des personnages – et les métaphores environnementales (mers déchaînées, rochers abrupts, etc.) dès les premiers chapitres.
Pars vite et reviens tard est donc un roman policier qui ne cherche pas la grandiloquence ou le sensationnel, mais réussit sans mal à nous emmener à la poursuite de cette tuerie en série pas comme les autres sur fond d'héritage mortifère.
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Relax67
02 septembre 2014
Qu'est-ce que je fiche ici moi ?
Je décide enfin d'écrire mon avis sur un polar lu pendant les vacances et me voilà catapulté dans une brasserie tonitruante, assis à une table en compagnie d'une bande d'énergumènes qui me scannent du regard.
« Content que vous ayez pu venir, me dit le gars assis en face de moi. Je suis le commissaire Adamsberg ».
J'ai un petit vertige évidemment. Un verre est placé devant moi. Je le vide cul-sec ; manque de m'étouffer. le grand type assis à ma gauche me flanque des coups de battoir dans le dos. Je récupère.
Je zieute autour de moi. Je dois être au Viking, le bar qui sert de QG à Adamsberg dans le polar. Celui-ci ressemble tout à fait à l'image que je m'en étais fait (normal, c'est moi qui raconte). A sa droite le type gras et collet monté à sa droite doit être l'adjoint Danglard, le vieil érudit qui a amené une douzaine de vieux bouquins correspond à Décambrais et le gars aux battoirs est évidemment le Guern.
« Je suis content de vous voir, leur dis-je. Mais vous avouerez que la situation est cocasse. »
Adamsberg m'arrête d'un geste de la main. « Il a été porté à notre attention que vous pourriez détenir des informations sur une affaire sérieuse dont je m'occupe.
-- Vous voulez parler des étranges citations que monsieur le Guern ici présent déclame tous les jours au carrefour Edgard Quinet et des quatre inversés que l'on peint partout sur les portes de Paris ? »
Là j'avais fait mon effet. C'est eux qui manquèrent s'étouffer, mais je n'avais pas de battoir sous la main pour les soulager.
« Bien sûr que j'ai des renseignements, continuai-je, je sais tout. Je sais même comment ça va se terminer puisque j'ai lu le bouquin.
-- le bouquin ? demanda Décambrais.
-- Eh bien oui, le bouquin dont vous êtes tous les héros. »
Là je viens de faire mon second effet : passer pour un cinglé. Mais ça n'avait pas l'air d'étonner Adamsberg qui paraissait regarder ses propres pensées en transparence à travers moi.
« Donc pour vous l'histoire qui nous occupe est écrite, et vous savez comment elle se termine. C'est cela ?
-- C'est cela.
-- Donc on ne nous a pas menti. Vous êtes une source d'information primordiale.
-- Mais je ne peux rien vous dire.
-- Pourquoi ?
-- Parce qu'on ne raconte pas la fin d'un livre.
-- C'est une affaire sérieuse, s'énerve Décambrais. Des vies sont peut-être en jeu.
-- Des vies de papier, réponds-je.
-- Et alors ? Ne méritent-elles pas de vivre aussi ? »
En fait je meurs d'envie de déballer l'histoire. La coque du navire prend l'eau et il va y avoir des fuites. Il faut que je lâche quelque chose.
« Si vous voulez je peux vous donner mon sentiment général sur cette histoire. Je suis un peu critique littéraire amateur (là je me vante un max). Je lis peu de polars. C'est un collègue qui m'a dit « si tu aimes les romans où les faits historiques ont une place importante, lis-ça ». Eh bien il avait raison; j'ai passé un bon moment. D'abord parce que c'est original pour moi, ce mélange de serial killer et d'érudition médiévale. La touche historique s'insère bien dans l'aventure et on n'a jamais l'impression que l'auteur cherche seulement à montrer à quel point elle est savante. Et vous autres personnages êtes sacrément hauts en couleur. Si, si ! Il y a presque une facette fantastique du quotidien en chacun de vous. Vous me faites penser aux personnages de Jean-Pierre Jeunet dans « Amélie Poulain » ou « Micmacs à tire-larigot », vous connaissez ?
C'est vous, le Guern, qui êtes mon personnage préféré, dis-je en me tournant vers mon voisin qui me regardait comme si j'étais Moby Dick, vous et votre aïeul fantôme qui vous accompagne, vous et la marée bretonne qui ne vous quitte jamais. Dommage que votre rôle s'amenuise au fil de l'histoire. J'aurais aimé que vous soyez plus… fondamental, plus intrinsèque à l'énigme
-- Je ne sais pas si être « intrinsèque » est une bonne chose… répond-il. Mais c'est gentil… je crois.
-- Et vous commissaire, vous avez vraiment une façon particulière de penser. Danglard ici présent pense probablement que ça tient de la magie. Moi je suis persuadé que votre « intuition » n'est qu'une façon instinctive et particulièrement efficace de manier la logique. Votre algorithme est profondément implanté dans votre subconscient et se passe du formalisme du langage. Vous me faites penser à ces gens qui peuvent effectuer de tête une division de nombres à vingt-sept chiffres en deux demi-secondes. En revanche, je n'apprécie pas tellement votre absence de considération pour vos contemporains. Vous leur faites parfois du mal vous savez, comme à Camille votre amoureuse, et ça ne vous touche jamais. Triste !
-- Cela ne nous aide pas beaucoup, répond l'intéressé avec un froncement de sourcil sévère.
-- Vous vous attendiez à une révélation comme celle que Saint Paul a reçue sur son chemin ? Je vous l'ai dit. Je n'ai pas le droit de jouer à Dieu en vous révélant les aboutissants de votre affaire. Je vous avouerai quand même que la mayonnaise n'a pas entièrement pris. Je ne sais pas trop pourquoi. Probablement parce qu'on reste trop dans le concret contemporain. On ne voyage pas assez dans l'Histoire ou l'Imaginaire qui aident mon sang à circuler. Probablement que cela a aussi un rapport avec le moment et l'endroit où j'ai lu le livre. Bref, je ne sais pas si j'essaierai de vous croiser à nouveau, commissaire. »
Je me lève.
« Malaxez tout ça commissaire. Peut-être que cela vous aidera. Mais en toute sincérité vous n'avez pas besoin de moi pour résoudre cette histoire. »
Tout disparaît. Je me retrouve face à mon ordi.
Pourquoi ne pas taper ce que je viens de rêver ?
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cannibalector
02 avril 2015
Joss le Guern, ex marin breton est crieur public sur une une petite place
parisienne; les gens déposent des messages accompagnés de quelques francs que le crieur clamera trois fois par jour tout en récitant la méteo marine ainsi qu'une bréve historique racontant le naufrage d'un bateau. Mais il est déboussolé quand il doit lire des messages abscons, vaguement inquiétants, écrits en vieux français et en latin. Son logeur, habitué fidèle et vieil érudit, se met à chercher l'origine de ces missives.
Le commissaire Adamsberg, en train de s'installer comme nouveau chef d'une brigade d'homicide, est intrigué par des symboles peints en noir dans plusieurs immeubles parisiens
Puis des cadavres sont retrouvés nus, étranglés, et couverts de suie de charbon à proximité ou dans ces immeubles tagués
L'homme pressé, cher à Paul Morand, achetant vite fait au kiosque Hachette de la gare ce bouquin,,faute d'avoir trouvé un Corben ou un Ludlum sera trés vite désapointé: lenteur, tergiversation, discussion de comptoir,description historique, invraisemblance( un crieur en l'an 2000 !) porteront gravement atteinte à sa sérénité et la sentence,inéluctable, tombera " y a pas à dire , mais y a que les amerloques qui font des bons polars"
En effet, içi, nous avons un roman français.Notre histoire, notre géographie, nos coutumes constituent le socle du roman. de Paris à Marseille, de la Bretagne à la Normandie, du xi eme siecle au début du 20eme, le commissaire adamsberg est balloté.
Car, paradoxalement, Fred Vargas semble abandonné notre cher esprit cartésien au profit d'un vagabondage intellectuel et poétique( c'est le reflet du soleil sur une bague qui mettra le commissaire sur la bonne piste)
Mais que les amateurs de polar soient rassurés: l'intrigue est forte, fourmille de fausses pistes, le suspens est total jusqu'à la dernière page
Adamsberg: ne pars pas et revient tot
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fredho
31 décembre 2012
Mon premier Fred Vargas, très attirée par son titre, je me suis laissée tenter pourtant je suis de loin une inconditionnelle de romans policiers.
Expérience comblée, Fred Vargas m'a séduite et surtout entraînée dans une enquête tortueuse et passionnante.
Joss le Guern, un ancien marin breton, reprend le métier de crieur public sur une petite place Edgar Quinet à Paris. Une familiarité s'instaure autour de cette place, un petit monde se côtoie et finit par créer une sorte de petite famille.
Certains traînent un passé troublant et d'autres une vie plutôt mystérieuse.
Depuis peu le crieur public découvre dans son urne à messages des textes anciens inquiétants annonçant le fléau de Dieu : La peste.
De l'autre côté de Paris, dans un commissariat Adamsberg commissaire de la brigade criminelle reçoit une femme apeurée, elle alerte ce dernier que des 4 alambiqués sont peints en noir sur des portes de son immeuble. Ces grands 4 inversés représentent le signe de croix à main levée, il s'avère qu'au XIVè ces symboles étaient censés protéger de la contamination de la peste.
Très vite, les deux affaires se rejoignent, Adamsberg et son coéquipier Danglard vont mener une enquête machiavélique.
Ce polar contient tous les arguments pour nous captiver, un duo de flics insolite, des protagonistes atypiques, mystérieux voire attachants, l'intrigue est déroutante, introuvable, l'auteure très bien documentée nous fait découvrir des faits historiques relatifs à la croyance populaire sur le fléau de la peste, enfin tout ça combiné avec humour, suspense et dans un style d'écriture simple et bien rythmé.
« Pars vite et reviens tard » est un roman policier qui se délecte avec un réel plaisir et nous laisse une délicieuse saveur une fois le livre achevé.

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Citations & extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
tonpdgtonpdg10 mai 2017
Les types, à Paris, marchent beaucoup plus vite qu’au Guilvinec, Joss l’avait constaté depuis longtemps. Chaque matin, les piétons s’écoulaient par l’avenue du Maine à la vitesse de trois nœuds. Ce lundi, Joss filait presque ses trois nœuds et demi, s’efforçant de rattraper un retard de vingt minutes.
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BMRBMR06 août 2007
- Tu sais Camille, que le jour où Dieu créa Adamsberg, Il avait passé une fort mauvaise nuit.
- Ah non, dit Camille en levant les yeux, je ne savais pas.
- Si. Et non seulement Il avait mal dormi, mais Il se trouvait à court de matériel. Si bien que, comme un étourdi, Il alla frappé chez son Collègue pour lui emprunter quelque attirail.
- Tu veux dire ... le Collègue d'en-bas ?
- Evidemment. Ce dernier se jeta sur l'aubaine et s'empressa de lui procurer des fournitures. Et Dieu, hébété par sa nuit blanche, mélangea le tout inconsidérement. De cette pâte, Il tira Adamsberg. Ce fut vraiment un jour pas ordinaire.
- Je n'étais pas au courant.
- Ca traîne dans tous les bons livres, dit Danglard en souriant.
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clarinetteclarinette29 juin 2008
"Joss avait compris depuis longtemps que les choses étaient douées d'une vie secrète et pernicieuse. Hormis peut-être certaines pièces d'accastillage qui ne l'avaient jamais agressé, de mémoire de marin breton, le monde des choses étaient à l'évidence chargé d'une énergie tout entière concentrée pour emmerder l'homme. La moindre faute de manipulation parce que offrant à la chose une liberté soudaine, si minime fût-elle, amorçait une série de calamités en chaîne, pouvant parcourir toute une gamme , du désagrément à la tragédie. Le bouchon qui échappe aux doigts en était, sur le mode mineur, un modèle de base. Car un bouchon lâché ne vient pas rouler aux pieds de l'homme, en aucune manière. Il se love derrière le fourneau, mauvais, pareil à l'araignée en quête d'inaccessible, déclenchant pour son prédateur, l'Homme, une succession d'épreuves variables, déplacement du fourneau, rupture du flexible de raccordement, chute d'ustensile, brûlure. Le cas de ce matin avait procédé d'un enchaînement plus complexe, amorcé par une bénigne erreur de lancer entraînant fragilisation de la poubelle, affaissement latéral et épandage du filtre à café sur le sol. C'est ainsi que les choses, animées d'un esprit de vengeance légitimement puisé à leur condition d'esclaves, parvenaient à leur tour par moments brefs mais intenses à soumettre l'homme à leur puissance larvée, à le faire se tordre et ramper comme un chien, n'épargnant ni femme ni enfant. Non, pour rien au monde Joss n'aurait accordé sa confiance aux choses, pas plus qu'aux hommes ou à la mer. Les premières vous prennent la raison, les seconds l'âme et la troisième vie."
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Dionysos89Dionysos8904 avril 2014
Ces moments où il avait eu raison contre toute raison n’étaient pas ses meilleurs. Ils l’accablaient brièvement, comme s’il sentait peser sur lui le poids d’un don pernicieux offert à sa naissance par une fée Carabosse devenue gâteuse et qui aurait, au-dessus de son berceau, prononcé ces paroles : « Puisque vous ne m’avez pas conviée à ce baptême – ce qui n’avait rien de surprenant, vu que ses parents, pauvres comme Job, avaient fêté seuls sa naissance au fond des Pyrénées en l’enroulant dans une bonne couverture – puisque vous ne m’avez pas conviée à ce baptême, je fais don à cet enfant de pressentir le merdier là où les autres ne l’ont pas encore vu. » Ou quelque chose comme ça, en mieux dit, car la fée Carabosse n’était pas la dernière des illettrées ni un grossier personnage, en aucun cas.

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araucariaaraucaria31 octobre 2016
- Mais je vais vous frustrer, j'en ai peur. Je ne chercherais pas votre semeur au sein d'une famille décimée par la peste. Mais au sein d'une famille épargnée. Cela fait des milliers de gens possible et non plus seulement trente-quatre.
- Pourquoi épargnée?
- Parce que votre semeur se sert de la peste comme instrument de puissance.
- Eh bien?
- Tel ne serait pas le cas si la peste avait vaincu sa famille. Il l'abominerait.
- Je pensais que je faisais erreur quelque part, dit Adamsberg en reprenant sa marche, les bras croisés dans le dos.
- Pas une erreur, Adamsberg, une simple cheville qui n'était pas dans le bon sens. Car si le semeur use de la peste comme instrument de pouvoir, c'est qu'elle a, en son temps, donné pouvoir à sa famille. Le foyer a dû être épargné, comme par miracle, au sein d'un quartier où tous les autres mouraient. Et la famille a pu payer le prix fort de ce miracle. Le pas est vite franchi de haïr ceux qui s'en sortent puis de les soupçonner de bénéficier d'une force secrète, puis de les accuser de semer le fléau. Vous connaissez la sempiternelle histoire. Je ne serais pas étonné que sa famille ait été montrée du doigt puis menacée, honnie, et qu'elle ait dû fuir les lieux du drame sous risque d'être déchiquetée par les voisins.
- Bon dieu, dit Adamsberg en tapant dans une touffe d'herbe au pied d'un arbre. Vous avez raison.
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