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Juliette Pary (Autre)
EAN : 9782702400319
254 pages
Éditeur : Le Masque (30/04/2007)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 240 notes)
Résumé :
Tout avait commencé de la façon la plus classique qui soit : un prince déchu cherchant à récupérer son trône sollicite l'appui - discret - des Britanniques.
En échange de quoi, les compagnies anglaises se verraient concéder l'exploitation des pétroles du petit État. Bref, une banale manœuvre politico-financière, élaborée dans le cadre somptueux d'une des plus anciennes demeures seigneuriales d'Angleterre : Chimneys. Pourtant, l'affaire se corse lorsqu'on se r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
popie21
  13 avril 2020
Le secret de Chimneys est un des nombreux opus que la reine du crime nous a laissés en héritage. Ce n'est pas son meilleur, du moins en ce qui me concerne, mais il a eu le mérite de m'offrir un excellent moment de détente et d'oubli, fort appréciables en cette période.
Pas de Miss Marple ni d'Hercule Poirot dans cet épisode, ce qui est fort rafraîchissant, mais l'inébranlable surintendant Battle de Scotland Yard et un jeune homme intrépide nommé Anthony Cade. Ce jeune homme, mandaté par un ami pour remettre un manuscrit “sensible” à un éditeur de Londres, se retrouve mêlé à des intrigues politico-commerciales qui le mènent dans la propriété de Chimneys. Des tractations mystérieuses y ont cours pour sceller le sort d'un petit pays nommé l'Herzoslovaquie, qui entre autres richesses, possède une jolie réserve de pétrole. Ainsi, tout en élégance britannique, Agatha Christie nous ouvre les arcanes du pouvoir pour mieux, peut-être, les ridiculiser.
S'ensuivent quelques décès prématurés et une série d'aventures un peu rocambolesques où, comme à son habitude, l'auteure ne laisse aucun répit au lecteur qui va de surprise en surprise. C'est très agréable à lire bien que légèrement attendu mais malheureusement pour moi la fin est plutôt décevante, un peu trop “capilotractée” à mon goût.
Une petite baisse de régime pour cette grande dame ? Je lui pardonne bien volontiers car je ne me passerais jamais du charme suranné de ses enquêtes, elle qui prouve que ce mot ne rime pas nécessairement avec mitraillette, ni énigme avec hémoglobine. Elle reste la récréation de mon esprit tourmenté, mon petit bonbon à la violette. Jamais je n'oublierai que c'est grâce à elle et à ses “dix petits nègres” que j'ai un jour ouvert un vrai livre pour les “grands”, ce fût Zola, que je chéris tout autant.
Relu dans le cadre du Challenge solidaire 2020 - mon premier challenge sur Babelio et, je l'espère, pas le dernier.
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Biblioroz
  20 avril 2020
Anthony Cade a plutôt le tempérament d'un aventurier, donc pas du tout en adéquation avec ce petit boulot de guide touristique qu'il s'efforce de remplir en parfait gentleman, tout en déplorant les multiples gloussements de ces femmes entre deux âges qu'il doit accompagner.
La rencontre d'un vieil ami va lui offrir de l'action en le chargeant de remettre à un éditeur londonien les Mémoires de feu le comte Stylptich d'Herzoslovaquie dans lesquels il semblerait y avoir des révélations qu'il vaudrait mieux ignorer pour éviter tout scandale ou autres désagréments politiques.
Agatha nous embarque donc encore une fois dans une intrigue politico-financière et la tâche de Mr Cade sera plus ardue qu'il n'y paraît, même si ce dernier ne se laisse nullement impressionner par des assaillants politiques qui tentent de se procurer les Mémoires dès son arrivée sur le sol anglais.
C'est sur le ton de la plaisanterie qu'Anthony fera face au tour inattendu que prendra cette mission insolite où deux crimes surgiront sur ses pas, l'un chez l'exquise Virginia, l'autre dans la belle demeure seigneuriale de Chimneys. Il ne prend pas du tout l'affaire au sérieux et, avec une étonnante désinvolture, donne un ton très drôle à ses aventures.
Je me suis un peu embourbée dans les personnages par manque de concentration sur cet imbroglio politique. Les tenants et aboutissants de cette affaire de pouvoir, de vol et d'intérêts pétroliers, même s'ils sont succinctement évoqués, n'ont pas réussi cette fois-ci à me captiver.
Bien sûr, Chimneys regorge de suspects pour nous perdre au milieu de ses boiseries ancestrales et à côté des politiciens et hommes d'affaires une petite idylle se fait jour, comme souvent dans ces petits romans d'aventures.
Heureusement, le superintendant Battle est fort intéressant avec son ton neutre en toute occasion qui représente l'exemple même de l'inimitable flegme anglais !
Et surtout, je me suis profondément attachée au propriétaire du manoir, ce milord, avec ses longs soupirs, qui fait de terribles efforts pour s'esquiver de sa propre demeure et se dérober discrètement aux fâcheux évènements qui y ont lieu. J'aurais fait comme lui : fuir devant ces affaires politiques rasantes !
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XS
  07 août 2020
Adolescente, j'avais gardé un très bon souvenir de la lecture ce roman. le très charmant Anthony Cade est le personnage principal de cette enquête d'Agatha Christie. Aventurier, fauché, attiré par les situations inhabituelles voire dangereuses, le voici ici comblé. Ma deuxième lecture, adulte, est plus mitigée.
Il est question d'un splendide petit pays fictif des Balkans, la Herzoslovaquie, dont le peuple a la fâcheuse tendance d'assassiner ses dirigeants. En outre, il recèle du pétrole, de quoi aiguiser les appétits internationaux.
De délicates négociations sont menées en secret dans le domaine de Chimneys pour que les intérêts anglais bénéficient de cette manne de pétrole. Elles sont vite mises en péril : un cadavre est retrouvé au petit matin. le roman est assez caustique : les Herzoslovaques en prennent pour leur grade, mais les anglais également, par le biais d'un personnage politique, George Lomax, qui frise l'apoplexie dans cette intrigue tant il est attaché à sauvegarder les apparences et les secrets d'état. le ressort comique du roman repose sur le contraste entre George et les autres personnages, nettement plus spontanés : le marquis propriétaire de Chimneys, la fille de celui-ci, Lady Ellen dite ‘Chiffonnette' (les aristocrates anglais sont capables d'affubler de surnoms étranges leur progéniture) mais également Anthony bien sûr, et Virginie Revel, charmante jeune femme capable d'envoûter le plus endurci des célibataires.
Le surintendant Battle, flegmatique et intelligent à souhait, est chargé de mener l'enquête. Anthony et Virginie vont tenter également de démêler l'intrigue, qui mêle négociations subtiles, diamant disparu, princes assassinés et voleur surdoué.
Je me suis bien amusée, jusqu'à la scène la plus ratée du roman : celle du dénouement. Tiré par les cheveux, il ne m'avait pas gêné lors de ma première lecture .
Où l'on voit l'influence du contexte, le roman ayant été écrit en 1925. Un témoignage romancé de l'époque.
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Yanoune
  19 novembre 2019
Le secret de Chimneys... Ou le bouquin où on t'explique bien les rouages du colonialisme, comment s'orchestre les révolutions, les mises au pouvoir, par qui et pourquoi... le pétrole voyez-vous.
Pitch :
Le comte Stylpitch est mort à Paris... il laisse derrière lui des mémoires, mémoires où il révèle des trucs sur l'ancien roi d'Herzoslovaquie.. et ça tombe mal.. très très mal, des pourparlers avec un des nouveaux prétendants au trône sont sur le feu... et même si une révolution sanglante est passée par là, avec zigouillage de l'ancien et roi et de sa reine... nan ça serait bien voyez-vous d'en remettre un dessus, un avec qui un contrat serait en place, un qu'on contrôlerait.. parce qu'en Herzoslovaquie y a du pétrole... plein... et laisser tout ce pétrole à des socialistes, voir pire à des Américains qui ont eux aussi leur poulain ça serait un peu con... C'est ce que se dit George Lomax père du royaume, lord travaillant à la chambre... il faut récupérer ces foutues mémoires, même si on sait pas ce qu'il y a dedans... et il faut mettre le prince Michel sur le trône, comme ça le pétrole c'est pour bibi... Organisons un truc chez vous ok ?
Lord Caterham n'est pas chaud du tout... Pourquoi faut obligatoirement que les trucs chiants, les histoires politiques, se passent chez lui, à Chimney, hein je vous le demande ?
Non il est pas chaud, mais ce Lomax est pire qu'un crampon, il lui a même attrapé son veston, la prise en pince du veston par Lomax est une arme redoutable !
Mais elles sont où ces mémoires ?
À l'heure actuelle en Afrique, au main d'un certain Mcgrath... on l'invitera aussi...

Vous allez me demander mais que font les mémoires d'un homme d'état Herzoslovaque en Afrique.... et vous avez raison de le demander.. j'ai bien envie de vous dire par un étrange concours de circonstances... le côté mais ouais, si... et je lève les yeux au ciel, enfin bon...
Donc on a des mémoires d'homme d'état bourrées de scandales qui sont attendues de pieds ferme à Londres pour être éditées séance tenante... manque de bol celui qui en a la charge, bin il est pas chaud... nope, il a une une mine d'or sur le feu au fond de la jungle... alors bon..
Donc il les refile à un copain qui passait par là, dans un bus remplie de touristes, bin ouais le copain c'est le guide.... Anthony Cade, un jeune homme plein de bonne volonté, un peu aventurier sur les bords, mais surtout fauché comme les blés... et là y a du blé à se faire fastoche.... vachement plus fastoche que de se traîner des cars de touristes.... Bon si en plus il pouvait rendre des lettres compromettantes à une jeune dame en passant, ça serait chouette, ça l'arrangerait lui demande le Jimmy en question, ça ferait d'une pierre deux coups... Alors comment un gars au fin fond de l'Afrique se retrouve avec des lettres super compromettantes ?... ça... En plus pour ça aussi c'était un Hérzoslovaque qui lui a refourgué... Mais qu'est ce que cet Herzoslovaque mort de malaria foutait au fin fond de l'Afrique ?.. là aussi.... bon
Et voilà Anthony Cade parti pour l'Angleterre sous un faux nom, celui de son pote (il avait déjà payé le billet)... la traversée semble bien se passer, par contre dés qu'il fout un pied sur le plancher des vaches, paf.... y a tout un tas de gens qui essaie de lui piquer les mémoires, qui le menacent, le soudoient, sortent même des couteaux pour lui faire la peau.... mais Anthony en plus d'être profondément sympathique à la peau dure...
Par contre quand même, y a un truc... un truc qui revient sans cesse, pour une raison ou pour une autre, un nom, un lieux... Chimneys... dans les lettres il y est, et on l'y a même invité... Que se passe-t-il là-bas ? Que c'est-il passé là-bas ? Que va-t-il se passer là-bas ? Il est curieux... mais d'un autre côté il lui faut voir cette dame, à propos de ces lettres compromettantes cette Virginie Revel... Il la trouve, elle lui ouvre sa porte, juste pour lui montrer et lui dire que franchement elle aurait bien besoin d'un coup de paluche... ah bon ?... Oui vous comprenez il y a un cadavre de maître chanteur dans son bureau... ça fait désordre...
Oh lalala.... ce polar est assez intéressant, et pour une fois non pas pour l'enquête policière, mais pour toutes les magouilles quant aux raisons des colonies, des manières de faire, des intérêts, et du comment ça se passe... et quand on sait que le bouquin date 1925... oui... le beau capitalisme déjà, les beaux fantoches mis au pouvoir parce que ça va dans « nos » intérêts.. du moment que tu marches pour nous refiler les richesses de ton pays, à nous et rien qu'à nous.. mais oui pas de problèmes on te met au pouvoir.. d'un côté ça fait super froid dans le dos, même si j'étais bien au courant aussi... Et après on s'étonne que c'est la merde, que ça marche pas, et que les mecs en questions ne sont que de vils dictateurs mettant la main dans le pot de confiture, et qu'on se retrouve avec de la corruption de cinglée.. c'est comme ça qu'on leur a appris, c'est comme ça qu'il sont devenus chefs d'état, c'est comme ça depuis plus d'un siècle, pour pas dire plus... et après on s'étonne que c'est heu la merde... tsss...
Bref...
Pour en revenir à ce polar... c'est foisonnant, parce que non, il n'y a pas que cette sombre histoire de pétrole, et de mémoires, il y a aussi un voleur de bijoux de haut vol avec une histoire de diams disparu, et bien sûr des meurtres à élucider...
Il y a aussi comme d'hab avec Agatha pléthore de personnage dans cette demeure de Chimneys.. Lord Caterham m'a fait bien rigoler, et lui et sa fille surnommée Chiffonnette (dans mon édition, traduction de Bundle... et là je me demande à quoi pensaient les traducteurs, même si c'est rigolo) sont bien sympathique... Tout comme d'ailleurs Anthony et Mademoiselle Revel, forte femme de 27 ans, la tête bien sur ses épaules, intelligente même si un peu dingue aussi, dans le côté surréaliste...
Et y en a d'autre, des Américains, des Français, et bien sûr des Herzoslovaques..
Le seul vraiment détestable, qu'Agatha en plus ridiculise très bien, le côté stupide, fat et vain et bien c'est le Lomax, celui qui veut que l'affaire se fasse contre vent et marée... Lui vraiment Agatha y va pas avec le dos de la louche, un bonheur...
Et c'est la première apparition du superintendant Battle... on le retrouvera dans d'autres.
Après il y a moultes péripéties, moults retournements de situations, et moults coups de théâtre.. mais faut dire à un moment donné, cela est si énorme, qu'on regarde ça d'un oeil amusé, ça vire un peu dans le vaudeville et le théâtre de boulevard, faut dire ce qu'y est...^^
Avec le temps (celui-là date de 1925), et je pense le travail Agatha va se refréner, et quelque part se simplifier la tache, mais je crois bien que si elle gagnera en crédibilité et en sérieux, elle perdra en humour..
Parce que faut dire ce qu'y est aussi, le secret de Chimneys est drôle, vraiment..^^
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Gaphanie
  23 avril 2019
Anthony Cade est plutôt un garçon sympa. Alors quand son ami Jimmy McGrath lui demande d'aller déposer les Mémoires du défunt Comte Stylptitch, ancien premier ministre d'Herzoslovaquie chez un éditeur à Londres et d'empocher les 1000 livres pour lui, il accepte contre la modeste rétribution du quart de la somme. Et tant qu'il y est, il accepte aussi d'emporter un paquet de lettres d'amour signées Virginie Revel et qui ont dû servir à la faire chanter pour les lui rendre.
C'est à dire que Jimmy McGrath est lui-même quelqu'un de bien gentil : il a sauvé le Comte alors que des malfrats étaient sur le point de le passer à tabac. Quant à l'homme qui lui a remis les lettres de Mme Revel, il lui a aussi rendu un fier service, et l'autre, agonisant, les lui a remises en lui assurant que sa fortune était faite. Jimmy McGrath en a conclu qu'il s'agissait d'un sinistre chantage, et, comme il ne mange pas de ce pain là, a décidé de restituer lesdites lettres à leur auteure.
Bien gentils, ces garçons, mais pas forcément à cheval sur le respect des lois. Anthony Cade accepte de rentrer en Angleterre pour rendre ces menus services à son ami Jimmy, mais comme il n'a pas de papiers, qu'à cela ne tienne, il sera désormais Jimmy McGrath pour le voyage...
En Angleterre, les intrigues politiques vont bon train. Après avoir fait la révolution et zigouillé leur Roi et son actrice de femme, les Herzoslovaques ont dû aussi se débarrasser de quelques présidents avant de décider de revenir à la bonne vieille monarchie. L'héritier du trône, Michel Obolovitch, tente de s'assurer l'appui des britanniques pour reprendre le trône, en contrepartie de concessions pétrolières. Et les Mémoires de Stylptitch pourraient contenir certaines révélations propres à enterrer les accords en cours. Ainsi, les partisans Herzoslovaques de la restitution de la monarchie, mais aussi leurs antagonistes politiques de la Main Rouge, les diplomates britanniques, et, bien sûr l'éditeur, tous vont tenter de récupérer le manuscrit, et y aller qui de sa petite tentative de corruption qui de sa petite menace ou de son petit subterfuge pour qu'Anthony leur laisse cet importun écrit.
Pour mieux gérer toute cette affaire, George Onax a convié tout ce beau monde à Chimneys, au grand dam de son propriétaire légitime qui n'a que faire des affaires d'état. Et il se trouve que Virgine Revel, sera elle aussi de la partie, en tant que veuve de diplomate, elle a passé quelques années en Herzoslovaquie en compagnie de son mari.
De son côté, Anthony Cade est bien embêté : il a surpris le domestique de son hôtel en train de fouiller sa chambre pendant la nuit, et, si ce sbire de la Main Rouge n'a pas mis la main sur le manuscrit du Comte, il s'est enfui avec les lettres de Mme Revel.
Et comme Anthony Cade est un gentil garçon, quand il se rendra chez elle quelques heures plus tard pour expliquer son affaire, il acceptera tout naturellement d'aider Mme Revel à se débarrasser du cadavre du voleur qui est mystérieusement apparu dans son salon.
Car il semble bien que quelqu'un soit déterminé à empêcher Mme Revel de se rendre à Chimneys. Et quand à son tour l'héritier du trône herzoslovaque se fait tuer, Anthony Cade aura toutes les peines du monde à expliquer ce qu'il faisait sous la fenêtre au moment du meurtre...
Le superintendant Battle aura bien du fil à retordre pour démêler ces imbroglios. D'autant plus que le Roi Victor serait de retour en Angleterre, venu chercher un joyau qui serait caché... à Chimneys ! Heureusement pour lui, c'est Anthony Cade qui fera quasiment tout le boulot. Il n'a pas très envie de porter le chapeau du meurtre, d'autant que les autres ne le savent pas, mais il aurait eu un excellent mobile pour supprimer Michel...
Bref, beaucoup d'action et de rebondissement pour un excellent roman, sans Hercule Poirot, ni Miss Marple, mais avec une très belle histoire d'amour.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   14 août 2015
— Anthony Cade ! Vieux gentleman !
— Jimmy McGrath ! Toi ? Pas possible !
Les voyageurs de l’autocar Castle – sept dames exténuées et trois messieurs en sueur – observaient la scène avec le plus vif intérêt. Leur guide, Mr. Cade, avait, selon toute évidence, rencontré un vieil ami. Tous les voyageurs – et particulièrement les voyageuses – professaient la plus profonde admiration pour Mr. Cade, pour sa silhouette svelte et vigoureuse, son visage bronzé, sa façon d’exercer son métier de guide, de les amuser, de les distraire, d’apaiser leurs petites querelles. Son ami, bien qu’aussi grand que lui, n’avait pas du tout la même allure. Épais, brutal, il semblait être un tenancier de bar ou quelque chose d’approchant. Un de ces hommes qu’on rencontre dans les romans d’aventures. Tant mieux ! se disaient ces dames. Jusqu’à présent, leur voyage en autocar à Bulawayo avait été fatigant et ennuyeux. La chaleur était accablante, l’hôtel manquait de confort, et elles auraient sûrement commencé à protester ou à se disputer si Mr. Cade ne leur avait pas proposé d’envoyer des cartes postales à leurs amis d’Europe, Dieu merci, on ne manquait pas de cartes postales à Bulawayo !
Anthony Cade et son ami s’étaient écartés du groupe.
— Que diable fais-tu, mon vieux, avec ce troupeau de femmes ? Tu te recrutes un harem ?
— Un harem, avec ces mignonnes-là ? Tu ne les as donc pas regardées ?
— Si, mais c’est peut-être toi qui es devenu myope !
— Ne t’en fais pas, ma vue est aussi bonne que la tienne. Non, mon brave Jim, je suis ici en fonctions : les autocars Castle, c’est moi ! Ou plutôt, c’est moi leur représentant local.
— Que vas-tu faire dans cette galère ?
— Manger tous les jours, mon vieux. C’est une mauvaise habitude, j’en conviens, mais il est rudement difficile de s’en défaire. Si on pouvait se passer de dîner, je t’assure que je ne serais pas ici. Ce genre de travail ne convient pas à mon tempérament.
Jimmy ricana.
— Ton tempérament, si je ne me trompe, ne s’est jamais accommodé d’une besogne régulière !
Anthony dédaigna cette observation.
— Je suis certain, dit-il, que la chance me tirera bientôt de là. Elle le fait toujours.
Jimmy le regarda avec admiration.
— Évidemment ! S’il se mijote quelque part une sale affaire, tu auras sûrement la chance d’y tremper. Et celle de t’en tirer sain et sauf ! Tu passes entre les gouttes, toi ! Dis donc, quand prend-on un verre ensemble ?
Anthony soupira.
— Hélas ! je dois encore conduire mon poulailler sur la tombe de Rhodes.
— Bravo ! dit Jim.
Et il ajouta, en louchant du côté des voyageuses :
— Elles en reviendront fatiguées à mort et rêvant de se reposer. Ça leur apprendra à faire des voyages en Afrique ! Et dès qu’elles seront couchées dans leurs petits lits blancs, nous nous retrouverons pour échanger nos souvenirs d’antan.
— Ça va. À tout à l’heure, Jimmy !
Anthony rejoignit son troupeau. Miss Taylor,...
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sl972sl972   09 janvier 2015
- Certaines personnes [...] n'obéissent pas aux signaux. N'importe quelle locomotive bien réglée ralentit ou s'arrête devant un signal rouge. Peut-être suis-je né daltonien ? Lorsque le signal rouge s'allume, je ne peux pas m'empêcher de foncer tête baissée et cela se termine toujours de façon catastrophique. C'est inévitable ; c'est même normal.Mais cela peut être très dangereux !
Il continuait à parler sérieusement.
- Je suppose, dit Virginia, que vous avez souvent pris des risques, au cours de votre existence ?
- J'ai couru presque tous les risques imaginables. Sauf le mariage.
- Voilà une remarque bien cynique.
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. Le mariage, tel que je l'envisage, serait la plus grande de toutes les aventures.
- J'aime mieux cela, dit Virginie en rougissant.
- Il n'y a qu'une femme que je voudrais épouser, mais nous sommes de deux mondes opposés.Que faire ? Doit-elle se mettre à mener la même vie que moi, ou dois-je moi, me conformer à la sienne ?
- Si elle vous aime...
- C'est du sentimentalisme, Mrs Revel ! Vous le savez bien. L'amour n'est pas un médicament que l'on absorbe pour voir la vie en rose. Certes, ça l'est, dans un sens, mais il serait dommage de se cantonner à cela.L'amour peut être beaucoup plus. A votre avis, où en étaient le roi et sa petite danseuse, après un ou deux ans de mariage ? Est-ce qu'elle regrettait sa vie misérable mais libre ? Evidemment ! Aurait-il plutôt dû renoncer, pour elle, à la couronne ? Pas le moins du monde : il aurait fait un très mauvais pauvre. Et aucune femme ne respecte un homme qui ne réussit pas.
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sl972sl972   09 janvier 2015
Clément Edward Alistair Brent, neuvième marquis de Caterham, était un homme de petite taille, troussé comme l'as de pique. Il avait les yeux d'un bleu éteint, un nez pointu et triste, des manières distraites, mais courtoises, et il ne ressemblait en rein à un marquis.
Le grand malheur pour lord Caterham, c'était d'avoir succédé à son frère, huitième du nom, quelques années auparavant. Ce dernier s'était particulièrement distingué dans sa fonction, et il était connu dans toute l'Angleterre pour ses talents d'homme politique. D'abord Secrétaire d'Etat au Foreign Office, il avait par la suite joué un rôle de premier plan au sein du gouvernement et sa résidence secondaire, Chimneys, était célèbre pour son hospitalité. Avec l'aide efficace de son épouse, l'une des filles du duc de Perth, il avait largement contribué à l'histoire de l'Angleterre en organisant à Chimneys de petites réceptions sans cérémonie : il n'était guère de notabilité, aussi bien dans le pays que sur le continent, qui n'y eût séjourné.
Tout cela était bel et bien bon. Le neuvième marquis de Caterham professait le plus grand respect et la plus haute estime pour la mémoire de son frère Henry, qui s'était merveilleusement acquitté de son rôle d'homme public. En revanche, il ne pouvait admettre que la résidence de Chimneys qui lui était revenue fût universellement reconnue comme appartenant au patrimoine national plutôt que comme propriété privée. Rien n'ennuyait autant lord Caterham que la politique, à l'exception peut-être des hommes politiques.
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BibliorozBiblioroz   04 juin 2019
— J'allais partir, en effet. J'ai découvert un magasin où l'on trouve une gaine de maintien merveilleuse, du dernier modèle.
— Une gaine de maintien ?
— Exactement, Bill. Pour maintenir les hanches. On porte cela à même la peau.
— Virginia, je suis très gêné. Vous ne devriez pas décrire vos sous-vêtements à un jeune homme. C'est indécent !
— Mais, Bill chéri, les hanches n'ont rien d'indécent ! Nous en avons tous, mais nous, pauvres femmes, devons nous donner un mal fou pour prétendre le contraire.
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sl972sl972   09 janvier 2015
- Virginia, vous êtes un ange ! Avouez que vous avez un petit faible pour moi, une préférence même.
- Bill, je vous adore. Si je devais épouser quelqu'un, je dis bien si je devais - si, par exemple, un magicien sortait d'un conte de fées et me disait : "Epousez quelqu'un ou vous mourrez sous d'abominables tortures" -, eh bien je vous choisirais immédiatement, je vous le prometes. Je dirais au magicien : "Donnez-moi donc ce petit Bill."
- Eh bien, alors...
- Oui, mais il se trouve que je ne suis pas obligée de me marier. J'adore ma condition de veuve fatale.
- Mais vous resteriez entièrement libre. Vous pourriez continuer à sortir et à faire tout ce que vous souhaitez. C'est tout juste si vous remarqueriez ma présence dans la maison !
- Bill, vos ne comprenez pas. Si je me remarie un jour, ce sera par passion !
- Eh bien, il ne me reste plus qu'à me tirer une balle dans la tête un de ces quatre matins, murmura Bill d'un air dramatique.
- Il n'en est pas question, Bill chéri. Il y a trop de jolies jeunes filles à qui faire la cour... d'ailleurs, il me semble que vous ne l'ignorez pas ?
- Comment ? Je... Si vous faites allusion à Dolly Kirkpatrick, la fille qui danse dans Youp là boum, fit Bill en rougissant, eh bien... c'est une très chic gosse, tout innocente comme au premier jour. Nous ne faisons rien de mal en...
- Bien sûr que non, mon petit Bill. Je suis ravie que vous vous amusiez. Mais ne me dites pas que vous avez le coeur brisé.
Mr Eversleigh recouvra sa dignité.
- Vous ne comprenez rien, Virginia, dit-il d'un air sévère. Les hommes...
- Sont polygames ! termina Virginia en riant. Quant à moi, je suis polyandre ! Allons ill, si vous m'aimez vraiment, emmenez-moi donc déjeuner sans plus attendre. Je meurs de faim !
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À l'heure où le roman "Dix petits nègres" d'Agatha Christie a été rebaptisé, l'académicien Dany Laferrière défend l'emploi du mot "nègre", une "vieille revanche" selon lui. L'auteur veut faire confiance à l'esprit critique du lecteur et redonner du "soufre" au mot.
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