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ISBN : 2266278169
Éditeur : Pocket (08/06/2017)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 169 notes)
Résumé :
Pour 60 millions de Français, la nuit du 12 juillet 1998 fut celle d'une victoire footballistique.
Pour six d'entre eux, ce fut la nuit où leur vie a basculé.
Vingt ans plus tard, un destin sans hasard les réunit à Vrainville, Normandie, où les ateliers de lingerie Cybèle sont sur le point de passer aux mains d'un fonds de pension. À la clef, une véritable fracture sociale. Devant l'indifférence médiatique, l'une des ouvrières ironise : " Ce qu'il no... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (98) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
  02 novembre 2016
Pfff, encore un auteur à suivre. Il est pénible ce Hervé, il aurait pu rester dans l'ombre, tranquille à écrire juste à sa cousine et ses potes. Mais non, sous prétexte que m'sieur Commère a la narration facile et juste, le voilà à nous narguer avec son roman social. Il nous jette à la tronche toute l'étendue de son talent le gars. Sans gêne quoi.
Et que je m'inspire de l'actualité, que je te la broie et te la malaxe pour te fourrer le nez dans la réalite de ta France profonde. Ni vu ni connu, il t'embarque dans son bled paumé de Normandie. Et toi lecteur hypnotisé, tu commences à faire connaissance avec les Vrainvillois, à faire même partie du village. Tu la vois bien l'usine Cybelle qui fait vivre tout ce petit monde depuis des décennies. Puis tu t'attaches, forcément, ça ressemble à ce que tu connais. Entre ce que tu entends aux infos (et si la télé le dit alors...) mais surtout ce que tu côtoies, tu te dis qu'il a vu juste Auguste (Madame Commère-mère a hésité avant d'opter pour Hervé).
On remonte le temps, on suit quelques parcours. Arrivent alors les coups du sort pris pleine face. Accident, viol, rencontres plus ou moins heureuses. Hasard ou destin qui sait, mais la route tracée bien droite à la naissance se fend alors de moult virages à 180 degrés.
Et le Commère, l'air de rien, il te décortique ça tel le légiste penché sur son cadavre en décomposition. Il te laisse respirer les relents de ce XXIème siècle où précarité, délocalisation, racisme, violence, détresse et défiance cohabitent. Vrainville tremble, Vrainville combat. le village s'agite. le village explose.
Mais il ne s'arrête pas là le bougre! Il est capable de tout je vous dis. Capable de passer du plus sordide au plus humain, avec une facilité déconcertante. C'est le Freddy Mercury du roman, il te change de registre en loucedé et t'as rien vu venir. Pire. Toi, pauvre pomme, tu crois que tu commences à cerner ses personnages, à détecter les pourris, les sympas, les paumés, les arrivistes. Et t'as le Commère qui te retourne le ciboulot et te montre que t'as rien pigé en fait. C'est que la nature humaine est autrement plus complexe que la seule apparence. Et tu sors de ce Vrainville k.o d'avoir suivi ce chassé-croisé de profils si ordinaires et déconcertants à la fois.
Magistral puzzle où Hervé Commère s'amuse à emboîter les pièces une à une. Sans erreur. Pfff.
Donc avec ce roman, Hervé Commère finit number one de mes coups de coeur 2016. Oui rien que ça. Et ça m'énerve. Parce que je ne le connaissais pas avant cette lecture. Ce qui n'était pas plus mal vu que j'ai déjà pas mal à faire niveau lecture, voyez. Et maintenant va falloir que je jette quelques yeux sur son oeuvre. Problème : la nature peu généreuse ne m'a filé que deux zoeils. Et fourbe jusqu'au bout, elle me les fait fonctionner ensemble ces deux gros boulets oculaires. Ouais, on est d'accord : un livre pour deux yeux c'est pas juste. Et avec tous les Commère à rajouter à une pal bien trop pleine pour une vie bien trop courte (la nature m'a aussi donné un temps compté tant qu'à faire mal les choses), bin je ne te dis pas merci Auguste.
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nameless
  01 mars 2017
Le 12.07.98, tandis que le pays s'affole autour d'un ballon rond au son de I will survive, Marie subit un viol, Mélie voit le jour, William croise pour la première fois la femme de sa vie, Patrick, Vincent et Maxime, après une soirée de bamboche, s'engouffrent dans une 205 GTI, ignorant qu'une tragique collision se produira quelques kilomètres plus loin. 18 ans plus tard, au gré des hasards de la vie, les 6 personnages présentés en introduction se retrouvent à Vrainville, près de Dieppe. Marie survit à son agression en pratiquant des sports de combat, quand elle ne coud pas des ensembles de lingerie aux Ateliers Cybelle ; Mélie, originaire du sud, intègre l'illustre bonneterie où elle a toujours rêvé de travailler ; Maxime, est technicien et syndicaliste dans la même usine ; William, lassé de sa vie de flic marseillais a demandé sa mutation sur les lieux de son enfance, là où ses parents possèdent une maison de vacances ; Patrick est devenu maire de Vrainville et Vincent, héritier de Cybelle. Tous les éléments sont en place pour un grand roman noir, sur fonds de casse sociale mâtinée de vengeance personnelle, de secrets révélés, de règlements de comptes, qui entraînent la mort d'un homme, puisque Ce qu'il nous faut, c'est un mort.

Après la première guerre mondiale, alors que le monde est à reconstruire, Gaston Lecourt crée un atelier de lingerie féminine, qui grâce au savoir-faire de ses couturières et à l'excellence de leur travail, se développe rapidement pour devenir un fleuron de l'économie régionale puis nationale. Pour sédentariser une main d'oeuvre décimée par la guerre et confrontés à une situation de plein emploi, les patrons sont contraints à certaines largesses : salaires corrects, primes de vacances, construction de logements gratuits. C'est l'époque paternaliste des familistères, corons et autres cités ouvrières. A Vrainville, 149 maisons sont gracieusement occupées par les employés. Gaston Lecourt est un homme respecté, considéré comme un bienfaiteur, un humaniste, comme un patron éclairé et altruiste.

Après sa mort, son fils Vincent lui succède ; les temps ont changé après les Trente Glorieuses. La déraison financière l'emporte sur le souci des familles, et les fonds de pensions américains entonnent leur chant de sirène, promettant un enrichissement personnel exorbitant à ceux qui sont prêts à sacrifier le patrimoine industriel et un savoir-faire manuel irremplaçable. Vincent découvre qu'il n'est pas bien compliqué d'organiser le naufrage de son entreprise : un avocat rompu aux magouilles sub-légales, quelques nervis pour harceler, effrayer les employés les plus fragiles, répandre des rumeurs, isoler et licencier les « meneurs », et le tour est joué. Dans ce contexte explosif où l'intérêt personnel télescope l'intérêt collectif, la méfiance s'installe avec la crainte du chômage, l'étranger est perçu comme une menace, les rancoeurs s'exacerbent, et les évènements de 1998 refont surface. Dans la 2ème partie du roman, le temps est venu pour les 6 personnages principaux de solder leurs comptes.

Dans un style simple et expressif, Hervé Commère apporte un éclairage mélancolique et humaniste sur un monde en voie d'extinction, celui des travailleurs, mais sans aucun manichéisme : le patron-notable n'est pas forcément un pourri, ni le syndicaliste-ouvrier, un ange. L'auteur aurait pu opter pour un aride reportage, il a choisi un roman noir, dans lequel l'interaction entre les personnages transforme un aléa économique impitoyable en de douloureuses histoires personnelles faites de chair, donnant de la force et de la crédibilité à son récit. Hervé Commère nous parle des gens, il nous parle de nous.

Un très beau et sombre roman, qui rend aussi hommage à tous ceux qui résistent pour sauver leurs usines, empêcher le déménagement sauvage de leurs outils de production : les Lip, les Lejaby, et plus récemment les ex-Fralib qui au terme d'une grève de 1 336 jours, ont remporté un combat judiciaire contre une multinationale délocalisatrice, et transformé leur entreprise en SCOP. Ils commercialisent leurs thés et infusions sous la marque 1 336. Comme 1 336 jours de grève. Un peu comme à Vrainville !
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Stelphique
  26 juillet 2016
Pourquoi je l'ai choisi:
Parce que ce qu'il me faut, c'était une bonne lecture…Un de celles recommandées par mes blogs potes, un auteur que je ne connaissais pas encore mais dont j'ai hâte de découvrir ses autres écrits, maintenant…
Ce que j'ai ressenti:
Ce qu'il nous faut, c'est un roman qui nous tienne éveillé une partie de la nuit…Un de ceux qu'il est impossible à lâcher malgré l'heure avancée…Nous ne pouvons quitter à leur sort, ses femmes, petites mains aux grands coeurs qui tiennent en respect la mode, et leur village. Les laisser tomber, en quittant cette lecture est une chose qu'il m'a paru inconcevable. On est tendu, concerné, affligé de voir la crise emporter le savoir-faire français, le rêve d'un homme, la mise en valeur des femmes…C'est notre quotidien, nos avenirs, et ça fait mal au coeur, alors on lit sans interruption, parce que finalement, leurs vies, c'est un peu des nôtres….
Ce qu'il nous faut, c'est une amitié qui dure au delà des mots…Trois amis unis dans le secret et la tragédie, tantôt envieux tantôt admiratifs, mais toujours solidaires…Des relations compliquées, mais des personnages si incarnés qu'ils nous montrent une voie sinueuse et toujours en bord de gouffre, mais plein d'une énergie de vie…
Ce qu'il nous faut, c'est des larmes…qui se pointent au bord des yeux, car l'écriture de ce roman est emplie d'émotions. Il parle si bien de sentiments, de destins brisés et des problèmes de société qui nous concerne directement, qu'on est tiraillé de l'intérieur. Elles arrivent comme un cadeau, un trop plein de non-dits qui ressortent sous forme d'eau, car la douleur est trop intense…C'est en refermant ses pages, qu'on se rend compte que la vie, c'est devant.
Parce que ce qu'il est dommage, c'est qu'il faille un mort (et souvent plusieurs), pour que le monde bouge…. Ce roman noir est un diamant , où se reflètent les visons de tous ses personnages et Hervé Commère en orfèvre, et polissant chaque personnalité et drames, nous donne un petit joyau précieux de bons mots et d'intenses réflexions sur la société qui nous entoure, et les gens influents qui la contrôlent…Tout un investissement pour doser avec doigté et intelligence, cette histoire moins anodine qu'elle n'y parait…
Il est des livres comme celui ci, qui à force de petits détails et de grandes valeurs deviennent un Coup de Coeur…Ce qu'il nous faut, c'est le trouver…Pour moi, c'est fait !

Lien : https://fairystelphique.word..
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Archie
  27 janvier 2017
Voilà un excellent roman ! Juste avant de le commencer, j'avoue pourtant avoir hésité un instant, me demandant ce qui m'avait pris d'acheter ce livre dont on parlait peu et dont l'auteur, un presqu'inconnu, un homme qui se veut simple, n'attire pas la lumière. Reconnaître que je n'ai pas regretté ma lecture est trop faible comme expression de repentance. Je déclare que Ce qu'il nous faut, c'est un mort est un roman finement conçu, qui multiplie les genres et qui m'a sincèrement passionné.
Il y a des romans qui commencent par la fin. Là, c'est l'inverse, Hervé Commère commence par poser des jalons bien antérieurs au début de l'intrigue.
Premier jalon, dix-huit ans plus tôt, quelque part en Normandie. Trois copains d'à peine vingt ans, Vincent, Patrick et Maxime, mènent une virée nocturne qui tourne mal. Un secret qui pèsera longtemps sur leur conscience et sur leurs relations. En même temps, à des centaines de kilomètres de là, une très jeune femme vit un drame épouvantable qui la marquera à jamais.
Pour le second jalon, on remonte près d'un siècle en amont, au lendemain de la première guerre mondiale. A Vrainville, petit village de Normandie, un jeune entrepreneur visionnaire et paternaliste fonde les Ateliers Cybelle, une fabrique de sous-vêtements féminins, dont le développement deviendra un modèle de réussite financière et sociale.
Vrainville, 2016. Aux Ateliers Cybelle, on doute... Un contexte d'un réalisme douloureux auquel nos territoires finissent par être habitués et résignés. Rayonnement de la marque, qualité des articles, engagement du personnel, rien n'y fait. La mondialisation accomplit son oeuvre : produire de la lingerie à Vrainville coûte trop cher. le PDG, un homme jeune, petit-fils du fondateur, voudrait tourner la page. Un fond d'investissement américain se montre intéressé. Mais avec quel avenir pour l'usine locale ? Et comment le village pourrait-il survivre à la disparition de son poumon économique ?
Les habitants sont tous inquiets. A commencer par deux d'entre eux, le Maire et le secrétaire général du comité d'entreprise. Chacun à leur manière, ils tentent de s'opposer aux stratégies du chef d'entreprise. Trois hommes du même âge qui s'affrontent sans tapage, mais avec détermination. Autour d'eux, les femmes, qui constituent l'essentiel des effectifs, s'organisent. L'une d'elle, belle, mais dure, lutte aussi contre des démons... Son passé pourrait-il resurgir ?
Dans des débats qui, dans chaque camp, tournent en rond, quelqu'un prononce ces mots : « Ce qu'il nous faut, c'est un mort »... Une idée qui pourrait faire son chemin.
Effectivement il y a un mort. de critique sociale, le roman tourne à l'énigme policière. À qui profite le crime ? S'en mêle un policier atypique qui finira par tout démêler. le dénouement final, inattendu, est d'une cohérence subtile.
L'auteur analyse avec finesse les personnages, leur psychologie, leurs pensées, leur comportement. Il les dépeint dans des phrases courtes, simples, précises, un peu naïves ; des verbes conjugués au présent, des mots du langage parlé, dans un rythme légèrement saccadé. Comme un commentaire off qui accompagnerait des portraits captés de près, caméra à l'épaule, les réflexions intimes s'affichant en sous-titre.
Dans une sorte de bienveillance humaniste, Hervé Commère ne juge pas ses principaux personnages. Ou s'il les juge, il ne les loue ni ne les condamne. Ceux qui paraissent les meilleurs ont leur part d'ombre. Les plus retors ne le sont pas sans excuse. La plupart ont fait leur chemin en suivant les rails sur lesquels la vie les a posés. Quelques uns ont eu le courage de choisir un autre chemin. Cela les rend-il meilleurs ? Ou plus heureux ?
A quoi bon, semble se résigner l'auteur ! Qui peut quelque chose à la marche du monde ? « Nous avons vécu sur un trésor qui s'envole... C'est fini, c'est tout... C'est dommage pour nous, c'est très dommage, mais nous n'y pouvons rien », fait-il dire à l'un des protagonistes. Des propos pessimistes qui entrent en résonance avec les observations sur la décadence délivrée récemment par un philosophe dont les territoires ne sont pas si éloignés de Vrainville...
Pour ma part, la lecture de ce livre ne m'a apporté que du plaisir. Ce n'est pas ce qui fait le bonheur, mais cela y contribue.
Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Cricri124
  25 septembre 2016
Quelle belle surprise que ce livre! Je croyais m'embarquer dans un polar classique et j'ai été plongée dans une formidable odyssée humaine : celle d'un village de Normandie, Vrainville rassemblé autour de SON entreprise, les ateliers Cybelle, une fabrique de lingerie. Cette entreprise familiale est le fleuron et la fierté de la région, et le poumon du village. La plupart des femmes du village y travaillent. Mais les temps changent. Les dirigeants de l'entreprise aussi. La solidarité des débuts s'effrite. Mondialisation, crise économique, délocalisation, chômage, harcèlement, s'inscrivent comme une résignation. Pourtant, les chuchotements et les murmures grondent. Comment faire renaitre la solidarité d'antan ? Comment faire reculer la marche inéluctable de la fermeture? Comment attirer la lumière sur eux ? Ce qu'il leur faudrait, c'est un mort…. soupire une ouvrière désabusée.
La grande force de ce livre est de nous immerger littéralement dans la vie des habitants de ce village, qui s'articule autour d'un personnage central et majeur : les ateliers Cybelle. Une saga familiale sur 3 générations qui déploie ses ramifications autour d'une infinie palette d'émotions humaines: courage, générosité, égoïsme, mesquinerie, cupidité, amitié, trahison, honte, lâcheté, etc, etc… Bref, la vie tout simplement.
A mi parcours, l'enquête policière reprend le devant de la scène. C'est le temps des secrets qui refont surface, des combats, des mensonges, des espoirs, des désillusions … des morts. Je reconnais que mon intérêt s'est un peu émoussé dans cette partie qui est très inégale et pas toujours crédible. Mais j'étais déjà embarquée avec les habitants de ce village. Alors, j'ai continué avec plaisir ma route avec eux.
La construction est intéressante. Point de suspens en tant que tel puisque la plupart du temps, l'auteur annonce ce qui va se passer en début du chapitre, comme s'il racontait un fait divers. Pourtant, même s'il s'est effectivement inspiré de l'histoire des ouvrières des usines Lejaby, il s'agit bel et bien d'une fiction. Il utilise le temps, en jonglant entre le passé et présent, pour maintenir notre intérêt. Et, par un magistral chassé croisé de personnages, il nous révèle petit à petit les interactions entre eux, et surtout sur les conséquences de leur choix.
Dans ce récit qui navigue entre critique sociale et roman policier, nos actes, notre destin, et ce que nous en faisons, tambourinent comme un clapotis sourd. Si l'histoire s'ouvre sur une épigraphe des Rita Mistsouko : "On est responsable du feu qu'on a allumé", ce n'est pas anodin. Feu de joie, brasier ou bucher, les choix que nous faisons sont les braises incandescentes qui palpitent au coeur de ce livre et de nos vies.
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critiques presse (1)
LeMonde   12 mai 2016
Formidable roman autour de la liberté, du hasard, des coïncidences, du courage ou non de prendre son destin en main.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
YdamelcYdamelc   07 juin 2016
— Et les ouvrières des Ateliers Cybelle, elles vous désarment ? Cela vous désarme ce qu’elles sont en train de vivre ?
— Non. Cela m’affecte. Ces femmes sont en train de se rendre coupables d’un délit puni par la loi, elles se comportent comme des brigands.
— La loi, en revanche, autorise le patron des Ateliers Cybelle à supprimer leur prime, à leur faire payer leur logement, à les pressurer de toutes parts avant de vendre à un fonds d’investissement qui, dans deux ans tout au plus, déménagera l’usine en Chine. Ça, par contre, ça ne vous affecte pas.
— Je défends la liberté d’entreprendre, c’est là que se tient la force de notre pays. Des discours comme le vôtre sont des muselières, des bâtons dans les roues de ceux qui prennent des risques et investissent.
— Mais pas du tout !
 
Bref.
Un débat comme nous en connaissons tous, qui se termine sans qu’on ait avancé ni appris quoi que ce soit. Des débats comme celui-ci, toutes les chaînes en proposent depuis cinq petits jours, brisant le rythme des programmes estivaux dédiés aux marchands de glaces, aux touristes étrangers et aux villas de stars. Depuis cinq petits jours, un feuilleton se déroule en direct dans un village de Normandie, dont on ignorait jusqu’alors l’existence. Vrainville a fait irruption dans le paysage audiovisuel et tient en haleine la France entière. On allume la télé en jubilant d’avance devant l’audace de ces femmes, leur ruse et leur aplomb.
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namelessnameless   23 février 2017
La vérité est que la répartition des richesses en France a connu ses plus belles années durant les Trente Glorieuses. Depuis, l'écart entre les riches et les pauvres se creuse chaque année davantage. Aujourd'hui, à la surprise de tous, (ou presque), le pays a retrouvé un niveau de répartition équivalent à celui qu'il avait en 1900.
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YassleoYassleo   31 octobre 2016
Je ne peux rien à la marche du monde. Personne n'y peut rien. Nous avons vécu sur un trésor qui s'envole, l'Europe a vécu dans l'opulence au détriment du reste du monde, et c'est fini, c'est tout. Le reste du monde prend sa revanche. C'est dommage pour nous, c'est très dommage, mais nous n'y pouvons rien.
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umezzuumezzu   12 avril 2018
Elle n'a pas connaissance des chiffres exacts, ne se le formule pas de façon précise, mais elle sait au fond d'elle que sa génération vivra moins bien que la précédente et que c'est une première. La vérité est que la répartition des richesses en France a connu ses belles années durant les Trente Glorieuses. Depuis, l'écart entre les riches et les pauvres se creuse chaque année davantage. Aujourd'hui, à la surprise de tous (ou presque), le pays a retrouvé un niveau de répartition équivalent à celui qu'il avait en 1900.
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namelessnameless   24 février 2017
Mais nous ne sommes pas contraints d'imaginer le pire : n'oublions jamais que le meilleur existe aussi. Nous pouvons tous, à nos différentes places, tenter d'oeuvrer pour que le monde aille mieux.
Page 41
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Videos de Hervé Commère (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hervé Commère
http://www.festival-sans-nom.fr/ https://www.facebook.com/LeFestivalSansNom/
6e Festival Sans Nom, le polar à Mulhouse. Témoignage des auteurs : Franck Thilliez parrain de l'édition 2018 du Festival, Michel Bussi invité d'honneur 2018, Maxime Gillio, Hervé Commère lauréat du prix littéraire du journal L'Alsace, Niko Tackian, Jean-Bernard Pouy, Mathieu Menegaux, Ian Manook, Roger Jon Ellory, René Manzor, Michaël Mention lauréat du Grand Prix du Festival Sans Nom, Benoît Philippon, Danielle Thiéry, Nicolas Beuglet, Barbara Abel
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