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EAN : 9782221011973
492 pages
Robert Laffont (01/05/1984)
4.03/5   174 notes
Résumé :
Ségou est un roman si riche et si divers qu'on ne le peut résumer. Il est à la mesure – à la démesure – de ces terres du Sahel qui s'étendent sous un ciel immense. Un grand souffle le parcourt et l'anime : c'est l'âme même de l'Afrique.
Ségou, c'est, à la fin du XVIIIe siècle, entre Bamako et Tombouctou – dans l'actuel Mali –, un royaume qui tire sa puissance de la guerre. À Ségou, on est animiste ; or une religion conquérante se répand dans les pays du Niger... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Sachenka
  19 août 2021
Ségou est une immense fresque qui raconte l'Afrique de l'Ouest, essentiellement au XIXe siècle. Cette région du monde magnifique, aux cultures et aux traditions riches et millénaires est souvent négligées, tant dans la littérature que dans l'actualité. L'autrice Maryse Condé, bien qu'originaire de la Guadeloupe et ayant fait une partie de sa scolarité en France, voyage et travaille une dizaine d'année en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Ghana, au Sénégal. Même de retour en Occident, elle continue à s'intéresser à cette région du monde. Et c'est sans doute ce qui lui inspira Ségou.
Le premier tome de cette saga s'intitule Les murailles de terre. Il raconte le déclin de l'empire des Bambaras, l'ordre ancien renversé par des dissensions internes (intrigues de palais) mais surtout la progression de l'islam et du christianisme ainsi que le colonialisme et l'esclavagisme (traite négrière et déportation outre-Atlantique).
La famille Douskila est au coeur de cette grande saga, au coeur également des thèmes mentionnés plus haut. le fils aîné Tiékoro Traoré se convertit tôt à l'islam et sera persécuté pour cela. En effet, pour le fils d'un grand dignitiaire dans une société aux croyances fétichistes, c'est osé. le deuxième frère est capturé par des esclavagistes et transite par le Nigéria avant d'être vendu au Sénégal. Par la suite, il s'embarque pour le Brésil, travaillant dans une fazenda. Quant au troisième, Malobali, il se fait mercenaire dans l'empire Ashanti. Un autre frère, fils d'une esclave, exerce différents métiers qui le font voyager dans la région, même jusqu'au Maroc.
Ainsi, la fratrie voyage dans toute l'Afrique de l'Ouest et dans des régions où les populations locales se sont retrouvées par la suite, souvent malgré elles. Beaucoup d'aventures, beaucoup de souffrance également. Je crois que c'est la meilleure façon de résumer (à l'extrême) ce roman dense sans le dénaturer.
Les murailles de terre est un roman de fiction, toutefois, il incorpore beaucoup d'éléments historiques. Par exemple, le voyage de l'explorateur Mungo Park, la présence des officiers et des signares (femmes métis) à Gorée et Saint-Louis (au Sénégal), la montée en puissance d'El Hadj Omar et de son empire toucouleur.
L'intrigue est certes pertinente et accrocheuse. le rythme est très rapide, il se passe beaucoup, vraiment beaucoup de choses. Aussi, le mode de vie des gens des différents peuples (bambaras, peuls, wolofs, ashantis, yorubas, etc.) est très bien décrit. J'arrivais facilement à les imaginer dans ma tête, à les différencier les uns des autres. Pour nous aider, plusieurs notes de bas de page ainsi que, à la fin, des notes historiques et ethnographiques (afin de pousser notre compréhension sur plusieurs éléments effleurés dans le roman). Aussi, des cartes et un arbre généalogique présentant la fratrie, mais aussi leurs épouses, leurs enfants et leurs petits-enfants. Très utile!
Toutefois, si Les murailles de terre permettent de reconstituer une époque, un petit je-ne-sais-quoi m'agaçait tout le long de ma lecture. Je n'arrivais pas à me sentir complètement investi dans l'histoire de ces trois frères et cela malgré un début prometteur. Je mets ça sur trois facteurs. le premier, c'est que tout déboule rapidement (à mon goût), avant que l'on ait eu le temps d'assoir les personnages. le deuxième, ce sont les sauts dans le temps, ce qui se produit à plusieurs endroits. Tout d'un coup, un, trois, cinq ans se sont écoulés, à peine une phrase ou deux pour signaler que la narration est propulsée de l'avant. Par exemple, alors qu'il se trouve encore à Tombouctou, Tiékolo songe à prendre pour épouse Nadié sa concubine, malgré son rang inférieur. le chapitre suivant, ils sont mariés, parents de trois enfants et de retour à Ségou. When did that happen! Au début, je croyais avoir sauté des pages, avoir été dans la lune, d'autant plus que parfois l'on passe des aventures d'un frère à celles d'un autre. C'était mélangeant, et pas rien qu'un peu.
La troisième raison rejoint un peu la première : plusieurs personnages secondaires sont peu exploités, décrits seulement de manière superficielle, avec une certaine distance. Ça va pour des individus qui ne font que croiser la route des protagonistes mais certains tiennent des rôles importants (comme les différentes épouses ou les dignitaires du royaume de Ségou). Pourtant, l'auteure en fait peu de cas et plusieurs sont expédiés (pour ne pas dire tués) très rapidement une fois leur utilité dans l'intrigue finie. J'aurai aimé avoir la chance de les comprendre mieux, d'apprécier leurs tourments intérieurs. Ceci dit, avec déjà deux tomes de presque 500 pages en grand format, cela aurait sans doute fait déborder cette histoire déjà complexe.
Dans tous les cas, j'ai bien aimé Les murailles de terre, un roman captivant qui m'a fait découvrir davantage l'histoire de cette partie du monde.
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soelmaju
  10 janvier 2009
Ce roman relève les quatre événements qui se sont passées et qui ont mis l'Afrique en ébullition : l'influence de l'esclavage, l'influence de l'Islam, l'influence du christianisme et l'influence du colonialisme. La famille de Dousika Traoré souffre durant des générations à cause de ces influences sur les habitants de Ségou. La souffrance de la famille Traoré symbolise la souffrance de tout le continent africain et la complexité à résoudre les problèmes qui ont duré plusieurs générations.
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MELANYA
  24 juin 2021
C'est d'une auteure Guadeloupéenne, Maryse Condé et de son livre « Ségou , tome 1 : Les murailles de terre » (Éditions Robert Laffont – 1984), dont je vais parler un peu. Un peu car livre plus que dense, très intéressant au possible, mais impossible à résumer.
Je vous livre déjà une information : il ne faut pas omettre de lire les « Notes historiques et ethnographiques » à partir de la page 485 ainsi que, à la suite, les « Appendices » qui consistent en des cartes.
« Ségou » est un ouvrage historique qui retrace la chute du royaume bambara et on y découvre le destin de trois frères. Il est composé de cinq parties. On rencontre des « chiens fous dans la brousse » (expression bambara pour désigner les voleurs d'enfants) – des Markas, des Malinkés, des Bambaras (bien sûr) – des musulmans – des Coulibali Massasi (il existe deux catégories de Coulibali : ceux de Ségou et ceux de Kaarta)… et je ne vais rajouter plus d'énumérations de ces peuples car ils sont vraiment très nombreux. On évoque aussi des « commerçants » dioulas à la recherche d'esclaves, une véritable « chasse à l'homme », un trafic très rentable, dans laquelle les Français et les Anglais n'hésitaient pas à se porter des coups bas.
Évocations également Historiques ainsi que religieuses (Islam) sur le problème de la foi : « La foi est comme un fer chaud, clamait Amadou Hammadi Boubou. En se refroidissant, elle diminue de volume et devient difficile à façonner. Il faut donc la chauffer dans le Haut Fourneau de l'Amour et de la Charité. »
Des questions aussi sur ce que représente la vie : « Un fugitif passage qui ne laisse aucune trace à la surface de la terre. Un enchaînement d'épreuves dont on ne perçoit même pas la signification ? » Sans parler du problème de vouloir civiliser l'Afrique en la christianisant : « Tout peuple ne possédait-il pas sa propre civilisation que sous-tend la croyance en ses dieux. Et en christianisant l'Afrique, que faisait-on sinon lui imposer une civilisation étrangère ? »
Ainsi que vous le voyez, les réflexions et informations sont tellement nombreuses et recherchées, c'est une histoire hantée par le colonialisme qu'a écrit Maryse Condé (avec une grande documentation), car malgré la douceur de vivre antillaise, il y existe également un lourd passé colonial. Avec son écriture si riche, elle réussit à captiver le lecteur malgré la foule d'informations. C'est une saga que j'avais lue tranquillement afin de laisser pénétrer mon esprit par la densité jamais lassante car on désire connaître les destins de ces hommes, de ce pays, de cette partie de l'Afrique ainsi que de l'Afrique entière.
En guise de conclusion, j'ai préféré relever les dernières lignes de cet ouvrage :
« La guerre st bonne puisqu'elle enrichit nos rois.
Femmes, captifs, bétail, elle leur procure tout cela.
La guerre est sainte puisqu'elle fait de nous des musulmans.
La guerre est sainte et bonne.
Qu'elle embrasse donc nos ciels…
Mohammed pensa à sa mère Maryem qu'il n'avait pas vue depuis tant d'années. Il pensa à Ayisha. Puis serrant les dents, il ne pensa plus à rien. Qu'à se garder en vie. »

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PiertyM
  17 octobre 2013
C'est une grande épopée Segou de Maryse que j'ai lu il y a plus d'une quinzaine d'année mais que je n'ai jamais oublié.
J'aime même été influencé par elle parce que j'avais faire l'histoire à l'époque une fois à l'université alors que je n'étais qu'au collège.
Bref j'ai beaucoup aimé ce livre. Avec la perte de sa beauté, de sa tranquillité, de sa prospérité, l'Afrique devient la proie de l'esclavagisme et de la civilisation occidentale et arabe.
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rotsenamrub
  18 avril 2020
Énorme coup de coeur que la découverte dans les années 80 de cette saga de Maryse Condé.
C'est la magnifique fresque de l'Afrique d'avant, celle de ses royaumes et de ses peuples, de leurs premières rencontres avec l'Islam puis l'occident, qui nous est magnifiquement présentée.
L'auteure mêle petite et grande Histoire en faisant surfer les destinés d'une poignée de personnages sur les tumultueuses vicissitudes historiques du continent.
A la fois, instructif, passionnant, épique, enchanteur, terrible et touchant.
En un mot inoubliable.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   13 octobre 2019
Civiliser l'Afrique en christianisant. Qu'est-ce que cela signifiait ? Tout peuple ne possédait-il pas sa propre civilisation que sous-tend la croyance en ses dieux. Et en christianisant l'Afrique, que faisait-on sinon lui imposer une civilisation étrangère ?
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psamboupsambou   30 novembre 2014
Non, on se battait pour satisfaire des orgueils et des intérêts royaux. Il avait envie de se dresser et de hurler. Mais sa voix serait étouffée sous le battement des tam-tams de guerre... C'est pour cela qu'il y a des tam-tams de guerre, pour couvrir les cris de révolte des hommes !
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tgranductgranduc   07 octobre 2012
Malobali avait beau lui répéter que c'était la coutume en pays bambara, que Nya sa mère, à la mort de Dousika, avait été donnée à son frère cadet Diemogo pour le plus grand bien de la communauté, Romana croyait flairer en tout cela comme un parfum d'inceste.
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Bruno_CmBruno_Cm   10 octobre 2019
- La parole est un fruit dont l'écorce s'appelle bavardage, la chair, éloquence et le noyau, bon sens. Dès l'instant o un être est doué du verbe, quel que soit son degré d'évolution, il compte dans la classe des grands privilégiés.
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MELANYAMELANYA   24 juin 2021
Au sortir de Ségou, ce sont les marches du désert.
La terre est ocre et brûlante. L’herbe, quand elle parvient à pousser, est jaunâtre. Plus souvent, elle cède la place à une croûte désolée et pierreuse dont se nourrissent seulement les baobabs, les acacias et l’arbre à karité, symbole de toute la région.
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