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EAN : 9782370553317
256 pages
Le Tripode (18/08/2022)
3.72/5   425 notes
Résumé :
Odile a disparu, laissant derrière elle son mari Ferment et leurs trois enfants. Privés de la présence maternelle, Béguin, Chiffon et la jeune Zizi Cabane doivent trouver un nouvel équilibre. Mais rien ne se passe comme prévu dans la maison. Une source apparaît dans le sous-sol, et veut absolument rejoindre le ruisseau du jardin. Un drôle de vent rôde. Et tandis que tante Jeanne essaie de ramener un peu de raison là dedans, Marcel Tremble, faux grand-père surgi de n... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
3,72

sur 425 notes
Ayant apprécié de pierre et d'os de Bérengère Cournut lors de sa sortie, je n'ai pas hésité à me lancer dans la lecture de Zizi Cabane lorsque l'occasion s'est présentée.
Ces deux romans qui, dans un premier temps paraissent très éloignés l'un de l'autre ont pourtant des points communs.
Une jeune fille, Uqsuralik, dans de pierre et d'os, voit s'ouvrir une faille sur la banquise entre elle et l'igloo où se trouve sa famille et n'a d'autre solution pour survivre que d'avancer.
Loin de ce voyage arctique, ici, c'est Zizi Cabane dans ce roman éponyme qui, à la disparition de sa mère Odile, va devoir s'inventer un chemin de vie.
Là encore la nature personnifiée aura un rôle majeur et la principale composante, l'eau, se révélera tour à tour menaçante ou rassurante.
En entremêlant poésie et conte, en rebaptisant ses personnages en fonction de leur personnalité ou de la vision qu'en ont les autres, en donnant la parole aux éléments naturels, en faisant ruisseler des vers écrits par Odile la mère disparue, devenue O ou source d'eau…, en alternant les voix pour nous faire entendre les différents points de vue, Bérengère Cournut nous livre un conte, un récit féerique dans lequel il faut se laisser emporter pour l'apprécier à sa juste valeur.
L'auteure parvient à dire la douleur et les chagrins que doit affronter cette famille, le père et ses trois enfants, en réinventant le monde de manière éblouissante et en gardant le sourire.
J'ai, dès les premières pages, été émerveillée par cette faculté qu'avaient eu ces parents pour renommer leurs enfants, leurs deux garçons et leur fille. Ainsi l'aîné, par exemple, ils l'ont appelé Martin. Mais un matin, en regardant l'enfant dont ils ne se cachaient pas d'être amoureux, ont-ils décidé de le rebaptiser Béguin. Pour Zizi Cabane, la dernière, ce prénom lui a été donné dès sa naissance, suite à une réflexion de son frère, étonné par une différence...
J'ai surtout été éblouie par cette capacité du deuxième garçon appelé Chiffon, prénom particulièrement en adéquation avec son amour des chiffons et sa virtuosité à en faire des cartes fantastiques, de véritables trésors d'imagination et qui emmènera sa jeune soeur dans des explorations imaginaires mais salvatrices et constructives.
Zizi Cabane est à la fois un roman initiatique et un roman sur la reconstruction écrit sur un mode tout autant original qu'efficace.
Il faut cependant accepter de sortir du rationnel pour pouvoir apprécier pleinement toute la poésie imaginative de Bérengère Cournut et se laisser emporter par les flots de son écriture originale et créatrice.

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Si le titre interroge, l'énigme est rapidement levée, le surnom de la petite dernière est né de l'imagination fertile de son frère !


L'imagination, c'est un leitmotiv de ce roman aussi poétique que déjanté, avec ce paradoxe qu'il s'appuie sur une réalité tragique, la disparition de la mère qui laisse les trois enfants et le père démunis et obsédés par des questions récurrentes et sans réponse. D'autant que le vide créé par l'absence s'accompagne de phénomènes étranges dans la maison familiale, qui est un personnage à part entière, plutôt maléfique et impossible à contrôler.

Bientôt rejoints par un hypothétique grand-père surgi du néant, ils tenteront de survivre en construisant des fables autour d'une mère qui a créé le mystère.


Nous sommes bien loin des légendes du Grand Nord, et pourtant ce sont des mythes universels qui prennent corps dans ce roman très créatif où la force de l'amour sauve cette famille à la dérive, au coeur d'un décor qui peut d'un moment à l'autre les porter ou les trahir.

Ce roman est une confirmation des talents de conteuse de Bérengère Cournut, qui réussit à nous emporter dans des territoires qui explore les mythes fondateurs, avec une langue aussi poétique qu'émouvante.

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J‘attendais beaucoup de ce livre. Après « de pierre et d'os« , livre coup de foudre, je n'ai pas entendu parler de livres d'elle avant celui-ci, mais il y en a eu. Je n'ai rien vu. Pour ce « Zizi Cabane », c'était difficile de le louper tant il était mis en avant chez « les libraires » et dans les sélections de la rentrée littéraire d'automne. Je l'ai acheté, bien sûr. Malgré ce titre qui est tout de même… un peu dérangeant, si j'ose m'exprimer ainsi.

L'histoire : une famille : deux parents : Odile et Ferment (oui oui). Leur ainé, ils l'appellent Béguin. Comme il écrit une lettre à sa tante au début du roman, il signe de son prénom officiel : Martin, et de son prénom d'usage familial. Puis un second fils, appelé Chiffon. Il parle très peu et se réfugie sous un tas de chiffons quand il veut avoir la paix. Puis naît une petite fille, et les garçons remarquent tout de suite que le bébé « n'a pas de zizi ». C'est là que la maman explique que si, elle en a un mais il est caché, comme chez toutes les filles. Chiffon s'écrit « c'est un Zizi cabane alors ». C'est comme ça qu'on l'a appelée.
Lorsque Zizi Cabane a cinq ans, sa mère disparaît, et en même temps de l'eau se met à couler à travers la maison. Déjà qu'il y avait un ruisseau dans le jardin…. la maison est humide, le papier peint se décolle, ce n'est plus possible de dormir là. Alors le père et les enfants déménagent dans le cabanon du jardin.

Entre inventions pour faire couler l'eau hors de la maisons, branchements, goulottes et moulins à eau inventés par Chiffon et Zizi, plantation d'arbres fruitiers et découvertes de la nature peu à peu, on entend la mère. O comme Odile, O comme eau. Elle prend la parole, en italique, elle est devenue maison, eau, vent. Elle prend garde à ses enfants. Et à son mari.
Les enfants et le père prennent la parole dans le roman, un peu fouillis, un grand-père apparaît qui deviendra indispensable tant pour les enfants que pour le père, racontant histoires, montrant et démontrant des choses à faire, rigolard comme le père Noël. Et la tante Jeanne, soeur de la disparue, qui vit avec les enfants et Ferment et Marcel Tremble, le Pépé rapporté. Les enfants grandissent, explorent, marchent, vont à l'école, découvrent l'art, la peinture sans peinture, la poésie, tout en étant libres de vivre comme ils l'entendent.

Ceci a tout d'un conte philosophique, poétique, mais, désolée moi je n'accroche pas. Pas du tout. Ma lecture a été longue et pénible, le style de Bérangère Cournut, tellement à sa place chez les Inuits tant il est onirique, mais pas ici. Pour moi le fond est plat. L'histoire en elle-même n'a pas d'intérêt pour moi, elle ne me plonge pas dans une autre culture, on est un peu à cheval entre le livre pour enfants et le livre philosophique pour les grands, avec juste une petite caractéristique qui se démarque d'autres histoires oniriques : les prénoms. (Attention spoil : elle s'appelle Ambre-Iseline)

Inutile de dire que j'ai été plus que déçue. Je n'ai pas d'autre mot. Hashtag déception
Lien : https://melieetleslivres.fr/..
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Voilà ce que j'aime dans la littérature me faire surprendre et en lisant ce roman, je me suis laissé bercée par la vie de cette famille aimante, cette fratrie avec Beguin, Chiffon et Zizi cabane, des surnoms étranges peut être mais donnés par amour par les parents et qui correspondant à chaque des enfants.
Après la disparition d'Odile, la mère, la vie continue en essayant de combler l'attente, le manque. Pourtant, cette absence ne se laisse pas oublier aussi facilement, en effet suite à cette disparition une source éclot sous la maison et l'eau l'imprègne des sols aux murs, je vous laisse le plaisir de découvrir pourquoi.
Un conte mêlant la poésie, la délicatesse ainsi qu'une réflexion sur la perte, le deuil, notre rapport à la nature, l'amour et les liens d'une famille.
A cette lecture, j'ai parfois pensé à deux livres «En attendant Bojangles» et «l'écume des jours», un roman chorale aux personnages originaux et attachants, à l'écriture onirique, sensible qui m'a emporté, ému.
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Il faut je crois une âme d'enfant active pour saisir celle de ce roman déroutant et délicieusement sensoriel qui parle à mots couverts et délicats de perte, de deuil et de chemins à construire dans l'absence.
En l'absence de connexion directe à la mienne d'âme d'enfant, présente mais trop bien rangée depuis trop longtemps, il m'a fallu changer de stratégie à mi lecture pour parvenir à me couler dans les eaux et les vents qui entourent l'univers de la petite Zizi Cabane.
D'abord, en m'appuyant sur deux très belles images du roman: celle des cartes dessinées par son frère sur de vieux chiffons comme autant de cartes aux trésors appelant à découvrir le monde; ensuite celle du père creusant jusqu'à la folie la terre sous la maison familiale pour y retrouver son épouse disparue et pouvoir l'absorber.
Ensuite, en prenant le temps de plonger dans la splendie couverture du roman, extérieure et intérieure, et d'y relire cette première partie. Etonnamment, ma lecture y a pris du sens et du poids.
Nul étonnement alors et beaucoup de plaisir et de tendresse à suivre l'essor de cette famille amputée de son membre le plus essentiel, fortifiée d'apports humains extérieurs, rassemblée autour d'explorations et de constructions naturelles, avec le personnage central et solaire de Zizi Cabane capable en grandissant de se délivrer de la part d'elle-même pour prendre son envol.
Très belle histoire que "cette histoire de veines et de chagrins qu'on mêle,
de nappes, de mares et de sel
de charbon aussi...
d'eaux profondes et de gemmes".
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critiques presse (2)
LeSoir
22 août 2022
Avec son merveilleux roman « Zizi Cabane », on plonge dans le mystère du conte, la beauté des fables et la force des mythes.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeSoir
22 août 2022
Avec son merveilleux roman « Zizi Cabane », on plonge dans le mystère du conte, la beauté des fables et la force des mythes.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
Depuis le premier cours où Mme Élise a distribué des fonds de carte sur papier calque, je ne peux plus m’arrêter d’en dessiner… J’ai commencé sur mon grand cahier de travaux pratiques pendant les heures de permanence – quel beau mot, la « permanence »… Ça se passe dans la grande salle du réfectoire, rendue silencieuse par la vigilance des surveillants. Les élèves sont assis chacun à une table, empêchés d’être bêtes par les règles du silence… C’est merveilleux.
Commenter  J’apprécie          350
Pour moi, qui suis arrivée cinq ans plus tard, on avait retenu la leçon : pas de prénom auquel on ferait semblant de croire. Mon père et ma mère m'ont ramenée à la maison en m'appelant «bébé», puis ils ont attendu que ça vienne. En vérité, ça n'a pas tardé : au premier bain dans le lavabo de faience, à hauteur d'yeux de Chiffon, mon frère a demandé : «Pourquoi il est cassé, le zizi de ma sœur?» Maman est entrée en fureur. «Mais enfin, il n'est pas cassé! Qu'est-ce que tu t'imagines, espèce d'enfant aveugle ? Mon frère a dit : «Si, regarde, il est cassé... Il n'y a rien à tirer.. Mon père a ri, Odile a pris le temps d'expliquer : «Alors, les garçons. Vous avez, c'est vrai, un zizi qui peut viser, se dresser et s'affaiser dans un frisson... Pour vous flatter, appelons-le zizi totem. Mais les filles, voyez-vous, ont un zizi, elles aussi. Un zizi plus mystérieux... caché là, dans un pli, et que vous comprendrez un jour autrement qu'avec vos yeux. D'accord ?» Béguin ricanait un peu, mais Chiffon a dit d'un ton blasé : «Un zizi cabane, quoi... » Personne n'aurait trouvé mieux : ni plus vrai, ni plus joyeux. C'est ainsi que je suis devenue la première, la seule, la vraie : Zizi Cabane.
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« Tata ? » Elle sursaute. « Mais qu’est-ce que tu fiches, à pleurer dans la rocaille ?
- Oh, oh ! Je ne pleure pas, esquive-t-elle en souriant. J’arrose simplement les pensées que j’ai mises en terre récemment... »
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Maman racontait souvent que papa et elle avaient grandi en ville, mais comme deux fleurs des champs. C’est-à-dire qu’ils n’avaient pas d’attaches, pas de racines dans le béton.
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Depuis que pépé est mort, j'ai souvent froid, souvent peur. Il y a de plus en plus de choses que je ne comprends pas. Pourquoi il nous a retrouvés, pour finalement s'en aller soudain ? Jeanne dit qu'il était malade et qu'il ne m'en a pas parlé pour ne pas m'inquiéter. C'est vraiment prendre les enfants pour des billes… Je le savais bien qu'il était malade ! Ce n'est pas une raison pour mourir.
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Videos de Bérengère Cournut (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bérengère Cournut
À l'occasion de la 33ème édition du festival "Étonnants voyageurs" à St-Malo, Bérengère Cournut vous présente son ouvrage "Vövöl" aux éditions le Tripode.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2808096/berengere-cournut-vovol
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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