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ISBN : 2370552123
Éditeur : Le Tripode (29/08/2019)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 236 notes)
Résumé :
"Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses for... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (94) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  14 septembre 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #20 °°°
Ce roman, couronné du Prix du roman Fnac m'a littéralement enchanté. Un très beau coup de coeur et certainement un roman que je vais énormément offrir.
Une nuit, aux confins du monde, la fracture de la banquise sépare Uqsuralik, adolescente inuit, de sa famille. Plongée dans la pénombre et le froid polaire, elle n'a d'autre solution pour survivre que d'avancer pour trouver un refuge.
Bien sûr, le dépaysement est total, l'Arctique, ses paysages arides. La violence de qu'il impose aux hommes qui n'ont de cesse de chasser la faim, de combattre le froid. Sa faune, ours phoques annelés, perdrix des neiges, renards blancs …
Bérengère Cournut a adopté une démarche d'ethnographe en s'immergeant dans la bibliothèque du Museum d'histoire naturelle ( plus particulièrement dans les fonds polaires de Jean Malaurie et les fonds d'archives de Paul-Emile Victor ), tout sonne vrai, juste, authentique, que ce soit pour décrire cette nature incroyablement belle et hostile, ou les coutumes et le quotidien des Inuits sans idéalisation. L'imaginaire du lecteur est stimulé sans être racolé. le Grand Nord n'est pas que du décor exotique pour faire joli.
Non, l'environnement acquiert immédiatement une dimension métaphysique, la quête de Uqsuralik, menée dans des conditions extrêmes, met à l'épreuve sa force de caractère et lui révèle son monde intérieur. En lisant de pierre et d'os, j'ai pensé à une interview dans Libération du philosophe Baptiste Morizot - qui m'avait beaucoup impressionnée - sur l'animalité de l'être humain constitutive de son identité, l'homme étant replacé au sein de la communauté animale, dans la chaine alimentaire et non au-dessus. Lors de l' errance arctique de son héroïne, Bérangère Cournut décrit une Uqsularik à la sensibilité directement branchée sur la multiplicité des formes de vie qui habitent ce milieu arctique et le constituent. Elle voit à travers les yeux des animaux qui l'entourent, elle a éveillé un oeil qui voit l'invisible, un oeil de l'esprit, sans angélisme ou niaiserie. En fait c'est toute la question du rapport à la nature de l'homme qui est en jeu, au fil des mots, en toute humilité. Cela m'a touché.
A cette dimension métaphysique, se superpose une dimension plus existentialiste, d'autant plus puissante. Dans ce roman initiatique, on voit une adolescente sans famille devenir femme, puis mère. On la voit s'emparer de sa vie pour devenir puissante, transcendée par sa résilience, sa résistance aux épreuves, puis par le chamanisme auquel elle est initiée. Elle aime, elle haït, elle souffre, elle attise le désir, la convoitise et la jalousie. C'est avant tout un autre de chair agité par des émotions universelles qui nous emportent avec force. Un être éminemment romanesque qui parle à tous les éléments, à tous les êtres vivants, et même aux créatures polaires comme l'homme-lumière ou le géant de dessous les pierres.
J'avais déjà goûté à la plume ciselée de Bérengère dans Par delà nos corps. Je l'ai encore plus appréciée ici tellement elle enveloppe la quête de Uqsularik de simplicité et d'intensité. Elle sait se faire poétique, tout particulièrement dans les chants qui entrecoupent le récit et accompagnent ses moments forts pour les intensifier.
Extrait du chant d'Uqsularik lorsqu'elle comprend qu'elle attend enfin un nouvel enfant
« Depuis que je sais qu'un enfant est là
Qu'un enfant va passer par moi
Je ris, je ris en secret
Je ris comme une brassée de palourdes
Qui roulent depuis les collines
Jusqu'aux galets lourds
Du rivage.
Et depuis plusieurs lunes
Que le sang bat et reste en moi
J'ai l'impression que
Sous la banquise
La mer rit avec moi. »
Une merveille à lire dans un écrin à la hauteur, entre cette couverture magique et le carnet de photographies prises au début du XXème siècle.


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Afleurdelivres
  23 septembre 2019

💖Survie au royaume des glaces.
« Puisse ce roman être une Porte d'entrée vers l'univers foisonnant du peuple inuit ». Que l'écrivaine se tranquillise son magnifique roman est , plus qu'une ouverture, une ode bouleversante, envoûtante et passionnante à « ce monde ancien toujours vivant ».
Cette immersion poétique chez les inuits est un véritable enchantement.
Ce livre atypique ponctué de chansons conte le voyage initiatique de Uqsuralik jeune fille inuite subitement séparée des siens alors que la banquise se brise l'éloignant de l'igloo familial.
Restée seule dans cette immensité glacée avec ses chiens et quelques objets que son père parvient à lui lancer in extremis elle organise courageusement sa survie. C'est le point de départ pour elle et le lecteur d'une errance ésotérique, spirituelle et multisensorielle où se mêlent animisme, chamanisme, traditions ancestrales, rapport fusionnel aux animaux et à l'environnement, le tout avec une infinie délicatesse.
Sur cette terre gelée là où le blanc prédomine Uqsuralik doit se diriger à l'instinct, tous ses sens à l'affût.
On la suit, captivé, dans son épopée onirique au coeur de décors vertigineux, de l'imprévisible banquise, de la toundra, des fjords, des iceberg, des chenaux dessinés dans la mer de glace sous les pleins soleil de minuit, les aubes blanches et bleutées, la brume opaque ou le blizzard.
La superbe écriture de Bérangère Cournut parvient à installer une ambiance fantastique où se mêlent rêves, voyages de l'âme, cérémonies rituelles, chants célestes, recherche identitaire mais où il est aussi question d'amour, d'enfantements, de transmissions et de deuils.
Cette guerrière des temps anciens, cette femme en devenir, affronte la famine, fraie avec certains esprits se protège contre d'autres.
Elle fera des rencontres étranges comme celle avec « l'homme-lumière » ou le géant sous la glace.
Se déplaçant de campements en maisons communautaires elle chasse, pêche, tanne, coud, dépèce confectionne, construit. Son parcours la transformera à jamais.
Un carnet de photographies en prime, ce roman merveilleux est à lire sans hésitation.
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Cannetille
  27 septembre 2019
Lorsqu'une faille déchire soudain la banquise, la jeune Inuit Uqsuralik se retrouve séparée des siens, aussitôt confrontée à la question de sa survie, seule dans les conditions extrêmes de l'Arctique. Dans ce milieu hostile, sa seule chance est de parvenir à rejoindre un groupe de ses semblables, puis de s'en faire accepter. Commence alors pour elle le long apprentissage d'une vie rude, souvent éprouvante, mais riche de joies, d'amour et de tendresse au sein de son clan d'adoption, dans le respect d'un environnement naturel aussi magnifique que terrible, peuplé d'esprits omniprésents qu'elle apprend à connaître au travers du chamanisme.

Bérengère Cournut s'est livrée à un immense travail d'imprégnation, explorant les connaissances ethnologiques d'un très grand fond documentaire, avant de nous inviter à cette immersion dans l'ancestrale culture Inuit, en compagnie de personnages imaginés mais qui semblent profondément authentiques et représentatifs.

Le récit, porté par une écriture sobre et fluide, est aussi captivant que dépaysant, et ne peut que serrer le coeur quand on sait les difficultés rencontrées depuis un siècle par le peuple Inuit pour conserver un territoire et maintenir une culture et des traditions malmenées par la modernité.

Ce livre, véritable odyssée dans un monde aujourd'hui en voie de disparition, où s'organise une existence nomade, centrée sur la chasse, le partage et la vie communautaire, est à la fois un roman d'aventures, un récit d'apprentissage, une expérience ethnographique, un conte poétique, et, en tous les cas, un excellent moment de lecture. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Fandol
  27 novembre 2019
Au sortir de cette impressionnante immersion dans le monde des Inuits, monde saccagé par les Blancs, un de plus, j’apprécie encore plus l’immense travail réalisé par Bérengère Cournut. Il a fallu dix mois d’immersion à l’auteure dans le fonds polaire Jean Malaurie et dans le fonds d’archives Paul-Émile Victor pour s’imprégner d’une culture, d’un mode de vie qu’elle remet magnifiquement en place et fait vivre sous nos yeux.
De pierre et d’os est d’abord un très beau livre édité par Le Tripode. Agréable à tenir en mains, donc à lire, avec une très belle couverture dont le rabat intérieur renforce la qualité.
L’écriture est simple et merveilleuse à la fois, belle, poétique, captivante car étonnante. J’ai donc mis de côté ma frilosité pour suivre cette « femme au caractère d’ours, au nom d’hermine : Uksuralik ».
Dans un précédent roman, Née contente à Oraibi, Bérengère Cournut faisait découvrir les Hopis, un peuple qui vit dans le nord-est de l’Arizona. Sans se déplacer, elle nous emmène nettement plus au nord, dans une région volontairement imprécise géographiquement.
Tout commence par un drame : Uksuralik se trouve subitement séparée de sa famille à cause d’une rupture de la banquise. Son père a juste réussi à lui lancer une peau d’ours et un harpon qui se casse, hélas, en arrivant au sol. Elle est avec sa chienne, Ikasuk, et quatre jeunes chiens et doit aussitôt leur prouver qu’elle est la plus forte car l’un d’eux l’attaque.
J’ai tenté de suivre l’héroïne du roman mais j’ai souffert avec elle devant tant d’épreuves pourtant toutes surmontées grâce au pouvoir des esprits et un chamane qui jouera un rôle important pour son épanouissement. Elle donne la vie et c’est à chaque fois un bel exemple d’apprivoisement de la mort qui rôde et menace.
Les terribles moments qu’elle affronte volontairement ou malgré elle, font frissonner, trembler, désespérer et enfin apprécier l’ingéniosité de ces Inuits qui survivent, se reproduisent, gèrent leurs conflits, font la fête, s’aiment, dansent, mangent et chassent surtout en respectant les animaux qu’ils sont contraints de tuer. Ils utilisent au maximum tout ce que donnent les bêtes qu’ils côtoient jusqu’au dernier tendon, au dernier poil de fourrure. Quelle leçon ils nous donnent à nous qui gaspillons tellement !
Enfin, que ces chants intercalés au fil du récit sont beaux ! Ils racontent, précisent, ajoutent des détails sur cette vie complètement dépendante de la nature, nature hostile et généreuse à la fois. Parfois, ils peuvent servir de défoulement à celui qui s’exprime.
Ce roman qui mêle l’onirisme et la réalité la plus dure est une véritable découverte, et je remercie le Cercle livresque de Lecteurs.com de m’avoir permis ce voyage incroyable.



Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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fertiti65
  19 octobre 2019
Ce livre est un enchantement, un conte polaire, un dépaysement total. J'ai beaucoup aimé cette histoire. C'est le premier roman de Bérengère Cornut que je lis, mais sans doute pas le dernier. L'histoire de cette civilisation m'a étonnée...On sort des sentiers battus si je puis dire. Une véritable originalité dans cette rentrée littéraire.
Je vous conte cette histoire : une nuit la banquise se fracture et sépare une jeune fille de sa famille. Son père à juste le temps de lui donner une peau d'ours contre le froid et un couteau. Elle va devoir se débrouiller pour survivre face aux animaux et aux hommes mais aussi à la dureté du climat et de la nature.
C'est vraiment un livre dépaysant, très bien écrit. La couverture est sublime, rien qu'en la regardant on est déjà dans l'ambiance...
Ce roman est ponctué de chants gutturaux poétiques qui se lisent comme de véritables odes à la vie.
Je ne peux que vous le conseiller.
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critiques presse (4)
Actualitte   21 novembre 2019
D’une écriture simple, fluide et franche, Bérengère Cournut va droit au but avec une authenticité déconcertante. Chapitre après chapitre, entrecoupé de chants, c’est toute la poésie d’un autre langage qui est mise en œuvre pour décrire une autre réalité partageant pourtant le même monde, à l’autre bout du globe, dans un tout autre paysage.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Liberation   23 septembre 2019
Son récit sobre et vif prend à la gorge, il parle d’une forme d’existence nomade, de communautés pour qui le partage est la règle, et le monde invisible le spirituel.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   23 septembre 2019
L’ardent roman de l’écrivaine permet de découvrir l’ancien mode de vie des Inuits, grâce à sa vaillante héroïne, entre baie et montagne, fjords et toundra, icebergs et falaises.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   21 août 2019
Avec "De pierre et d’os", Bérangère Cournut entraîne le lecteur en Arctique. Un très beau récit peuplé d’hommes, d’animaux et de créatures.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
berni_29berni_29   07 décembre 2019
La première nuit, l'homme a tenu à dormir dehors avec ses chiens. Nous lui avons proposé l'abri de notre umiak, mais il a préféré construire un petit igloo sur la glace, en contrebas. Sortant de notre maison de pierres et de tourbe à la nuit tombée, j'ai vu qu'il avait allumé sa lampe : le dôme dégageait au loin une lumière douce de demi-lune ensommeillée, comme la veille, sur la banquise je l'avais trouvé. Sa présence me redonnait courage. Comme si un grand frère était descendu du ciel pour soigner ma fille.
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berni_29berni_29   07 décembre 2019
Tous ceux qui nous ont rejoints cet hiver-là étaient des parents plus ou moins proches. Je continue d'attendre l'étranger qui viendra.
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FandolFandol   05 décembre 2019
Durant ma longue nuit d'Inuit, j'ai appris que le pouvoir est quelque chose de silencieux. Quelque chose que l'on reçoit et qui - comme les chants, les enfants - nous traverse. Et qu'on doit ensuite laisser courir.
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FandolFandol   04 décembre 2019
Depuis la fin du tabou pour les hommes, nous dormons entre femmes sur la plate-forme. Quand personne n'est dans la maison, ou quand personne ne me regarde, je travaille les peaux, je frotte les kamik de Naja avec de la graisse de phoque. Et puisqu'ils partent demain pour quelque temps, je mâche bien les coutures de ses moufles et la fourrure de ses bottes, afin qu'elles restent souples.
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FandolFandol   04 décembre 2019
Lors de ces nuits-là, maris et femmes sont échangés de bonne grâce. On tâte de nouvelles peaux, on goûte d'autres chairs, on hume des plis et des creux inconnus. Les gorges roulent, les fesses glissent, les seins sautillent dans les paumes, les mains claquent dans les dos et sur les cuisses. C'est un moment où le groupe vit intensément et, parfois, des enfants longtemps attendus naissent de ces nuits-là.
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Videos de Bérengère Cournut (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bérengère Cournut
A l'occasion du salon "Le livre sur la place" à Nancy, rencontre avec Bérengère Cournut autour de son ouvrage "De pierre et d'os" aux éditions le Tripode. Rentrée littéraire Septembre 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2341343/berengere-cournut-de-pierre-et-d-os
Notes de musique : Youtube Audio Library
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