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ISBN : 2370552123
Éditeur : Le Tripode (29/08/2019)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 80 notes)
Résumé :
« Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l’Arctique depuis un millier d’années. Jusqu’à très récemment, ils n’avaient d’autres ressources à leur survie que les animaux qu’ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d’animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L’eau sous toutes ses f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  14 septembre 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #20 °°°
Ce roman, couronné du Prix du roman Fnac m'a littéralement enchanté. Un très beau coup de coeur et certainement un roman que je vais énormément offrir.
Une nuit, aux confins du monde, la fracture de la banquise sépare Uqsuralik, adolescente inuit, de sa famille. Plongée dans la pénombre et le froid polaire, elle n'a d'autre solution pour survivre que d'avancer pour trouver un refuge.
Bien sûr, le dépaysement est total, l'Arctique, ses paysages arides. La violence de qu'il impose aux hommes qui n'ont de cesse de chasser la faim, de combattre le froid. Sa faune, ours phoques annelés, perdrix des neiges, renards blancs …
Bérengère Cournut a adopté une démarche d'ethnographe en s'immergeant dans la bibliothèque du Museum d'histoire naturelle ( plus particulièrement dans les fonds polaires de Jean Malaurie et les fonds d'archives de Paul-Emile Victor ), tout sonne vrai, juste, authentique, que ce soit pour décrire cette nature incroyablement belle et hostile, ou les coutumes et le quotidien des Inuits sans idéalisation. L'imaginaire du lecteur est stimulé sans être racolé. le Grand Nord n'est pas que du décor exotique pour faire joli.
Non, l'environnement acquiert immédiatement une dimension métaphysique, la quête de Uqsuralik, menée dans des conditions extrêmes, met à l'épreuve sa force de caractère et lui révèle son monde intérieur. En lisant de pierre et d'os, j'ai pensé à une interview dans Libération du philosophe Baptiste Morizot - qui m'avait beaucoup impressionnée - sur l'animalité de l'être humain constitutive de son identité, l'homme étant replacé au sein de la communauté animale, dans la chaine alimentaire et non au-dessus. Lors de l' errance arctique de son héroïne, Bérangère Cournut décrit une Uqsularik à la sensibilité directement branchée sur la multiplicité des formes de vie qui habitent ce milieu arctique et le constituent. Elle voit à travers les yeux des animaux qui l'entourent, elle a éveillé un oeil qui voit l'invisible, un oeil de l'esprit, sans angélisme ou niaiserie. En fait c'est toute la question du rapport à la nature de l'homme qui est en jeu, au fil des mots, en toute humilité. Cela m'a touché.
A cette dimension métaphysique, se superpose une dimension plus existentialiste, d'autant plus puissante. Dans ce roman initiatique, on voit une adolescente sans famille devenir femme, puis mère. On la voit s'emparer de sa vie pour devenir puissante, transcendée par sa résilience, sa résistance aux épreuves, puis par le chamanisme auquel elle est initiée. Elle aime, elle haït, elle souffre, elle attise le désir, la convoitise et la jalousie. C'est avant tout un autre de chair agité par des émotions universelles qui nous emportent avec force. Un être éminemment romanesque qui parle à tous les éléments, à tous les êtres vivants, et même aux créatures polaires comme l'homme-lumière ou le géant de dessous les pierres.
J'avais déjà goûté à la plume ciselée de Bérengère dans Par delà nos corps. Je l'ai encore plus appréciée ici tellement elle enveloppe la quête de Uqsularik de simplicité et d'intensité. Elle sait se faire poétique, tout particulièrement dans les chants qui entrecoupent le récit et accompagnent ses moments forts pour les intensifier.
Extrait du chant d'Uqsularik lorsqu'elle comprend qu'elle attend enfin un nouvel enfant
« Depuis que je sais qu'un enfant est là
Qu'un enfant va passer par moi
Je ris, je ris en secret
Je ris comme une brassée de palourdes
Qui roulent depuis les collines
Jusqu'aux galets lourds
Du rivage.
Et depuis plusieurs lunes
Que le sang bat et reste en moi
J'ai l'impression que
Sous la banquise
La mer rit avec moi. »
Une merveille à lire dans un écrin à la hauteur, entre cette couverture magique et le carnet de photographies prises au début du XXème siècle.


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Afleurdelivres
  23 septembre 2019

💖Survie au royaume des glaces.
« Puisse ce roman être une Porte d'entrée vers l'univers foisonnant du peuple inuit ». Que l'écrivaine se tranquillise son magnifique roman est , plus qu'une ouverture, une ode bouleversante, envoûtante et passionnante à « ce monde ancien toujours vivant ».
Cette immersion poétique chez les inuits est un véritable enchantement.
Ce livre atypique ponctué de chansons conte le voyage initiatique de Uqsuralik jeune fille inuite subitement séparée des siens alors que la banquise se brise l'éloignant de l'igloo familial.
Restée seule dans cette immensité glacée avec ses chiens et quelques objets que son père parvient à lui lancer in extremis elle organise courageusement sa survie. C'est le point de départ pour elle et le lecteur d'une errance ésotérique, spirituelle et multisensorielle où se mêlent animisme, chamanisme, traditions ancestrales, rapport fusionnel aux animaux et à l'environnement, le tout avec une infinie délicatesse.
Sur cette terre gelée là où le blanc prédomine Uqsuralik doit se diriger à l'instinct, tous ses sens à l'affût.
On la suit, captivé, dans son épopée onirique au coeur de décors vertigineux, de l'imprévisible banquise, de la toundra, des fjords, des iceberg, des chenaux dessinés dans la mer de glace sous les pleins soleil de minuit, les aubes blanches et bleutées, la brume opaque ou le blizzard.
La superbe écriture de Bérangère Cournut parvient à installer une ambiance fantastique où se mêlent rêves, voyages de l'âme, cérémonies rituelles, chants célestes, recherche identitaire mais où il est aussi question d'amour, d'enfantements, de transmissions et de deuils.
Cette guerrière des temps anciens, cette femme en devenir, affronte la famine, fraie avec certains esprits se protège contre d'autres.
Elle fera des rencontres étranges comme celle avec « l'homme-lumière » ou le géant sous la glace.
Se déplaçant de campements en maisons communautaires elle chasse, pêche, tanne, coud, dépèce confectionne, construit. Son parcours la transformera à jamais.
Un carnet de photographies en prime, ce roman merveilleux est à lire sans hésitation.
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Cannetille
  27 septembre 2019
Lorsqu'une faille déchire soudain la banquise, la jeune Inuit Uqsuralik se retrouve séparée des siens, aussitôt confrontée à la question de sa survie, seule dans les conditions extrêmes de l'Arctique. Dans ce milieu hostile, sa seule chance est de parvenir à rejoindre un groupe de ses semblables, puis de s'en faire accepter. Commence alors pour elle le long apprentissage d'une vie rude, souvent éprouvante, mais riche de joies, d'amour et de tendresse au sein de son clan d'adoption, dans le respect d'un environnement naturel aussi magnifique que terrible, peuplé d'esprits omniprésents qu'elle apprend à connaître au travers du chamanisme.

Bérengère Cournut s'est livrée à un immense travail d'imprégnation, explorant les connaissances ethnologiques d'un très grand fond documentaire, avant de nous inviter à cette immersion dans l'ancestrale culture Inuit, en compagnie de personnages imaginés mais qui semblent profondément authentiques et représentatifs.

Le récit, porté par une écriture sobre et fluide, est aussi captivant que dépaysant, et ne peut que serrer le coeur quand on sait les difficultés rencontrées depuis un siècle par le peuple Inuit pour conserver un territoire et maintenir une culture et des traditions malmenées par la modernité.

Ce livre, véritable odyssée dans un monde aujourd'hui en voie de disparition, où s'organise une existence nomade, centrée sur la chasse, le partage et la vie communautaire, est à la fois un roman d'aventures, un récit d'apprentissage, une expérience ethnographique, un conte poétique, et, en tous les cas, un excellent moment de lecture. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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alexb27
  04 septembre 2019
Conte, légende, récit initiatique, roman d'apprentissage, roman d'aventure...il est difficile de qualifier ce livre tant il est protéiforme...C'est un texte passionnant qui nous plonge de plein pied dans le monde des inuits, avec Uqsuralik, jeune fille qui se retrouve livrée à elle-même après qu'une rupture de la banquise l'a séparée de sa famille. Esseulée, elle va devoir survivre dans le froid polaire avec ses chiens, dans un environnement hostile, où ce ne sont d'ailleurs pas les ours les plus dangereux...Famine, deuil, maladie, rien n'est épargné à la jeune femme bien plus forte qu'elle ne le pense. La langue dure, très factuelle, parfois poétique est en harmonie avec l'environnement décrit. Elle est entrecoupée de chants qui donnent du sel au récit et le complètent. Les votants du prix FNAC ont bien choisi : C'est vraiment un très beau roman.
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BuffaloVoice
  11 août 2019
𝐿𝑒𝑠 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑝𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑡𝑒𝑠
𝐸𝑛𝑐𝑜𝑢𝑟𝑒𝑛𝑡 𝑑'𝑎𝑏𝑜𝑟𝑑
𝑇𝑜𝑢𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟𝑠
Éveillée par des douleurs abdominales annonçant ses premières règles, l'Inuit Uqsuralik sort de son igloo pour découvrir ce premier écoulement. La banquise, se fracturant, la sépare de sa famille et seule avec quatre chiens isolés de son côté de la glace, elle s'apprête à affronter seule les prochaines étapes de sa vie. Heureusement pour elle, les femmes Inuit sont élevées en chasseuses, en véritables forces de la nature, et ce qui l'attend, elle l'a déjà lu dans les signes, dans la magie de tout un monde animé par les chants ancestraux et les pratiques rituelles qu'elle retrouve de campements en campements.
Du viol d'un vieux qui la laisse "coupée en deux" à la visite de son corps par l'Homme-Lumière, du premier enfantement au dernier, des douleurs de la famine, des hallucinations de la solitude jusqu'aux grandes forces de la maternité, jusqu'à l'éveil chamanique, dans son corps malmené et peu aidé, dans sa chair animée, dans son esprit d'os, de pierre, de fer, approchée et conduite par le monde animal omniprésent, la jeune femme s'incarne devant le lecteur d'aujourd'hui avec une puissance étonnante, nous donnant la sensation permanente d'être dans sa peau, de souffrir et d'endurer mais de passer la glace et les multiples écoulements, fluides, viscosités du monde féminin originel, jusqu'à pétrifier son souvenir comme une amulette plantée dans le coeur, qui nous rappellera ce que nous sommes et pouvons, si tant est que nous soyons disposées à charrier, et supporter des fleuves de pierres dans le sang.
Oh, rien de féministe pénible dans cet opus vibrant, que nos fiers couillus défiés se réconfortent : chaque victoire est douloureusement apprise, et jamais ostensible, toujours partagée avec un homme qui nous libère, nous révèle, nous transmet son savoir et sa force sans en manquer de son côté.
Une vraie démonstration d'équilibre entre sexes et capacités, comme les empilements de pierres, les inuksuit qui forment des êtres se dressant dans les paysages arctiques.
Bérengère Cournut, née en 1979, qui a déjà écrit au Tripode un roman sur les Hopi, en Arizona en 2017, reprend ici sa formule magique : de l'ethnologie ultra documentée intégrée au romanesque délié, à l'exercice de style poétique (dans les chants recomposés qui ponctuent les chapitres) au suspense d'une épique aventure en terres hostiles, le tout dans un objet magnifique contenant quelques illustrations en fin de volume : il ne me reste plus qu'à conseiller en complément le guide des civilisations sur les Inuit de Michèle Therrien, passionnant de bout en bout, que j'avais dévoré à sa sortie il y a quelques années, et le terrible 𝑁𝑖𝑟𝑙𝑖𝑖𝑡 paru en France l'année dernière aux éditions de la Peuplade, récit de ce que deviennent, aujourd'hui, les Inuit au Canada, par une jeune femme travaillant dans l'un de leurs camps sociaux, frappé dans la folle langue québécoise, qui nous happe et nous subjugue par la férocité de ses formules.
J'espère avoir réussi à vous dire, âmes exsangues, que vous tenez ici un bon petit morceau de viande saine et goûteuse.
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critiques presse (3)
Liberation   23 septembre 2019
Son récit sobre et vif prend à la gorge, il parle d’une forme d’existence nomade, de communautés pour qui le partage est la règle, et le monde invisible le spirituel.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeMonde   23 septembre 2019
L’ardent roman de l’écrivaine permet de découvrir l’ancien mode de vie des Inuits, grâce à sa vaillante héroïne, entre baie et montagne, fjords et toundra, icebergs et falaises.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   21 août 2019
Avec "De pierre et d’os", Bérangère Cournut entraîne le lecteur en Arctique. Un très beau récit peuplé d’hommes, d’animaux et de créatures.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
WyomingWyoming   13 octobre 2019
L'air glacé entre dans mes poumons, descend le long de ma colonne vertébrale, vient apaiser la brûlure de mes entrailles. Au-dessus de moi, la nuit est claire comme une aurore. La lune brille comme deux couteaux de femme assemblés, tranchants sur les bords. Tout autour court un vaste troupeau d'étoiles.
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fertiti65fertiti65   12 octobre 2019
Les jours ont rallongés, nous avons désormais plusieurs heures de pleine lumière. C'est normalement le temps où l'on revit, où l'on se réjouit. Mais dans la maison d'hiver que je laisse derrière moi, une femme pleure, un homme meurt. Je suis moi-même coupée en deux par le milieu. Autant quitter la vie, quand elle ne promet rien de bon.
Commenter  J’apprécie          110
fertiti65fertiti65   11 octobre 2019
La glace est encore là pour longtemps, mais elle n'offre pas beaucoup de gibier. Si j'avais avec moi le harpon entier de mon père, je pourrais chasser le phoque. Mais avec les petits bouts de lance qu'il me reste, il n'y faut pas penser. Et puis on ne chasse pas en mer avec les armes qui ont tué sur terre.
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fertiti65fertiti65   10 octobre 2019
La lune brille comme deux couteaux de femme assemblés, tranchants sur les bords.
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PapyrusdunilPapyrusdunil   06 octobre 2019
Les blancs sont aveuglés par la poudre quand il neige, mais ils savent mieux que nous d'où viennent les bruits, le gibier et le vent. Sauf que sans nous, ils se perdent. Dans le grand blanc d'ici et même dans leur pays.
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Videos de Bérengère Cournut (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bérengère Cournut
Cette semaine, La Grande Librairie parcourt le monde aux côtés de quatre écrivains en quête d?aventure et d?idéal.  François Busnel reçoit Sylvain Tesson, Caryl Férey, Bérengère Cournut, avant de traverser l'Atlantique pour une rencontre exclusive avec Jim Fergus, en Arizona. Alors, vous embarquez avec nous ?
Retrouvez l?intégralité de l?émission ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-12/1073847-quete-d-ideal-soif-d-aventure.html
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