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Éditeur : Le Tripode (01/06/2016)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 79 notes)
Résumé :
NÉE CONTENTE À ORAIBI conte le destin d'une jeune Amérindienne d'Arizona. Le peuple hopi vit depuis des siècles sur un plateau aride, dans des conditions de dénuement extrême. Soumis aux contraintes d'une région désertique, il a développé une cosmogonie extraordinaire et des croyances qui font communier la vie et la mort, la lumière et la nuit, les esprits, les animaux et les hommes. À travers la quête d'une jeune orpheline qui salue le Soleil en riant, c'est la bea... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  14 novembre 2019
Ce roman illustre les années d'enfance d'une petite fille de la tribu Hopi, peuple amérindien d'Ari-zona. Même si quelques indices la désignent comme contemporaine , la période n'est pas précisée mais quelle importance lorsqu'on vit hors du temps.
Plongé au coeur de la vie quotidienne de la tribu, du clan de la fillette, le lecteur découvre les rituels et les coutumes qui accompagnent la vie de tous les jours. et au delà des singularités qui s'attachent aux croyances, au sacré, à cette profonde communion avec la nature qui inspire respect et crainte, c'est aussi l'épanouissement d'une enfant, son ouverture progressive sur le monde et l'éveil de ses sens.
Beaucoup de sensibilité dans l'écriture et en filigrane un gros travail de documentation, suffisamment assimilé pour se détacher des données et en modeler un récit romancé.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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blandine5674
  14 septembre 2018
Quelle lecture dépaysante qui a su me transporter dans une autre dimension ! Et ceci grâce à une critique de Kickou qui m'avait accrochée. Voici Tayatitaawa, jeune indienne hopi au caractère fort. On va suivre son parcours de son enfance à son adolescence. Un choc pour elle quand le père, qu'elle admire tant, meurt. Mais surtout elle nous invite à découvrir son peuple Amérindien d'Arizona en nous confiant ses rites, ses coutumes, ses chants avec, en bonus, des photos à la fin du roman. Il faut passer le sentiment de lire un reportage dans les premières pages. Fillette attachante. Merci à l'auteur pour ce beau voyage.
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Bazart
  13 mai 2019
Tayatitaawa, ( celle qui salue le soleil en riant) est une jeune indienne hopi, qui appartient au clan des papillons, sur un plateau d'Arizona.
Sorte de récit ethnographique qui nous initie aux us et coutumes d'un peuple, les Hopi qu'on connait tres mal en lien étroit avec la terre et les animaux, imprégnées de spirtitisme et de croyances en tous genres, très éloignée de nos cultures européennes, Néé contente à Oraibi est un aussi une chronique sur le deuil et la résilience.
Bérangère Cornut, qui est partie plusieurs mois sur cette terre des Hopis imprègne fortement sa fiction d'un tissu documentaire prégnant, et on en apprend énormément des rites , nous questionnant sur nos modes de vies actuelles...
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mollymon
  24 août 2017
A travers la description de son enfance, Tayatitaawa, une jeune indienne hopi, nous initie aux us et coutumes de son peuple. En nous faisant partager son quotidien, elle dévoile des traditions sociales et culturelles complexes, profondément imprégnées de croyances magiques qui lui font envisager la vie d'une façon tout à fait particulière. Si Tayatitaawa ne révèle pas tous les secrets de son clan, elle nous donne quand même l'occasion de vivre une extraordinaire expérience chamanique lorsqu'une vielle blessure mal cicatrisée réveille en elle une immense douleur. Une douleur que seul un guérisseur peut essayer de cerner pour la calmer.
Le récit de la vie de cette jeune fille nous entraîne dans un voyage fascinant en territoire inconnu. Enfin... inconnu pour moi dont les connaissances en matière d'amérindiens se limitent à ce que m'ont montré les westerns de mon enfance. c'est à dire n'importe quoi.
Bérengère Cournut, elle, nous transmet son savoir sur le peuple hopi sans aucun folklorisme de mauvais aloi mais avec un grand respect.
L'absence de repères dans le temps, mis à part quelques petits détails qui permettent de situer l'histoire à notre époque, le côté intact des traditions et des croyances ancestrales vierges de toute empreinte laissée par les missionnaires, donnent au récit la dimension intemporelle des belles histoires qu'on oublie pas.
En début de lecture j'ai eu beaucoup de mal à imaginer Oraibi avec son architecture singulière, ses maisons hérissées d'échelles mais un coup d'oeil au carnet de photos joint en fin d'ouvrage m'a éclairée et permis de visualiser les lieux. Un petit glossaire aurait été bienvenu pour expliquer certains termes hopis dont on ne peut pas deviner le sens tout seul.
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isabelleisapure
  19 novembre 2019
« Née contente à Oraibi » retrace l'histoire d'une petite fille du peuple Hopi, Tayatitaawa.
On découvre par ses yeux un mode de vie de gens courageux dans un environnement aride, mais que les rites et les traditions parviennent à rendre harmonieux. Dans cette société les hommes cohabitent en paix, chacun respectant sa place et vivant au rythme de la nature et des esprits qui l'incarnent.
Bérangère Cornut nous restitue avec une grande authenticité la vie sur ce territoire dont j'ignorais tout.
Les sentiments humains sont explorés avec finesse.
La plume de l'auteure est un vrai régal.
J'ai lu cette histoire en m'immergeant totalement en terre inconnu auprès d'hommes et de femmes attachants, fiers de leurs traditions.
Dépaysement garanti.
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critiques presse (2)
Actualitte   14 juin 2017
Possédant une écriture poétique et polychrome, l’auteure fait ici la magistrale démonstration de la puissance magique de la littérature.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique   14 février 2017
Le troisième roman de Bérengère Cournut, conte l’émancipation d’une jeune Amérindienne. Solaire et envoûtant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LecturessurordonnancesLecturessurordonnances   27 novembre 2019
J’étais comme prise dans un flot sans rien pouvoir y faire, mais cela ne m’inquiétait pas 
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PasoaPasoa   24 septembre 2017
Les quatre anciens ont rappelé que, pour un un clan fragile comme le nôtre, l'urgence était de ne pas péricliter. Il fallait que nos familles puissent vivre dans une certaine prospérité. Pour cela, il fallait veiller à ce que chacun se conduise en bon Hopi, selon des principes de vie mesurés, afin d'éviter maladies et mauvaises récoltes. Bien guidé, le clan du Papillon pouvait se maintenir, voire se renforcer ; laissé en friche et en errance, il courait le risque de disparaître.
Avec une pointe de provocation, ma mère a demandé :"Et pourquoi devrions-nous nécessairement survivre ? Nous sommes peu nombreux, nous sommes les derniers. Ne pourrions nous pas simplement envisager, au fil des générations, de nous fondre dans le clan du Blaireau auquel nous sommes si fortement lié ?
- ll ne nous est pas permis de décider de ces choses-là, a répondu la vieille mère du Blaireau. Le pouvoir du Papillon est complémentaire de tous les autres, notre peuple ne peut pas s'en passer. Songe à nos totems, nos wu'ya, chère Hookonatalasho'i. Si le clan du Blaireau connaît les plantes et sait en user, le clan du Papillon, grâce à son wu'ya, est le mieux placé pour en assurer la sauvegarde et la reproduction. Le papillon est capable de parcourir de grandes distances pour féconder les graines et harmoniser la répartition des espèces. Il représente à lui seul le principe de la vie disséminée, et un principe n'a pas besoin d'être répété à l'infini. Il lui suffit d'être présent quelque part dans l'Univers pour être actif. Voilà pourquoi l'esprit du Papillon ne doit pas seulement être sauvegardé dans les chants d'été célébrant la floraison, le mûrissement des fruits et des récoltes, mais également dans son essence même incarnée par la vitalité d'un clan."

p. 165-166
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PasoaPasoa   23 septembre 2017
Et il y avait le rite des morts. Ma mère et ses sœurs ne voulaient pas que j'assiste au lavage des cheveux ni aux peintures du corps, mais dès qu'elles avaient fini, je me rendais auprès de mon père pour accomplir un rite qui m'était propre.
Sa mort ne me faisait pas peur. Sous la couronne de pahos que lui avait confectionnée ma mère, son visage brun était tranquille. Il ne m'était pas permis de le toucher - lui-même m'avait appris avec les chats qu'il ne fallait pas "tripoter la mort" - mais j'avais l'impression qu'en le frictionnant, il aurait été possible de le ramener à la vie. Le masque de coton blanc qui flottait à côté de sa tête et qui lui servirait à rejoindre le peuple des Nuages l'enveloppait d'une douceur qui m'apaisait.
Maintenant qu'il était couché là, ma parole était encore plus libre qu'autrefois sur les chemins. Je lui racontais tout ce qui me passait par la tête : nos journées chez Itangu, les réactions des uns et des autres à l'annonce de sa mort, tout ce que nous faisions pour honorer son esprit en attendant le jour où son corps partirait - chaque détail de ces trois journées froides et sèches, que je n'arrivais pas vivre autrement que dans une sorte d'exaltation.

C'est Honahöhöqya la première qui, quand elle est arrivée à Oraibi le quatrième jour, a cherché à me persuader de cesser de parler à mon père. "Il est mort, disait-elle. Tu dois maintenant laisser son esprit partir en paix." Les autres n'avaient pas eu la force de m'interdire cela. Comme il m'était difficile de l'accepter au moment même où son corps allait être emporté, ma grand-mère m'a emmenée à l'ouest du village, pour me montrer la butte blanchâtre qui se dressait en direction du nord. Je ne pouvais pas la voir, mais d'après elle, sur cette butte se situait l'entrée de la Maison des morts. C'est vers elle que mon père était en train de cheminer. De là, il redescendrait par l'est et continuerait un chemin que nous ne devions pas essayer de connaître. Il avait besoin de toutes ses forces. Il ne fallait pas le retenir.

p. 51-52
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veronique55veronique55   12 octobre 2019
P38 De temps en temps, la journée, il m’emmenait marcher avec lui. J’étais alors là plus heureuse du monde, car mon père savait tout et l’avoir pour moi seule était un privilège. Il m’apprenait à suivre la trace des animaux et, pour peu qu’il soit disposé à parler , me décrivait leur habitude aussi bien que s’il avait été l’un des leurs. Il m’enseignait a n’en craindre aucun et ne jamais rien faire qui puisse les déranger. Non seulement parce que les animaux représentaient des esprits sacrés et utiles à notre peuple, mais aussi, je crois, simplement par respect de leur tranquillité. Il y avait quelque chose de profane et d’intime dans son amour des créatures de nos plateau. La chasse le répugnait et la capture des faucons pour les besoins de certaines cérémonies l’attristait. Ce qu’il admirait vraiment chez les rapaces, plus que leur capacité à transmettre nos prières aux esprits, c’était leur acuité et leur précision en vol. Il pouvait passer des heures à les observer. «  Regarde ! Me disait il. Celui-ci est à cent mètres de nous, il sait exactement à quel endroit nous allons déranger ses proies et à quel moment il pourra les saisir. » Ce spectacle le fascinait bien plus que celui des danses apaches, pourtant réputées pour leur rapidité et leur légèreté. Pour lui, l’agilité appartenait au monde animal pas à celui des hommes"
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KickouKickou   12 janvier 2018
Selon lui, dans l'existence, il y avait un temps pour agir en commun et un temps pour se faire sa propre expérience du monde. Contempler les animaux, les roches et les végétaux pour les comprendre était un devoir au moins aussi important que celui d'honorer les esprits, et en tout cas plus noble que de surveiller ses voisins.
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Videos de Bérengère Cournut (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bérengère Cournut
A l'occasion du salon "Le livre sur la place" à Nancy, rencontre avec Bérengère Cournut autour de son ouvrage "De pierre et d'os" aux éditions le Tripode. Rentrée littéraire Septembre 2019.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2341343/berengere-cournut-de-pierre-et-d-os
Notes de musique : Youtube Audio Library
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