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Jacques Tardi (Illustrateur)
EAN : 9782203399020
55 pages
Casterman (03/09/1996)
4.12/5   60 notes
Résumé :
Les déboires d'un "honnête conseil juridique, Griffu, embarqué dans une histoire de gros sous, qui finira bien évidemment dans une mare de sangs confondus...
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  26 juin 2018
"Griffu", scénarisé par Manchette et mis en images par Tardi, est un modèle de simplicité alors je vais, moi aussi, faire simple et aller droit au but. Pour qui aime le noir, "Griffu" est un must.
Le scénario est à la fois très simple et habile. On y trouve pas mal d'archétypes du genre : le privé taciturne mais néanmoins très humain, les femmes fatales, les gros durs qui aiment jouer des flingues et des poings... On est vraiment dans du noir comme on l'aime, du noir à l'américaine... Oui mais avec un je-ne-sais-quoi qui lui donne une touche française.
Et puis, on apprécie aussi la touche sociale du récit. Manchette dénonce la spéculation immobilière et crache bien sur les salauds prêts à toutes les magouilles et toutes les bassesses pour un peu de pognon.
Quant au dessin de Tardi, il est à l'avenant. Sobre, épuré, il sert parfaitement le récit, renforce son efficacité.
Bref, "Griffu" est un petit bijou du genre que je recommande chaudement.
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monromannoir
  21 mai 2016
Dans la collection Quarto, chez Gallimard, vous ne trouverez pas beaucoup de BD et c'est tant mieux car le format ne s'y prête guère. Pourtant lorsque les éditeurs s'emparent de l'oeuvre de Manchette, ils sont bien contraint d'y inclure Griffu, une des oeuvres majeures de l'auteur, brillamment mis en image par Jacques Tardi.
C'est 1977 que fut prépublié Griffu qui parut dans le journal BD, l'hebdo de la BD à une époque où les revues concernant le 9ème art fleurissaient dans un monde de la presse qui comptait des titres prestigieux comme A Suivre, Pilote, Métal Hurlant, Charlie Mensuel et Fluide Glacial pour ne citer que quelques un d'entre eux.
Griffu restera la seule collaboration que l'écrivain effectua de son vivant avec Jacques Tardi et c'est vraiment dommage tant l'univers des deux artistes est complémentaire. Avec ses dessins, Tardi décuplent les références qu'évoque Manchette dans ses récits.
En créant le personnage de Griffu, Manchette a modelé un détective atypique que l'on retrouve dans les standards des romans noirs américains. Mais pour se démarquer de ces modèles comme Marlowe ou Sam Spade, l'auteur a dépouillé son personnage de toute classe et de toute élégance pour ne conserver que le cynisme et la désinvolture d'un détective plutôt maladroit qui évolue dans un monde qu'il ne maîtrise absolument pas. Ce monde en pleine mutation on peut le percevoir, dès la première case avec en arrière plan cet ensemble de grues et de grands buildings qui écrasent un reliquat vétuste d'immeubles et de pavillons de banlieues vacillants.
Avec Griffu nous pénétrons dans un climat résolument malsain où chaque personnage tente de prendre la main sur les autres protagonistes qui ripostent avec une violence décoiffante et parfois originale à l'instar de ce tueur qui utilise un bulldozer pour éliminer un rival trop gênant ou de ce règlement de compte sanglant dans un cabine téléphonique. Quant à l'épisode final, il se règle dans un déchainement de coup de feu qui ne laisse presque plus de place au dialogue hormis les dernières réflexions d'un héro en bout de course qui nous livre sa dernière pensée cinglante comme une épitaphe tragique.
Griffu est considéré à juste titre comme un des grands classiques de la BD parce que les auteurs sont parvenus s'imprégner de leur temps tout en abordant les thèmes intemporels de la corruption et de la trahison. Tout y est soigneusement stylisé que ce soit les costumes, armes, voitures et maisons qui ne sont pas sans rappeler les univers de Wenders ou de Melville auxquels les deux comparses rendent un hommage appuyé avec cette affiche de l'Ami Américain l'on aperçoit sur un mur ou cette tapisserie rayée dans ce petit pavillon de banlieue qui fait référence au logement qu'occupe Yves Montant dans le Cercle Rouge. Bien évidemment l'écrivain ne peut s'empêcher de glisser quelques références de la gauche prolétarienne au détour d'une histoire qui conspue indirectement les arcanes d'un pouvoir en place qui semble indéboulonnable.
Une grande partie des romans noirs de Manchette ont été adaptés au cinéma sans pour autant que l'écrivain y trouve son compte et on peut le comprendre car aucun de ces films, à l'exception peut-être du médiocre Polar de Jacques Bral, ne parviennent à restituer le climat si particulier d'une oeuvre qui n'a pas finit de faire parler d'elle. Finalement, tout le monde s'accordera à dire qu'il n'y avait que Tardi qui pouvait parvenir à transcender les romans de Manchette. Griffu en est le parfait exemple.
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Lucas2
  27 janvier 2021
L'aventure d'un privé classique, du genre à ne pas énerver.
Griffu se fait embobiner par une donzelle, qui souhaite récupérer des documents dans un entrepôt, de manière pas très légale.
Après avoir été laissé en plan sur le lieu de son méfait, puis allègrement tabassé, on lui demande de retrouver son aimable cliente.
Et il ne va pas se faire prier...
Le meilleur Manchette qu'il m'ait été donné de découvrir, adaptation de Tardi ou non. Se glisser dans la peau d'un privé, pardon d'un "conseil juridique", c'est toujours efficace, surtout s'il a du caractère.
Une lecture rythmée et plaisante, malgré les dessins, des situations qui stimulent notre imagination, pas mal au premier abord.
Alors si l'ensemble est plutôt bon, à quoi est due cette note un peu pâlotte ? Au fait que je bute sur une interrogation primordiale…
Pourquoi Griffu ? Lorsqu'on comprend le stratagème mis en place, bien biscornu d'ailleurs, pourquoi s'encombrer d'un électron libre, qui à le potentiel pour tout faire foirer, ...Mystère...
En tout cas, toute la cohérence de cette histoire est mise en l'air, de par cette situation de non-sens.
Plaisante certes, mais du coup pas si crédible que çà.
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Polars_urbains
  10 septembre 2017
Jacques Tardi (anar historique) se joint à Jean-Pierre Manchette (ultra-gauche historique) pour une de ses meilleurs BD (avec le der des ders, écrit avec Daeninckx, autre révolté). Précisons qu'il y est plus à l'aise qu'avec Léo Malet (un peu réac historique vers la fin), même si la série des Burma est splendide.
Comme il est dit dans la préface de Griffu, « dans cette histoire, il n'y aurait que des pourris, des méchants tous azimuts, y compris le héros »… ce qui est un bon départ pour un roman noir. Et augure bien de la chute, puisque le héros finit plutôt mal, comme dans Un linceul n'a pas de poches, d'Horace McCoy !
A part ça, il est question de magouilles politico-immobilières (sujet à la mode dans les années 70), de petits vieux et d'immigrés expulsés et de journalistes engagés. Bref arnaques et trahisons en tous genres avec bandes rivales, tueurs, femmes fatales (et donc peu fiables) ; un joli petit monde qui se retrouvera finalement chez Borniol ! du grand Manchette et du grand Tardi. Indispensable.
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LVI
  21 mars 2012
La veine tendre !

En 1977 parait ‘Griffu', la première intromission de l'anar Tardi dans l'univers déjanté de l'agoraphobe et grand fumeur, mais surtout ancien militant d'extrême gauche JP Manchette (1942-1995) ; et ce n'est pas une adaptation, mais bien un scénario original que celui-ci a livré au rebelle Tardi.

En 51 pages en noir et blanc, nous suivons les mésaventures de Gérard Griffu, une sorte de détective privé qui se retrouve à arbitrer un match sanglant entre à sa droite un député véreux, un avocat indélicat et une entreprise de travaux publics chargée de rénover tout un quartier de Paris quitte à faire déguerpir au bazooka les irréductibles qui refusent d'aller se faire voir ailleurs, et à sa gauche une malfaisante morue pas vraiment franche du collier, ses sbires dévoués et un comité de défense des expulsés, qui courent tous après une mystérieuse ‘marchandise', en l'occurrence un dossier compromettant.

Comme toujours chez le révolutionnaire Tardi, le dessin est précis et le trait réaliste, l'histoire s'adressant autant à l'estomac qu'au cerveau. le désarroi est à l'honneur et le tout est totalement lugubre. En fait, cette histoire de plomb baladeur, de héros brisé et de rats qui se chauffent à l'essence nous donnerait presque comme un léger picotement sous la langue, une envie de Deauville, de Bugatti et de satin. Alors si cette ballade au coeur du noir d'encre vous dit, n'hésitez pas, of course !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
MahaDeeMahaDee   31 août 2017
"En regardant les billets, les gens du monde entier penseront que la Papouasie-Nouvelle Guinée est gouvernée et habitée par des porcs. C'est une tête d'homme, une tête de dirigeant, qui devrait figurer sur les billets" a déclaré monsieur Walandu, président du conseil de Yangoru.
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PavlikPavlik   19 décembre 2021
J'ai rédigé une déposition. Je l'ai empaquetée avec le beretta. J'ai déposé le paquet à la consigne, et j'ai posté le ticket dans une enveloppe adressée à moi-même. S'adresser des lettres à soi-même est un symptôme courant chez les schizophrènes et les détectives privés.
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KickouKickou   15 avril 2018
J'en étais arrivé à ce point de fatigue où le haut et le bas, le bien et le mal, le beau et le moche et plusieurs autres choses cessent d'être perçus contradictoirement. En outre j'aime pas qu'on me pullule sur le seuil. J'ai donc trouvé un endroit tranquille où j'ai dormi 14 heures de rang.
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Polars_urbainsPolars_urbains   10 septembre 2017
C’était un garni de rabouins, et apparemment, les locataires avaient un peu forcé sur le napalm, la dernière fois qu’ils s’étaient fait cuire des merguez. Plus un rat dans le douar, of course. Sitôt que ces mecs voient se rameuter des uniformes français, ils s’éclipsent. On se demande où ils ont pu choper cette habitude malsaine.
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RhlRhl   18 décembre 2011
Pour aller où nous allions, il a fallu traverser la moitié de Paris, et c'était comme un voyage dans le temps, selon qu'on se faufilait entre les vieilles baraques promises à la démolition, ou bien qu'on fonçait à travers les quartiers rénovés pour les riches, ou au pied des grandes tours pour cadres, pour burlingues, parfois pour pauvres. Ça m'a fait comme un pincement.
Ce que j'en dis, c'est seulement par manière de causer, parce qu'ordinairement, je n'ai pas, sauf par rapport aux dames, la veine tendre... Ni philosophique, sauf par rapport aux gnons.
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Videos de Jean-Patrick Manchette (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Patrick Manchette
Gilles Magniont présente "les Lettres du mauvais temps : correspondance 1977-1995" de Jean-Patrick Manchette aux éditions La Table ronde.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2406445/jean-patrick-manchette-lettres-du-mauvais-temps-correspondance-1977-1995
Note de musique : Youtube Audio Library
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