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EAN : 9782277300861
158 pages
Éditeur : J'ai Lu (25/10/1995)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 38 notes)
Résumé :
La nuit est douce. Caressante. De celles qui laissent sur la peau des frissons incertains... Au milieu des riches tentures, des buissons de roses, des bruissements d'étoffe, des rires, des soupirs et de mille lumières, la fête étincelle. Derrière les lianes fleuries, Jean Gaussin contemple les danseurs. Blond, le visage hâlé par son soleil méridional... Perdu parmi la foule bariolée des Peintres et des sculpteur parisiens... La musique, les parfums, les bras nus l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
AMR_La_Pirate
  25 octobre 2019
C'est avec un immense plaisir que je me replonge dans mes notes de lecture et d'études de Sapho d'Alphonse Daudet, un roman sans doute mal connu et un peu oublié de cet auteur du XIXème siècle qui explore ici la passion amoureuse à travers l'observation d'un « collage », une période de concubinage, entre un jeune homme de bonne famille et une cocotte.
Sapho, lu et étudié il y a quelques années fut pour moi une belle découverte…
Ce roman, publié en 1884, a été sous-titré « Moeurs parisiennes », sorte d'hommage et d'héritage balzacien, avec une dédicace particulière et personnel le: « pour mes fils, quand ils auront vingt ans »… C'est l'histoire d'une passion, au sens tragique.
L'inspiration est autobiographique : Alphonse Daudet a vécu une relation tumultueuse avec une femme plus âgée, Marie Rieu, qui sert de modèle à son personnage éponyme, aventure à laquelle il a dû mettre fin avant son mariage bourgeois. Ce livre se passe dans un milieu bohème tel qu'on le retrouve dans les nouvellesDe Maupassant, celui des artistes commençants, des candidats à la figure artistique (peintre, musicien, poète, littérateur), avec des parties de campagne, des guinguettes… L'ambiance est cependant un peu « has been », constituée de vieilles gloires sur le déclin ; c'est le monde des cocottes et des « vieilles roulures »
L'action se déroule sur cinq années de 1873 à 1878… Une liaison qui aurait dû rester sans lendemain se noue lors du bal masqué. Gaussin est dans la position du naïf face à Sapho, l'initiée qui connaît bien le milieu et sait qui se trouve derrière les masques. C'est Sapho qui choisit le jeune homme et provoque la vie commune et l'installation dans une situation durable qu'au fond de lui le héros réprouve mais dans laquelle il reste malgré tout.
Sous des dehors de brave fille, Sapho a tout de la femme fatale même si ce n'est pas une courtisane au sens strict du terme. J'ai pu relever de nombreuses occurrences du verbe « aimer » dans le récit. Mais l'amour n'est jamais décrit comme un sentiment idéal ; Daudet donne plutôt à lire les effets désastreux d'une passion en soulignant le manque de volonté de Jean Gaussin face à une certaine fatalité de la chair. Sa passion charnelle pour Sapho le prive de sa volonté et le fait passer sous la coupe de cette femme qui lui est inférieure mais qui devient dominante. Lors de la parution du livre, les critiques n'avaient pas apprécié la faiblesse du héros.
Les autres personnages féminins, femme-enfant, courtisane réhabilitée par le mariage… sont également dignes d'intérêt.
L'écriture est très descriptive par moments avec des images d'une grand force évocatrice.
Il y a notamment dans le récit une montée d'escalier symbolique, vécue comme une souffrance à l'image de la passion du Christ ou comme une spirale infernale, particulièrement parlante ; cette thématique de l'escalier est fréquente chez les écrivains naturalistes : on la retrouve chez Zola dans La Curée, Nana ou Pot-Bouille.
Daudet donne également force détails sur l'organisation du ménage, le choix des meubles et de la vaisselle, parle d'argent sans tabou, utilise à fond le pouvoir romanesque des scènes de ménage et des disputes. Naturellement, les scènes érotiques sont données à imaginer sous forme d'ellipses.
Là, c'est une scène de rupture qui me revient à l'esprit, lors d'une promenade en forêt, où Sapho est décrite comme une bête : la description est magnifique, cruelle, mais aussi impressionniste.
La Symbolique des lieux est aussi très importante dans ce livre. Malgré le sous-titre, il y a une réelle opposition, une ambiguïté entre Paris et la Provence, entre des milieux que tout oppose. À ce titre, on peut faire un rapprochement entre la maladie de la vigne, le phylloxera, et la syphilis, péril jamais expressément nommé mais sous-jacent dans le texte, dont a d'ailleurs souffert Daudet. Ces deux pathologies représentent de véritables hantises à l'époque contemporaine de l'écriture ; le lecteur peut faire le rapprochement entre affection des corps et maladie des vignes.
Il est intéressant de regarder de plus près toute la partie suburbaine qui retrace un mouvement que je qualifierai de sociologique, quand, aux beaux jours, les parisiens vont s'aérer dans des lieux agréables que Sapho connaît bien, des endroits au bord de l'eau par exemple… On rejoint ici les pratiques artistiques avec la peinture de plein air même si, dans ce livre, on ne voit jamais vraiment les artistes au travail.
À sa sortie, ce roman a été accueilli comme une thèse, une démonstration, un plaidoyer contre la figure de la maitresse tyrannique et contaminante. Cela me paraît plus complexe, en tous les cas plus ambigu… En effet, le couple modèle du ménage Héttema, un peu trop harmonieux sans doute, interroge aussi sur les valeurs bourgeoises ; de même, j'ai été particulièrement émue par le sort de la jeune maitresse de Déchelette, opposé pour sa part au « collage »…
Ce qui me gêne un peu, c'est le côté moraliste qui affleure, comme si l'auteur mettait dans la bouche de certains de ses personnages des observations qui seraient le reflet de ses propres réflexions. Là, on va au-delà de la posture naturaliste qui doit décrire sans porter de jugement. J'ai pu lire que Daudet avait changé son dénouement, le rendant plus raisonnable, gommant une trop haute idée de morale ; en effet, Jean devient une victime tandis que Sapho se révèle presque maternelle, bienfaitrice.
Un roman intéressant, qui mérite d'être relu.
Alphonse Daudet a un peu souffert, comme les Goncourt par exemple, de l'ombre portée par Balzac et Zola… C'est un peu dommage.
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Marquis69
  02 septembre 2015
Ce roman d'apprentissage retrace, très traditionnellement, une initiation à l'amour. La particularité, c'est que ce premier amour est vécu avec une femme dont ce sera le dernier amour. le héros vit cette passion amoureuse persuader qu'il peut s'en libérer par l'effet de sa volonté, mais il est insidieusement happé par le confort du quotidien, les habitudes de couple. L'amour tiédit, mais il reste. Il devient le jouet de Sapho - superbe figure de courtisane qui évolue dans la bohème parisienne du XIXème siècle. le style de Daudet est remarquable, et la lecture de ce livre permettra d'oublier les Lettres de mon moulin, et de se persuader de ses talents de styliste autant que de conteur.
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LN
  29 janvier 2018
Jean Gaussin tombe amoureux de Sapho dans les milieux interlopes du Paris bohème et s'attache à cette femme plus âgée que lui. Il découvre qu'elle est en fait une courtisane et comprend que cette femme issue d'un tout autre milieu que le sien fera son malheur, mais il se rassure en se disant qu'il la quittera, quand sa nomination à l'étranger arrivera. Mais les liens sont difficiles à couper quand l'amour s'invite...
Sapho, Moeurs parisiennes paraît pour la première fois sous forme de feuilleton dans l'Echo de Paris en 1884 puis chez G.Charpentier aussi en 1884. Ce roman permet de s'interroger sur les rouages du sentiment amoureux et du couple. Jean est un jeune amoureux impétueux, freiné souvent par Sapho, plus expérimentée. Il offre finalement une vision sans concession du couple avec notamment cette métaphore de la première montée des escaliers quand Jean choisit de porter sa femme jusqu'aux étages :
"Il monta le premier étage d'une haleine, heureux de ce poids que deux beaux bras, frais et nus, lui nouaient au cou.
Le second étage fut plus long, sans agrément. la femme s'abandonnait, se faisait plus lourde à mesure. le fer de ses pendeloques, qui d'abord le caressait d'un chatouillement, entrait peu à peu et cruellement dans sa chair.
Au troisième, il râlait comme un déménageur de piano ; le souffle lui manquait, pendant qu'elle murmurait, ravie, la paupière allongée : "Oh ! m'ami, que c'est bon ... qu'on est bien..." Et les dernières marches, qu'il grimpait une à une, lui semblaient d'un escalier géant dont les murs, la rampe, les étroites fenêtres tournaient en une interminable spirale. ce n'était plus une femme qu'il portait, mais quelque chose de lourd, d'horrible, qui l'étouffait, et qu'à tout moment il était tenté de lâcher, de jeter avec colère, au risque d'un écrasement brutal."
Sapho est-elle une femme corruptrice ? La ville de Paris serait-elle corruptrice également, lieu de perdition, par rapport à la province, plus saine et simple ? Pour écrire ce roman Alphonse Daudet se serait inspiré de son expérience tumultueuse qu'il vécut, étant jeune, avec Marie Rieu. Il hantait également les milieux bohèmes de l'époque et sa peinture de Paris rayonne de réalisme.

Lien : http://www.lecturissime.com/..
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fanfan50
  16 juillet 2015
J'ai trouvé ce livre qui date de 1950 dans une brocante. le titre peut porter à confusion. Ce ne sont pas des amours saphiques. C'est un jeune homme de 21 ans, Jean Gaussin d'Armandy - un provincial monté à Paris, qui s'éprend d'une cocotte, Fanny Legrand. le milieu un peu bohème de l'époque est très bien décrit car Daudet sait nous le peindre avec beaucoup de fraîcheur. J'ai aimé la romance qui s'ébauche entre ces deux êtres pourtant si dissemblables et le dénouement m'a surprise. Un petit bijou à redécouvrir.
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suenosreal
  31 août 2015
Sapho s'est éprise de Gaussin à peine avait-il franchi la porte de l'atelier. Dans l'agréable torpeur des soins que dispensent une tendresse constante et un amour bienveillant, il se laisse bercer par les bras d'une muse. Gaussin n'est pas amoureux et n'a donc pas peur. Il sait qu'il la quittera dans trois ans. Il sera nommé à l'étranger. Cette certitude l'apaise. Mais c'est sans compter sur l'amour, qui parfois naît derrière l'habitude et la douceur.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
fanfan50fanfan50   11 juillet 2015
"Mon cher enfant, je t'écris encore tout tremblante du gros tourment que nous venons d'avoir : nos bessonnes disparues, parties de Castelet pendant tout un jour, une nuit et la matinée du lendemain !...
"C'est dimanche, à l'heure du déjeuner, qu'on s'est aperçu que les petites manquaient. Je les avais faites belles pour la messe de huit heures où le consul devait les conduire, puis je ne m'en étais plus occupée, retenue auprès de la mère, plus nerveuse que d'habitude, comme sentant le malheur qui rôdait autour de nous. Tu sais qu'elle a toujours eu ça depuis sa maladie, de prévoir ce qui doit arriver ; et moins elle peut bouger, plus sa tête travaille.
"Ta mère dans sa chambre heureusement, tu nous vois tous à la salle, attendant les petites ; on les appelle par le clos, le berger souffle avec sa grosse coquille à ramener les brebis, puis Césaire d'un côté, moi d'un autre, Rousseline, Tardive, nous voilà tous à galoper dans Castelet et, chaque fois, en nous rencontrant : "Eh bien ? - Rien vu. " A la fin on n'osait plus demander ; le coeur battant, on allait au puits, au bas des hautes fenêtres du grenier... Quelle journée !.... et il me fallait monter à tout moment près de ta mère, sourire d'un air tranquille, expliquer l'absence des petites en disant que je les avais envoyées passer le dimanche chez leur tante de Villamuris. Elle avait paru le croire ; mais tard dans la soirée, pendant que je la veillais, guettant derrière la vitre les lumières qui couraient dans la plaine et sur le Rhône à la recherche des enfants, je l'entendis qui pleurait doucement dans son lit ; et comme je l'interrogeais : "Je pleure pour quelque chose qu'on me cache, mais que j'ai deviné tout de même...", me répondit-elle de cette voix de petite fille qui lui est revenue à force de souffrance ; et sans plus nous parler, nous nous inquiétons toutes deux, à part dans notre chagrin...
"Enfin, mon cher enfant, pour ne pas faire durer cette pénible histoire, le lundi matin nos petites nous furent ramenées par les ouvriers que ton oncle occupe dans l'île et qui les avaient trouvées sur un tas de sarments, pâles de froid et de faim après cette nuit en plein air, au milieu de l'eau. Et voici ce qu'elles nous ont conté dans l'innocence de leurs petits coeurs. Depuis longtemps l'idée les tourmentait de faire comme leurs patronnes Marthe et Marie dont elle avaient lu l'histoire, de s'en aller dans un bateau sans voiles, ni rames, ni provisions d'aucune sorte, répandre l'Evangile sur le premier rivage où les pousserait le souffle de Dieu. Dimanche donc, après la messe, détachant une barque à la pêcherie et s'agenouillant au fond comme les saintes femmes, tandis que le courant les emportait, elles s'en sont allées doucement échouer dans les roseaux de la Piboulette, malgré les grandes eaux de la saison, les coups de vent, les révouluns... Oui, le bon Dieu les gardait et c'est lui qui nous les a rendues, les jolies ! ayant un peu fripé leurs guimpes du dimanche et gâté la dorure de leurs paroissiens. On n'a pas eu la force de les gronder, seulement de grands baisers à bras ouverts ; mais nous sommes tous restés malades de la peur que nous avons eue.
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fanfan50fanfan50   16 juillet 2015
Mme Hettéma, très grave, déballant le jambon, blâmait fort cette façon de laisser des jeunes filles courir les bois en liberté. "Vous me direz que c'est le genre anglais, et que celle-ci a été élevée à Londres..., mais c'est égal, ça n'est vraiment pas convenable.
- Non, mais très commode pour les aventures !
- Oh ! Fanny...
- Pardon, j'oubliais... Monsieur croit aux innocentes...
- Voyons, si l'on déjeunait..." fit Hettéma qui commençait à s'effrayer. Mais il fallait qu'elle lâchât tout ce qu'elle savait ds jeunes filles du monde. Elle avait de belles histoires là-dessus..., les couvents, les pensionnats, c'était du propre... Elles sortaient de là épuisées, flétries, avec le dégoût de l'homme ; pas même capables de faire des enfants. "Et c'est alors qu'on vous les donne, tas de jobards... Une ingénue ! ... Comme s'il y avait des ingénues ; comme si, du monde ou pas du monde, toutes les filles ne savaient pas, de naissance de quoi il retourne... Moi, d'abord, à douze ans, je n'avais plus rien à apprendre... vous non plus, n'est-ce pas Olympe ?
- ... turellement..." dit Mme Hettéma avec un haussement d'épaules ; mais le sort du déjeuner la préoccupait surtout, en entendant Gaussin, qui se montait, déclarer qu'il y avait jeunes filles et jeunes filles, et qu'on trouverait encore dans les familles...
"Ah ! oui, la famille, ripostait sa maîtresse d'un air de mépris, parlons-en... ; surtout de la tienne.
- Tais-toi... Je te défends...
- Bourgeois !
- Drôlesse ! Heureusement, ça va finir... Je n'en ai plus pour longtemps à vivre avec toi...
- Va, va, file, c'est moi qui serai contente..."
Ils s'injuriaient en pleine figure, devant la curiosité mauvaise de l'enfant à plat ventre dans l'herbe, quand une effroyable sonnerie de trompe, centuplée en écho par l'étang, les masses étagées du bois, couvrit tout à coup leur querelle.
"En avez-vous assez ?... En voulez-vous encore ?" et rouge, le cou gonflé, le gros Hettéma, n'ayant trouvé que ce moyen de les faire taire, attendait l'embouchure aux lèvres, le pavillon menaçant.
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fanfan50fanfan50   16 juillet 2015
Jean acheva de se décontenancer, au froid accueil de la maîtresse de maison, furieuse qu'on l'eût fait attendre, et à l'aspect extraordinaire des vieilles parques auxquelles Rosa le présentait de sa voix de charretier. Trois "élégantes", comme se désignent entre elles les grandes cocottes, trois antiques roulures comptant parmi les gloires du second empire, aux noms aussi fameux que celui d'un grand poète ou d'un général à victoire, Wilkie Cob, Sombreuse, Clara Desfous.
Elégantes, certes elles l'étaient toujours, attifées à la mode nouvelle, aux couleurs du printemps, délicieusement chiffonnées de la collerette aux bottines ; mais si fanées, fardées, retapées ! Sombreuse, sans cils, les yeux morts, la lèvre détendue, tâtonnant autour de son assiette, de sa fourchette, de son verre ; la Desfous, énorme, couperosée, une boule d'eau chaude aux pieds, étalant sur la nappe ses pauvres doigts goutteux et tordus, aux bagues étincelantes, aussi difficiles, compliquées à entrer et à sortir que les anneaux d'une question romaine. Et Cob, toute mince, avec une taille jeunette qui faisait plus hideuse, sa tête décharnée de clown malade sous une crinière d'étoupes jaunes. Celle-là, ruinée, saisie, était allée tenter un dernier coup à Monte-Carlo et en revenait sans un sou, enragée d'amour pour un beau croupier qui n'avait pas voulu d'elle ; Rosa, l'ayant recueillie, la nourrissait, s'en faisait gloire.
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fanfan50fanfan50   16 juillet 2015
Dans leur chambre, à côté d'un beau portrait de Fanny par James Tissot, une épave des anciennes splendeurs de la fille, il y avait un paysage du Midi, tout noir et blanc, grossièrement rendu sous le soleil par un photographe de campagne.
Une côte rocheuse escaladée de vignes, étayée de muretins de pierre, puis en haut, derrière des files de cyprès contre le vent du nord, et s'accotant à un petit bois de pins et de myrtes aux clairs reflets, la grande maison blanche, moitié ferme et moitié château, large perron, toiture italienne, portes écussonnées, que continuaient les murailles rousses du mas provençal, les perchoirs pour les paons, la crèche aux troupeaux, la baie noire des hangars ouverts sur le luisant des charrues et des herses. La ruine d'anciens remparts, une tour énorme, déchiquetée sur un ciel sans nuage, dominait le tout, avec quelques toits et le clocher roman de Châteauneuf-des-Papes où les Gaussin d'Armandy avaient habité de tout temps.
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   28 mars 2013
Étranger à tout ce monde de peintres, de sculpteurs, perdu dès en entrant dans le bal par l’ami qui l’avait amené, il se morfondait depuis deux heures, promenant sa jolie figure de blond hâlé et doré par le soleil, les cheveux en frisons serrés et courts comme la peau de mouton de son costume ; et un succès, dont il ne se doutait guère, se levait et chuchotait autour de lui
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Vidéo de Alphonse Daudet
Cette semaine, Jérôme Garcin a choisi de lire un extrait de l`Immortel d`Alphonse Daudet. Surtout connu pour Lettres de mon moulin, l`écrivain raconte dans l`Immortel comment un poète de province va essayer de rentrer en vain à l`Académie Française. Une livre mordant et d`une actualité stupéfiante.Voir le site du musée Daudet
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