AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 9782246718413
Éditeur : Grasset (02/03/2011)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 16 notes)
Résumé :
C'est notre histoire. Celle de ces hommes et femmes, souvent jeunes, qui partent au bout du monde défier le sort et combattre la souffrance. Ils s'engagent par idéal, ou pour se chercher eux-mêmes. Ils fuient parfois, pour mieux se trouver. Ils forment une nation invisible et admirée : les humanitaires.
En 1994, Lise, jeune sage-femme tourmentée, travaille au Rwanda pour le compte d’une ONG. Elle est témoin tensions entre Hutus et Tutsis, puis, très vite, des... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Aela
  08 mai 2013
Sébastien et Lise sont ce qu'on appelle des travailleurs de l'humanitaire. Pour Lise, cette vocation est venue très vite, dès l'obtention de son diplôme de sage-femme. Pour Sébastien, l'appel est venu plus tard, après avoir travaillé dans une grande société privée et côté vie personnelle, après avoir divorcé.
Ils travaillent dans deux ONG différentes: WWS pour Sébastien ( World Without Starvation) et l'ISS Idéal Secours International pour Lise.
Ils vont intervenir dans des zones différentes mais qui vont connaître des bouleversements terribles: Lise va être sage-femme au Rwanda au moment du massacre des Tutsis par les Hutus, le plus grand génocide de la fin du XXeme Siècle.
Sébastien va être responsable du bureau de Colombo au Sri Lanka, au moment où le tsunami se déchaîne en décembre 2004.
Nos deux héros vont donc être confrontés à des situations de crise et donner le maximum d'eux-mêmes afin de sauver le plus grand nombre de vies.
Lise et Sébastien vont se rencontrer quelque temps après ces terribles événements. Entre eux, une amitié singulière mais très forte va naître et grandir au fil du temps.
C'est un roman captivant qui nous plonge au coeur de deux drames de ces dernières années.
Un rappel de la situation avant le drame est fait: nous voyons l'héritage des politiques menées par les autorités coloniales belges qui ont d'abord soutenu les Tutsis pendant des années avant de les "lâcher" au profit des Hutus.
Pour ce qui est du Sri Lanka, nous voyons les ravages dus à une scission entre la population bouddhiste majoritaire et les Tamouls. L'opposition tamoule va constituer une sorte d'Etat dans l'Etat.
Deux situations de crise. Au travers de l'expérience de ces deux héros, c'est tout l'enjeu des actions humanitaires qui apparaît ici. Des actions orchestrées par de puissantes ONG qui ont leur mode de fonctionnement, leurs contraintes, leurs objectifs et leur logique propre. Les ONG, comme le reconnait Sébastien, ont besoin du Sud, ne serait ce que pour légitimer leur existence et continuer à vivre.
D'où une contradiction que doit surmonter Sébastien: assurer la meilleure efficacité des secours envoyés mais aussi ménager les rapports avec la presse, avide de spectaculaire, gérer les rapports avec la hiérarchie de l'organisation.
Un grand roman, qui montre les connaissances étendues de l'auteur dans le domaine de l'humanitaire.
L'auteur Arnaud Delalande était plutôt connu jusqu'ici pour ses romans historiques. Il nous fait revivre ici des moments très durs de notre histoire récente.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
milamirage
  10 février 2012
L'auteur, atteint du syndrome de la page blanche, retrouve au Sénégal un ami chargé de mission auprès des organismes humanitaires. Il est à la recherche d'une «histoire»… Cet ami, Julien, va lui faire rencontrer deux personnes : Sébastien, ancien DRH d'une grande entreprise qui a tout plaqué un soir de Noël pour rejoindre le WWF et Lise qui était sage-femme pendant les massacres du Rwanda. Au fil des pages, Sébastien tente de donner un vrai sens à son action après le raz-de-marée de 2004 au Sri Lanka. Lise, elle, se reconstruit doucement après avoir vu détruire tout ce auquel elle croyait, massacrer ses collègues et amis, et devient psychologue. Elle rencontre Sébastien, et tous deux vont nouer une belle amitié pour surmonter l'horreur.
Mon avis : Un très beau roman, sobre malgré des phrases et des descriptions cinglantes, et un regard lucide sur les organisations humanitaires. La couverture est magnifique et nous empêche de passer à côté de ce livre!!!
Public : roman pour les adultes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Drych
  12 juin 2013
Destins mêlés d'expatriés humanitaires, meurtris par le choc de leurs illusions et de la réalité brutale. La réalité c'est ici le génocide des Tutsis au Rwanda et le tsunami au Sri Lanka. le regard est sans pitié, qu'il s'agisse de la nature humaine s'accommodant du massacre de voisins, ou du cynisme d'un monde artificiel axé sur la seule communication à fin économique. Entre espoir et résignation, l'auteur se range délibérément du côté de l'espoir, au côté des ces hommes et de ces femmes qui rêvent de changer le monde. Un très beau roman.
Commenter  J’apprécie          100
Delphine-Olympe
  14 septembre 2013
Tout d'abord, je souhaite remercier Drych, de qui j'ai reçu ce livre à l'occasion du récent pique-nique de Babelio.
Il est toujours un peu inquiétant de se voir remettre au hasard un livre qui ne correspondra peut-être en rien à votre sensibilité. Mais le sort m'a été favorable, puisque ce roman ancré dans l'histoire et dans notre société, ce que j'apprécie toujours en littérature, a été une véritable découverte!
Dans ce livre, Arnaud Delalande met en scène des hommes et des femmes s'engageant au sein d'ONG. Les raisons qui poussent un individu à partir au bout du monde pour aider les plus démunis, le fonctionnent de ces organisations, leurs politiques de développement : c'est tout cela qui est évoqué à travers le destin de deux personnages qui cherchent simplement - si l'on peut dire - à donner du sens à leur vie.
Lise s'interroge. «Qu'est-il important de faire avant de mourir ? Comment être une lumière pour le monde ?» C'est pour tenter de trouver des réponses à ces questions qu'elle part exercer son métier de sage-femme au Rwanda.
Quant à Sébastien, c'est la nécessité de rompre avec sa vie, sa femme, son métier, pour comprendre ce qu'il est vraiment, qu'il s'engage au sein de World Without Starvation et part en mission au Sri Lanka.

Si le roman est de facture très classique, l'auteur sait lui donner de la puissance grâce à des scènes d'une très grande intensité dramatique. En mêlant ses personnages au massacre des Tutsis par les Hutus ou à la déferlante du Tsunami, en montrant ces scènes intolérables à travers leurs yeux horrifiés, il nous plonge en plein coeur de ces tragédies. Celle d'hommes capables d'abdiquer toute humanité pour tuer sauvagement leurs anciens amis, leurs voisins, des enfants, des femmes enceintes, des bébés... Et celle d'une Nature qui de nourricière se mue soudain en puissance exterminatrice.
Mais que dire de ces organisations humanitaires qui, pour se faire connaître et recueillir des dons, acceptent d'entrer dans le jeu médiatique et de donner une vision biaisée des événements, allant jusqu'à mettre en scène des actions fictives pour satisfaire aux exigences des journalistes ?
Comment les idéaux des individus peuvent-ils être compatibles avec des structures qui pour se déployer adoptent le fonctionnement de n'importe quelle entreprise commerciale ?
Que ce soit en raison de la barbarie ou de l'insondable cynisme dont les hommes sont capables, Lise et Sébastien se trouvent irrémédiablement meurtris et n'ont d'autre possibilité que de renoncer à leur engagement. de leur blessure naît une amitié fondée sur l'empathie qu'ils éprouvent naturellement l'un pour l'autre.
Un roman très riche qui met les idéaux à l'épreuve de l'action et qui, au final, donne envie de se battre pour un monde plus juste. Reste à savoir quel est la meilleure voie à emprunter.

Lien : http://delphine-olympe.blogs..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Lireoumourir
  28 février 2013
Ce livre m'a totalement bouleversé : bien évidemment, je connais l'histoire du génocide Rwandais et du tsunami au Sri Lanka mais je ne m'attendais pas à un récit aussi réel. Je me suis prise une grande claque....c'est un livre qui ne laisse pas indifférent et qui fait vraiment réfléchir sur les conditions humaines, sur les catastrophes naturelles, les guerres civiles et sur l'action des humanitaires, ces personnes qui donnent leur vie pour les autres.
Lien : http://lireoumourir.e-monsit..
Commenter  J’apprécie          00

critiques presse (1)
LeMonde   01 juillet 2011
On n'attendait pas Arnaud Delalande, auteur de six romans historiques, dans cet exercice aussi difficile que réussi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   08 mai 2013
L'administration du "Rwanda-Urundi" le Rwanda et le Burundi voisin, avait été confiée à la Belgique par la Société des Nations en 1924; sept ans plus tard, les colons belges introduisaient les cartes d'identité mentionnant l'ethnie des populations. Le pays avait longtemps été dominé par les rois Tutsis.
Après 1959, les révoltes paysannes Hutues, orchestrées par un ancien séminariste, Grégoire Kayibanda, avaient chassé les Tutsis du pouvoir et provoqué l'exode de centaines de milliers d'entre eux.
Les Belges s'étaient désolidarisés de l'élite Tutsie et avaient évincé leurs rois pour promouvoir la "démocratisation " et la République, un modèle imposé brutalement et qui a mécontenté tout le monde: les Tutsis, chassés de la tête de l'Etat; et les Hutus, à qui l'on n'avait cessé de répéter qu'ils étaient les lésés de l'Histoire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
milamiragemilamirage   25 février 2013
Avait-elle, dans le fond, une vague inquiétude ?
Comme l'appréhension de cette soudaine irruption d'un cauchemar éveillé, dont on se répète qu'il est impossible, qu'il ne saurait être, jusqu'à ce qu'il éclate ? Comme une fatalité que l'on cherche en vain à conjurer par une permanente réassurance ? Il ne parvenait plus à donner le change. Sentait-elle qu'il s'éloignait ?
Commenter  J’apprécie          150
AelaAela   08 mai 2013
Le soir de la fin de Violette, elle était montée dans la chambre de sa grand-mère. Elle l'avait trouvée allongée dans son lit, osseuse et hagarde. Lise s'était assise à ses côtés.
Violette avait souri. Lise se souvenait de son expression à ce moment-là.
- Oh ma chérie .. Tu sais, je n'ai pas appris grand-chose dans la vie. Mais je vais te dire le principal.
Sa grand-mère caressait sa joue.
- Il n'y a qu'une question à se poser. Que dois-je faire pour rendre les gens plus heureux avant de mourir? Qu'est-il essentiel de faire avant de mourir?
Nous formons un tout. Nous sommes tous liés.
Il faut essayer d'être une lumière pour le monde.
Moi je ne sais pas. Je vous ai tous aimés.
J'ai fait ce que j'ai pu.
Tiens ma petite.
Sa main tremblante avait ouvert celle de Lise, pour glisser un médaillon en or qui représentait la Vierge.
- C'est ma mère qui me l'avait donnée. Elle te protégera. Tout n'est pas fini. Il y a autre chose. Nous nous retrouverons.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
AelaAela   08 mai 2013
Lise avait besoin de donner du sens. Et d'en recevoir. D'aller au contact. Voir ce qu'elle pourrait apporter là où l'on n'avait pas la chance unique d'un système de santé avancé et tout confort. Avec sans doute un peu de romantisme, elle voulait toucher du doigt la quotidien d'autres femmes, l'innocence des enfants d'ailleurs, la vie des camps de réfugiés, le mélange des ethnies, des cultures, des générations.
Elle se demandait comment elle réagirait, confrontée à des états de santé restés longtemps sans traitement, ou présentant des stades pathologiques inhabituels dans les pays développés.
Aller là où tout était à faire, là où on avait vraiment besoin d'elle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Delphine-OlympeDelphine-Olympe   15 septembre 2013
A mesure qu'il répondait à l'incontinence médiatique, Sébastien s'apercevait que, dans la façon dont les questions étaient posées, ou selon les angles choisis, les réponses étaient orientées dans un "sens obligatoire" qui ne correspondait pas toujours, loin s'en fallait, à ce que lui et ses équipes vivaient ou ressentaient sur place. Il fallait absolument que cette catastrophe soit catastrophique, pour commencer, à tel point que ce désir de catharsis apocalyptique tournait au voyeurisme. (p.302)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Arnaud Delalande (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arnaud Delalande
Le travail m'a tué
autres livres classés : génocideVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox