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EAN : 9782246808633
272 pages
Éditeur : Grasset (02/09/2013)
3.64/5   142 notes
Résumé :
Deux filles, Aurore et Marine, reviennent d'Afghanistan. Elles y ont vécu six mois de tension, d'horreur, de peur. Elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, pour ce que l'armée un « sas de décompression », où on va leur réapprendre à vivre normalement, à oublier la guerre, à coup de séances de débriefing collectif et cours d'aquagym, des soirées arrosées et de visites se sites archéologiques de la vieille Europe.
Dans un décor de fil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
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Wyoming
  20 août 2021
Deux filles amies qui ont voulu jouer à la guerre sans savoir où elles mettaient les pieds et surtout la tête. Elles rentrent d'Afghanistan où elles ont vu la mort de près, une fois, pas comme Maurice Genevoix en 1915.
Leur émotion et leurs sentiments sont intenses; le huis clos dans lequel elles sont enfermées à Chypre (hôtel de luxe = sas de décompression?) est exprimé par l'auteur avec réalisme et même sensibilité. le rôle des hommes n'est guère brillant mais c'est ainsi souvent dans la vie.
Un bon livre malgré tout.
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Annette55
  10 décembre 2014
Voici un bel ouvrage lancinant,qui vous happe et que l'on ne peut plus quitter! Un regard sans concession, lucide sur l'amitié, la violence, les femmes,les hommes et la guerre.....Aurore Soriano et Marine Klein sont nées à Lorient, amies " A la vie, à la mort", âgées de vingt cinq ans, engagées dans l'armée, ces deux héroïnes sortent de l'enfer: pendant six mois elles ont vu l'Afghanistan, parcouru la vallée minée de la Kapisa, visité des villages dans la crainte des embuscades ,des attaques à l'explosif, connu de nouveaux camarades qu'elles ont perdu peu après ..... Aujourd'hui, ces deux filles en guerre rentrent : direction Chypre, elles vont passer quelques jours dans un hôtel cinq étoiles, trois jours de rêve suite à six mois de cauchemar, avant de rejoindre la France auprés de leur famille, une famille nombreuse trés modeste pour Aurore, une famille de militaires pour Marine, engagée dans l'armée au 3°Rima, après un drame personnel, la perte accidentelle de son fiancé, Sylvain Morrison....lors d'un saut en parachute....
Au programme, à l'hôtel, à Chypre, cours d'aquagym ,coktails multicolores, excursions touristiques et .psychothérapies de groupe, des débriefings collectifs afin de raconter leur expérience, encadrées par un psychologue,laisser remonter les images d'une explosion sous la neige....ce que l'armée appelle " un sas de décompression".....
L'auteur explore avec force et brio d'une maniére parfois abrupte et sèche les raisons mystérieuses qui poussent une femme à faire la guerre plutôt que l'amour,des jeunes femmes abîmées moralement, auront- elles le courage d'affronter ensemble oú séparément le regard de ceux qui seront toujours incapables de comprendre ?
Un texte d'une rare puissance qui parvient à doser les moments de tension extrême et de relâchement, à parler de la peur, de la violence, de la crasse, la difficulté de revenir à une vie normale, comme si" trois jours suffisaient à effacer six mois d'horreur, de tension, de peur". Delphine Coulin parvient à nous rendre palpables, à nous faire toucher du doigt, à l'aide de sa plume talentueuse, les tourments du corps et de l'esprit endurés par ses deux héroïnes. Cet ouvrage se focalise sur les séquelles de la guerre à travers leurs expériences, l'aspect psychologique et le traumatisme de la réinsertion sur fond de souvenirs sanglants qui reviennent à la surface....Ces femmes soldats ont vécu l'horreur, les tensions, le stress,la peur intense ....et survécu à la mort, l'une a été gravement brûlée, l'autre a assisté au geste ultime d'un gradé ....la perte de leurs illusions affleure car ces deux jeunes filles ont changé et compris que plus rien ne serait comme avant.....
Un roman puissant, à propos d'un sujet rarement abordé, une lecture passionnante, bouleversante et touchante qui nous améne à la réflexion sur la réalité des femmes soldats qui vont au delà d' elles mêmes pour oublier et retrouver leur goût de vivre....
"Il faut oublier et avancer..."une trés belle histoire d'amitié , Marine et Aurore éspéraient " voir du pays",elles ont découvert l'absurde d'une guerre oú elles étaient censées apporter la paix ou l'égalité des femmes......un modèle occidental amoindri ?
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sandrine57
  18 août 2020
Trois jours à Chypre dans un hôtel de luxe. C'est le cadeau que l'armée offre à ses soldats après une campagne de six mois en Afghanistan. Trois jours pour décompresser, trois jours pour en parler, trois jours pour réapprendre à vivre. Fanny l'infirmière et Aurore et Marine les meilleures amies sont bien décidées à en profiter. Mais pour une femme, la guerre s'arrête-t-elle en zone de paix ? Il va falloir assister aux séances de débriefing, revivre ces six mois qu'on veut oublier, mettre des mots sur les silences, les petites trahisons, les lâchetés et surtout faire face à l'adversité, au fait d'être une femme dans un monde d'hommes.
Engagée dans l'armée après un drame personnel, Marine est la fille solide, pragmatique, la dure à cuire qui a grandi dans une famille de militaires. Elle sait qu'il faut garder la tête froide, subir et se taire.
Aurore a suivi Marine, par amitié, par désoeuvrement et pour ‘'voir du pays''. Pour elle qui a grandi dans une cité avec une ribambelle de frères et soeurs, une mère épuisée et un père plus souvent en prison qu'auprès des siens, l'armée a été le moyen de quitter l'ennui de Lorient, de quitter son milieu, de s'élever, de fuir.
Et puis il y a Fanny, la fleur bleue au coeur d'artichaut. Fanny qui est venue en Afghanistan pour aider les populations locales mais aussi pour trouver l'amour…peut-être. Une femme fragile qui sait pourtant tenir tête aux mollahs afghans.
Toutes trois ont connu l'enfer, la peur, le sang. Les missions à l'extérieur du camp qui tournent au drame, les blessés et les morts. La population dont on ne sait si elle est amie ou ennemie ; ces afghans qu'on est venus sauvés malgré eux. L'ennui qui rend fou, qui conduit au harcèlement des plus faibles, à des conduites monstrueuses. Quand l'homme devient une bête…
Mais si cette guerre absurde a bousculé les trois femmes dans leurs certitudes, a mis à mal leurs valeurs, leurs rêves, leurs conceptions de la vie et du monde, le retour à la vie dite normale ne se fait pas non plus sans heurts. Pour tous ces soldats, Chypre est un sas de décompression et la tension est palpable. Ils ont encore un pied dans la guerre et l'alcool aidant, la violence devient leur seul mode d'expression.
Et même si elles ont fait leurs preuves sur le terrain, Marine, Aurore et Fanny restent des femmes parmi les hommes. Elles ont grandi en sachant qu'une femme est toujours en danger, toujours une proie potentielle et malgré l'entraînement, le treillis, les exploits, elles apprendront que pour une femme l'enfer est partout, même au coeur du paradis.
Un roman court mais riche, dur, féroce. Il nous parle de l'absurdité de la guerre, des horreurs commises au nom de la paix, de l'homme qui est un loup pour l'homme, et encore plus pour la femme. Fort et dérangeant.
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zabeth55
  01 août 2021
Voir du pays, c'est le rêve d'Aurore.
Aussi s'engage-t-elle dans l'armée, suivant ainsi son amie Marine.
Après une mission de six mois en Afghanistan, elles se retrouvent à Chypre pour trois jours de décompression avant de rejoindre leurs familles.
Un roman dur, prenant et certainement très réaliste.
Des femmes à la guerre, ce n'est pas un sujet commun en littérature.
Et elles sont fortes ces deux là, en dépit des tensions et des horreurs qu' elles viennent de vivre.
Fortes et fragiles à la fois.
A Chypre, dans cet hôtel de rêve où elles pensent retrouver enfin la vie, les séances de débriefing les replongent dans le cauchemar.
C'est très bien écrit, sans un mot de trop, sans sentimentalisme et sans apitoiement, mais avec une grande finesse, une analyse juste des méfaits et des séquelles de la guerre et beaucoup de tendresse pour ces jeunes femmes.
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isabelleisapure
  09 septembre 2014
Marine et Aurore s'ennuient dans leur Lorient natal. Après un drame personnel, Marine, fille de militaire, décide de s'engager dans l'armée. Aurore, qui rêve aussi de nouveaux horizons, la suit. A deux, on est plus fortes, non ? Envoyées en Afghanistan, elles s'apercevront que l'amitié n'est pas un gilet pare-balles. Et que la guerre est menée par la folie des hommes.
Après six mois éprouvants, elles vont passer par un sas de décompression prévu par l'armée : trois jours dans un 5 étoiles de Chypre.
le contraste avec ce qu'elles ont vécu ne pourrait être plus grand. Là, elles vont panser leurs blessures – physiques, morales – et apprendre qu'elles n'avaient pas vu le pire.
Sur fond de danger permanent, Delphine Coulin excelle à raconter une histoire d'amitié sans niaiserie : sujette, au contraire, à des accès de violence et de lâcheté. En plus de pages magnifiques où elle évoque le rapport conflictuel au corps, elle développe une réflexion sur la force et le courage.
L'après-guerre c'est le temps de la reconstruction de soi, où comment passer du mode survie au mode vie tout cours ; pour Aurore et Marine c'est aussi le temps qu'il faudra pour tenter de résorber le fossé qui s'est créé entre elles, fossé dont il faudra au préalable connaître les raisons.

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critiques presse (2)
LeFigaro   23 septembre 2013
Voir du pays ou l'histoire de deux filles essayant de devenir femmes dans un monde viril, trop viril.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   26 août 2013
Sidérant d'intensité, d'une belle sensibilité alliée à une grande sobriété d'écriture, toujours sur le fil du rasoir, Voir du pays nous en fait voir de toutes les couleurs, des plus sombres surtout.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
YzouYzou   11 mai 2014
Elles s'étaient bien fait avoir. Elles étaient les petits soldats du vingt et unième siècle, sans assez de munitions, avec des drones qu'on était obligés de lancer dans le sens du vent sinon ils ne marchaient pas, avec des hélicos Tigre, la fierté de la France, qui ne décollaient pas s'il faisait trop chaud. Des Rambos à petits moyens. De la chair à canon.
Il y avait toujours eu de la chair à canon. Mais à présent, on faisait croire à ceux qui s'engageaient que c'était leur propre décision. Elles s'était bien fait avoir.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   14 octobre 2013
Jusque-là, elle ne s'était jamais vraiment intéressée à la morale de cette guerre. Aucun d'eux ne se préoccupait vraiment de ça. Comme ils disaient, ils n'était pas là pour parler politique. Ils étaient comme les gens qui ouvrent un compte en banque,sans comprendre les tenants et les aboutissants de l'économie mondiale. Mais elle avait compris qu'ils n'étaient pas là pour faire le bien. Alors elle voulait qu'on arrête de leur dire qu'ils étaient là comme des anges gardiens au-dessus des troupeaux. Qui veut faire l'ange, fait la bête. Ils avaient tous perdu.
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YzouYzou   30 avril 2014
Finalement, leurs histoires étaient assez similaires. Aurore a regardé autour d'elle : aucun d'eux ne venait d'une famille riche, ou d'un milieu aisé, qu'ils soient de Paris, de province, de la campagne ou de la ville. Tous s'étaient engagés pour se hisser un peu plus haut que ce qui leur était donné. Ils y avaient cru, et certains y croient encore.
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YzouYzou   30 avril 2014
A force d'entendre les gars raconter ce qu'ils avaient fait en patrouillant dans les villages, ou de les voir agir, elle avait fini par s'y habituer, et petit à petit, à agir comme eux, ou en tout cas à les regarder mal se comporter sans plus réagir. Il y avait tant d'histoires qui circulaient. Certaines d'entre elles l'avaient choquée au début, alors que si elles étaient arrivées à la fin de la mission, elle n'était pas sûre qu'elle s'en serait souvenue, elles lui auraient peut-être semblé normales.
Là-bas, ce qui était normal et ce qui ne l'était pas, c'était relatif.
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Annette55Annette55   10 décembre 2014
Pendant six mois, leur corps tout entier avait été tendu vers un seul but, une cible à atteindre. Leur corps était alors une machine de guerre. A présent, il s'agissait de se réapproprier chaque partie de ce corps et d'en rassembler les morceaux. C'était peut être cela revivre!.
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Videos de Delphine Coulin (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Delphine Coulin
Qu'est ce qu'une femme libre ? C'est tout simplement la question que pose Delphine Coulin dans son dernier ouvrage, une brillante saga romanesque, "Loin, à l'ouest", chez Grasset, raconte l'histoire du XXe siècle à travers le regard de femmes de cinq générations ainsi qu'un secret en fil d'Ariane. 
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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