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ISBN : 2246808634
Éditeur : Grasset (02/09/2013)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 100 notes)
Résumé :
Deux filles, Aurore et Marine, reviennent d'Afghanistan. Elles y ont vécu six mois de tension, d'horreur, de peur. Elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, pour ce que l'armée un « sas de décompression », où on va leur réapprendre à vivre normalement, à oublier la guerre, à coup de séances de débriefing collectif et cours d'aquagym, des soirées arrosées et de visites se sites archéologiques de la vieille Europe.
Dans un décor de fil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  10 décembre 2014
Voici un bel ouvrage lancinant,qui vous happe et que l'on ne peut plus quitter! Un regard sans concession, lucide sur l'amitié, la violence, les femmes,les hommes et la guerre.....Aurore Soriano et Marine Klein sont nées à Lorient, amies " A la vie, à la mort", âgées de vingt cinq ans, engagées dans l'armée, ces deux héroïnes sortent de l'enfer: pendant six mois elles ont vu l'Afghanistan, parcouru la vallée minée de la Kapisa, visité des villages dans la crainte des embuscades ,des attaques à l'explosif, connu de nouveaux camarades qu'elles ont perdu peu après ..... Aujourd'hui, ces deux filles en guerre rentrent : direction Chypre, elles vont passer quelques jours dans un hôtel cinq étoiles, trois jours de rêve suite à six mois de cauchemar, avant de rejoindre la France auprés de leur famille, une famille nombreuse trés modeste pour Aurore, une famille de militaires pour Marine, engagée dans l'armée au 3°Rima, après un drame personnel, la perte accidentelle de son fiancé, Sylvain Morrison....lors d'un saut en parachute....
Au programme, à l'hôtel, à Chypre, cours d'aquagym ,coktails multicolores, excursions touristiques et .psychothérapies de groupe, des débriefings collectifs afin de raconter leur expérience, encadrées par un psychologue,laisser remonter les images d'une explosion sous la neige....ce que l'armée appelle " un sas de décompression".....
L'auteur explore avec force et brio d'une maniére parfois abrupte et sèche les raisons mystérieuses qui poussent une femme à faire la guerre plutôt que l'amour,des jeunes femmes abîmées moralement, auront- elles le courage d'affronter ensemble oú séparément le regard de ceux qui seront toujours incapables de comprendre ?
Un texte d'une rare puissance qui parvient à doser les moments de tension extrême et de relâchement, à parler de la peur, de la violence, de la crasse, la difficulté de revenir à une vie normale, comme si" trois jours suffisaient à effacer six mois d'horreur, de tension, de peur". Delphine Coulin parvient à nous rendre palpables, à nous faire toucher du doigt, à l'aide de sa plume talentueuse, les tourments du corps et de l'esprit endurés par ses deux héroïnes. Cet ouvrage se focalise sur les séquelles de la guerre à travers leurs expériences, l'aspect psychologique et le traumatisme de la réinsertion sur fond de souvenirs sanglants qui reviennent à la surface....Ces femmes soldats ont vécu l'horreur, les tensions, le stress,la peur intense ....et survécu à la mort, l'une a été gravement brûlée, l'autre a assisté au geste ultime d'un gradé ....la perte de leurs illusions affleure car ces deux jeunes filles ont changé et compris que plus rien ne serait comme avant.....
Un roman puissant, à propos d'un sujet rarement abordé, une lecture passionnante, bouleversante et touchante qui nous améne à la réflexion sur la réalité des femmes soldats qui vont au delà d' elles mêmes pour oublier et retrouver leur goût de vivre....
"Il faut oublier et avancer..."une trés belle histoire d'amitié , Marine et Aurore éspéraient " voir du pays",elles ont découvert l'absurde d'une guerre oú elles étaient censées apporter la paix ou l'égalité des femmes......un modèle occidental amoindri ?
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Commenter  J’apprécie          440
isabelleisapure
  09 septembre 2014
Marine et Aurore s'ennuient dans leur Lorient natal. Après un drame personnel, Marine, fille de militaire, décide de s'engager dans l'armée. Aurore, qui rêve aussi de nouveaux horizons, la suit. A deux, on est plus fortes, non ? Envoyées en Afghanistan, elles s'apercevront que l'amitié n'est pas un gilet pare-balles. Et que la guerre est menée par la folie des hommes.
Après six mois éprouvants, elles vont passer par un sas de décompression prévu par l'armée : trois jours dans un 5 étoiles de Chypre.
le contraste avec ce qu'elles ont vécu ne pourrait être plus grand. Là, elles vont panser leurs blessures – physiques, morales – et apprendre qu'elles n'avaient pas vu le pire.
Sur fond de danger permanent, Delphine Coulin excelle à raconter une histoire d'amitié sans niaiserie : sujette, au contraire, à des accès de violence et de lâcheté. En plus de pages magnifiques où elle évoque le rapport conflictuel au corps, elle développe une réflexion sur la force et le courage.
L'après-guerre c'est le temps de la reconstruction de soi, où comment passer du mode survie au mode vie tout cours ; pour Aurore et Marine c'est aussi le temps qu'il faudra pour tenter de résorber le fossé qui s'est créé entre elles, fossé dont il faudra au préalable connaître les raisons.

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Commenter  J’apprécie          270
Cacha
  28 juillet 2015
J'ai trouvé ce roman très fort et aussi réaliste que s'il s'agissait d'un témoignage.
L'auteure raconte le retour de la guerre en Afghanistan de trois soldates françaises, qui font un court séjour à Chypre, pour un debriefing.
Elle évoque leurs vies d'avant, les raisons de leur engagement, le danger présent partout (là-bas et ailleurs), comment la guerre brise des personnes et fait ressortir la violence en chacun(e).
La psychologie des personnages est bien rendue, l'absurdité de ce qui est subi aussi.
C'est de plus l'histoire d'une amitié forte, envers et contre tout.
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spleen
  11 février 2015
Une lecture dérangeante et qui m'a mise mal à l'aise .
Aurore et Marine, amies depuis leur adolescence , "à la vie , à la mort", toutes deux engagées dans l'armée, reviennent d'une mission de six mois en Afghanistan en faisant une halte imposée dans un hôtel-club à Chypre pour un débriefing et une décompression.
Ce qu'elles ont vécu lors de cette mission est bien loin des idéaux qu'elles pensaient trouver dans l'armée et les souvenirs les plus pénibles sont analysés avec un psychologue : embuscades, mort des camarades , blessures, exactions vis à vis de la population civile ...
Les phrases sont concises, sans fioritures avec un langage familier , rien ne nous semble épargné.
Le séjour dans un lieu paradisiaque va aussi tourner au cauchemar pour les jeunes femmes et c'est sur un constat plutôt amer que se termine ce roman : sur la place des femmes en général, leur vulnérabilité, le machisme persistant et le silence imposé ...
Restent les belles pages sur l'amitié peu ordinaire entre ces deux filles, parfois mise à mal par les événements mais qui dans les pires moments permet à Aurore et Marine de se relever et d'affronter la vie .
C'est un roman très dur, un coup de poing auquel je ne m'attendais pas ...
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kllouche
  26 août 2013
Voir du pays est porté par un sujet aussi inattendu qu'intéressant. Delphine Coulin nous plonge dans la vie des femmes soldats françaises, leurs relations avec leurs homologues masculins, leur appréhension de la guerre, etc.
Le roman s'ouvre sur trois femmes dans un avion quittant l'Afghanistan, en route pour l'île de Chypre pour trois jours de décompression avant le retour à la vie "normale". Ces trois femmes sont Marine et Aurore (deux amies depuis l'enfance qui se sont engagées dans l'armée pour "voir du pays") et Fanny (infirmière particulièrement altruiste). Rapidement désillusionnées par la réalité du terrain militaire, elles vont devoir tenir le coup.
Ce livre se base sur un sujet qui, selon le type de lecteur, pourrait aussi bien être un défaut qu'un avantage. Quelqu'un qui s'intéresse vaguement au sujet de la guerre, qui s'y connait un peu mais pas trop, trouvera suffisamment d'éléments qui y sont relatifs pour se sentir satisfait. En revanche, si le lecteur est un fana de l'armée, qu'il connait le vocabulaire, les détails, les lieux, la vie quotidienne, il risque de sortir très frustré de cette lecture. En effet, Delphine Coulin ne s'embarrasse pas de détails et ne rentre jamais complètement dans le quotidien des soldats.
Au final, l'auteur s'est plus concentrée sur l'aspect psychologique des personnages, les troubles post-traumatiques qu'ils peuvent subir, leur transformation en monstre (entre hommes et animaux) et la difficulté de revenir à une vie normale après avoir pris part à la guerre en Afghanistan que sur l'armée et la condition des femmes dans ce milieu. Ce point-là est traité tout en réalisme et en nuances ce qui donne un roman tout à fait convaincant. L'histoire est servie par une plume efficace qui ne s'encombre pas de métaphores ou de belles phrases complexes qui auraient été en complet décalage avec les personnages.
C'est un roman au sujet et au développement de la psychologie très intéressants, qui aurait pu être davantage fouillé certes mais qui tient la route. Les lecteurs coutumiers du milieu de l'armée le trouveront sans doute un peu léger; pour les autres, c'est une très belle histoire à découvrir !
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critiques presse (2)
LeFigaro   23 septembre 2013
Voir du pays ou l'histoire de deux filles essayant de devenir femmes dans un monde viril, trop viril.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   26 août 2013
Sidérant d'intensité, d'une belle sensibilité alliée à une grande sobriété d'écriture, toujours sur le fil du rasoir, Voir du pays nous en fait voir de toutes les couleurs, des plus sombres surtout.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
YzouYzou   11 mai 2014
Elles s'étaient bien fait avoir. Elles étaient les petits soldats du vingt et unième siècle, sans assez de munitions, avec des drones qu'on était obligés de lancer dans le sens du vent sinon ils ne marchaient pas, avec des hélicos Tigre, la fierté de la France, qui ne décollaient pas s'il faisait trop chaud. Des Rambos à petits moyens. De la chair à canon.
Il y avait toujours eu de la chair à canon. Mais à présent, on faisait croire à ceux qui s'engageaient que c'était leur propre décision. Elles s'était bien fait avoir.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   14 octobre 2013
Jusque-là, elle ne s'était jamais vraiment intéressée à la morale de cette guerre. Aucun d'eux ne se préoccupait vraiment de ça. Comme ils disaient, ils n'était pas là pour parler politique. Ils étaient comme les gens qui ouvrent un compte en banque,sans comprendre les tenants et les aboutissants de l'économie mondiale. Mais elle avait compris qu'ils n'étaient pas là pour faire le bien. Alors elle voulait qu'on arrête de leur dire qu'ils étaient là comme des anges gardiens au-dessus des troupeaux. Qui veut faire l'ange, fait la bête. Ils avaient tous perdu.
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YzouYzou   30 avril 2014
Finalement, leurs histoires étaient assez similaires. Aurore a regardé autour d'elle : aucun d'eux ne venait d'une famille riche, ou d'un milieu aisé, qu'ils soient de Paris, de province, de la campagne ou de la ville. Tous s'étaient engagés pour se hisser un peu plus haut que ce qui leur était donné. Ils y avaient cru, et certains y croient encore.
Commenter  J’apprécie          110
YzouYzou   30 avril 2014
A force d'entendre les gars raconter ce qu'ils avaient fait en patrouillant dans les villages, ou de les voir agir, elle avait fini par s'y habituer, et petit à petit, à agir comme eux, ou en tout cas à les regarder mal se comporter sans plus réagir. Il y avait tant d'histoires qui circulaient. Certaines d'entre elles l'avaient choquée au début, alors que si elles étaient arrivées à la fin de la mission, elle n'était pas sûre qu'elle s'en serait souvenue, elles lui auraient peut-être semblé normales.
Là-bas, ce qui était normal et ce qui ne l'était pas, c'était relatif.
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Annette55Annette55   10 décembre 2014
Pendant six mois, leur corps tout entier avait été tendu vers un seul but, une cible à atteindre. Leur corps était alors une machine de guerre. A présent, il s'agissait de se réapproprier chaque partie de ce corps et d'en rassembler les morceaux. C'était peut être cela revivre!.
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Vidéo de Delphine Coulin
Entre réalité et fiction, découvrez le sixième roman de l'écrivaine et réalisatrice, Delphine Coulin : « Une fille dans la jungle ». Publié chez Grasset, celui-ci retrace le destin de six enfants réfugiés près de Calais. L'ouvrage est en lice pour le Prix Médicis 2017.
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