AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Myriam Chirousse (Traducteur)
ISBN : 2864247143
Éditeur : Métailié (21/01/2010)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 78 notes)
Résumé :
Quatre personnages plongés dans l'apocalypse de la modernité d'une grande cité vont voir leurs destins se croiser. Un chauffeur de taxi veuf qui ne peut pas se consoler de la mort de sa femme, un médecin sans illusions perdu dans les espaces virtuels de Second Life, une prostituée africaine accrochée à la vie que protège son totem, un petit lézard, et une vieille scientifique alcoolique et pédagogue sont les héros de ce conte philosophique sur fond d'assassinats en ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  13 octobre 2013
Ce livre fait du bien, vraiment, en profondeur. En tout cas c'est l'effet qu'il a eu sur moi. Parce que le destin croisé de ces 4 personnages cabossés forme une fable philosophique pleine d'espoir, de douceur et d'amour, à tout le moins pour ceux qui sont capables de les accueillir...
Au début du roman, tout n'est pas rose, loin de là, pour Matias, Daniel, Cerveau et Fatma. Disons qu'ils ont été confrontés au tragique de la vie et en ont perdu le goût de vivre... ou presque. Matias a vu mourir Rita, sa femme, son amour, dans des conditions dramatiques. La vieille 'Cerveau' se soûle dignement et méthodiquement toutes les nuits. Fatma est une pute magnifique, victime désignée des puissants depuis longtemps. Et Daniel ? Aucun événement terrible, mais il végète dans une vie sentimentale et professionnelle minable.
Le roman raconte comment ils souffrent, se croisent, se rencontrent, essaient de rester humains et y arrivent, ou pas. Tout ça avec beaucoup de souffrance bien sûr, mais aussi beaucoup de générosité et d'optimisme sous-jacents, de sorte que le livre réconforte, donnant envie de sourire, d'aller vers les autres et de vivre. Un peu comme si 'Ensemble c'est tout' d'Anna Gavalda avait déménagé à Madrid, chez les pauvres et les paumés...
Je ne sais pas si les instructions de Rosa Montero permettront de sauver le monde, mais j'ai bien envie d'essayer de les suivre !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          600
Pirouette0001
  06 avril 2016
Voici ma troisième incursion dans l'univers de cette auteure. J'avais commencé par 'L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir' fondée sur la biographie de Marie Curie, pour lire ensuite son dernier qui relevait de la science-fiction. J'avais trouvé ces deux livres intéressants et détendants.
Mais ce troisième sort nettement du lot. Il décrit le cheminement de quatre paumés de la vie et c'est pourtant une lecture fort revigorante. de plus, ce livre-ci a davantage de qualités littéraires et c'est tant mieux. Sans pour autant rejoindre le côté intellectuel ou plus cérébral que peuvent avoir d'autres auteurs espagnols. Car même si personnellement j'aime bien, je peux comprendre que cela ne plaise pas à tout le monde. Ici rien de tel.
Je conseille vivement ce détour.
Commenter  J’apprécie          210
LUKE59
  28 avril 2012
Cela commence comme un roman noir avec un chassé-croisé savamment orchestré entre quatre personnages singuliers et attachants dans la grande métropole madrilène dans laquelle sévit un mystérieux tueur en série.Ceux- ci n' ont a priori rien en commun si ce n' est d' être abîmés par la vie, solitaires et noctambules.Hasards et coïncidences vont les faire se rencontrer, échanger et finalement s' épauler.Car en fin de compte, de cette noirceur originelle, l' auteur arrive à extraire avec talent et sensibilité: humour, dérision et optimisme.En bref, un joli conte philosophique, un roman intelligent et magnifiquement écrit qui m' a captivé dès les premières lignes.
Commenter  J’apprécie          200
myrtille81
  25 mai 2013
Les personnages : Mathias vient de perdre sa femme, qui était l'amour de sa vie (et non ça ne va pas forcément de pair). Depuis, il dérive, hagard. Daniel, médecin raté, qui subit un mariage raté, mais qui préfère s'abrutir devant l'ordinateur, trouver une distraction dans le virtuel plutôt que de prendre sa vie en main. Un tueur en série qui ne s'en prend qu'aux vieux. Puis on va croiser "le cerveau", professeur à la retraite qui essaie de trouver un sens à la vie à travers de multiples théories scientifiques, ainsi que dans l'alcool. Et Fatma, prostituée africaine qui a vécu l'indicible, le pire de la cruauté humaine (enfin, j'espère que c'est le pire...)
Le décor : Madrid. Pas la Puerta del Sol ou le musée du Prado. Non, les terrains-vagues, les cités, les bidonvilles. Tous ces endroits qu'on peut apercevoir en roulant sur l'autoroute mais qu'on préfère oublier, ne pas voir. Et un bordel.
Rosa Montero met en scène tous ces personnages avec affection, mais sans complaisance. Des personnages terriblement humains dans leur complexité et leurs faiblesses. Mais des personnages courageux aussi. Et qui, chacun à leur manière va contribuer à "sauver le monde" grâce à des actes profondément courageux et humains, mêmes s'ils ne sont qu'éphémères.
Son écriture est acérée, parfois cruelle. Grâce à quelques incursions dans le futur des personnages, Rosa Montero donne au lecteur une place particulière, une place de "voyeur", de témoin de ces destins.
Ce roman a été un vrai coup-de-coeur. Même si, depuis quelques temps, j'ai la chance de ne plus faire partie du monde de ceux pour qui aller dormir inquiète...
Lien : http://mumuzbooks.blogspot.f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
IzaBzh
  20 janvier 2012
J'avais lu plusieurs bonnes critiques de ce roman, j'ai donc commencé à le lire malgré le peu d'attirance que j'ai pour les histoires sombres, de gens ratés, au passé tragique, qui se haïssent et/ou haïssent les autres, qui sont tellement mal qu'ils n'imaginent pas qu'il puisse y avoir une lumière au bout du tunnel. Et j'ai bien fait !
Evidemment, ça commence de manière très sombre. L'auteur nous prévient même que "Cette histoire est celle d'une longue nuit. Si longue qu'elle dura plusieurs mois."
Mais... Il y a le talent de Rosa Montero, il y a les personnages auxquels on s'attache tant qu'on veut absolument savoir comment ils vont s'en tirer - ou pas. Et, après tout, "Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie?". J'ai particulièrement aimé le personnage de Cerveau, cette vieille alcoolique qui raffole des théories bizarres, mais tellement intéressantes. Et s'il y avait une once de vérité dans tout ça ?...
C'est un roman qui m'a happé et ne m'a pas lâchée, je l'ai terminé le sourire aux lèvres et l'envie de découvrir d'autres romans de cette auteure exquise qui sait si bien nous prendre dans ses filets.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Citations & extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
MarpleMarple   13 octobre 2013
Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie ?
Commenter  J’apprécie          361
anne_le_bruit_des_vaguesanne_le_bruit_des_vagues   31 mars 2016
Un passage un peu long, une histoire dans l'histoire, de celles dont je raffole... :

– Ah, Matias, Matias, mon ami, je te vois mal en point. Je te dirai une chose : je sais ce que c’est. Je sais que parfois la vie nous écrase tellement qu’elle ne nous laisse plus de place pour respirer. Alors, je bois. Et mes poumons respirent de l’alcool, au lieu de respirer de l’oxygène. Mais ce n’est pas de ça dont j’allais te parler, parce que je sais que, toi, tu n’aimes pas trop la boisson. Il y a d’autres trucs valables contre le désespoir, et tous consistent à sortir de soi-même. Du trou de sa peine à soi. Boire te sort aussi de toi-même parce que ça t’anesthésie. C’est comme le malade qui est anesthésié dans un bloc opératoire : on peut lui couper la jambe et il ne s’en rend pas compte, parce que d’une certaine façon il n’est pas là. Mais nous avons déjà dit que tu n’étais pas partisan de l’alcool. Bon, il y a d’autres façons de sortir de soi-même, comme, par exemple, penser à l’infiniment grand… Qu’est-ce que c’est, ta douleur d’aujourd’hui, de cette minute, de cette heure, de ce jour, et même de toute ta minuscule vie, comparée aux quatre milliards cinq d’années que la Terre existe ? Mais ça marche encore mieux de penser au très petit. Par exemple, aux atomes. Tu sais que tout ce qui existe dans l’univers est composé d’atomes. Ils sont partout. Ils sont dans l’air transparent, dans les pierres rugueuses, dans notre chair tendre. Et il y a tant et tant d’atomes dans l’univers que leur nombre est inimaginable. Ce sont des chiffres inhumains qui n’ont pas assez de place dans nos têtes. Les atomes se regroupent en molécules ; deux ou plusieurs atomes unis d’une manière plus ou moins stable forment une molécule. Et pour que tu te fasses une idée, je te dirai que dans un centimètre cube d’air, qui est le volume occupé par l’un de ces dés avec lesquels tes amis chauffeurs de taxi sont en train de jouer à cette table, il y a quarante-cinq mille millions de millions de molécules. À présent regarde autour de toi et essaie d’imaginer la quantité exorbitante d’atomes qu’il y a partout. Et qui plus est, les atomes, en plus d’être très nombreux, sont pratiquement éternels. Ils durent et durent un temps incalculable. Si bien que cette chose si minuscule est immense en nombre et en persistance. Les atomes passent leurs très longues vies à se déplacer à droite à gauche et à faire et défaire des molécules. Une partie des atomes qu’il y a dans notre corps provient sans aucun doute du cœur incandescent d’un soleil lointain. Tu le sais bien, nous sommes de la poussière d’étoiles. Et pas seulement ça : statistiquement, il est plus que probable que nous ayons des millions d’atomes de n’importe lequel des personnages historiques que tu pourrais nommer. Des millions d’atomes de Cervantès. Et de Marie Curie. Des millions de Platon et d’autres millions de Cléopâtre. Les atomes mettent un certain temps à se recycler ; il faut donc que s’écoulent suffisamment de décennies après la mort de quelqu’un pour que ses atomes puissent rentrer à nouveau dans le circuit. Mais on peut dire que tous les êtres humains qui ont existé sur la Terre vivent en moi, et que je vivrai dans tous ceux qui viendront plus tard. Et dans un brin d’herbe brûlé par le soleil ou dans le corps cuirassé d’un scarabée.
C’était ce que Cerveau pensa qu’il serait bon de dire, et sans doute s’agissait-il de quelque chose d’encourageant et de beau. Malheureusement, à ce stade du petit matin la vieille femme se trouvait déjà trop pompette et avait peur de ne pas contrôler assez bien sa diction. Elle craignait de siffler sur les s, redoubler les r et trébucher irrémissiblement sur les dentales. Elle craignait de bafouiller et d’avoir l’air ivre, ce qui l’épouvantait, car, malgré la dureté de sa vie et les humiliations qu’elle avait dû subir, Cerveau avait réussi à garder sa fierté et demeurait accrochée à son sens de la dignité comme un naufragé qui coule accroché au pavillon de son navire."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
kathelkathel   11 février 2012
Avez-vous déjà senti la terreur des nuits, l’étouffement des cauchemars, l’obscurité qui murmure sur votre nuque de son haleine froide que, même si vous ne savez pas combien de temps il vous reste, vous n’êtes qu’un condamné à mort ? Et pourtant, le lendemain matin, la vie explose de nouveau dans son joyeux mensonge d’éternité.
Commenter  J’apprécie          160
dreulmadreulma   24 juillet 2011
On voyait au fond la ligne de la ville, les tout nouveaux gratte-ciels à moitié éclairés et la clarté orangée des lumières urbaines, qui, collée sur le profil de l'horizon, semblait la vapeur de la respiration des immeubles. Mais avant d'arriver à ce royaume de pouvoir et de richesse, à cet étalage d'acier et de kilowatts, il y avait la tache sombre des terrains vagues suburbains à travers lesquels ils étaient maintenant en train de passer, des champs arides qui des siècles plus tôt avaient dû être cultivés, mais qui n'étaient plus à présent que des friches sales envahies par une horde de drogués et de misérables. Des terres humiliées par les poubelles, les délits et les douleurs accumulés en ces lieux année après année.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
LUKE59LUKE59   25 avril 2012
Tout ce que nous apprenons au cours de nos brèves existences n' est qu' une pincée insignifiante arrachée à l' énormité de ce que nous ne saurons jamais.(p158)
Commenter  J’apprécie          250
Videos de Rosa Montero (75) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Rosa Montero
Que faire contre la maladie ? Comment les livres peuvent-ils aider à traverser sereinement cette épreuve ? Les écrivains Pascal Quignard, auteur de «Performances de ténèbres» et Rosa Montero, qui publie «La Chair», apportent leurs réponses, optimistes, à cette douloureuse question. Egalement invité de la Grande Librairie, Christophe André explique comment la méditation peut changer une vie. A leurs côtés sur le plateau, le professeur Pierre Delion, qui milite pour une psychiatrie humaine, et Patrizia Paterlini-Bréchot, auteur de «Tuer le cancer», participent au débat.
autres livres classés : littérature espagnoleVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Instructions pour sauver le monde en quelques questions

Comment se nomme le bordel ?

Le Carlito
Le Mojito
Le Cachito
L’Oasis

13 questions
10 lecteurs ont répondu
Thème : Instructions pour sauver le monde de Rosa MonteroCréer un quiz sur ce livre
. .