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Myriam Chirousse (Traducteur)
EAN : 9782864247142
276 pages
Éditeur : Editions Métailié (21/01/2010)
3.78/5   97 notes
Résumé :
Quatre personnages plongés dans l'apocalypse de la modernité d'une grande cité vont voir leurs destins se croiser. Un chauffeur de taxi veuf qui ne peut pas se consoler de la mort de sa femme, un médecin sans illusions perdu dans les espaces virtuels de Second Life, une prostituée africaine accrochée à la vie que protège son totem, un petit lézard, et une vieille scientifique alcoolique et pédagogue sont les héros de ce conte philosophique sur fond d'assassinats en ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
3,78

sur 97 notes

Marple
  13 octobre 2013
Ce livre fait du bien, vraiment, en profondeur. En tout cas c'est l'effet qu'il a eu sur moi. Parce que le destin croisé de ces 4 personnages cabossés forme une fable philosophique pleine d'espoir, de douceur et d'amour, à tout le moins pour ceux qui sont capables de les accueillir...
Au début du roman, tout n'est pas rose, loin de là, pour Matias, Daniel, Cerveau et Fatma. Disons qu'ils ont été confrontés au tragique de la vie et en ont perdu le goût de vivre... ou presque. Matias a vu mourir Rita, sa femme, son amour, dans des conditions dramatiques. La vieille 'Cerveau' se soûle dignement et méthodiquement toutes les nuits. Fatma est une pute magnifique, victime désignée des puissants depuis longtemps. Et Daniel ? Aucun événement terrible, mais il végète dans une vie sentimentale et professionnelle minable.
Le roman raconte comment ils souffrent, se croisent, se rencontrent, essaient de rester humains et y arrivent, ou pas. Tout ça avec beaucoup de souffrance bien sûr, mais aussi beaucoup de générosité et d'optimisme sous-jacents, de sorte que le livre réconforte, donnant envie de sourire, d'aller vers les autres et de vivre. Un peu comme si 'Ensemble c'est tout' d'Anna Gavalda avait déménagé à Madrid, chez les pauvres et les paumés...
Je ne sais pas si les instructions de Rosa Montero permettront de sauver le monde, mais j'ai bien envie d'essayer de les suivre !
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  21 janvier 2021
Les mondes de Matias, de Daniel, de Fatma et de Cerveau ont bien besoin d'être sauvés.
Les destins de ces deux hommes et ces deux femmes, qui ne se connaissent pas, qui ont vécu ou vivent des choses terribles, ou qui ne vivent pas vraiment, vont s'entrecroiser par la volonté du hasard, à moins que le hasard n'ait rien à voir là-dedans.
Quant aux instructions pour les sauver, ces mondes, elles sont tout sauf explicites, et chacun se débat comme il peut avec son passé, son énergie (ou son absence), ses addictions, ses idées fixes.
Matias, chauffeur de taxi, ne se remet pas de la mort de la femme de sa vie, emportée par un cancer. Daniel se perd dans les dédales de Second Life, un jeu virtuel qu'il trouve plus excitant que sa vie, vraie et misérable. Fatma, sublime prostituée africaine, est coincée dans un lupanar de luxe, et Cerveau, vieille scientifique alcoolique, noie on-ne-sait-quoi dans les bouteilles de rouge qu'elle écluse nuit après nuit.
Dit comme cela, ce livre ne semble pas très réjouissant, et pourtant. Pourtant il y a toujours chez Rosa Montero quelque chose qui illumine les histoires les plus moches et les plus atroces, comme s'il y avait toujours un brin d'espoir auquel s'accrocher, une étincelle au bout d'un tunnel, qu'on s'obstine à ne pas quitter des yeux alors que tout nous pousse à les fermer et à renoncer.
J'ai du mal à expliquer pourquoi l'écriture de Rosa Montero me touche, m'émeut autant. Peut-être parce qu'elle est réconfortante malgré toute la douleur et les difficultés qu'affrontent ses personnages. Peut-être parce qu'elle est bourrée d'humanité et de générosité, d'une sincérité (que les mauvaises langues qualifieraient de naïveté) qui (me) va droit au coeur. Je ne sais pas si ce roman sauvera le monde, mais il réchauffe l'âme, c'est déjà beaucoup.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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LUKE59
  28 avril 2012
Cela commence comme un roman noir avec un chassé-croisé savamment orchestré entre quatre personnages singuliers et attachants dans la grande métropole madrilène dans laquelle sévit un mystérieux tueur en série.Ceux- ci n' ont a priori rien en commun si ce n' est d' être abîmés par la vie, solitaires et noctambules.Hasards et coïncidences vont les faire se rencontrer, échanger et finalement s' épauler.Car en fin de compte, de cette noirceur originelle, l' auteur arrive à extraire avec talent et sensibilité: humour, dérision et optimisme.En bref, un joli conte philosophique, un roman intelligent et magnifiquement écrit qui m' a captivé dès les premières lignes.
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Pirouette0001
  06 avril 2016
Voici ma troisième incursion dans l'univers de cette auteure. J'avais commencé par 'L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir' fondée sur la biographie de Marie Curie, pour lire ensuite son dernier livre, qui relevait de la science-fiction. J'avais trouvé ces deux livres intéressants et détendants.
Mais ce troisième sort nettement du lot. Il décrit le cheminement de quatre paumés de la vie et c'est pourtant une lecture fort revigorante. de plus, ce livre-ci a davantage de qualités littéraires et c'est tant mieux. Sans pour autant rejoindre le côté intellectuel ou plus cérébral que peuvent avoir d'autres auteurs espagnols. Car même si personnellement j'aime bien, je peux comprendre que cela ne plaise pas à tout le monde. Ici rien de tel.
Je conseille vivement ce détour.
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myrtille81
  25 mai 2013
Les personnages : Mathias vient de perdre sa femme, qui était l'amour de sa vie (et non ça ne va pas forcément de pair). Depuis, il dérive, hagard. Daniel, médecin raté, qui subit un mariage raté, mais qui préfère s'abrutir devant l'ordinateur, trouver une distraction dans le virtuel plutôt que de prendre sa vie en main. Un tueur en série qui ne s'en prend qu'aux vieux. Puis on va croiser "le cerveau", professeur à la retraite qui essaie de trouver un sens à la vie à travers de multiples théories scientifiques, ainsi que dans l'alcool. Et Fatma, prostituée africaine qui a vécu l'indicible, le pire de la cruauté humaine (enfin, j'espère que c'est le pire...)
Le décor : Madrid. Pas la Puerta del Sol ou le musée du Prado. Non, les terrains-vagues, les cités, les bidonvilles. Tous ces endroits qu'on peut apercevoir en roulant sur l'autoroute mais qu'on préfère oublier, ne pas voir. Et un bordel.
Rosa Montero met en scène tous ces personnages avec affection, mais sans complaisance. Des personnages terriblement humains dans leur complexité et leurs faiblesses. Mais des personnages courageux aussi. Et qui, chacun à leur manière va contribuer à "sauver le monde" grâce à des actes profondément courageux et humains, mêmes s'ils ne sont qu'éphémères.
Son écriture est acérée, parfois cruelle. Grâce à quelques incursions dans le futur des personnages, Rosa Montero donne au lecteur une place particulière, une place de "voyeur", de témoin de ces destins.
Ce roman a été un vrai coup-de-coeur. Même si, depuis quelques temps, j'ai la chance de ne plus faire partie du monde de ceux pour qui aller dormir inquiète...
Lien : http://mumuzbooks.blogspot.f..
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
viou1108_aka_voyagesaufildespagesviou1108_aka_voyagesaufildespages   20 janvier 2021
Cerveau n'avait jamais désiré avoir d'enfant, elle n'avait jamais ressenti l'appel maternel. Et elle ne croyait pas qu'être une femme consistait à accoucher. Mais son entraînement scientifique la rendait également consciente de l'échec biologique de ses gènes. Tous les êtres humains, hommes et femmes, étaient le produit d'un très long, d'un multiple et retentissant succès. Du triomphe de chacun de leurs ancêtres . [...] toute cette lignée génitrice qui remontait jusqu'à se perdre dans le passé le plus lointain, était composée d'individus qui avaient réussi à naître, à ne pas mourir en bas âge, à grandir, à s'accoupler avec un partenaire adéquat et fertile, à avoir au moins un enfant et à le maintenir en vie suffisamment longtemps pour que le processus continue. Oui, Cerveau était la conséquence d'une réussite collective monumentale, mais ce témoin génétique se perdrait à présent. Son petit et trivial échec biologique mettait un point final à une lignée de survie millénaire. Mais c'était peut-être mieux ainsi. C'était peut-être mieux de pouvoir retourner à la pureté des atomes sans aucun handicap, sans aucun bagage, sans laisser aucune trace individuelle. [...] Quel soulagement de pouvoir redevenir juste et rien qu'une poignée d'atomes, infiniment petits, infiniment durables, infiniment prodigieux. 
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MarpleMarple   13 octobre 2013
Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie ?
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anne_le_bruit_des_vaguesanne_le_bruit_des_vagues   31 mars 2016
Un passage un peu long, une histoire dans l'histoire, de celles dont je raffole... :

– Ah, Matias, Matias, mon ami, je te vois mal en point. Je te dirai une chose : je sais ce que c’est. Je sais que parfois la vie nous écrase tellement qu’elle ne nous laisse plus de place pour respirer. Alors, je bois. Et mes poumons respirent de l’alcool, au lieu de respirer de l’oxygène. Mais ce n’est pas de ça dont j’allais te parler, parce que je sais que, toi, tu n’aimes pas trop la boisson. Il y a d’autres trucs valables contre le désespoir, et tous consistent à sortir de soi-même. Du trou de sa peine à soi. Boire te sort aussi de toi-même parce que ça t’anesthésie. C’est comme le malade qui est anesthésié dans un bloc opératoire : on peut lui couper la jambe et il ne s’en rend pas compte, parce que d’une certaine façon il n’est pas là. Mais nous avons déjà dit que tu n’étais pas partisan de l’alcool. Bon, il y a d’autres façons de sortir de soi-même, comme, par exemple, penser à l’infiniment grand… Qu’est-ce que c’est, ta douleur d’aujourd’hui, de cette minute, de cette heure, de ce jour, et même de toute ta minuscule vie, comparée aux quatre milliards cinq d’années que la Terre existe ? Mais ça marche encore mieux de penser au très petit. Par exemple, aux atomes. Tu sais que tout ce qui existe dans l’univers est composé d’atomes. Ils sont partout. Ils sont dans l’air transparent, dans les pierres rugueuses, dans notre chair tendre. Et il y a tant et tant d’atomes dans l’univers que leur nombre est inimaginable. Ce sont des chiffres inhumains qui n’ont pas assez de place dans nos têtes. Les atomes se regroupent en molécules ; deux ou plusieurs atomes unis d’une manière plus ou moins stable forment une molécule. Et pour que tu te fasses une idée, je te dirai que dans un centimètre cube d’air, qui est le volume occupé par l’un de ces dés avec lesquels tes amis chauffeurs de taxi sont en train de jouer à cette table, il y a quarante-cinq mille millions de millions de molécules. À présent regarde autour de toi et essaie d’imaginer la quantité exorbitante d’atomes qu’il y a partout. Et qui plus est, les atomes, en plus d’être très nombreux, sont pratiquement éternels. Ils durent et durent un temps incalculable. Si bien que cette chose si minuscule est immense en nombre et en persistance. Les atomes passent leurs très longues vies à se déplacer à droite à gauche et à faire et défaire des molécules. Une partie des atomes qu’il y a dans notre corps provient sans aucun doute du cœur incandescent d’un soleil lointain. Tu le sais bien, nous sommes de la poussière d’étoiles. Et pas seulement ça : statistiquement, il est plus que probable que nous ayons des millions d’atomes de n’importe lequel des personnages historiques que tu pourrais nommer. Des millions d’atomes de Cervantès. Et de Marie Curie. Des millions de Platon et d’autres millions de Cléopâtre. Les atomes mettent un certain temps à se recycler ; il faut donc que s’écoulent suffisamment de décennies après la mort de quelqu’un pour que ses atomes puissent rentrer à nouveau dans le circuit. Mais on peut dire que tous les êtres humains qui ont existé sur la Terre vivent en moi, et que je vivrai dans tous ceux qui viendront plus tard. Et dans un brin d’herbe brûlé par le soleil ou dans le corps cuirassé d’un scarabée.
C’était ce que Cerveau pensa qu’il serait bon de dire, et sans doute s’agissait-il de quelque chose d’encourageant et de beau. Malheureusement, à ce stade du petit matin la vieille femme se trouvait déjà trop pompette et avait peur de ne pas contrôler assez bien sa diction. Elle craignait de siffler sur les s, redoubler les r et trébucher irrémissiblement sur les dentales. Elle craignait de bafouiller et d’avoir l’air ivre, ce qui l’épouvantait, car, malgré la dureté de sa vie et les humiliations qu’elle avait dû subir, Cerveau avait réussi à garder sa fierté et demeurait accrochée à son sens de la dignité comme un naufragé qui coule accroché au pavillon de son navire."
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viou1108_aka_voyagesaufildespagesviou1108_aka_voyagesaufildespages   10 janvier 2021
Daniel ne comprenait pas pourquoi le bonheur ne fonctionnait pas: en réalité, ça n'avait pas l'air d'une chose si difficile. Par exemple, au point où il en était, il lui aurait suffi que quelqu'un l'aime. Que quelqu'un l'aime de cette manière si complice et complète qu'il avait imaginée dans son adolescence. De cet amour qu'il croyait éprouver pour Marina quand ils s'étaient connus. Mais à présent, après tant d'années passées à dormir ensemble toutes les nuits, à partager l'intimité suprême de la transpiration et des flatulences, ce vieil amour était enterré sous des couches géologiques de rancoeur et de peine. Quelle chose étrange que, ayant tellement désiré s'aimer, ils n'aient pas été capables de le faire, se dit Daniel.
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kathelkathel   11 février 2012
Avez-vous déjà senti la terreur des nuits, l’étouffement des cauchemars, l’obscurité qui murmure sur votre nuque de son haleine froide que, même si vous ne savez pas combien de temps il vous reste, vous n’êtes qu’un condamné à mort ? Et pourtant, le lendemain matin, la vie explose de nouveau dans son joyeux mensonge d’éternité.
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