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ISBN : 2081292408
Éditeur : Flammarion (07/01/2015)

Note moyenne : 4.22/5 (sur 327 notes)
Résumé :
1961. Après avoir vu La Vérité de Clouzot, inspiré de sa vie et dans lequel Brigitte Bardot incarne son rôle de meurtrière, Pauline Dubuisson fuit la France et s'exile au Maroc sous un faux nom. Lorsque Jean la demande en mariage, il ne sait rien de son passé. Il ne sait pas non plus que le destin oblige Pauline à revivre la même situation qui, dix ans plus tôt, l'avait conduite au crime. Choisira-t-elle de se taire ou de dire la vérité ?

Jean-Luc Sei... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (125) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  21 janvier 2015
Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle….un vrai cataclysme émotionnel que je viens de terminer avec un grand bouleversement….Un auteur que j'ai découvert en 2014, après deux premiers textes de lui, dévorés : « En vieillissant les hommes pleurent » et « le cheval Péguy »…
La citation choisie en exergue de Jankelevitch dit l'essentiel de ce roman extraordinaire , inspiré d'un fait divers survenu en 1961, en France
« Car la vie de quelqu'un, même la plus humble, est un déroulement inédit et original d'une suite d'expériences unique en son genre. le témoin ne peut donc juger qu'à la condition de rester témoin jusqu'au bout. Qui sait si la dernière minute ne viendra pas d'un seul coup dévaluer une vie apparemment honorable ou réhabiliter au contraire une vie exécrable. » [ p.10, »La mort »]
Il s'agit de Pauline Dubuisson, étudiante en médecine, tuant son ex-fiancé Félix Bailly, "elle est jetée en prison au lieu d'obtenir son diplôme de médecin. Elle passe trois ans plus tard, en 1953, devant les Assises de Paris. Pauline devient la seule femme contre laquelle le Ministère public, c'est-à-dire la société française, requiert la peine de mort pour un crime passionnel sans que cela n'émeuve personne à l'époque, pas même Simone de Beauvoir, qui pourtant aurait trouvé un bel exemple de vie de femme saccagée par les hommes. (avant-propos, p. 11)
Jean-Luc Seigle s'est immergé, identifié dans ce destin féminin fort noir et injuste, en choisissant de raconter le parcours violent de cette femme à la première personne…
« je crois qu'on ne peut mourir que d'être désaimée. Et ça, ce n'est pas mourir d'amour, c'est même l'inverse » (p.38)
Ce texte m'a bouleversée… après deux autres coups de coeur précédents, du même écrivain. En dépit de la variété des thématiques le style est toujours aussi fluide et poétique…. Les mots de Jean-Luc Seigle touchent directement au coeur… Et au fil du roman, on se demande comment un tel acharnement s'est fait à l'encontre d'une seule jeune femme, sacrifiée sur l'autel de la famille, par un père , avec qui Pauline entretenait une relation fusionnelle, et qui lui manifestait une vénération absolue .

Ce qui m'intrigue toujours infiniment c'est la difficulté plus grande de parler des textes qui nous ont chaviré, tant les mots qui nous viennent paraissent fades en comparaison de l'intensité des émotions ressentis à la lecture de ces textes qui ne nous laissent pas indemnes ?!!
C'est le cas présent avec cet écrit de Jean-Luc Seigle. En sus du talent de cet écrivain : poésie, justesse et musique des mots, une dimension bien plus grande se dégage de ses textes (du moins des trois que j'ai dévorés), celle d'une exigence de comprendre, de défendre les mal-aimés, les mal- compris, les oubliés (dont faisait partie , Charles Péguy…).
La beauté des univers de Jean-Luc Seigle s'accompagne d'une compassion incomparable et communicative…Inutile de dire que je m'active pour dénicher les deux autres ouvrages plus anciens et épuisés qu'il me reste à découvrir : « La Nuit dépeuplée » (2001) et « le sacre de l'enfant mort » (2004)
Je ne suis pas très satisfaite de cette chronique … je la trouve , au vu du ressenti incroyable de cette lecture, bien trop pâlotte !!! Je me résigne toutefois à la déposer, en espérant l'améliorer ultérieurement….
Un très bel écrit qui rétablit , ou tente de rendre un minimum de compassion et de justice à une très jeune femme, dont le début de sa vie de femme fut brisée, massacrée par un système, ou du moins une période de l'histoire peu reluisante… où les « Père et Mère La morale »… se levaient avec beaucoup d'intansigeance et de zèle…sans avoir l'idée basique de regarder et « de balayer » devant leur porte !
Il ne m'a jamais été aussi frappant , à la lecture d'une histoire, de constater que les criminels ne sont pas toujours ceux que l'on croit, et que les « bien-pensants » , « les trop-bien-pensants » font des dégâts et agissent avec une cruauté , parfois indescriptibles et innommables… Une immense reconnaissance à l'auteur pour cette lecture qui m'a laissée à la fois émerveillée, et totalement bouleversée …Les deux ne sont pas incompatibles…Vous verrez ?!!
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Piatka
  10 mars 2015
Ce roman, écrit par un homme avec une justesse de ton étonnante, donne enfin la parole à une femme, Pauline Dubuisson, qui de son vivant n'a guère été entendue. Écrit à la première personne, c'est un témoignage fort et bouleversant, j'ajouterais qu'il s'agit surtout selon moi d'un authentique plaidoyer contre les jugements hâtifs, les condamnations aveugles et imbéciles.
Certes, Pauline est une criminelle. Étudiante en médecine, elle a abattu son ex-petit ami, et fut à l'origine d'un fait divers en apparence banal des années cinquante qui inspira, outre une vive polémique, un film de Clouzot, La vérité, avec Bardot pour l'incarner. le décor est planté !
Fait divers banal peut-être, mais destinée particulièrement tortueuse et difficile à porter. Il est presque incroyable de découvrir autant d'enchaînements désastreux et destructeurs dans la vie d'une seule femme. Une spirale de malheur !
Sa condamnation à perpétuité en 1953, puis sa libération six ans plus tard pour bonne conduite, ne l'ont pas libérée de ses démons et du poids très lourd de son passé. Tondue, violée à la Libération, seulement âgée alors de dix-sept ans, et n'ayant échappé à la mort qu'in extremis, coupable d'un crime, puis héroïne d'un film où elle se voit mourir. Rien de surprenant à ce qu'elle ait fait trois tentatives de suicide et se soit enfuie au Maroc pour tenter de survivre, sauver sa peau.
À Essaouira, inconnue, elle parvint à recomposer une existence, et à rencontrer l'amour. C'est la longue confession qu'elle aurait pu laisser à l'aimé que Jean-Luc Seigle a imaginé avec une empathie indéniable pour cette femme particulièrement malmenée par la vie.
Attention cependant, aucune indulgence facile ou larmoyante dans ce récit, l'auteur ne minimise pas la culpabilité de Pauline, il lui prête sa plume pour se dévoiler intimement à la lumière ou l'ombre angoissante des faits.
C'est bien cela la grande réussite du récit conjuguée à une écriture sans fioritures qui vise au plus près les émotions, la vie.
Je suis sincèrement admirative devant ce roman, témoignage qui a tant fait défaut à cette femme, et dont la lecture dérange.
" L'histoire de Pauline, comme toutes les histoires, ne peut donc pas se raconter uniquement sur les faits, elle doit s'établir sur les silences de sa vie qui ne contiennent pas seulement son enfance et ses rêves mais les silences de son enfance et les silences de ses rêves. "
Pari réussi !
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marina53
  11 juin 2015
Elle croyait pouvoir fuir son destin au Maroc. Malheureusement, un film racontant son histoire la ramènera quelques années en arrière...
Pauline Dubuisson a tué son ex-amant, Félix. Elle a été jugée pour cela, elle a payé sa dette. Elle espérait pouvoir vivre dans la paix. Jusqu'au jour au Clouzot a porté son histoire sur grand écran. Ce film, ainsi que son crime et sa famille, la décidera à quitter la France. Elle part s'installer à Essaouira, dans cette maison aux murs blancs et aux volets bleus, et se fait appeler Andrée. Elle y vit des jours ordinaires mais si appréciables dorénavant. C'était sans compter sur Jean, un bel ingénieur dont elle est tombée amoureuse. Ce dernier a vu le film de Clouzot, avec Brigitte Bardot jouant Pauline Dubuisson, et l'a aimé. Comment rester avec lui sans lui avouer qu'elle est Pauline Dubuisson? Comment accepter sa demande en mariage sans lui raconter son histoire? Elle se doit de se livrer...
S'inspirant de cette femme qu'il incarne magistralement, Jean-Luc Seigle nous livre un roman poignant dans lequel le personnage principal, malgré ce qu'elle aura pu faire, ne peut attirer que de l'empathie. Pauline Dubuisson a tué, certes. Mais, comme elle le clamera lors de son procès, son geste n'était pas prémédité. Bien au contraire, c'était elle qu'elle voulait tuer. Elle a été jugée, maltraitée, huée et trainée dans la boue. Elle a été condamnée à la perpétuité mais sortira finalement de prison après 6 années passées derrière les barreaux. L'on voulait sa tête. Au final, ses bourreaux auront eu ce qu'ils voulaient puisqu'elle réussira à se donner la mort au Maroc, pays dans lequel elle s'est réfugiée. Partant de ce sordide fait divers des années 50, Jean-Luc Seigle nous dresse le portrait d'une femme courageuse et passionnée, qui plus est brillante étudiante en médecine, mais quelque peu manipulée par les hommes. Il nous dévoile, dans un réalisme effroyable, son enfance à Dunkerque, la relation avec son père et celle avec ce médecin allemand, la tonte sur la place publique, les viols le jour de la libération alors qu'elle n'avait que 17 ans et les traumatismes à jamais gravés. Ce roman d'une grande justesse, empreint de sensibilité, nous montre à quel point les hommes ne semblent pas pardonner si facilement.
Je vous écris dans le noir et je m'expose...
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nameless
  13 décembre 2016
“Au bout du compte, neuf années de prison m'avaient moins fait souffrir qu'une heure et demie dans l'obscurité d'une salle de cinéma”. C'est après avoir vu la Vérité de Clouzot que Pauline Dubuisson a quitté la France pour terminer sa très brève vie à Essaouira, au Maroc. Dix ans plus tôt, Pauline a été jugée à Paris pour le meurtre de Félix, son ex-ami.

Avec une sobriété, avec une justesse de ton et une distance adaptée qui forcent le respect du lecteur, Jean-Luc Seigle, à la première personne du singulier, rend un peu de dignité à celle qui a été à la fois coupable d'un meurtre et victime d'être une femme, dans une France d'après-guerre qui avait encore beaucoup de comptes à régler avec la collaboration, de vengeances nationales à assouvir, dans une France moralisatrice où Pétain avait rétabli la peine de mort pour les femmes, les avorteuses et les immorales.

Pour prouver sa prédisposition pour le crime, ses juges lui reprochent d'avoir chassé avec son père dès son plus jeune âge, de ne jamais s'être évanouie lors de la dissection de cadavres au cours de ses études de médecine. Ils lui reprochent surtout sa liberté sexuelle, qui lui vaut le jour de la Libération, d'être tondue, tatouée de croix gammées, battue puis violée par une horde de résistants de la dernière heure, auto-proclamés redresseurs de torts, salauds ordinaires transformés en bourreaux de femmes. Lors de son procès, Pauline voulait la vérité, elle n'a connu que la vindicte populaire et l'aveuglement bien-pensant et pudibond, la misogynie et les préjugés.

Je vous écris dans le noir est un récit sans indulgence pour Pauline la meurtrière, mais il éclaire et nuance la vie de celle qui, surnommée par la presse “la ravageuse”, était aussi une brillante étudiante, une femme libre, dont deux des frères sont morts à la guerre, dont le père s'est suicidé dès la mise en garde à vue de sa fille. Elle a finalement donné raison à ceux qui voulaient la condamner à mort, en se suicidant le 22 septembre 1963, à l'âge de 34 ans. Selon ses dernières volontés elle repose anonymement au cimetière musulman d'Essaouira, face à l'océan.
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1967fleurs
  11 novembre 2016
En ce jeudi après midi, la pluie et le vent se déchainaient dehors et j'étais bien à l'abri, au chaud dans mon petit nid, en train de lire « Je vous écris dans le noir ».
Je ne pensais pas combien cette lecture, allait me tanspercer, m'ôter une part de naïveté, le temps allait se suspendre. Pourtant dans une étrange synchronicité les éléments extérieurs qui s'animaient ont traversé ma fenêtre, les mots de Jean Luc Seigle m'ont inondé d'émotions, de frissons, d'effroi, de compassion, de larmes pour Pauline Dubuisson.
Etudiante en médecine, elle tue Félix, l'amour de sa vie, dans un geste désespéré, placée face à son passé, de femme…. tondue. Pour ce crime, condamnée par la justice des hommes à perpétuité, elle est « libérée » quelques années plus tard pour bonne conduite. On aimerait que s'arrête là, sa souffrance.
Pourtant, en 1961, son histoire ressurgit dans le film «La vérité» de Clouzot qui a inspiré, ce fait divers. Elle est poussée à l'exil au Maroc pour fuir sa véritable identité et ses démons.
Elle y rencontre Jean qui veut l'épouser… et la vie lui donne à nouveau rendez-vous avec ce passé....
Que va-t-il en « devenir » ?
Ecrivain, avocat interposé, Jean Luc Seigle donne la parole à cette femme meurtrie pour qu'enfin elle puisse s'exprimer et "réhabiliter" sa mémoire dans une grande justesse, sensibilité, poésie.
Un portrait de femme traquée, terrifiant et inoubliable que nous livre cet auteur.
Pour moi, cela a été une onde de choc, que cette histoire où beauté et violence sont à leur apogée, dans un lien indissociable.
Fleur elle s'est prise un méchant coup dans le papillon !....
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Les critiques presse (2)
Lexpress   23 mars 2015
Jean-Luc Seigle démonte les idoles. Son roman est bouleversant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   18 février 2015
Jean-Luc Seigle sait exprimer le féminin avec une empathie troublante. On est sans cesse confondu pas sa maîtrise d'une écriture comme en pleins et déliés, comme d'époque, et qui parvient à dire le pire avec la juste distance, l'horreur avec dignité et la solitude absolue, surtout, de la fière, de l'admirable Pauline. Malgré tout.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (155) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   02 février 2017
On avait beau me traiter de « sale pute à Boches », je ne comprenais pas de quoi on m’accusait, incapable de faire le lien avec Dominik jusqu’à ce que le coiffeur arrête de me tondre et me demande de me lever. J’étais debout, couvertes de bleus, le crâne à demi tondu, le haut de ma robe descendu sur mes hanches pour exhiber les croix gammées peintes sur mes seins. Le coiffeur me demanda de soulever ma robe et d’écarter les jambes. Je me suis exécuté, et je suis resté figée dans cette position d’un french cancan sordide et sans musique, puis il a arraché ma culotte d’un coup et commencé à me tondre les poils pubiens avec sa tondeuse mal affutée. Ce que j’ai ressenti, tenant ma jupe devant mon visage, les jambes écartées, mon sexe offert à la foule, n’a pas de mot. Mon sexe n’était plus qu’une brûlure une fois la tonte terminée. Un silence m’a redonné espoir. Je me suis dit qu’ils avaient honte de ce qu’on me faisait subir, que ça allait finir et que j’allais pouvoir rentrer chez moi. Puis une femme a crié : « En voilà une jolie chatte de petite fille bien propre maintenant. » Il n’en fallut pas plus pour que les badauds soient rassurés et éclatent de rire à nouveau. Je n’avais plus aucune chance de me sortir de ce bourbier. Puis une autre femme a hurlé : « Bazarde-moi cette salope ! qu’on en finisse !
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marina53marina53   11 juin 2015
Je pense à ces malades condamnés à mourir et auxquels on apprend qu'ils vont vivre grâce à un nouveau remède inconnu jusque-là; ils ont immanquablement du mal à envisager leur avenir sans cette mort annoncée depuis si longtemps. J'ai vu des hommes et des femmes finir par accepter l'idée de la mort quand la médecine n'a plus d'espoir à leur offrir. Cette acceptation n'a rien à voir avec une quelconque projection de soi sans vie dans la tombe, mais avec l'idée que tout ce que l'on a fait, connu, aimé, dit, ne sera plus, et que le souvenir de ces choses passées suffit à vous faire respirer encore un peu, à provoquer de longues apnées qui ont le pouvoir de prolonger la vie et de repousser la mort quelque temps.
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le_Bisonle_Bison   07 août 2017
L’effroi que j’ai vécu était pire que la lame glacée d’un couteau que l’on glisserait sous votre peau pour vous la faire sentir avant de vous égorger.
J’étais perdue, ligotée, bâillonnée et sans défense, blessée par les ciseaux, sale, puant l’urine. Seule. Effroyablement seule. Rien à voir avec le cauchemar, la réalité était bien trop à vif, tellement à vif que je peux encore sentir les odeurs de transpiration de ces hommes, et l’odeur du sang des bêtes entre ces murs et dans les rigoles prévues pour évacuer le sang. Je peux encore sentir la haine de ces hommes sur moi, la haine a une odeur de transpiration et de moisissure, je pouvais le sentir sur mon corps dévasté ; je peux encore sentir le goût de mon sang qui coulait à la commissure de mes lèvres, ce sang qui est devenu le goût de la terreur, parce que c’est une terreur que d’être consciente de vivre son dernier jour à seize ans et demi.
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fanfanouche24fanfanouche24   16 janvier 2015
C'est en prison que l'on apprend, pour ne pas souffrir, à tout effacer chaque jour de notre mémoire, de la même façon que les prisons elles-mêmes sont effacées du monde qui les entoure. Personne ne voit les prisons dans les villes, je ne les voyais pas quand j'étais libre, je savais que ça existait. Le monde carcéral est le seul, parmi toutes les autres administrations, qui appartient davantage au fantasme qu'à la réalité. On n'imagine pas la difficulté que cela représente que de devoir vivre à l'intérieur d'un lieu qui n'existe pour personne. Quelle importance ces histoires d'effacement ! (p.200-201)
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Cricri124Cricri124   15 mars 2017
Je vous écris dans le noir. De l'obscurité dans laquelle mon crime m'avait jetée, bien sur, mais aussi de celle qui terrorise les enfants, remplie de monstres et de fantômes. C'était la lettre d'une enfant qui demande pardon pour ses bêtises et pour le mal qu'elle a fait sans le vouloir. Je me demande si on écrit autrement dans le noir, dans cette opacité qui ne révèle ce qu'elle cache qu'au fur et à mesure de l'écriture, comme l'œil finit par s'habituer à l'obscurité et à redessiner les contours des obstacles qui pourraient nous faire trébucher.
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Vidéo de Jean-Luc Seigle
Excusez-moi pour la poussière de Jean-Luc Seigle aux éditions Flammarion
Elle ne chante pas et pourtant Dorothy Parker a tout d'une diva. Habillée par Dior, elle observe l'Amérique de son temps avec un sens de l'humour décapant qui n'a d'égal que son élégance. Subversive, alcoolique, cruelle, indignée, elle égratigne la société américaine qui ne rêve plus. Auteur de quelque quatre-vingts nouvelles, elle a fait de sa vie le roman que l'Amérique attendait et qu'elle n'a jamais écrit. Excusez-moi pour la poussière, c'est l'épitaphe qu'elle aurait souhaitée sur son urne funéraire. C'est aussi la pièce que lui consacre Jean-Luc Seigle, interprétée par Natalia Dontcheva et mise en scène par Arnaud Sélignac au théâtre le Lucernaire en janvier 2016.
https://www.lagriffenoire.com/9625-romans-excusez-moi-pour-la-poussiere.html
Femme à la mobylette de Jean-Luc Seigle aux éditions Flammarion
Abandonnée par tous avec ses trois enfants, Reine n'arrive plus à faire face. Sa vie finit par ressembler à son jardin qui n'est plus qu'une décharge. Son horizon paraît se boucher chaque jour davantage, alors qu'elle porte en elle tant de richesses. Seul un miracle pourrait la sauver... Et il se présente sous la forme d'une mobylette bleue. Cet engin des années 1960 lui apportera-t-il le bonheur qu'elle cherche dans tous les recoins de ce monde et, surtout, à quel prix ? Jean-Luc Seigle dresse le portrait saisissant d'une femme ordinaire au bord du gouffre. Ce faisant, c'est une partie de la France d'aujourd'hui qu'il dépeint, celle des laissés-pour-compte que la société en crise martyrise et oublie.
https://www.lagriffenoire.com/89026-divers-litterature-femme-a-la-mobylette.html
Vous pouvez commander Femme à la mobylette sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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