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ISBN : 207030227X
Éditeur : Gallimard (29/01/2004)

Note moyenne : 3.19/5 (sur 34 notes)
Résumé :
« Le Baiser de l'Hôtel de Ville. Je n'aimais pas cette photo. Tout ce noir et blanc, ce gris flou, c'était juste les couleurs que je ne voulais pas pour la mémoire. »
La librairie où François travaille ferme ses portes ; à l'approche de la quarantaine, il se retrouve face à lui-même. Les souvenirs se bousculent, amplifiés par la vogue des années cinquante. Il éprouve alors le sentiment d'être dépossédé de son enfance. Pourquoi ses parents ont-ils toujours pr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
KarmaBoomerang
  19 mai 2011
Mon avis :
A quarante ans, au chômage pour la première fois, François se retrouve seul face à lui-même. Seul? Face à lui-même? Pas tout à fait. A hasarder dans Paris, tout ce qu'il voit lui rappelle son enfance, les années cinquante. Les photos en noir et blanc de l'époque s'affichent partout, en cartes postales, en poster. Les images sont rattachées à des souvenirs pour lui, mais quand il voit que tout le monde se les approprie, il se met à douter de ce qu'il a eu finalement. Tout le monde semble se reconnaître dans les mêmes souvenirs, les solex, les repas du dimanche midi chez les grands-parents en banlieu, le manège du jardin du luxembourg, les modèles réduits de voitures de telle ou telle marque... Tellement bien qu'il en vient à douter, est-ce vraiment son enfance, ou celle de toute sa génération?
Le fil rouge du roman, c'est ce cliché de Doisneau, le Baiser de l'Hôtel de Ville. Depuis toujours, ses parents lui ont dit que c'était eux, les amoureux de la photographie. Maintenant qu'il est adulte, François sait bien que ce n'était qu'un mensonge, mais il tente de concilier deux visions contradictoires: la sienne, l'image de deux parents jamais ensemble, toujours séparé par lui, le trait d'union, la déchirure. Et l'image du Baiser, les deux amants, ce mythe qui est finalement devenu une photo de famille pour lui.
Ce roman de Delerm décrit avec une infinie justesse (ce qui est d'après moi la grande force de cet auteur) une myriade de petites émotions, mi-nostalgiques mi-tendres. Un autre auteur aurait pu faire de ce thème quelque chose de lourd, de difficile, chargé de conséquences. Ce n'est pas le cas avec Delerm. le style est fluide et il étonne. Il utilise des termes que l'on n'aurait pas pensé à employer ensemble, pour faire ressortir un sens plus "vrai". On pourrait l'inscrire dans une vague minimaliste, parler du "rien" pour faire deviner le "tout". En s'attardant sur tel ou tel détail, il parvient avec cent fois plus de pertinence à nous faire sentir toute une époque, une ambiance, que s'il avait essayé de nous la dépeindre à grandes eaux.
Quoi qu'il en soit, je conseille aux gens d'essayer de lire du Delerm, une fois dans leur vie. Peut-etre pas ce roman là, précisement, peut-être plutôt un de ses recueils de textes courts, comme La Première Gorgée de Bière, mais c'est vraiment le genre d'auteur à essayer, car peut-etre que vous n'aimerez pas, peut-être que son style ne reveillera rien chez vous, mais si c'est le cas sa manière d'écrire vous touchera de plein fouet, comme une vérité vous éclatant au visage...

Ma note : 3/5
J'aurais sans doute mis 4/5 si j'avais voté juste après avoir fini ce livre, mais avec le recul, je me rends compte que c'est surtout le style de l'auteur que j'apprécie, plus que le livre en lui-même, donc j'essaie d'être un peu plus objective... Après, je trouve que c'est vraiment un livre agréable à lire, mais peut-etre parce que j'aime l'auteur, je pense que ça joue pas mal. En premier livre, je ne sais pas si je l'aurais apprécié autant.

Je le conseillerais à... : des gens qui attachent de l'importance aux détails, aux petites choses qui font un tout, qui donne la vraie "couleur" des choses. Je le conseillerais aussi aux gens qui ont connu leur enfance dans les années 50, car apparement, j'ai entendu dire que ce livre les touchait beaucoup, qu'il leur "parlait".
Je le conseille aussi aux gens qui ont envie de se laisser porter par une douce mélancolie, mais une mélancolie "dégustée", heureuse presque. Delerm, pour moi, c'est toujours une écriture qui apaise, c'est jamais lourd, toujours avec une sorte de doucereuse nostalgie, qui vous donne le sourire même en parlant de passé triste.
Je le déconseillerais à... : des gens qui ne s'interessent pas aux "retours à la source", à l'analyse de soi, à la rétrospection etc...
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frconstant
  20 octobre 2016
'Les amoureux de l'Hôtel de ville' de Philippe DELERM me laisse un goût de brouillon inachevé, d'un début qui ne tient pas ses promesses. Partir de cette célèbre photo de DOISNEAU dans laquelle de nombreuses paires d'amoureux se reconnaissent, quitte à se l'approprier, était pourtant une bonne idée. On allait droit vers un enfant dont les parents ont volé l'enfance en voulant, à tout prix, l'insérer dans le cadre de ce cliché. Et l'enfant ayant grandi, on pouvait s'attendre à une belle quête d'identité, à une renaissance, à un à-venir!
Mais la sauce n'a pas pris! L'écriture m'a semblé aussi plate qu'un soufflé bien trop vite retombé. A aucun moment, à de très, trop rares exceptions près, les phrases ne me sont apparues comme soutenant le roman, comme donnant vie au personnage. C'est donc un livre mort-né... Dommage!
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flottie
  21 mai 2016
Beaucoup de nostalgie et de tendresse dans ce petit roman dont le fil rouge est le célèbre cliché de Doisneau. L'auteur raconte avec pudeur et retenue son enfance dans le Paris de 1950, et décrit avec beaucoup de justesse un florilège de souvenirs et d'émotions qui remonte à la surface. On imagine sans peine cette époque et son ambiance, on se laisse porter par ce style fluide, mais cette lecture reste somme toute mélancolique pour moi.
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Lali
  06 février 2011
La photo de Doisneau a fait le tour du monde. À elle seule, elle évoque une époque que tente de raconter François, le narrateur du roman de Philippe Delerm, Les amoureux de l'Hôtel de Ville, qui vient d'être licencié de la librairie où il travaillait parce qu'elle va fermer.
Et ce besoin de retourner dans ses propres souvenirs, de les tourner et retourner dans tous les sens, pour les classer, les comprendre, je l'ai vécu, et pour les mêmes raisons. Pour reprendre pied. Pour me construire, alors que ma vie tombait en lambeaux. Pour avancer, avec ce qui restait de moi.
Mon enfance n'a rien de celle du narrateur de Delerm. Mais rien du tout. Or, il y a pourtant des ressemblances frappantes entre les deux, ainsi cette façon de s'attacher à des objets, des images, des odeurs, qui nous empêche de basculer tout à fait. Ainsi, ce regard qu'on porte sur des détails pour qu'ils prennent leur juste place et non plus toute la place.
Et tant pis pour ceux qui n'ont pas aimé la nostalgie qui se dégage de ce roman. Moi, elle m'inspire.
Lien : http://lalitoutsimplement.co..
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Corinne31
  02 octobre 2018
C'est joliment écrit, avec de jolis mots et de belles phrases, mais c'est lent, il se passe peu de choses, on ne s'attache pas au personnage, on est comme en suspension.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
AgatheDAgatheD   23 novembre 2016
Des clients me demandaient tels souvenirs d'enfance - un de ces innombrables faux livres de mémoire où l'enfance est réduite à une collection d'anecdotes soigneusement enjolivées, où il suffit de tourner le robinet pour faire s'écouler une eau javelisée. Je me récriais, m'indignais. Et mes clients repartaient avec l'un des rares volumes qui en réchappaient : Du côté de chez Swann, bien sur , mais aussi Le Traité des saisons d'Hector Bianciotti, Mon enfance est à tout le monde de René-Guy Cadou, ou L'Enfance de Nathalie Sarraute.
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SachenkaSachenka   26 février 2018
Un livre terminé est un objet futile - mais un projet de livre vaut tous les respects.
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flottieflottie   20 mai 2016
Rue Saint-André-des-Arts, je le sentis soudain: l'élan de ce manège dissimulait un secret qui n'était que le mien. Ma vie fermait le parapluie; je voyais s'ouvrir devant moi des chemins embués, des chemins buissonniers. 1950. Les amoureux et les manèges, le regard de Sabine Weiss, le regard de Doisneau. Le cours du fleuve prenait un sens. Il me fallait d'abord nager jusqu'au plus fort, jusqu'à l'enfance. Dans cette solitude-là ma vie serait moins seule. Il n'y avait qu'à se laisser faire.
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catherinemassoncatherinemasson   11 novembre 2013
Nous abordâmes ensuite la question des quarante ans. En fait elle ne nous préoccupait guère. chacun finit par convenir qu'il s'agissait seulement d'avoir réalisé à son terme ce qu'il en attendait. Pour moi, le seul vertige, la seule force de la quarantaine venaient de ce dialogue avec moi-même que le hasard ou la nécessite avait entamé.
page 105
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catherinemassoncatherinemasson   11 novembre 2013
Plus que de l'obstination c'était une sorte de ferveur qui les poussait à hausser le ton, à ne pas lâcher cette chance qui s'offrait de retrouver une vérité, un reflet singulier. Ils se disputaient à présent comme font les enfants dans la cour de l'école. Chaque objet, chaque habitude était un mot de passe, qui réveillait un réseau d'images. Une trame contradictoire se tissait, un point à l'envers, un point à l'endroit. Les points de rencontre préparaient les points de fuite. Ils voulaient très fort être à la fois ensemble et séparés.
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Videos de Philippe Delerm (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Delerm
« Pierre Arditi lit ce qu'il aime ». C?est le titre du spectacle que cet amoureux des mots donne actuellement au Théâtre du Rond-Point et jusqu?au 28 avril 2018. Une pièce dans laquelle le comédien aborde trois grands cycles de lectures consacrés à Jean-Michel Ribes, Yasmina Reza, Philippe Delerm et Michel Onfray, justement, à ses côtés.
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