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ISBN : 9782221126967
Éditeur : Robert Laffont (01/08/2011)
Résumé :
Au départ, il y a un coup de foudre. Henri, alors élève à polytechnique, rencontre Iphigénie, une jeune beauté américaine. On prévient Henri de l'excentricité, voire de l'étrangeté des Américaines. Henri passe outre. Il épouse Iphigénie peu avant les événements de 68. Très rapidement trois enfants naissent : Victor, Ariane et Louis. En dépit de leurs fortes différences culturelles, le couple avance en confiance sur le chemin de l'existence. Il en sera de même pour l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
  22 février 2015
« Iphigénie Vanderbilt » est un nom que l'on qualifierait de magnifique. N'est-ce pas ? Dommage que la jeune américaine ait dû adopter le patrimoine de son mari, Henri Lebleu, mais c'est déjà plus commun. Iphigénie doit son prénom aux origines grecques de sa mère, Andromaque. Vous pensez déjà à une tragédie racinienne ? Vous n'y êtes pas, mais vous ne perdrez rien au change car vous connaîtrez, ici, une vraie comédie, intelligente, pétillante à souhait. Bref, tout commence par une belle histoire d'amour des années 60/70…
Le père d'Iphigénie, Jack, est issu d'une famille d'émigrants ; il cultive à la fois le culte de son pays natal, mais surtout une méfiance et une impudence marquées envers tout ce qui n'est pas américain, voire bostonien. Voilà un exemple d'homme qui n'imaginait pas voir sa fille amoureuse d'un Français. Et pourtant…
De l'autre côté de l'océan, l'étonnement de Paul et d'Anne Lebleu à l'annonce des fiançailles de leurs fils n'a rien de moins véhément que celui de Vanderbilt. Épouser une américaine, vous y pensez ? Ce n'est inscrit dans aucun code des bons usages. Dépités, ils observent néanmoins heureux le bonheur raisonné de leur progéniture, qui a réussi brillamment ses études d'ingénieur. Sans pour autant dévoiler la magie de l'auteur, je dirais seulement qu'Éric DESCHODT use merveilleusement de la facétie pour dresser un catalogue sur mesure de clichés finement décryptés, du « je t'aime moi non plus » entre la France et l'Amérique, aux demoiselles parfumées du Kuomintang, du Vietnam aux Trente Glorieuses. Á partir de là, DESCHODT se frotte les mains, son imagination devient féconde : il a enfin trouvé dans ces deux familles la « pâte à modeler » de son récit. Il raille gentiment leurs idées un peu étriquées, mais pas trop, ce formalisme si tenace que la moindre infraction les trouble exagérément. Mais il le fait avec beaucoup de subtilité, c'est-à-dire sans leur faire perdre ni le sens de l'humour, ni celui de l'autodérision. Jusque là, il conviendrait de dire que le pari est gagné.
Mais lorsqu'on lit l'histoire de trois couples, deux générations, le tout étalé sur quarante années, on est en droit de se demander s'il n'y a pas un peu de Deschodt là-dessous… une chronique familiale, un brin grinçante, où il s'invite volontiers, dans le salon, la chambre à coucher, les conversations les plus intimes. Un peu grinçant, mais pas méchant tout de même, seulement moqueur et gourmand des bonnes réparties, allant jusqu'à piocher dans la bibliothèque de ses personnages, citant Napoléon, Baudelaire ou Moïse, Éric DESCHODT a l'art d'attribuer à des personnages rugueux la saveur d'une certaine tendresse camouflée.
Bref, cette chronique familiale est rafraîchissante, jamais méchante, surtout réjouissante.
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yv1
  06 septembre 2011
Ce qui m'a intrigué d'abord dans ce livre, c'est son titre, je me disais qu'une femme portant ce nom devait avoir une vie réjouissante à raconter. Bon, une fois mariée, elle se nomme Iphigénie Lebleu : moins exotique pour le nom, mais pas moins intéressant pour le lecteur.
A travers ses deux personnages principaux auxquels il faut ajouter leurs parents, Eric Deschodt raconte quarante ans de l'histoire franco-américaine vue par des bourgeois. Parce que c'est aussi une chronique de la bourgeoisie : ces gens-là ne se fréquentent, ne se marient et ne se reproduisent qu'entre eux. Même les parents d'Iphigénie, moins guindés, moins engoncés dans les habitudes de cette catégorie venues du fond des âges dans la vieille Europe, venant d'un pays aux usages moins vieillots n'auraient pas accepté que leur fille épouse un garçon sans avenir. Déjà, un Français, ils ont eu du mal !
Passons tout de suite aux choses qui fâchent, histoire de finir sur une bonne note : je trouve pas mal de longueurs, sur la fin notamment à ce roman. Peut-être l'auteur aurait-il dû se limiter à la période qui court de 1968 au milieu des années 80 qui fait la plus grosse partie de son livre, la plus intéressante aussi ? le reste, les 80/90 dernières pages me semblent moins pertinentes, moins développées ; elles se lisent plus vite, voire même en passant quelques paragraphes.
Par contre, les 250 pages qui précèdent sont excellentes ! Une ouverture en fanfare avec un dialogue savoureux
Comme le livre est beaucoup dialogué, vous comprendrez mon enthousiasme. En outre, Eric Deschodt joue sur l'antagonisme entre Français et Américains, les Français, fins et cultivés et les Etats-uniens, plus directs et prosaïques. Jack est en cela un archétype de l'Américain moyen, pas très cultivé, mais ayant réussi dans les affaires, marié à une femme gréco-américaine qui lui offre ce qu'il n'a pas. L'auteur se fait plaisir à leur prêter des propos - à eux, comme à Paul et Anne, les parents d'Henri- à l'emporte-pièce pour mieux ensuite en rire, les démonter ou les démontrer. Parce que ce qui est bien également, c'est qu'Eric Deschodt ne se prive pas d'intervenir dans son roman, donnant ici ou là son avis, son analyse de la situation politique ou économique. Tout le monde en prend pour son grade, surtout les deux présidents qui englobent la plus grande partie de son roman : Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand. Sa manière de raconter la soirée du 10 mai 1981 -l'élection de François Mitterrand, je le rappelle pour les plus jeunes d'entre vous- dans ce milieu bourgeois est un régal
Si je ne craignais pas de faire trop long -et de perdre en route la moitié de mon lectorat, soit en tout deux personnes- je pourrais ajouter que ce roman est fort bien documenté, qu'il est plein d'anecdotes, d'histoires, de références littéraires, historiques qui donnent l'impression au lecteur de sortir de ce livre un peu plus intelligent qu'il n'y est entré (qui a dit qu'avec moi il y avait de la marge ? Pas très charitables les deux lecteurs qu'il me reste !)
Honte à moi, je n'avais jamais lu de livre d'Eric Deschodt avant ! Je ne puis donc comparer, mais ce que je puis dire c'est qu'on sent qu'il est un analyste très fin de la société, à la fois capable d'exprimer des opinions claires et de prendre de la distance pour extraire de son observation énormément de drôlerie, d'ironie, de culture et de malice.
Aux tenants d'une "bonne" littérature qui ne pourrait être que sombre, noire ou triste -j'en connais- j'opposerai tout de suite ce roman drôle, profond, extrêmement bien écrit qu'ils se doivent absolument de lire pour que leurs convictions vacillent voire s'effondrent totalement.
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nena
  29 juillet 2014
Deux familles, l'une est américaine : les Vanderbibt, l'autre est française : les Lebleu. Iphigénie, fille américaine va épouser Henri Lebleu. de part et d'autre de l'atlantique, beaucoup de réticences pour ce mariage Mme Lebleu a une vision négative des Américaines : « Elles veulent être heureuses du matin au soir. Une fois retombé les premiers élans, elles ne pensent qu'à l'argent. Ne pardonnent rien, ne font grâce de rien. Les hommes sont des vaches à lait. Elles les traient, puis les jettent en réclamant des pensions énormes, qu'elles obtiennent toujours. Je ne te vois pas en vache à lait » dit-elle à son fils. Aux Etats Unis pas plus de joies à recevoir un français au sein de leur famille : « Un français ? s'exclama Jack Vanderbilt, c'est impossible, la France a toujours été antiaméricaine. Une nation légère, onthologiquement endettée, incapable de grands desseins, dont l'histoire est une suite permanente d'échecs lamentables et infamants… Voilà le ton est donné. L'histoire commence fin des années 60 avec beaucoup de références sur des événements soient religieux, politiques, culturels…Nous passons de Napoléon à Jeanne Calment, de la mythologie à la guerre au Vietnam, du 11 septembre à Kadhafi…Une rétrospective des deux pays. Un portrait savoureux de Giscard d'Estaing comparé à un arriviste méticuleux, narcissique et réfrigéré. Puis nous arrivons en 2011, « les soubresauts du Président Sarkozy, qui ne semble pas bien où donner de la tête, sans doute s'agit-il d'une ruse…Hélas ses concurrents s'il se présente en 2012, ne paraissent pas savoir mieux que lui comment faire avancer la France et les Français, certes la tâche est surhumaine … » « A Washington, le Président Obama ne semble présider qu'à l'érosion de la puissance Américaine. le déficit se creuse toujours, la misère ne recule pas, les bénéfices de la finance dépassent les sommets de l'énorme crise que ses maîtres ont provoquée ; la prochaine, qui sera proche, la dépassera paraît-il de loin… » J'ai beaucoup aimé, la comparaison entre les deux pays, l'un étant « le plus puissant du monde » avec une population allant de l'avant mais fort affecté aujourd'hui par les attentats du 11 septembre qui ont mis le doute dans l'esprit des habitants sur leur suprématie et leur invulnérabilité. Et de l'autre côté de l'atlantique, la France dans cette Europe vieillissante, qui stagne voir régresse et ne sait pas trouver des solutions pour avancer… le jeune couple du départ sera heureux, les aprioris tomberont, leurs enfants épouseront des hommes ou des femmes de différents pays. Voici la dernière phrase de l'auteur : Où s'arrêtera l'expansion de la famille ? Quand sera-t-elle vraiment mondiale et son métissage parfait ? Infinies perspectives… Que de livres à écrire… » Je l'ai ressenti comme un livre nous invitant à accepter les métissages, les différences de culture afin de nous offrir une ouverture inestimable vers les autres, nous comprendre et nous accepter tels que nous sommes. Nena
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mariech
  08 février 2012
Iphigénie Vanderbilt n'a pas tenu ses promesses , je me suis ennuyée en lisant ce livre et j'ai même passé des pages .
On passe d'une époque à l'autre , d'un continent à l'autre ( c'est l'histoire de Paul français de famille aisée qui épouse Iphigénie , d'origine américaine ) ,
J'ai souri à l'évocation du passage de pouvoir de Giscard à Mitterand mais c'est à peu près le seul passage qui a eu grâce à mes yeux .
Déception donc , ce n'est pas du tout mon genre de livres , trop de clichés .
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Bigmammy
  05 janvier 2012
Eric Deschodt, 74 ans, est un journaliste expérimenté (RTF, Jours de France, Spectacle du Monde, Valeurs actuelles, le Quotidien de Paris, le Figaro-Magazine) et un homme de lettres prolixe, avec 23 ouvrages depuis 1978, dont des biographies de Louis XIV, de Saint-Exupéry ou Gide, et une dizaine de romans.
Il nous livre aujourd'hui cette histoire de deux familles unies par le mariage de leurs enfants, l'une hyper-française (Inspection des Finances, X-Mines, déjeuners du dimanche, petit château en Touraine), l'autre hyper-américaine (Banque Lehmann Brothers, maison à Monticello, Virginie, discours républicain etc). Ils sont très sympathiques, et s'apprivoisent mutuellement, c'est bien écrit, l'auteur ayant totalement échappé au redoutable mal littéraire français, qui consiste à priver de sens le texte de façon à laisser le lecteur libre de l'imaginer, et/ou à éructer des pages entières de néologismes sans ponctuation, en hurlant sa haine du monde.
Mais a part ça, que se passe t'il dans ce roman ? Rien.
Pas la moindre surprise, pas le plus petit écart de la normalité. Et donc on s'ennuie beaucoup : serait-ce une résurgence du mal français, consistant à faire ennuyeux, comme disait plus crûment Adrien Hebrard, patron du Temps, pour voir jusqu'où ira la patience du lecteur ? La mienne en tout cas a eu ses limites.
Ah si, soyons justes, il y a quelques éclairs de vie, la logeuse d'Iphigénie, veuve d'un officier de Leclerc, ou le Commandant du paquebot France, mais hélas on retombe vite dans la routine littéraire.


Lien : http://www.bigmammy.fr
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critiques presse (1)
Lexpress   18 octobre 2011
Chapeau bas à Eric Deschodt : non content de signer un roman follement élégant, plein d'humour et de finesse, aux accents délicieusement classiques, il parvient à nous délivrer en contrepoint une formidable leçon d'histoire, politique autant que littéraire, jamais pontifiante.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
CatoucatCatoucat   19 septembre 2011
Ainsi, peu à peu, une véritable amitié franco-américaine se construisait entre les deux familles. Jeune amitié dont le potentiel était énorme vu les personnalités intéressées ...
D'un côté, un couple rayonnant d'Américains archétypiques composé d'un banquier de la Côte est plein d'énergie et d'une descendante de l'élite grecque cultivée et fortunée où l'on attache grand prix à la culture, peut-être pas autant qu'à la fortune, la seconde étant censée soutenir la première ..., mais on ne peut pas demander l'impossible ni surtout le déraisonnable. De l'autre, un couple de Français atypiques composé d'un haut fonctionnaire occupant le sommet de la hiérarchie administrative d'un pays où l'administration n'est pas tout mais presque tout et d'une descendante de l'aristocratie d'Ancien Régime - très différente de l'impériale, le fait est d'importance: c'est dans les rangs de cette classe historique que la liberté d'esprit est le mieux répandue pour des raisons dont le développement exigerait plusieurs volumes, dont la moindre n'est pas la Terreur.
La situation de ces deux ménages dans leurs pays respectifs leur faisait déborder le simple rapprochement de quatre individus si doués soient-ils. L'étendue et la qualité de leurs relations les amenaient fatalement à faire tâche d'huile sur les opinions réciproques des deux peuples.De proche en proche dans les cercles éclairés de France et d'Amérique, leur amitié était contagieuse en cela que leurs membres, au contact des Lebleu et des Vanderbilt, adoucissaient leurs jugements, qui n'avaient que trop souvent besoin de l'être , sur les Etats-Unis et sur la France.
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yv1yv1   06 septembre 2011
- Les hommes lassent-ils autant les femmes que les femmes les hommes ? demanda Henri.
- Lasser ? fit Mathilde.
- Oui. Fatiguer, si tu préfères.
- J'aime bien "lasser", mais c'est précieux. Tu aimes les mots précieux.
- Oui. Nous parlons comme des brutes aujourd'hui. On va finir par braire, il faut réagir. J'ai failli dire : les hommes sont-ils aussi insupportables aux femmes que les femmes aux hommes ? C'était trop long : insupportable, cinq syllabes ; lasser, deux syllabes. La vie est courte, il faut aller vite. "Activité, activité, vitesse !" Ce n'est pas de moi.
- C'est de qui ?
- Napoléon.
- Encore !
- Je ne m'en lasse pas. Tu le sais bien.
- Hélas..., soupira Mathilde. Pour répondre à ta question, je ne sais pas. Je ne connais pas d'hommes. Je ne connais que des adolescents. Immatures. Tous immatures. (p.9)
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yv1yv1   06 septembre 2011
Tous déçus de Giscard, les invités de Sophie Cifonelli n'en voulaient pas tant à l'homme Mitterrand -dont ils savaient assez que les convictions personnelles étaient surtout personnelles- qu'à la proposition numéro 34 de son programme (qui en comportait cent dix) ainsi libellée :
"Un impôt sur les grandes fortunes, selon un barême progressif, sera institué..." Le même article prévoyait aussi de "surtaxer les grosses successions" ! Les morts étaient visés autant que les vivants. (p.184)
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CatoucatCatoucat   19 septembre 2011
Les citoyens ... Que peuvent-ils saisir des mouvements longs de l'Histoire? Rien. Ils sont prisonniers d'eux-mêmes.Se réveiller, se lever, se laver, s'habiller, se nourrir, se désaltérer, avec tout ça gagner sa vie, se distraire aussi, " aimer, dormir, rêver peut-être..." Le temps manque toujours , vivrait-on mille ans, à considérer autre chose que soi,, surtout l'intérêt général, si malaisé à définir.
Combien sont-ils en tous pays à dépasser l'obsession de la survie personnelle ?
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yv1yv1   06 septembre 2011
- Qu'est-ce que c'est que cette direction des Constructions navales ? demanda Jack à sa fille.
- C'est là qu'ils dressent les plans de leurs navires de guerre.
- Ça ne doit pas les épuiser, vu l'importance de leur flotte. (p.117)
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Eric Deschodt. Biographie sur Attila.
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