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ISBN : 2246861268
Éditeur : Grasset (24/05/2017)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 206 notes)
Résumé :
Vous l’attendez depuis deux ans, le voici !
Vernon Subutex 3, le retour de Vernon, suite et fin de la trilogie.
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Critiques, Analyses & Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
01 juin 2017
Je vais apposer humblement une 8e critique, mais presque tout a déjà été dit, et fort bien. Pression ?... Non, je vais la faire comme je le sens, comme je suis, et sans spoiler.
La "bande à Vernon", en tous cas, elle nous aura bien fait trépigner d'impatience ! Quel régal de les retrouver, comme si je les avais quittés la vieille, avec leurs galères et leurs bleus à l'âme, leurs terreurs et leurs (dés)illusions. Mais aussi la solidarité, la simplicité, la lucidité (teintée de folie douce) et l'espoir, pour faire la nique au "tous pour un, mais chacun pour soi" de ce bas-monde !...
Tout n'est pas trash, mais c'est cash, et c'est cela qui rend la lecture de cette trilogie sociale délectable. Je dirais que le scénario en devient même secondaire, bien qu'addictif et touchant de près l'actualité (attentats, société, économie, politique...).
Virginie Despentes, que l'on aime ou pas, c'est toutes nos voix intérieures et nos "gueulantes" étouffées, nos mensonges et nos vérités, nos peurs et nos lâchetés, nos partages et nos égoïsmes, notre monstruosité et notre humanité réunies ; un tout qui explose dans un feu d'artifices verbal !! Enfin, il y a la magie de la musique et de la poésie, qui font danser les corps dans la nuit, dans la lumière, jusqu'à l'oubli...
Envoûtant et addictif. L'on ne peut en sortir complètement indemne.
NB : Drôle de cadeau pour la fête des mères ?! C'était le mien, à peine suggéré auparavant... ;-)
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canel
26 mai 2017
Que s'est-il passé en 2015 et 2016, qu'est-ce qui a fait frémir nos petits coeurs d'Occidentaux blasés ?
Des attentats (Charlie Hebdo, Bataclan...), des décès de légendes du rock (Lemmy Kilmister, le chanteur de Motörhead, et David Bowie), la Nuit Debout...
Oui, il y a aussi eu des femmes violées et des migrants morts sur la route et en mer, mais c'est tellement classique, ça...
Et pendant ce temps-là, côté Vernon et sa bande : les 'convergences' battent leur plein, d'autres formes de nuits debout dont les adeptes atteignent un état mystique en dansant, sans avoir ingurgité quoi que ce soit de chelou, juste de la musique par les oreilles...
Les chemins de Kiko, Pamela, Olga, la Hyène, etc. se croisent et se séparent, au gré des événements, des hasards, des urgences, des prises de bec et des malentendus.
Dernier volet des aventures de Vernon. Malgré une lecture morcelée sur trois jours - parce que le texte est dense, riche, et que je ne veux pas en perdre une miette -, j'en ressors toute chamboulée. Il faut dire que la fin frappe fort.
Rien d'extraordinaire côté intrigue avant le dernier tiers, mais ce n'est pas pour le suspense que je me jette sur les ouvrages de Despentes dès leur parution.
J'aime et j'admire le ton de cette auteur, sa pertinence et son humour, son regard pointu et cynique sur notre société, son don pour se mettre dans la peau de personnages tellement différents, leur faire tenir des propos extrêmes - qu'on écoute soigneusement, jusqu'au bout, et même avec respect, parce que tout se défend et qu'ils ont le mérite de bouleverser nos schémas étriqués.
Deux grands moments d'émotion en particulier, aux côtés d'Aïcha puis de Solange, et deux grands moments de jubilation grâce aux tirades politiques d'Olga.
Mais tout le reste est très bon aussi, se lit avec intensité, entre (sou)rire et larmes, entre félicité et colère, entre délectation et sentiment d'horreur.
Un peu triste de quitter Vernon et sa bande dans ces conditions, mais impatiente de retrouver Virginie Despentes avec d'autres personnages qui, je n'en doute pas, garderont cet esprit. ♥
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Merik
27 mai 2017
Après la chute le rebond. Ou plutôt l'élévation.

Voilà un Vernon Subutex numéro 3 en guide de « convergences », shaman sans le vouloir ou presque, DJ spirituel de transes collectives et hypnotiques sur des arrangements de Bleach, dont même les plus rétifs subissent l'envoûtement : "... quand je reprends connaissance, je danse. Comme jamais j'ai dansé. J'avais les doigts de pieds qui dansaient, j'avais les cheveux qui dansaient, j'avais les narines qui dansaient... Connecté. Je ne vois que ce mot. Pas tout à fait stone comme avec des champignons, mais ce genre... je voyais des lumières qui me sortaient des paumes et qui s'enroulaient aux lumières des autres."
Mais si les convergences sont des rendez-vous nomades et extatiques d'une sphère humaine gravitant autour de Vernon, elles agissent aussi comme point de ralliement pour la plupart des personnages du récit. Ciselés par une verve saillante, une prose au diapason du vrai, une empathie sans détour, ils forment toujours cette galerie hétéroclite et détonante, d'une Virginie Despentes aussi à l'aise à scanner les cerveaux humains qu'à manier le verbe. Sans parler de son décryptage affûté de la société. Ce tome élève Vernon vers la spiritualité, mais il n'en reste pas moins enraciné dans notre époque, teintée de ZAD, de nuit debout ou de terrorisme.
C'est aussi un festival de réflexions décapantes, un régal de sentences, parfois aux accents céliniens: "C'est rien du tout mourir. On s'en fait tout un cinéma mais quand ça arrive, c'est juste une légère détente." Mort de Charles en l'occurrence, dont les retentissements sur les vivants amorceront les premières divergences... Jusqu'au final, pour le moins surprenant.
Ça a été un pur délice de lecture, longue et savoureuse, souvent à me retrouver en train de relire des passages pour ne pas les laisser filer comme ça, sans tenter de les retenir un peu.
N'empêche que voilà... Vernon c'est fini. Snif. Mais quelle série !
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michfred
16 juin 2017
Avec ce troisième tome, s'achève la trilogie, découverte et dévorée en quelques jours, pour ce qui me concerne..
Découverte enthousiaste, lecture haletante, plaisir soutenu.
Si le tome 2 faisait penser à Théorème de Pasolini, où, de « convergence » en « convergence », la petite troupe de disciples gravitait amoureusement autour de son Prophète du Vinyle, dans une apothéose rock, ce dernier tome est une plongée en apnée dans la réalité socio-politique récente et tragique de 2015 : l'année de Charlie, celle du Bataclan…
La fresque réaliste se teinte de sang, se tend de peur, et la fable romanesque , au diapason, tend discrètement ses pièges, couve ses ressentiments, ourdit sa vengeance.
Le tome 3 est une déflagration : celle d'une apocalypse annoncée.
On est toujours ébloui par le talent avec lequel, en changeant à chaque fois de focale, de personnage privilégié, sans jamais perdre ni son humour cynique, ni sa lucidité critique à l'égard de l'époque, ni son empathie tendre avec chacun de ses héros, Virginie Despentes, inexorablement, impeccablement, déroule son récit : celui d'une année placée sous l'étoile noire du terrorisme et celui de la désagrégation d'un groupe qui nous était cher.
On enrage : Dopalet père a trouvé en l'ignoble Max son âme damnée, son exécuteur des basses oeuvres.
On tremble : la petite Céleste aux fines aiguilles est devenue le Chaperon rouge de bien vilains Loups, la forte Aïcha voit sa forteresse intérieure ébranlée par le désir, disloquée par les désillusions.
On jubile : merci, Olga, pour tes coups de gueule magnifiques, géante inspirée, juchée sur ton petit banc, dans cette grande Nuit Debout parisienne !!…
Que c'est difficile de quitter tout ce petit monde que le talent de Virginie Despentes nous a rendu si proche, si complice, si fraternel..
La fin, étonnante, nous permet heureusement de prendre de la distance.
Et de prendre congé.
Belle équipée, sauvage et amicale. Belle lecture. Oui, le tome 3 clôt dignement cette trilogie : il ne m'a vraiment pas déçue !
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Dixie39
03 septembre 2017
WTF ! Virginie ! Qu'est-ce que tu m'as fait ! Non ! T'abuse-là ! C'est quoi cette fin ! Non, mais c'est pas possible ! C'est quoi ce délire ?
AARRRRGGGHHHH ! Gnarf ! Voilà, c'est lâché ! D'ailleurs c'est la première chose qu'on s'est dite avec R., quand nous avons réalisé que nous avions dévoré toutes les deux les trois tomes :
« – T'en penses quoi de la fin ?
– M'en parle pas ! J'ai failli en balancer le livre !
– Toi aussi ?
– Tu m'étonnes...
– Non, mais pour moi, c'est décidé, je vire la fin et Subutex, il retourne chercher Aïcha, et…
– Mais tu peux pas faire ça R. ?
– Pourquoi ?
– Bah, voyons, enfin je sais pas… C'est pas interdit non plus, et Virginie, elle viendra pas te planter parce que tu as fait "erase" sur ses dernières pages, mais bon… C'est pas ça la fin !
– Je m'en fous ! »
C'est tellement R., ça, que je serais presque prête à cautionner. Ceci dit, c'est un argument. Mais, même si ça se défend : j'ai du mal.
D'un autre côté, plus j'y réfléchis, plus je trouve que c'est comme ça qu'il fallait que ce soit, enfin, plus ça va, plus je trouve que c'est juste. Approprié. Je n'avais encore jamais rien lu de Virginie Despentes, mais cela colle bien à ce qu'elle est, non ? Enfin, il me semble...
Elle nous envoie nous faire foutre, avec nos grandes idées de lecteur, où tout doit être bien, bon, mal, juste, tragique… enfin, tout doit se tenir debout à la fin, et rentrer bien gentiment dans les cases ! Et pourquoi ça ne tiendrait pas la route ? Regarde autour de toi, n'est ce pas ce qui fait notre actualité ? Elle est belle, notre société ! On gamberge, on cause, on crie, on pleure à cause de cela, et on s'insurge quand on nous le renvoie en pleine face à la fin d'un roman ?!
Virgine Despentes : 1 / Liza Helle : 0.
J'attends le prochain round avec respect. Et je gamberge quand même encore un peu…
Et vous ? Vous en pensez quoi ?
Lien : http://page39.eklablog.com/v..
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Les critiques presse (6)
Lexpress14 août 2017
Il émane de Vernon Subutex 3 une puissance littéraire qui vous emporte et à laquelle il est impossible de résister.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeJournaldeQuebec31 juillet 2017
Un livre qu’on espérait depuis déjà plusieurs mois. L’attente en valait la chandelle, puisqu’on a une fois de plus été subjugué par la prose de Virginie Despentes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LePoint02 juillet 2017
La trilogie rock'n'roll de Virginie Despentes, avec personnages trash et formules au vitriol, se clôt dans l'après-"Charlie". Trois Subutex, sinon rien !
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro09 juin 2017
La romancière Virginie Despentes achève en beauté sa trilogie rock sur la société française d'aujourd'hui.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Liberation29 mai 2017
Un roman qui zigzague, qui aime laisser l’intrigue filer pour mieux la tirer par les cheveux quelques portraits plus loin.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama24 mai 2017
vec une énergie folle et une empathie intacte, la romancière sonde les fossés qui divisent notre société. Saisissant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (133) Voir plus Ajouter une citation
hesbert3hesbert324 septembre 2017
Il y a cinquante ans que l'Église aurait dû construire des cathédrales au milieu de chaque banlieue. Et y envoyer ses meilleurs prêtres. Qu'ils serrent quelques enfants de choeur n'aurait pas été un problème...Au lieu de quoi ces cons de chrétiens se sont rassemblés dans les quartiers les plus riches pour célébrer des messes en latin.
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KittiwakeKittiwake18 septembre 2017
Ce n'est pas un mac à discours. Il a dit "ça fait du bien d'être là" et c'était déjà un long monologue, venant de lui.
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canelcanel24 mai 2017
Kiko entretenait avec Charles des conversations interminables - le trader lui expliquait pourquoi, selon lui, les luttes de classe venant d'en bas ne pourraient jamais plus aboutir à rien : « C'est terminé l'époque de l'abolition de l'esclavage, ou du Front Populaire. Plus personne ne veut en finir avec la misère. On avait besoin de main-d'oeuvre, on était condamnés à négocier avec vous, les travailleurs. On n'avait pas le choix. Mais avec l'automatisation - on s'en fout des prolos. On va vous tuer. Je te parle pas de tirer dans la foule pendant les manifestations, ça, on l'a toujours fait. Non, on va vous exterminer massivement. Vous ne servez à rien. C'est là-dessus que vous êtes en retard. Vous continuez à raisonner comme sous papa Marx - quand le prolétariat était nécessaire pour que des gens comme moi accumulions la plus-value. Peut-être qu'avec les progrès de la science, on fera encore un petit élevage de prolétaires robustes, pour vous prélever du sang, des organes et des morceaux de peau, porter nos enfants pour que nos femmes n'aient plus à s'abîmer... mais même pour ça, franchement, avec les bio imprimantes et les couveuses de l'avenir, on va pouvoir se passer de vous. On va vous éliminer. C'est pragmatique. Vous créez beaucoup trop de problèmes par rapport à ce que vous rapportez. C'est pour ça, c'est inéluctable : les classes pauvres, on va vous rayer de la carte. » Ces raisonnements apparaissaient parfaitement logiques aux yeux du vieux Charles, qui répondait du tac au tac, enchanté d'être enfin tombé sur un interlocuteur lucide et sincère : « Tu préconises qu'on prenne les devants et qu'on exhume les guillotines ? » et Kiko secouait la tête, en signe de négation : « Si vous en étiez capables, vous l'auriez fait il y a longtemps. Mais vous respectez le dominant. Regarde comme les pauvres aiment Poutine. Je ne dis pas que c'est dans votre ADN, mais c'est un héritage de longue date. C'est comme un codage culturel, vous ne vous émanciperez pas assez vite. On vous a appris à aimer le chef. »
(p. 72-74)
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canelcanel30 mai 2017
Comment garder l'espoir, après que l'espoir est mort ? Nous n'avons pas pour vocation d'accueillir toute la misère du monde. Nous avons pour vocation de vivre séparés du monde par des murs. Nous avons pour vocation de vivre entourés de barbelés de militaires de douaniers. Nous avons pour vocation de bouffer du sucre, par tonnes, nous avons pour vocation de détruire des forêts entières pour produire des milliards de rouleaux de papier hygiénique, nous avons pour vocation de déambuler dans des rayonnages saturés et de chérir des objets manufacturés. Nous avons pour vocation de couler des bateaux de migrants avant qu'ils ne gênent le tourisme. Nous avons pour vocation la rigidité le refus de l'accident de nous enduire de protection solaire avant de bouffer des glaces de nous empêtrer dans la Toile en gobant toujours les mêmes idioties, nous avons vocation à compter les espèces disparues, nous avons vocation à dépouiller les vulnérables, nous avons vocation à ingérer des hectolitres de soda. Nous avons vocation au mépris, mépris de tout ce qui est gratuit, de tout ce qui est donné, de la beauté, du sacré, mépris du travail d'autrui, du consentement d'autrui, de la vie d'autrui...
(p. 351-352)
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ATOSATOS03 juillet 2017
"Hier à la télé j'ai entendu une femme, une femme riche, éduquée qui parle ce français du pouvoir, elle disait sur ce ton des gens qui ne doutent de rien et surtout pas de leur intelligence, alors qu'ils devraient, on dirait même qu'il y a urgence, elle disait "tous les pauvres ne sont pas terroristes, heureusement! Le "heureusement", ajouté sur le ton du bon sens, du ma brave dame
ben dites donc imaginez tous ces pauvres arme au poing refusant d'être laminés, on serait dans des problèmes, on n'en finirait plus. " Tous les pauvres ne sont pas terroristes, heureusement !"
Mais heureusement pour qui? Heureusement qu'elle disait que le bon pauvre se laisse mener à l'abattoir sans protester sinon imaginez le bordel que ça serait à chaque saignée.
Cette femme c'est que pendant qu'elle félicite le pauvre de sa docilité dans ce français châtié des courtisans admis au Palais, les Goodyear, les Air France, les postiers ou des ArcelorMittal sont écrasés, embastillés pour l'exemple. Elle sait les kilomètres de colonnes de réfugiés qu'on parque dans des camps pour les expédier en Turquie , elle sait l'explosion de la misère à quelques mètres
du luxe de sa cantine. Ils savent. Ils applaudissent la soumission. Ils se réjouissent de nous voir aussi bêtes. "Heureusement disent ils ,heureusement que le pauvre laisse le riche lui grimper sur le dos.
Une autre fois dans ta télé c'est une autre bourgeoise parlant le même français appris dans le même Palais qui vient te dire "je suis islamophobe".
Elle n'a pas honte.Tout est bon dans le bourgeois même le caca alors si ça lui sort du cul pourquoi elle le poserait pas sur la table?
Elle est islamophobe, il fallait qu'elle en parle.Ces gens-là ,s'il s'agit d'aller chercher le contrat du côté de l'Arabie Saoudite quand il s'agit d'aller manifester coude à coude avec le Cheik ,l'islam ne leur pose plus aucun problème. Quand elle dit islamophobe, l'Arabe auquel elle pense ce n'est pas celui qui fait la queue derrière elle pour s'acheter du Vuitton dans le 8e arrondissement,
l'Arabe auquel elle pense c'est le pauvre autorisé à marcher sur le même trottoir qu'elle, habilité à entrer dans la même mairie, à prendre le bus, à s'inscrire dans les écoles, de cela elle n'en peux plus.
C'est trop de souffrance il faut que ça sorte. Elle et islamophobe au nom de la liberté de l'Égalité de la fraternité. Les autres religions ne la dérange pas.
Elle précise islamophobe mais pas raciste
et quand elle ouvre les portes de cette intolérance là elle imagine que c'est au nom du bien du peuple comme s'il avait besoin de pogroms, le peuple, plutôt que d'argent pour la santé publique ou s'il avait besoin de plus de bavures policières et non d'accueil pour les SDF, qu'il avait besoin de plus de meurtres homophobes et non de plus de professeurs. Comme si elle imaginait sérieusement qu'elle allait désigner de son petit doigt de comtesse la population de pauvres sur laquelle le peuple pourra se défouler un peu comme on montrerait le macaron qu'on voit dans la vitrine de chez Ladurée, que sa fortune
lui confère une autorité naturelle sur le petit peuple qu'elle s'occuperait de diviser en bergère inspirée. Mais madame la comtesse si vous avez le droit à être islamophobe combien de temps pensez vouspouvoir interdire aux autres d'êtres antisémites et de ne pas avoir honte de le dire puisqu' on a plus honte de rien, au Palais, d'être homophobes et de ne pas avoir honte de le dire, et de penser qu'il faut les éliminer, ces pédés, de penser que la place des femmes est à la maison et qu'il faut corriger celles qui sortent ,de penser que les Noirs sont des singes, et ne pas avoir honte de le dire ?
Vous avez honte de quoi au Palais? On commence à se poser la question... pas de l'évasion fiscale ni de la corruption ni des expulsions ni de l'école démolie, ni des hôpitaux outragés ni de la pollution ni de la bouffe empoisonnée, ni des ventes d'armes, ni du chômage longue durée. Laissez-nous vous dire madame la comtesse que la petite rebeu qui prend le bus avec son foulard sur la tête nous on s'en bat les couilles ce qu'on veut c'est que l'histoire change de sens, qu'elle cesse de ne servir que vos intérêts, pour penser un peu à celui du grand nombre."
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Le premier tome des tribulations de Vernon Subutex, le pauvre hère né sous la plume de Virginie Despentes. A (re)découvrir avant de se plonger à corps perdu dans les deux autres tomes !
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