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ISBN : 2246861268
Éditeur : Grasset (24/05/2017)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Vous l’attendez depuis deux ans, le voici !
Vernon Subutex 3, le retour de Vernon, suite et fin de la trilogie.
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
canel
26 mai 2017
Que s'est-il passé en 2015 et 2016, qu'est-ce qui a fait frémir nos petits coeurs d'Occidentaux blasés ?
Des attentats (Charlie Hebdo, Bataclan...), des décès de légendes du rock (Lemmy Kilmister, le chanteur de Motörhead, et David Bowie), la Nuit Debout...
Oui, il y a aussi eu des femmes violées et des migrants morts sur la route et en mer, mais c'est tellement classique, ça...
Et pendant ce temps-là, côté Vernon et sa bande : les 'convergences' battent leur plein, d'autres formes de nuits debout dont les adeptes atteignent un état mystique en dansant, sans avoir ingurgité quoi que ce soit de chelou, juste de la musique par les oreilles...
Les chemins de Kiko, Pamela, Olga, la Hyène, etc. se croisent et se séparent, au gré des événements, des hasards, des urgences, des prises de bec et des malentendus.
Dernier volet des aventures de Vernon. Malgré une lecture morcelée sur trois jours - parce que le texte est dense, riche, et que je ne veux pas en perdre une miette -, j'en ressors toute chamboulée. Il faut dire que la fin frappe fort.
Rien d'extraordinaire côté intrigue avant le dernier tiers, mais ce n'est pas pour le suspense que je me jette sur les ouvrages de Despentes dès leur parution.
J'aime et j'admire le ton de cette auteur, sa pertinence et son humour, son regard pointu et cynique sur notre société, son don pour se mettre dans la peau de personnages tellement différents, leur faire tenir des propos extrêmes - qu'on écoute soigneusement, jusqu'au bout, et même avec respect, parce que tout se défend et qu'ils ont le mérite de bouleverser nos schémas étriqués.
Deux grands moments d'émotion en particulier, aux côtés d'Aïcha puis de Solange, et deux grands moments de jubilation grâce aux tirades politiques d'Olga.
Mais tout le reste est très bon aussi, se lit avec intensité, entre (sou)rire et larmes, entre félicité et colère, entre délectation et sentiment d'horreur.
Un peu triste de quitter Vernon et sa bande dans ces conditions, mais impatiente de retrouver Virginie Despentes avec d'autres personnages qui, je n'en doute pas, garderont cet esprit. ♥
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Merik
27 mai 2017
Après la chute le rebond. Ou plutôt l'élévation.

Voilà un Vernon Subutex numéro 3 en guide de « convergences », shaman sans le vouloir ou presque, DJ spirituel de transes collectives et hypnotiques sur des arrangements de Bleach, dont même les plus rétifs subissent l'envoûtement : "... quand je reprends connaissance, je danse. Comme jamais j'ai dansé. J'avais les doigts de pieds qui dansaient, j'avais les cheveux qui dansaient, j'avais les narines qui dansaient... Connecté. Je ne vois que ce mot. Pas tout à fait stone comme avec des champignons, mais ce genre... je voyais des lumières qui me sortaient des paumes et qui s'enroulaient aux lumières des autres."
Mais si les convergences sont des rendez-vous nomades et extatiques d'une sphère humaine autour de Vernon, elles agissent aussi comme point de ralliement pour la plupart des personnages du récit. Ciselés par une verve saillante, une prose au diapason du vrai, une empathie sans détour, ils forment toujours cette galerie hétéroclite et détonante. Une Virginie Despentes aussi à l'aise à scanner les cerveaux humains qu'à manier le verbe. Sans parler de son décryptage affûté de la société. Ce tome élève Vernon vers la spiritualité, mais il n'en reste pas moins enraciné dans notre époque, teintée de ZAD, de nuit debout ou de terrorisme.
C'est aussi un festival de réflexions décapantes, un régal de sentences, parfois aux accents céliniens: "C'est rien du tout mourir. On s'en fait tout un cinéma mais quand ça arrive, c'est juste une légère détente." Mort de Charles en l'occurrence, dont les retentissements sur les vivants amorceront les premières divergences... Jusqu'au final, pour le moins surprenant.
Ça a été un pur délice de lecture, longue et savoureuse, souvent à me retrouver en train de relire des passages pour ne pas les laisser filer comme ça, sans tenter de les retenir un peu.
N'empêche que voilà... Vernon c'est fini. Snif. Mais quelle série !
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Les critiques presse (1)
Telerama24 mai 2017
vec une énergie folle et une empathie intacte, la romancière sonde les fossés qui divisent notre société. Saisissant.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
canelcanel26 mai 2017
Elle regardait l'appartement cossu, elle revoyait le couple heureux de ses parents, dans ce décor royal. [...] Tout pour la façade. Il y avait bien d'autres secrets de famille, qui ne sortaient jamais de cette maison, que Sylvie connaissait - la main leste de son père, certains soirs qu'il avait trop bu - chez d'autres gens on aurait parlé de violence domestique, chez eux on disait « il a un caractère entier ». Sa mère prenait des portes dans la tempe, des branches dans l'oeil, elle tombait dans les escaliers. Mais tout allait bien. L'édifice restait debout.
(p. 210-211)
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canelcanel25 mai 2017
Elle suivait souvent, sur l'ordinateur de la maison, les émissions de France Inter ou France Culture - le son de sa maison, les fréquences que son père écoutait, chez lui.
Mais après les attentats, il était progressivement devenu impossible d'écouter ces stations sans qu'il soit question de l'islam. L'élite française feuilletait le Coran et lui faisait dire ce qui l'arrangeait. On voulait à tout prix faire coïncider la parole du Prophète et le bain de sang qui fracturait le pays. Comme si ces terroristes venaient d'inventer le meurtre politique, et qu'ils l'avaient fait sur ordre d'Allah. Comme si les ignorants qui avaient perpétré ces crimes ne s'étaient pas d'abord inspirés des films et des jeux de Hollywood... Qu'ils aillent arracher les racines de la violence là où elle avait poussé, et non dans ses prières. Aucun des assassins n'était pratiquant. Aucun. Ça ne mettait la puce à l'oreille de personne, sur les stations qu'écoutait son père. Ils compulsaient le Coran, frénétiquement, comme s'il suffisait d'un regard d'Occidental pour en extraire la vérité. Pour lui faire cracher sa violence. Jamais ils n'examinaient leur propre propagande. Il n'était pourtant pas compliqué de voir que, depuis le 11 septembre, les tueurs avaient toujours choisi de parler le langage de l'Occident : la violence graphique, spectaculaire. L'esthétique du massacre, c'est Hollywood qui en a fixé les règles.
(p. 255-256)
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MerikMerik26 mai 2017
Sa passion pour les desserts de Michel et Augustin l'a perdu. Il se descend un seau de mousse au chocolat chaque soir en regardant des séries. Plus diverses merdes qu'il ingurgite tout au long de la journée. On se protège comme on peut. Il a mis du gras entre lui et le monde.
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canelcanel27 mai 2017
Il fait une école de webmaster mais la plupart du temps il est perché sous taz*, il ouvre la porte du frigo tout doucement en invitant tout le monde à contempler la beauté de la lumière [...].
(p. 287)
* ecstasy
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canelcanel24 mai 2017
Kiko entretenait avec Charles des conversations interminables - le trader lui expliquait pourquoi, selon lui, les luttes de classe venant d'en bas ne pourraient jamais plus aboutir à rien : « C'est terminé l'époque de l'abolition de l'esclavage, ou du Front Populaire. Plus personne ne veut en finir avec la misère. On avait besoin de main-d'oeuvre, on était condamnés à négocier avec vous, les travailleurs. On n'avait pas le choix. Mais avec l'automatisation - on s'en fout des prolos. On va vous tuer. Je te parle pas de tirer dans la foule pendant les manifestations, ça, on l'a toujours fait. Non, on va vous exterminer massivement. Vous ne servez à rien. C'est là-dessus que vous êtes en retard. Vous continuez à raisonner comme sous papa Marx - quand le prolétariat était nécessaire pour que des gens comme moi accumulions la plus-value. Peut-être qu'avec les progrès de la science, on fera encore un petit élevage de prolétaires robustes, pour vous prélever du sang, des organes et des morceaux de peau, porter nos enfants pour que nos femmes n'aient plus à s'abîmer... mais même pour ça, franchement, avec les bio imprimantes et les couveuses de l'avenir, on va pouvoir se passer de vous. On va vous éliminer. C'est pragmatique. Vous créez beaucoup trop de problèmes par rapport à ce que vous rapportez. C'est pour ça, c'est inéluctable : les classes pauvres, on va vous rayer de la carte. » Ces raisonnements apparaissaient parfaitement logiques aux yeux du vieux Charles, qui répondait du tac au tac, enchanté d'être enfin tombé sur un interlocuteur lucide et sincère : « Tu préconises qu'on prenne les devants et qu'on exhume les guillotines ? » et Kiko secouait la tête, en signe de négation : « Si vous en étiez capables, vous l'auriez fait il y a longtemps. Mais vous respectez le dominant. Regarde comme les pauvres aiment Poutine. Je ne dis pas que c'est dans votre ADN, mais c'est un héritage de longue date. C'est comme un codage culturel, vous ne vous émanciperez pas assez vite. On vous a appris à aimer le chef. »
(p. 72-74)
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