AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782020628778
288 pages
Éditeur : Seuil (02/01/2004)
3.76/5   54 notes
Résumé :

Ni roman au sens habituel, ni chronique, ni journal de voyage (et tout cela un peu à la fois), ce livre atypique tourne (d’assez loin, de façon assez excentrique) autour de la vie et de la mort d’un aventurier américain du XIXe siècle, William Walker, forban byronien qui brûla sa courte vie à essayer de se tailler un empire centre-américain, fut un éphémère président du Nicaragua, et finit fus... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
sweetie
  17 octobre 2020
Foisonnant, touffu, comme la jungle équatoriale d'où il tire son inspiration, ce récit de voyage confirme la maîtrise de la phraséologie qui caractérise Patrick Deville.
Février 1997 : l'auteur parcourt en saut de puce les pays composant l'Amérique centrale, passant d'une capitale à l'autre, logeant à l'hôtel du coin, feuilletant les quotidiens locaux et ceux du passé, à la recherche de son sujet, William Walker, un aventurier américain qui, dès 1855, s'était mis dans la tête de conquérir le Nicaragua pour en devenir le roi. Rien de moins. Avec l'aide des Chevaliers du Cercle d'or, une secte réunissant les États du Sud des Etats-Unis, Walker affrétait des navires remplis de mercenaires de tout poil, prêts à en découdre avec l'ennemi.
Deville raconte aussi sa démarche d'écrivain, l'intensité de ses recherches à travers les archives et ses rencontres avec les survivants des guérillas qui ont sévi dans cette poudrière qu'est l'Amérique centrale. Quelques figures importantes et imposantes sont aussi évoquées : celles de Simon Bolivar, le Libertador et son rêve d'une République centraméricaine, de Fidel Castro, du Che Guevarra, d'Antonio de la Guardia, fusillé au nom des idéaux de la révolution cubaine, d'Augusto César Sandino, des Somoza père et fils, dont le vieux avait été qualifié ainsi par Franklin Roosevelt « C'est un fils de pute, mais c'est notre fils de pute. », sans oublier les conquistadors espagnols du XVIe siècle.
Un ouvrage étonnant, autant par son propos que par son style, qu'on souhaite posséder dans sa bibliothèque personnelle et qu'on peut espérer relire sans se lasser, tellement il contient des pépites de beauté et d'histoire.
Vivement la suite avec Equatoria et Kampuchéa qui concluent ce cycle épique débuté par Pura Vida.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
michdesol
  23 juillet 2020
Voilà un roman sans fiction. Patrick Deville est un voyageur dans l'espace et dans le temps : l'un et l'autre dans ses livres sont intimement liés. le fil rouge du livre est la vie de William Walker, un aventurier dont l'ambition fut au XIXe siècle de conquérir – pour lui-même – plusieurs pays d'Amérique centrale. Ce fil rouge est prétexte ici à des digressions, des dérivations de tous ordres, des flâneries, des réflexions méditatives, des rencontres de toutes sortes. On visitera avec l'auteur le Nicaragua, le Honduras, le Salvador, d'autres pays encore, le tout à des périodes différentes. C'est touffu, très érudit, et souvent profondément sensible. Un plaisir de lecture et d'intelligence.
Commenter  J’apprécie          160
aguidat
  22 septembre 2020
Ce livre aurait tout aussi bien pu s'intituler « Ceci n'est pas un livre sur William Walker », ou en tout cas pas que. Car contrairement à ce que laisse présager la quatrième de couverture de l'édition poche, l'aventurier, fugace président du Nicaragua, n'est qu'un personnage parmi d'autre de cet objet littéraire, pas vraiment roman, pas vraiment récit.
De héros, ce livre n'en a pas véritablement, ou plutôt deux héroïnes, intemporelles, que sont les Amériques, Centrale et Latine. Elles sont l'ancrage géographique de cette navigation hasardeuse à travers le temps. Celui-ci n'est pas ici emprunté comme un fleuve duquel on suit le cours, mais plutôt une horloge, qui cycliquement nous ramène aux événements que l'Histoire semble vouloir rejouer à plusieurs dizaines d'années d'intervalles.
C'est en effet une navigation par écho, et non chronologique, dans laquelle l'auteur nous emmène. Une sorte d'enquête, dans laquelle ce dernier se doit de démêler les faits de la fiction – qui avec le temps prend le nom de légende – qu'on leur ajoute ; lui-même usant de ces ficelles pour nouer son récit, entremêlant anecdotes et événements dont la précision et le romanesque ne semblent pouvoir avoir existes que dans l'imaginaire de l'écrivain. Une manière, sans doute, de nous rappeler que l'Histoire dépend tout autant de ceux qui la fond que de ceux qui l'écrivent et qu'il est parfois plus utile pour ceux-ci de faire naître le Che un mois plus tard ou de décider si, oui ou non, la statue de Francisco Morazán est bien la sienne et non celle du maréchal Ney.
Au final, ce livre m'a laissé un sentiment mitigé, ou plutôt une série de sentiments. de la déception, bien entendu, de ne pas y trouver le récit aventureux sur William Walker auquel je m'attendais ; de la surprise et de la fascination, également, en découvrant l'Histoire ou plutôt les histoires, de ces Amériques ; de l'admiration, bien entendu, pour la plume de l'auteur, dont le talent n'est plus à démontrer, et enfin, malheureusement, parfois un certain ennui, en découvrant que ces mots, tout aussi charmeurs et hypnotiques pouvaient-ils être, ne nous emmenaient, à plusieurs endroits du récit, finalement nul part.
Si vous aimez vous abandonner aveuglément à la plume d'un auteur, et que le chant seul de ces mots suffit à vous bercer, ce livre vous plaira grandement ; si en revanche, la seule poésie de langue ne vous suffit pas et que le cadre d'une histoire vous est indispensable, évitez sans doute cet ouvrage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
feanora
  22 juillet 2018
Déception!
Ce livre ne m'a guère passionnée et pourtant j'aime les livres de cet écrivain.
Trop de lieux, trop de personnages.
Le passé se mêle au présent et je dois dire que je connais mal l'histoire de ces pays d'Amérique, histoire qui doit être passionnante au vu du nombre de coups d'état et de révolutions. La vie de Walker, aventurier américain du Dix-neuvième siècle est noyée dans ces informations périphériques.
Trop touffu pour me séduire.
Commenter  J’apprécie          50
Clytemnestre
  28 avril 2020
Direction l'Amérique centrale sur les traces de William Walker, obscur aventurier et président éphémère du Nicaragua. C'est l'occasion pour Deville de nous entraîner dans les méandres de l'Histoire bousculée de cette Amérique. Les pays occidentaux ne sont jamais bien loin de ses côtes, arguant d'une antériorité historique (anglais, français) ou encore d'une vision politique du territoire (Russie, Etats-Unis) pour se l'approprier à tour de rôle. Tout semble se jouer à coup de trahisons, dans la violence et le sang. Deville écrit ce livre en 1997 dans une Amérique centrale encore instable et fragilisée par une corruption galopante.
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   23 juillet 2020
L'italianisant distingué découvre la guerre et les pillages, les esclaves marqués au fer rouge et les caciques indiens qu'on fait dévorer par les chiens. Mais, à la différence de Bartolomé de Las casas, c'est au nom des valeurs de la chevalerie qu'Oviedo dénonce ces pratiques barbares. En 1516, il est de retour en Europe et demande audience au très jeune Charles Quint, se rend à Bruxelles, où il plaide pour une conquête respectueuse du code de l'honneur. C'est une erreur politique. Les rois d'Europe préfèrent confier leurs Indes respectives à des brutes sans foi ni loi mais capables d'arracher l'or au plus vite, plutôt qu'à des esprits éclairés qui bientôt s'émanciperaient de la tutelle du Vieux Monde. Pour le reste, et vos états d'âme, voyez la sainte mère l’Église. Elle saura absoudre vous péchés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
michdesolmichdesol   23 juillet 2020
En 1513, un an avant le premier voyage d'Oviedo, Vasco Núñez de Balboa avait découvert la mer du Sud, après avoir traversé l'isthme panaméen, et avait été le premier Européen à imposer l'empreinte de ses bottes sur une plage du Pacifique encore innommé. Cet exploit lui rapportera moins de gloire que le premier pas de Neil Armstrong sur la Lune.
Commenter  J’apprécie          60
michdesolmichdesol   23 juillet 2020
Pendant tous ces mois passés en compagnie de William Walker, à parcourir l'Amérique centrale sur les traces de son armée fantôme, j'avais peu à peu découvert que certaines de ces vies, emplies d'actes de bravoure admirables, de traîtrises immenses et de félonies assassines, ne le cédaient en rien à celles des hommes illustres qu'avait rassemblées Plutarque. Et il m'était apparu que cette région du monde, pendant les deux derniers siècles, n'avait pas été plus avare de héros, de traîtres et de lâches que ne l'avaient été les provinces grecques et latines de l'Antiquité : là aussi, des hommes avaient rêvé d'être plus grands qu'eux-mêmes et avaient échoué. Et l'idée m'est venue de rassembler certaines de ces vies.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
sweetiesweetie   17 octobre 2020
(...) deux grands clochers en façade, murs blanchis dont les aspérités offrent l'économie d'une horloge, tant le glissement du soleil teinte avec précision, d'heure en heure, le passage lent du jour, pour ceux qui restent adossés au muret de l'aube jusqu'au crépuscule, ne voient pas bien ce qu'ils pourraient faire d'autre dans la vie que suivre le glissement des couleurs en éventail sur la façade de la cathédrale, des roses bleutés de l'aurore au vermeil aveuglant du plein midi, sable chaud et chamois des dunes vespérales, or presque vermillonné de la fin d'après-midi, mauve verdissant du soir (...)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
sweetiesweetie   17 octobre 2020
Posté au coin d'une rue, et en contrebas de la chaussée, l'établissement sans étage est une longue bâtisse de brique et de bois au plafond en lattes, d'où pendent des ventilateurs en métal, long comptoir où des types jouent aux cartes avec la solennité d'une réunion d'état-major, câbles électriques en lianes indécises, le long de quoi les caravanes laborieuses des cafards n'attendent pas la nuit pour rejoindre les différents lieux nécessaires à leurs enjeux stratégiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Patrick Deville (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Deville
[RENTRÉE LITTÉRAIRE 2021]
La Polynésie se décline en un poudroiement d'îles, atolls et archipels, sur des milliers de kilomètres, mais en fin de compte un ensemble de terres émergées assez réduit : toutes réunies, elles ne feraient pas même la surface de la Corse. Et ce territoire, c'est le Fenua.
Comme toujours chez Deville, le roman foisonne d'histoires, de rencontres et de voyages. On déambule, on rêve. On découvre les conflits impérialistes et coloniaux qui opposèrent la France et l'Angleterre, on croise Bougainville, Stevenson, Melville, puis Pierre Loti sur les traces de son frère Gustave, ou Victor Segalen. Mais la figure centrale c'est Gauguin, le peintre qui a fixé notre imaginaire de cette partie du monde, entre douceur lascive et sauvagerie. Des îles merveilleuses qui deviendront, vers le milieu du xxe siècle, le terrain privilégié d'essais nucléaires dont le plus sûr effet aura peut-être été de susciter un désir d'indépendance…
Grand voyageur et esprit cosmopolite, Patrick Deville est né en 1957. Il a publié une douzaine de romans, traduits dans de nombreuses langues. En 2012, il est récompensé par le prix Femina pour sa formidable évocation de Yersin et Pasteur, Peste & Choléra.
Lire les premières pages de "Fenua" de Patrick Deville : https://bit.ly/3fqgHmk
Suivez-nous sur : Facebook : https://www.facebook.com/editions.seuil/ Twitter : https://twitter.com/EditionsduSeuil Instagram : https://www.instagram.com/editionsduseuil/
+ Lire la suite
autres livres classés : nicaraguaVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Voyage en Italie

Stendhal a écrit "La Chartreuse de ..." ?

Pavie
Padoue
Parme
Piacenza

14 questions
504 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , voyages , voyage en italieCréer un quiz sur ce livre