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ISBN : 2757854674
Éditeur : Points (20/08/2015)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.36/5 (sur 156 notes)
Résumé :
En brefs chapitres qui fourmillent d’anecdotes, de faits historiques et de rencontres ou de coïncidences, Patrick Deville peint la fresque de l’extraordinaire bouillonnement révolutionnaire dont le Mexique et quelques-unes de ses villes (la capitale, mais aussi Tampico ou Cuernavaca) seront le chaudron dans les années 1920 et surtout 1930.
Les deux figures majeures du roman sont Trotsky, qui poursuit là-bas sa longue fuite et y organise la riposte aux procès ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  30 novembre 2014
Nous sommes en 1937 au Mexique, Trotsky le proscrit vient d'arriver au port de Tampico. Il est accompagné de sa femme Natalia. « C'est un homme d'âge mûr, cinquante-sept ans, les cheveux blancs en bataille ». il est en fuite, condamné à l'exil sur l'ordre de Staline qui veut anéantir toute sa famille et toutes les personnes qui pensent comme lui.
C'est le règne des dictateurs, Staline en URSS, Hitler, le fascisme en Italie, Somoza au Nicaragua qui a fait assassiner Sandino. En Espagne la révolution va bientôt être balayée par Franco.
Trotsky est accueilli par Diego Rivera et Frida Kahlo (communistes tous les deux) et va vivre dans la maison bleue. Commissaire du peuple, il a créé l'armée rouge et dirigé cinq millions d'hommes. Il fait de l'ombre à Staline, qui commence par l'exiler en Sibérie d'où il parvient à s'échapper et depuis c'est un proscrit. Il sait que sa vie est plus que menacé.
En même temps, va arriver au Mexique, Malcolm Lowry, accompagné de sa femme. Il est dans une situation précaire, « Lowry a vingt-sept ans, un physique de boxeur, les doigts trop courts pour atteindre l'octave au piano comme à l'ukulélé. Il vient de subir sa première cure de désintoxication alcoolique. Jamais encore il n'a gagné le moindre rond, et vit de la pension que chaque mois son père lui fait remettre en mains propres par des comptables obséquieux...»P 50. Un homme qui deviendra célèbre en publiant « au dessous du volcan ». a ce moment-là il sort d'une cure de désintoxication éthylique (il en fera plusieurs mais récidivera chaque fois).
Les deux hommes sont écrivains mais Trotsky préfère se consacrer à une mission plus élevée : la IVe Internationale, et aussi à organiser un contre-procès en réaction avec les procès de Moscou.
Les deux hommes ne se rencontreront pas mais on va faire la connaissance de multiples personnages hauts en couleurs qui vont débarquer dans ce Mexique fourmillant d'idées, de réflexion. On va voir passer des gens connus, Antonin Arthaud, André Breton, d'autres moins connus…

Ce que j'en pense :
Ce livre est très particulier. Au début, j'ai été littéralement scotchée par les connaissances de Patrick Deville sur cette époque que je connais hélas bien mal.
L'ouvrage fourmille d'anecdotes, on apprend beaucoup de choses sur les protagonistes, mais voilà il y a tellement de monde qu'on se laisse vite débordé. J'ai dû prendre des notes car souvent sur une page, on voit une dizaine de noms différents et il faut se rappeler qui est qui…
de plus, l'auteur va vite, les dates s'entrecroisent, on ne sait parfois plus en quelle année on est, ça fourmille comme les idées au Mexique à cette époque.
Je découvre Patrick Deville avec ce roman difficile mais très beau, avec une écriture incisive, presque musicale, des phrases courtes, qui martèlent le récit, lui donnant un rythme quasi effréné. L'alcool est présent, la drogue aussi (le Démerol). On entre dans la danse avec tous ces personnages, certains plus sympathiques que d'autres. Un livre à relire pour s'en imprégner et découvrir davantage l'histoire de cette époque et le surréalisme qui me rebute un peu.
Je retiens aussi le caractère passionné, enflammé de l'auteur qui arrive à nous insuffler un peu de cette énergie et nous donne envie de continuer même si c'est difficile. Je n'ai pas eu le temps de lire "Peste et choléra" qui est dans ma PAL, ce que je regrette...
Note : 8/10
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bilodoh
  05 janvier 2015
Viva Mexico ! Un livre pour les amateurs des dessous de l'Histoire, qui pourront se repaître de la vie de personnalités politiques ou artistiques.

Pour les autres, sachez qu'il ne s'agit pas tout à fait d'un roman, mais d'une série d'anecdotes, qui ne sont intéressantes que si on connaît les personnages historiques. Par exemple, savoir que Trotsky a été l'amant de Frida Kahlo, c'est un peu comme pour les revues pipole, ça peut compléter le portrait d'un homme ou d'un artiste qu'on aime, mais si ce sont des inconnus, ça ne suscitera pas beaucoup de frémissements. de même pour l'autre vedette du livre, Malcom Lowry, comme personnellement je n'ai pas lu son oeuvre « Under the Volcano », le mal de vivre du romancier ne m'émeut pas beaucoup.

Quand même, c'est bien écrit et ça semble très bien documenté. le bouquin montre par moments des étapes de la recherche de l'auteur, son parcours sur les lieux et ses rencontres avec des témoins de l'époque. de belles pensées et des citations des protagonistes agrémentent le tout.

C'est fascinant aussi de constater comment les fils de l'Histoire sont tissés, toutes ces rencontres de gens qui deviendront plus ou moins célèbres, ces coïncidences de temps et de lieux ou ces petits événements qui auraient pu changer le cours de l'histoire. On peut par exemple se demander ce qui serait arrivé si Trotsky avait pris le pouvoir Russie plutôt que Staline…

Un livre intéressant, mais que je ne recommanderais pas à tout le monde.
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andras
  15 décembre 2017
Dans la première moitié du XXe siècle et notamment entre la première et la deuxième guerre mondiale, le Mexique est devenu une terre d'accueil pour de nombreux artistes ou intellectuels venus d'Europe et des Etats-Unis. Le couple magnétique que formaient les peintres Diego Rivera et Frida Kahlo y est sans nul doute pour beaucoup. Peut-être aussi que l'attrait pour la Révolution menée par Emilio Zapata et Pancho Villa a joué comme ce sera plus tard le cas au tournant du millénaire pour la province mexicaine du Chiapas avec le mouvement zapatiste et le célèbre sous-commandant Marcos.
Patrick Deville a choisi parmi ces intellectuels deux figures singulières du XXe siècle qui ont séjourné au Mexique dans les années trente : Léon Trotsky, qui finira sa vie mouvementée à Mexico, assassiné en 1940 d'un coup de piolet par Ramón Mercader, un homme de main de Staline, après avoir échappé quelques mois auparavant à une première tentative d'assassinat par un autre stalinien, le peintre mexicain Siqueiros, qui fut de la "bande à Rivera", les machetteros; et l'écrivain anglais Malcolm Lowry, l'auteur de "Au-dessous du volcan" (Under the Volcano), un des romans les plus célèbres du XXe siècle.
Les deux hommes ne se sont pas rencontrés, ils n'évoluaient pas dans les mêmes milieux et si Patrick Deville les réunit dans ce livre au titre tronqué ("viva" qui ? quoi ? au lecteur de compléter !), c'est (du moins je le suppose) qu'ils sont tous les deux importants dans l'imaginaire de l'auteur. Pour Lowry, cela est dit de façon non ambiguë; pour Trotsky, on devine que Deville éprouve une sympathie certaine pour l'homme, sinon pour ses idées et ses actes politiques.
Le livre est très riche et la trame historique qui nous emmène du 9 janvier 1937, jour du débarquement de Trotsky dans le port de Tampico au Mexique, où l'attendent Diego Rivera et Frida Kahlo qui l'hébergeront à Coyoacán, au Sud de Mexico, jusqu'à la date fatidique du 20 août 1940 où Trotsky succombera aux coups de son assassin, cette trame s'étire aussi bien vers le passé (pour des premières esquisses de "Au-dessous du Volcan" ou des faits d'armes de Trotsky contre les "légions tchèques", repoussant la contre-révolution depuis son train blindé) que vers le futur (pour voir enfin Lowry réussir, en 1947, a publier son roman, pour accompagner Frida Kahlo dans son dernier combat contre la maladie, pour voir Diego Rivera renier Trotsky et rejoindre le camp des partisans de Staline).
Mais, et c'est un des charmes du livre, plusieurs autres personnages, notamment des écrivains, viennent dans ces années là au Mexique et Patrick Deville parvient à les intégrer avec beaucoup de subtilité à son récit, en y mêlant aussi des souvenirs personnels. Ainsi on rencontre au fil des pages Bernard Traven (l'auteur anarchiste du Trésor de la Sierra Madre), Arthur Cravan, Antonin Artaud, André Breton et quelques autres. Deville rend aussi hommage à un homme qui semble avoir beaucoup compté pour lui, l'éditeur Maurice Nadeau qui a édité Malcolm Lowry.
Pour qui aime la littérature, les épopées, les coups d'éclats, ainsi que les réflexions sur L Histoire, ce livre sera du miel. Je reste admiratif devant cette fresque historico-littéraire que Patrick Deville a su peindre en mêlant artistement des couleurs si diverses. Un tableau que n'auraient pas renié, je crois, ni Frida, ni Diego. En tout cas, pour Frida, la femme "au merle entre les deux yeux", j'en suis certain.
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trust_me
  28 août 2014
On retrouve dans ce Viva l'auteur et ses fameux carnets en peau de taupe dans lesquels il consigne avec méticulosité le fruit de ses investigations, sur les lieux même où ont vécu les personnages dont il retrace le parcours. Direction le Mexique et l'année 1937. « La dictature somoziste est installée au Nicaragua, le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne et le stalinisme en Russie. C'est la guerre d'Espagne, bientôt la déroute des républicains et la victoire du franquisme. » C'est aussi l'année où Trotsky arrive à Mexico, accueilli par Frida Kahlo dans sa maison bleue. L'ancien commissaire du peuple, l'ancien chef de l'armée rouge, qui commandait cinq millions d'hommes, n'est plus qu'un proscrit, poursuivant la fuite éperdue entamée depuis qu'il a pu s'extraire des geôles sibériennes où Staline l'avait fait déporter. Cette même année, Malcolm Lowry et sa femme Jan débarquent du paquebot Penssylvania à Acapulco. « Lowry a vingt-sept ans, un physique de boxeur, les doigts trop courts pour atteindre l'octave au piano comme à l'ukulélé. Il vient de subir une première cure de désintoxication alcoolique. Jamais encore il n'a gagné le moindre rond, et vit de la pension que chaque mois son père lui fait remettre par des comptables obséquieux. » Ce n'est ni un fuyard, ni un proscrit, il a choisi le Mexique parce que les alcools y sont moins chers. Il y trouvera certes le mescal et la tequila qu'il était venu chercher mais aussi et surtout le décor de ce qui restera à jamais son seul et unique chef d'oeuvre, Au-dessous du volcan.
Trotsky et Lowry. le révolutionnaire et le génie littéraire. Ces deux-là ne se rencontreront jamais et le texte suit en parallèle leur destin tragique. Mais pas que. C'est là toute la force de Deville. Son ode à ces deux figures mythiques, qui n'a rien d'un panégyrique pleurnichard, ne s'y limite pas. On croise dans ces pages Frida Kahlo, Diego Rivera, la photographe Tina Modotti, Antonin Artaud, André Breton et bien d'autres. Un tourbillon de noms, de faits, d'anecdotes, de rencontres et de rendez-vous manqués. Chronologies et biographies se bousculent, se télescopent parfois, sans que jamais le lecteur ne perde le fil. le canevas est tissé tellement serré, avec une telle dextérité, une telle érudition, une telle plume, que l'on ne peut que s'extasier devant une fresque aussi saisissante.
Viva est un hymne à la révolution, à la poésie, à l'art. C'est une plongée vertigineuse au coeur d'une époque où l'idéalisme politique et le culte de la littérature bouillonnaient de concert. Une époque où des hommes et des femmes servaient des causes qu'ils mettaient au-dessus de leur propre existence. Une époque depuis longtemps révolue…

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egare
  14 décembre 2014
Présenté comme un roman, Viva comporte 30 chapitres fort documentés sur des personnages qui ont marqué dans deux domaines, politique, artistique, Trotski, Lowry, Frida Kahlo, Diego Rivera, Traven, Cravan, Artaud, Breton. Cela se passe au Mexique dans les années 30 pour l'essentiel mais comme certains de ces personnages sont des errants, des exilés, des clandestins, l'auteur nous fait voyager là où le hasard, le destin les ont conduits, jamais pour longtemps. Je dis hasard, destin, sans trop chercher à distinguer les deux notions. Disons que hasard me semble convenir pour parler du moment où ça surgit, où ça arrive, que destin me semble approprié après coup, quand on sait ce qui a surgi, ce qui est advenu. Ce qui semblait ne pas être écrit d'avance, après coup semble l'être, illusion d'optique : ce n'était pas écrit d'avance mais quand c'est enfin écrit, ça semble une évidence.
Les péripéties incroyables accompagnant l'écriture d'Au-dessous du volcan (que j'ai dans l'édition « définitive » de Buchet-Chastel de 1960) illustrent me semble-t-il mon propos. Lowry ne semble pas savoir ce qu'il démarre et qui lui demande dix ans d'efforts, de déménagements et déambulations (en particulier vers Vancouver dans une cabane où tout ce qu'il a écrit brûle), sa femme d'alors, Margerie, se mettant entièrement au service de cette écriture (tous les deux en paient le prix) mais quand paraît le livre en 1947, il est évident que c'était pour cela, pour ce livre, que Lowry avait vécu ces 10 ans, la disparition du consul, son assassinat par des fascistes le traitant de bolchevik, anticipant la sienne propre quelques temps après, étouffé par ses vomissures.
On pourrait presque faire le même constat avec Trotski qui alors qu'il est au faîte de sa puissance comme chef de l'Armée Rouge va se reposer, se ressourcer, se remettre à sa place, sa toute petite place, dans une nature sauvage qui l'apaise, le ramène à ses justes proportions, à sa juste mesure, pendant que dans son dos à Moscou conspire Staline. L'homme complet Trotski, à la fois homme d'action et homme de contemplation, de réflexion, de grande écriture n'a pas su, n'a pas voulu peut-être au moment crucial redevenir homme d'action, de décisions fulgurantes, éliminer Staline et c'est lui qui est d'abord effacé des mémoires, des livres, des photos, lui qui est calomnié, déporté, exilé et qui finira par être éliminé physiquement, assassiné par un tueur qui finit ses jours à La Havane au pays de Castro, ce dont parle le roman, L'homme qui aimait les chiens de Leonardo Padura, paru en 2011.
La riche documentation de Patrick Deville, qu'il est allé chercher sur le terrain, mériterait qu'on lise ce roman avec un planisphère Mercator devant soi, un peu comme celui dont disposait Trotski. En plus du planisphère, il faudrait une éphéméride. Et studieusement noter dates et lieux pour pleinement savourer toutes ces coïncidences mises en avant par l'auteur, coïncidences qu'il est seul à repérer, les protagonistes de l'histoire les ignorant et n'en ayant cure puisque repérées après coup. On est donc dans une histoire rapportant des faits mais aussi dans une histoire construite. La plume qui raconte est aussi plume qui relève, souligne. Ce n'est donc pas un roman-documentaire objectif, c'est impossible, c'est un roman documenté mettant l'accent sur ce qui apparaît à l'auteur comme devant être relevé, souligné, un roman où le présent occupe une place importante puisque l'auteur qui connaît la suite de l'Histoire (en gros, une Grand-Roue Ferris qui tourne où ceux qui sont en haut ne vont pas tarder à se retrouver en bas, où les perdants d'aujourd'hui seront les gagnants de demain) peut évoquer la suite des coïncidences comme dans l'insurrection zapatiste des indiens du Chiapas avec comme porte-parole le sous-commandant Marcos en 1994, le surgissement d'un portrait d'Antonin Artaud au milieu des portraits du Che et de Zapata. (Voir ci-dessous deux liens récents, d'actualité, sur ces Indiens)
Se posent quelques questions : ces coïncidences soulignées, repérées après coup font-elles sens ? Indiquent-elles qu'il y a une marche de l'Histoire, un sens de l'Histoire, un moteur de l'Histoire ? Marche, sens, moteur induisent une vision linéaire du cheminement humain vers le progrès, vers le bonheur, vers l'humanisation de l'humanité, vers le triomphe de la raison sur les passions. Trotski en marxiste y croit. Une autre métaphore est souvent utilisée, celle de la Roue qui tourne comme révolution. Je crois que ces manières de voir, très prégnantes, nous éloignent du cheminement réel, balbutié, obscur, aléatoire, hasardeux, coïncidences pétrifiantes comme disaient les surréalistes.
Je dois dire que ma culture politique d'ancien trotskiste (dès qu'il y a un regroupement de 6 trotskistes, il y a scission, dit l'auteur et c'est presque vrai et c'est le problème) et que ma culture littéraire n'ignorant rien des auteurs et artistes évoqués m'ont beaucoup aidé. Je n'ai à aucun moment été égaré par cette profusion d'informations « érudites ». Mais un lecteur lambda peut sans doute être perdu par ces références. C'est donc une lecture passionnante que j'ai faite, me replongeant dans les enfers de ces hommes et femmes, joués et jouant, quêteurs aveugles et aveuglés d'absolus, la révolution, l'oeuvre, l'alcool, l'amour, les femmes... Les citations d'oeuvres sont stimulantes. Y a t-il un héritage, que devient-il, comment tourne la Grand-Roue Ferris ? Ou tout cela retourne-t-il au silence comme celui des Indiens qui ont tout compris : se taire devant le mystère de tout ce qui se présente.
Jean-Claude Grosse
http://les4saisons.over-blog.com/2014/12/viva-patrick-deville.html
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critiques presse (8)
Telerama   22 octobre 2014
Patrick Deville, dans ce roman-récit magnifique, est un voyageur qui, avec une nonchalance érudite, piste ses personnages, joignant les lieux et les lectures pour exhumer une procession fantomatique.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos   24 septembre 2014
Le casting est brillant, mais le lecteur est asphyxié par l'avalanche des noms des lieux, des références.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaPresse   23 septembre 2014
Patrick Deville confirme plus que jamais son statut d'écrivain voyageur avec Viva, folle courtepointe de destins enchevêtrés dans le Mexique des années 30 [...].
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   01 septembre 2014
"Il existe un rendez-vous tacite entre les générations passées et la nôtre. Nous avons été attendus sur la terre", avertit la prière d'insérer signée Walter Benjamin. Le romancier vient de leur rendre la politesse. Avec érudition, raffinement et humour. Viva Deville.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs   29 août 2014
Tout est dans «Viva», mais disséminé, éparpillé façon puzzle, orchestré selon des principes secrets qui font apparaître, comme des étoiles filant vers leurs destins tragiques, des êtres fascinants qui se nomment Artaud, Cravan, Tina Modotti, B. Traven, Victor Serge.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox   29 août 2014
Le style Deville n'a pas changé. C'est remarquablement écrit, nerveux, tendu. Rien de superflu, pas de temps perdu, ni de dialogues inutiles. Sans être un livre facile, "Peste et choléra" (prix Fémina 2012) était d'une lecture plus aisée. "Viva" exige une certaine ténacité, récompensée.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LePoint   26 août 2014
Patrick Deville fait se croiser Trotsky et Lowry. "Viva" l'ivresse de la littérature et de la révolution !
Lire la critique sur le site : LePoint
LeFigaro   22 août 2014
En insistant sur les aspects sentimentaux de la personnalité du fondateur de la IVe Internationale, Patrick Deville a [...] le don de nous faire attendre avec angoisse le moment où le piolet de Ramon Mercader va s'abattre sur l'arrière de son crâne. On a beau se souvenir de l'écrasement dans le sang des marins de Kronstadt en 1921, on a mal pour lui.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (73) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   24 novembre 2014
Et pour lui les choses ne vont pas très fort non plus, côté couple. Il vient de quitter Hollywood où il a cherché en vain un petit contrat de scénariste. Jan et Lowry débarquent du paquebot Pensylvania au milieu d'un grand nuage de papillons jaunes qui tourbillonne sur les eaux bleues du Pacifique. Ils entrent en baie d'Acapulco le premier novembre, el Dia de Todos los Santos, ou peut-être le deux, el Dia de los Difuntos, traversant le port parmi les cérémonies funèbres et les musiques joyeuses, les pétards, les tambours et les fumigènes rouges et verts et blancs. Les deux gringos dont les bagages sont constellés d'étiquettes se dirigent vers l'hôtel Miramar. Les hauts talons des escarpins rouges se tordent aux ornières. Jan, dont il fera Yvonne dans le Volcan, est de "ces femmes d'Amérique à l'agilité gracieuse dans l'allure, au visage clair et radieux d'enfant sous leur hâle, au grain fin de la peau luisant d'une lumière satinée.
Lowry a vingt-sept ans, un physique de boxeur les doigts trop courts pour atteindre l'octave au piano comme à l'ukulélé. Il vient de subir sa première cure de désintoxication alcoolique.
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Eve-YesheEve-Yeshe   03 décembre 2014
Dans sa villégiature d’Ibiza, en 1932, Walter Benjamin est bouleversé par la lecture de « Ma vie », et plus tard, Bertolt Brecht déclare devant lui que Trotsky pourrait bien être le plus grand écrivain européen de son temps. L’année suivante, les livres de Walter Benjamin sont brûlés comme ceux de Stefan Zweig. Le 26 septembre 1940, un mois après l’assassinat de Trotsky dans ce lieu où nous sommes, Walter Benjamin descend du train et se suicide à Port-Bou, dans une chambre d’hôtel, deux ans avant le suicide de Stefan Zweig au Brésil. P 78
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Eve-YesheEve-Yeshe   30 novembre 2014
Tout commence et tout finit par le bruit que font ici les piqueurs de rouille. Capitaines et armateurs redoutent de laisser désœuvrés les marins à quai. Alors le pic et le pot de minium et le pinceau. Le paysage portuaire est celui d’un film de John Huston, « le trésor de la Sierra Madre », grues et barges, mâts de charge et derricks, palmiers et crocodiles… un crachin chaud qui mouille tout ça et ce soir la silhouette furtive d’un homme qui n’est pas Bogart mais Sandino. P 9
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wellibus2wellibus2   28 novembre 2014
.....Lowry ne cherche pas à libérer les hommes, il cherche à écrire le Volcan.

Son égoïsme n'est pas le bel égoïsme politique de Traven ou de Cravan , l' individualisme anarchiste comme condition de la fraternité des hommes. c'est le solipsisme du génie insensible à l'abstraction du pluriel des hommes mais sensible à celui-là, l'homme seul, debout au comptoir du pub qui bientôt va fermer.
A l'égard du monde le génie est souvent conservateur.
C'est dans son livre que doit éclater la Révolution.
Ca mettra vingt ans.
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Charybde2Charybde2   19 septembre 2014
Tout commence et tout finit par le bruit que font ici les piqueurs de rouille. Capitaines et armateurs redoutent de laisser désoeuvrés les marins à quai. Alors le pic et le pot de minium et le pinceau. Le paysage portuaire est celui d’un film de John Huston, Le Trésor de la Sierra Madre, grues et barges, mâts de charge et derricks, palmiers et crocodiles. Odeurs de pétrole et de cambouis, de coaltar et de goudron. Un crachin chaud qui mouille tout ça et ce soir la silhouette furtive d’un homme qui n’est pas Bogart mais Sandino. A bientôt trente ans il en paraît vingt, frêle et de petite taille. Sandino porte une combinaison de mécanicien, clef à molette dans la poche, vérifie qu’il n’est pas suivi, s’éloigne des docks vers le quartier des cantinas où se tient une réunion clandestine. Après avoir quitté son Nicaragua et longtemps bourlingué, le mécanicien de marine Sandino pose son sac et découvre l’anarcho-syndicalisme. Il est ouvrier à la Huasteca Petroleum de Tampico.
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Videos de Patrick Deville (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Deville
Entrevue avec Patrick Deville, par Sylvie Tanette, pour le site onlalu.com, à propos de la sortie de son roman, "Viva", paru au Seuil.
(photos Emmanuel Orain)
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