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EAN : 9782266163019
317 pages
Éditeur : Pocket (20/10/2006)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 94 notes)
Résumé :
Jack Bohlen vit avec sa famille dans une paisible colonie martienne, loin du bruit et de la foule terrienne. Il gagne sa vie en réparant toutes sortes de machines. Mais pourrait-il réparer un être humain ? C'est ce que lui demande Arme Kott, un homme d'affaires puissant, qui souhaite communiquer avec un jeune garçon schizophrène, Manfred, enfermé dans sa maladie et totalement silencieux. Arnie est persuadé que Manfred possède un don de prescience incroyable qu'il po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  28 mai 2015
Il y a des auteurs vers qui on aime revenir régulièrement pour se plonger encore et encore dans leur univers singulier. Philip K. Dick est de ceux-là. de roman en roman, on retrouve les mêmes thématiques obsessionnelles, les mêmes préoccupations, à chaque fois traitées de façon intéressante au coeur d'histoires prenantes. "Glissement de temps sur Mars" ne déroge pas à cette habitude. On est ici dans du pur Dick de très haut niveau.
La première partie du roman est assez linéaire, l'auteur prenant son temps pour installer son contexte, ses personnages, ses enjeux. Cette longue mise en place est passionnante. le contexte de la colonie martienne, reflet de la société américaine de l'époque, est parfaitement défini et permet une immersion totale dans le quotidien de cette communauté. Les personnages sont très finement dessinés, psychologiquement fouillés. Ce début au rythme lent n'est jamais ennuyeux. Au contraire, Dick parvient à créer un récit au tempo lent mais addictif et dans lequel on retrouve ses thèmes de prédilection : la perception de la réalité, les questionnements sur ce qu'est un humain, les défaillances de communication entre les hommes, la notion de normalité...
Après cette première partie, l'intrigue va se complexifier, va voir sa linéarité éclater, jusqu'à atteindre son paroxysme dans un enchaînement d'une cinquantaine de pages dans lesquelles un même événement sera tracé et retracé en multipliant les points de vue et les allers-retours dans le temps. le lecteur est alors entraîné dans une distorsion temporelle menée de main de maître. Une expérience sensorielle vertigineuse.
L'intrigue, très complexe, est parfaitement menée. Dick en maîtrise tous les rouages, les différents éléments s'imbriquant habilement les uns aux autres de façon très fluide.
La richesse thématique et la précision de la construction narrative ne font pas pour autant de "glissement..." un récit froid et désincarné. Dick compose ici un roman profondément humaniste, peuplé de personnages denses et, pour certains, très attachants.
De plus, "glissement..." a une dimension intime très forte. Jack Bohlen est un peu le double de Dick lui-même et lui permet d'aborder le thème de la schizophrénie sous l'angle d'une réflexion pertinente sans être dénuée de sentiments. On perçoit, dans le portrait de cet homme sur le point de basculer dans la psychose, toute la souffrance de l'auteur lui-même face à cet abîme qui l'habite.
Toutes ces qualités font de "glissement..." un chef d'oeuvre. Encore un de la part de cet auteur qui sait à chaque récit créer un univers dans lequel j'aime décidément me plonger encore et encore, cet univers pourtant si inconfortable mais si riche.
Challenge Variété 24 (catégorie "un livre écrit par un auteur que vous adorez mais que vous n'avez pas encore lu")
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Millencolin
  18 avril 2019
Tout comme pour le maitre du haut château, me voilà déçu par un autre roman de Dick qui me paraissait pourtant fort intéressant. Et intéressant, il l'est pour ceux qui veulent mieux comprendre les problèmes psychologiques que l'auteur a lui-même connu de son vivant, tout en préférant la SF quand celle-ci s'approche beaucoup de la littérature générale.
Pour ma part, je me suis ennuyé.
Dick prend son temps pour construire son décor, pour présenter ses personnages et le contexte, et il le fait bien, là-dessus je n'ai rien à redire. Mais voilà, je ne me suis jamais attaché à aucun de ces personnages, je les ai trouvé froids, peu charismatiques, limite énervants. Les enjeux ne m'ont pas franchement captivé non plus. le bouquin tourne essentiellement autour d'un événement majeur, clé de voute de l'intrigue générale, qui n'a éveillé en moi aucun intérêt, aucune excitation.
Je ne vais pas m'étendre sur le sujet, mais j'ai trouvé que tout était trop long et trop lent, que Dick se concentrait davantage à nous narrer des tranches de vie de colons sur Mars.
Et encore une fois, il le fait bien, mais je dois avouer que ce n'est pas du tout cet aspect que j'aime chez cet auteur. Je trouve qu'il y avait tous les ingrédients pour justement partir dans les délires réél / irréel dans lesquels il excelle comme dans le Dieu venu du Centaure ou Ubik.
En tout cas, j'ai pu découvrir un peu mieux Philip K. Dick, et confirmer l'idée que j'avais déjà de lui, à savoir qu'il était un très grand écrivain.
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Pyjam
  13 août 2015
2004, sur une Mars fantasmée, vivent tant bien que mal des colons à la recherche d'une nouvelle vie, loin d'une Terre polluée et surpeuplée. Arnie Kott, sur Terre un plombier, sur Mars le chef tyrannique d'une compagnie de fourniture d'eau, règne sur la colonie. Quand il apprend que Manfred, un enfant autiste, pourrait avoir des visions du futur, il y voit une nouvelle source de profit. Il fait appel à Jack Bohlen, réparateur de son état, et lui-même ex-schizophrène, l'homme idéal pour « réparer » Manfred et le transformer en une machine à lire l'avenir.
L'histoire évoque étrangement une colonie américaine des années 60 dans l'Afrique des années 20, transposée sur Mars au début du XXIè siècle. Il ne faut pas s'en étonner quand on sait qu'en 1964, malgré son prix Hugo tout récent, Dick ne parvient à vendre aucun de ses romans de littérature générale.
Mais travestir la réalité n'est pas un problème pour un auteur comme Dick, si bien que la littérature de SF devient pour lui un moyen de gagner sa vie en publiant une série d'oeuvres atypiques d'une originalité et d'une qualité littéraire inhabituelle pour le genre et qui finalement assoiront sa réputation.
De prime abord, Glissement de temps sur Mars délire beaucoup moins que les oeuvres par lesquelles Dick est connu comme Ubik. On y retrouve la qualité littéraire du Maître du Haut-Château mais avec des personnages plus réussis et une histoire plus intéressante. le roman contient bien quelques idées étranges, mais on est très loin des délires qui domineront jusqu'à la fin de la vie de Dick. C'est donc un roman plutôt soft, proche de la littérature générale, et où transpirent surtout l'immense amour de Dick pour ses personnages. C'est ce qui selon moi lui donne tout sa qualité.
Avec le recul, Glissement de temps sur Mars apparait comme l'une des cinq oeuvres majeures de Dick avec Ubik, Substance Mort, Blade Runner, et le Dieu venu du Centaure.
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LeCombatOculaire
  06 mars 2017
Plus qu'un roman de science fiction, ce livre s'attarde particulièrement sur les thèmes des troubles mentaux comme ceux cités au-dessus. Philip K. Dick, lui-même suspecté autiste et schizophrène, tente de faire plonger le lecteur dans cet état d'esprit si particulier, traumatisant et complexe qu'est l'isolement total, la vision altérée du monde et la peur panique. Plus encore, il fait agir cette réalité intime et personnelle sur la réalité globale et montre à quel point cela peut être handicapant pour vivre normalement. Même si les études et la recherche ont bien avancé depuis les années 60 (date d'écriture du roman), on sent que c'est un sujet épineux qui fait polémique et que même aujourd'hui, la seule solution semble la camisole et l'enfermement, physique ou chimique.
Mais l'auteur va plus loin en faisant interagir le jeune autiste avec les anciennes colonies martiennes, des êtres bizarres avec une certaine spiritualité, que l'on pourrait comparer avec les cultures américaines natives. Car ceux-ci peuvent communiquer par télépathie, voient le temps d'une autre manière et trouvent les humains beaucoup trop agressifs, pressés et désagréables. Eux-même peuvent être catalogués, selon les critères en vigueur, d'individus autistes et schizophrènes.
Le thème des réalités parallèles est de nouveau le pilier de ce roman de Philip K. Dick, et les grandes perturbations, les glissements, sont plutôt bien amenés et vraiment troublants. On n'entre toutefois pas trop loin dans la psychose et le questionnement, ceux-ci sont simplement effleurés - si l'on compare avec d'autres de ses livres -, juste le temps d'entrevoir un cauchemar absolu par le trou de la serrure.
Une autre réflexion est celle de la société livrée à elle-même, de la solitude, de la prise de pouvoir par la force et la ruse. On retrouve beaucoup de la paranoïa ambiante que l'auteur aime à disséminer ici et là dans la plupart de ses livres. Mais surtout, on trouve des prémices de ce qui sera plus tard Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? avec la présence des machines semi-humaines et la question de l'autisme, lequel peut être évalué à partir de certains tests. En tout cas, ce qui est plutôt bien vu de la part de Philip K. Dick, c'est d'aborder le sujet de plusieurs points de vue, et de ne pas tomber dans le piège de faire des personnes considérées "anormales" des monstres ou des héros avec super-pouvoirs, mais seulement de rendre compte des faits et de ce que peut être leur monde intérieur. Et surtout, il s'agit clairement ici de singularités apportées par la société moderne, la négligence de l'humain, et la pression mise sur les individus. Même si je regrette évidemment que l'enfant autiste soit tout de même utilisé à mauvais escient, la fin du livre m'aura un peu réconfortée.
(voir la critique intégrale sur le blog)
Lien : http://lecombatoculaire.blog..
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Vance
  04 août 2013
Sans être passionnante, cette lente description d'un univers triste surprend par sa linéarité et son manque d'enjeux : on attend l'élément qui reliera toutes ces lignes de vie et leur donnera un sens dans une intrigue plus conséquente que la dégradation d'un système condamné. Survient alors le projet d'Arnie Kott, d'une trivialité confondante, mais qui s'évertue à anticiper un gigantesque projet foncier. [...]
Puis intervient LE moment où la réalité bascule, avec le récit. de perceptions illusoires en réitérations subjectives, le destin de chacun se fissure, se fragmente et finit par s'amalgamer autour de la seule volonté de Manfred qui, d'objet de convoitises devient le manipulateur malgré lui. Rien de messianique néanmoins, ou d'apocalyptique : l'interprétation d'Héliogabale, le truculent majordome bleek (c'est-à-dire Martien d'origine) d'Arnie, permet de comprendre assez aisément les tenants et aboutissants de ces réalités qui s'entrechoquent, de ces points de vue qui remodèlent le réel, altérant les sensations, masquant des événements et en soulignant d'autres.
Pas de conflit interplanétaire à l'horizon, pas d'Armageddon même si l'avenir d'une planète risque de se jouer sur la simple volonté d'un gamin qui ne veut plus se voir mourir. Les habitués des lectures dickiennes, pourtant rompus aux « glissements de temps » et aux réalités déphasées, seront forcément décontenancés par la structure de l'ouvrage qui, malgré quelques signes avant-coureurs (des réminiscences schizophrènes de Jack), concentre sa rupture dans le réel sur le dernier quart, avant une fin également déroutante.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   07 avril 2012
La période "martienne" de Philip K Dick couvre les deux années 1963 et 1964, "Glissement de temps sur Mars" en est l'aube, "Simulacres" (1964) le crépuscule. Entre-temps sera sorti le texte "martien" définitif "Le dieu venu du Centaure" (1964). Ces livres ne manquent pas de commentaires pertinents qui dépendent du point où l'observateur place son regard : le sociologue sera sensible à la lumière perçante que Philip K Dick jette sur la société de son temps, il repérera alors dans ces pages une description minutieuse de l'état d'aliénation absolue des membres de la société américaine, vue de la position excentrée de l'écrivain de science-fiction étranger aux circuits de production groupaux.
[...] Le psychologue percevra à travers les lignes une représentation de l'état émotionnel de l'auteur lui-même, les traces d'une lutte - réussie pour un temps - contre la dépression, et qui se brisera brusquement en 1970, après la parution de " Au bout du labyrinthe"...
(extrait de la postface " La planète Mars de Philip K Dick" par Marcel Thaon)
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   06 mars 2017
Rongeasse. Je me demande... Rongeasse pourrait-il définir le temps ? La force qui pour ce gosse représente le pourrissement, le délabrement, la destruction, et finalement la mort ? La force qui s'exerce partout, sur tout ce qui se trouve dans l'univers. Est-ce qu'il ne voit que cela ? Dans ce cas, pas étonnant qu'il soit autiste, pas étonnant qu'il soit incapable de communiquer avec nous. Une vision aussi partielle de l'univers - ce n'est même pas une vision totale du temps. Car le temps donne également l'existence à de nouvelles choses, c'est aussi le processus de maturation, de croissance. Est-il malade parce qu'il voit cela ? Ou l'observe-t-il à cause de sa maladie ?
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MillencolinMillencolin   11 avril 2019
Il y a dans ce suicide quelque chose d'énorme. La mort elle-même possède une telle autorité. C'est une transformation aussi impressionnante que la vie elle-même, et qu'il nous est bien plus difficile à comprendre.
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MillencolinMillencolin   11 avril 2019
Tout finit par s'abîmer ; rien ne dure. Le changement est la seule constante de la vie.
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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   06 mars 2017
La machine-Whitlock était un monsieur âgé aux cheveux blancs qui s'exprimait avec un accent, peut-être celui du Kansas... Il était fort aimable et laissait les autres s'exprimer. Il s'agissait d'une machine de type tolérant, n'ayant rien des manières bourrues et autoritaires du Portier Coléreux. En fait, pour autant que Jack pût en juger, c'était une combinaison de Socrate et de Dwight D. Eisenhower.
« Les moutons sont amusants, déclara la machine-Whitlock. Regardez donc la façon dont ils se comportent quand vous leur lancez un peu de mangeaille par-dessus la barrière, par exemple des épis de maïs. Eh bien, ils peuvent les repérer à un kilomètre de distance. » La machine émit un petit rire.
« Ils sont très malins, dès que leur intérêt est en jeu. Et cela peut nous aider à comprendre ce qu'est véritablement l'intelligence. Ce n'est pas d'avoir lu un tas de gros livres, ni de connaître des mots très longs... C'est d'être capable de repérer ce qui nous est profitable. C'est bien utile d'être vraiment malin. »
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*** Évangile selon Matthieu 7.13-14.
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