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EAN : 9782330072803
333 pages
Éditeur : Actes Sud (04/01/2017)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.8/5 (sur 127 notes)
Résumé :
N’en déplaise à l’ingrate postérité, la célèbre Sonate à Kreutzer n’a pas été composée pour le violoniste Rodolphe Kreutzer, qui d’ailleurs ne l’a jamais interprétée, mais pour un jeune musicien tombé dans l’oubli. Comment celui-ci est devenu l’ami auquel Beethoven a dédié l’un de ses morceaux les plus virtuoses, voilà l’histoire qui est ici racontée.
Au début de l’année 1789 débarquent à Paris le violoniste prodige George Bridgetower, neuf ans, et son père, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  03 avril 2017
George Augustus Polgreen, fils de "Frederick de Augustus Bridgetower de Bridgetown, prince d'Abyssinie”, un prodige du violon âgé de neuf ans.
Le père étant premier page du prince austro-hongrois Esterhazy, le petit passe son enfance dans un palais, au coeur du domaine Esterhaza, où les moyens sont riches pour parfaire son éducation musicale. Haydn, le Kapellmeister de la cour est son maitre. Mais rien n'arrête le père ambitieux, qui, calquant sa conduite sur l'exemple du duo, père-fils, Leopold-Wolfgang Amadeus Mozart, se lance sur leur traces dans une Europe où la notion de " Liberté " commence à s'éclore. Nous sommes en avril 1789, à la veille de la révolution française, à Paris.
Formidable aventure dans cette Europe dans l'effervescence des Lumières pour un Négre de la Barbade et son fils mulâtre et nous lecteurs, mélomanes ou non à la découverte du monde musical de l'époque étroitement lié à la politique, avec ses mécènes,ses concerts, ses compositeurs dont le Chevalier de Saint-George, surnommé le Mozart Noir, ses musiciens, le célèbre violoniste Rodolphe Kreutzer.....et un Paris où défilent des personnages historiques, le général Dumas (père de l'écrivain), Jefferson, Condorcet, Lavoisier...et d'autres, un Paris où le pain manque mais pas les concerts....
Ce n'est que le début.....
Le fond de ce livre qui retrace le parcours initiatique d'un violoniste virtuose tombé dans l'oubli, traite avant tout des multiples visages de la condition noire en Europe et dans les colonies. Etre noir ou métisse, même faisant parti de l'élite noire, qui existe bel et bien au sein de l'aristocratie européenne, est difficile. Dans le cas du père-fils, l'aristocratie du génie musical du fils comble l'origine mulâtre et leur permet d'accéder aux plus hautes sphères de la société. Mais...le père traine un passé d'esclave qu'il veut effacer à tout prix, restant dans le mensonge. Un mensonge, que le fils au parcours plus lisse dû à son talent, peine à comprendre.
Un livre aussi sur les multiples contradictions humaines; celle du père, à découvrir dans le livre; celle de l'américain Thomas Jefferson, l'homme qui rédige la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis, "un hymne à la liberté", mais en vérité un raciste et un hypocrite; celle de Louise de Keralio,femme "émancipée", propriétaire d'un journal, qui lutte pour la liberté des Noirs mais la nie pour ses consoeurs......"La liberté" une notion décidément encore abstraite à l'époque ....
Un fond de musique classique également riche sans tomber dans le pédant; étonnant pour quelqu'un qui d'après ses propres mots, n'y connaissant pas grand chose, prit des cours de "music appreciation ", étudiant un peu le baroque, le classique et la musique romantique, pour avoir l'air de savoir un peu de quoi il parlait.
Quand au titre qui a inspiré ce livre à Dongala, l'explication arrive à la fin. C'est l'originalité du livre et une belle surprise pour qui ne le connaît pas déjà .
Une histoire foisonnante à plusieurs facettes que j'ai dévoré. Également beaucoup apprécié la prose de Dongala que je découvre avec ce premier livre grâce à la critique d' Isabelleisapure qui m'a séduite.



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Kittiwake
  03 juin 2017
Un voyage musical à travers l'Europe de la fin du dix-neuvième siècle. Mozart fait parler de lui tandis que Beethoven dérange ses auditoires par l'audace de ses créations. Les renommées se font et se défont au gré des mondains et mondaines qui reçoivent les artistes dans leurs salons privés.
Nous suivons l'itinéraire d'un personnage qui renaît des cendres de l'oubli sous la plume d'Emmanuel Dongala. L'homme est un curieux lascar, qui se sert de l'ignorance de ses contemporains pour agrémenter sa carte de visite de titres honorifiques improbables, mais crédibles si' l'on se réfère à sa couleur de peau. Il est en réalité descendant affranchi d'une famille d'esclaves de la Barbade.
Son arbre généalogique fluctuant est un sésame pour promouvoir les talents de son fils prodige , le jeune George Bridgetower, à peine âgé de dix ans lorsque le récit commence. George est un virtuose du violon, qui impressionne son public autant par ses dons d'interprète que par la grâce de ses traits de métis.

Comment en viendra-t-il à croiser le chemin de la fameuse sonate à Kreutzer? C'est ce que nous narre Emmanuel Dongala dans un roman historique documenté.
C'est très instructif, et comme souvent à la lecture de romans dont le thème est musical, on ne résiste pas à l'envie d écouter ou de ré-écouter la célèbre sonate.
Un bémol sur l'écriture, irréprochable, mais trop convenue, en particulier en ce qui concerne les dialogues (on imagine mal une servante d'hôtel, à peine pubère, user de « préalablement » dans ses échanges avec le jeune musicien). Et cette écriture techniquement parfaite, est un peu soporifique, au point de limiter les temps de lecture vespérale, avec le risque de se retrouver endormie, lumières allumées, semi-assise et la tête ballante, entre deux pages.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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isabelleisapure
  31 mars 2017
Avec ce roman très étayé sur le plan historique, Emmanuel Dongala nous dresse le portrait de George Bridgetower que nous découvrons à l'âge de neuf ans, en 1789, lorsque son père Frédérick de Augustus Bridgetower, un Noir, originaire de la Barbade quitte l'Autriche, bien décider à présenter son fils, violoniste virtuose, au tout Paris mélomane.
Très vite, la réussite est au rendez-vous, et père et fils rencontrent tous les grands noms des milieux intellectuels et politiques. George se fait de nombreux amis artistes et scientifiques, et découvre avec bonheur et émerveillement la vie à Paris.
Les grondements de la foule en ce mois de juillet 1789 précipiteront leur départ à Londres, où le jeune George, avec toujours le même succès, parviendra à s'émanciper de la tutelle de ce père ô combien encombrante.
Poursuivant sa quête de célébrité, il revient à Vienne où il côtoie les plus grands compositeurs et interprètes.
Ce livre est un régal. La musique l'habite de bout en bout à travers les rencontres du jeune George avec Mozart, Haydn, ou encore Beethoven.
Nous y croisons également quelques grandes figures tels Condorcet, Olympe de Gouges ou encore Camille Desmoulins.
La simplicité de l'écriture et le rythme de la narration maintiennent l'intérêt du lecteur malgré la complexité du récit, passant du parcours mouvementé d'un enfant célèbre à l'observation approfondie de son évolution tant psychologique que musicale.
« La sonate à Bridgetower » fait, à mon sens, partie de ces grands livres qui savent nous distraire tout en nous instruisant.
A lire absolument que l'on soit mélomane ou pas.
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carre
  25 avril 2020
Un vrai bonheur de lecture, Emmanuel Dongala nous conte l'histoire d'un jeune mulâtre virtuose du violon qui va côtoyer les plus grands du début de la révolution française puis en poursuivant son incroyable destin à Londres puis à Vienne. de cette incroyable histoire c'est bien sûr de la condition des noirs que Dongala décrit en filigrane son récit. C'est brillant (quelle écriture !), c'est passionnant, ce récit d'apprentissage, d'émancipation mérite largement de figurer dans votre bibliothèque. En tout cas, dans la mienne elle a déjà une place de choix.
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kitou94170
  28 octobre 2018
Passionnant, tout simplement passionnant le dernier roman d'Emmanuel DONGALA ! Premier roman que je lis de lui, « La sonate à Bridgetower » est une belle surprise pour moi aussi bien dans la découverte de cette histoire que celle de l'auteur.
En 1789, George Bridgetower, jeune violoniste prodige de 9 ans, débarque à Paris avec son père, Frédéric Bridgetower, homme noir issu de la Barbade.
Arrivant d'Autriche où son fils a suivi l'enseignement de Haydn, Frédéric Bridgetower, ambitieux, obnubilé par le parcours de Léopold Mozart et de son fils Amadeus, est bien décidé à trouver fortune et gloire grâce à George, quitte à exploiter jusqu'au bout et sans le moindre remord le talent de son fils. Très vite la réussite est au rendez-vous tant le génie de ce jeune garçon « métis» fascine les salons de la noblesse.
Mais alors qu'enfin les soucis financiers s'éloignent, l'Histoire va les rattraper. Dans ce Paris hautement intellectuel, l'agitation couve et les esprits s'échauffent. Dans ces mêmes salons, le duo va bien vite croiser quelques figures emblématiques de la révolution mais également d'illustres scientifiques : Camille Desmoulins, Condorcet, Lavoisier, Olympe de Gouge, Théroigne de Méricourt…. A travers le Général Lafayette et Thomas Jefferson de passage en France, l'abolition de l'esclavage enflamme les débats… et la marche révolutionnaire du peuple commence ….
Pour les Bridgetower, il est plus que temps de fuir, direction Londres. En Angleterre, le jeune Georges rencontrera le même succès mais surtout parviendra enfin à s'émanciper de la tutelle plus qu'encombrante de ce père, grâce notamment à la protection du Prince de Galles.
Après plusieurs années passées en Angleterre, le violoniste devenu un magnifique jeune homme décide enfin de retourner à Vienne pour revoir sa mère et son jeune frère. C'est ainsi qu'en Autriche, continuant son cheminement vers le succès il va rencontrer Beethoven. Rencontre qui donnera naissance à cette fameuse Sonate qui a inspiré ce livre.
Ce n'est pas seulement un véritable voyage musical dans ce siècle des Lumières que nous fait vivre Emmanuel Dongala. A travers le travail de recherche documentaire accompli, c'est aussi une vraie leçon d'histoire qu'il nous livre sur l'époque mais également sur les multiples facettes de la condition des noirs (métisses, noirs, libres ou esclaves) en Europe et dans les colonies au XVIIIème siècle. C'est pour cela que nous suivons avec un immense plaisir le périple de ce duo.
C'est également un véritable hommage que rend l'auteur à ce brillant artiste tombé totalement dans l'oubli et pour lequel le grand Beethoven a écrit la sonate pour violon et piano n°9 en la majeur qui devint la sonate à Kreutzer.
Pour tous les amoureux de la musique ou pas, les passionnés d'histoire et notamment du siècle des Lumières, le bonheur est complet ! Ce livre est fait pour vous !
Quant à moi, je vais sans aucun doute pouvoir continuer à explorer le talent de cet auteur à travers d'autres de ses romans.
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Citations et extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
luocineluocine   23 septembre 2020
vant de les vendre, on castrait les garçons et les hommes dans des conditions effroyables. L’opération était si barbare que très peu y survivaient : pour un rescapé, une douzaine trépassait (… )
Frédérick de Augustus était médusé. Il connaissait les horreurs de l’esclavage transatlantique, mais personne auparavant ne lui avait raconté l’esclavage arabo-musulman, tout aussi horrible, pire peut-être, sur certains aspects. Surtout, il ne trouvait aucun sens économique à cette castration qui provoquait la mort de tant d’esclaves. Il avait posé la question à Soliman qui lui avait répliqué :
- Vois-tu, ces esclavagistes-là ne raisonnent pas comme ce que ton père a connu dans les Caraïbes. Pour ces derniers, que les esclaves se reproduisent est souhaité et même encouragé car essentiel pour leur prospérité. C’est comme avoir du cheptel ; plus il se multiplie, plus le propriétaire devient riche. Cette logique économique n’existe pas chez les négriers arabo-musulmans, obnubilés qu’ils sont par la crainte de voir ces Noirs prendre souche et avoir des relations sexuelles avec les femmes des harems dont ils sont les gardiens et les serviteurs. Il fallait donc en faire des eunuques, c’est-à-dire les castrer. Pire encore, comme eux-mêmes ne se privaient pas de violer les esclaves noirs, les enfants qui en résultaient étaient systématiquement éliminés ! (…)
Pose-toi la question mon cher Frédérick, comment expliques-tu aujourd’hui la présence d’une population noire aussi nombreuses dans les Amériques alors que dans les sultanats et les candidats, malgré la masse innombrable qui y a été importée, ce n’est pas le cas ? Où sont passés tous ces Noirs qui ont traversé la mer Rouge en direction de la péninsule arabique, entassés dans des boutres dans les conditions les plus atroces ? Crois-tu qu’ils ont tout simplement disparu comme ça dans un immense trou noir ? Non. C’est le résultat de ces pratiques ignominieuses. Castration et infanticide !
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luocineluocine   23 septembre 2020
Et cette vogue du violon ! Un instrument au son criard, dur et perçant. Qui n’a ni délicatesse ni harmonie et contrairement à la viole, à la flûte ou au clavecin, est fatigante autant pour l’exécutant que pour celui qui écoute.
-Désolé, monsieur, lui rétorqua son jeune contradicteur, cette prédominance du violon est là pour rester. Vous savez pourquoi ? Parce qu’à lui tout seul, il peut être l’instrument principal d’un orchestre.
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luocineluocine   23 septembre 2020
Ici, les amateurs de musique, en particulier les habitués du Concert Spirituel, venaient autant pour se montrer que pour apprécier la musique. En grande tenue, ils ne se gênaient pas pour jaser pendant l’exécution d’un morceau ou même pour exprimer leur opinion à haute et intelligible voix.
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luocineluocine   23 septembre 2020
Ne te fais pas d’illusions sur les Viennois. Ces gens-là sont superficiels. Tant qu’on leur donne de la bière et de la saucisse, ils se tiennent tranquilles.
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BookycookyBookycooky   03 avril 2017
Il ôta ses chaussures, posa ses pieds sur la tablette et cala confortablement son dos dans le fauteuil, ouvrit le livre qu’il avait toujours entre ses mains et attaqua la première phrase. Il avait le culte des premières phrases, elles étaient pour lui la porte qui permettait d’entrer dans l’univers que proposait l’auteur. Pour lui, une porte d’entrée devait être facile à ouvrir ; de même, la première phrase d’un livre devait être simple, claire et belle.....
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