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EAN : 9782756018805
63 pages
Éditeur : Delcourt (20/05/2009)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Parce qu'il fallait dépasser les capacités humaines, la science les a fabriqués. Parce qu'ils étaient incontrôlables, l'armée les a rejetés. Parce qu'ils se battront de la Marne à Verdun, la France en fera ses plus grands héros.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Alfaric
  22 décembre 2016
La France regorge de talents, mais il y a pénurie de décideurs pour permettre à leurs projets d'aboutir (mentalité IIIe République : être rentier, pas entrepreneur). du coup, il faut s'expatrier pour trouver chaussure à son pied… le projet rétrofuturiste consacré au personnage d'Ironman ayant été recalé par Marvel Comics, le talentueux Xavier Dorison a décidé de transformer son projet et on se retrouve avec les détournements grimdark de Captain American, Ironman et Rocketeer dans un mélange entre "Les Sentiers de la gloire" de Stanley Kubrick (vous savez, ce film interdit en France jusqu'en 1975 parce qu'il fallait laisser tranquille les bouchers de la WWI et de la Guerre d'Algérie) et "Robocop" de Paul Verhoeven (vous savez, le film qui parodiait l'agonie de la ville de Détroit euthanasiée par les remèdes de chevaux des Chicago Boys néolibéraux) !
On passe donc du cyberpunk au dieselpunk et on sent les influences des comics punk du magazine anglais 2000 A.D., qui était entré en résistance avant de déclarer la guerre à Margaret Thatcher : c'est violent voire gore, désespéré voire nihiliste, et dès qu'un soupçon d'espoir et d'amitié pointe le bout de son nez les auteurs décapitent toute tentative de faire preuve d'héroïsme en plongeant la tête des personnages dans toute la noirceur du monde… Gabriel l'humaniste est devient le premier exemplaire d'un machine à tuer, Djibouti le brave légionnaire est bien conscient d'être devenu un boucher accro à la violence, le Baron Hubert Marie de Clermont qui n'est qu'honneur militaire découvre les horreurs de la sale guerre… Et des milliers d'hommes meurent tandis les crevards continuent en salon leurs petits games of thrones à la con, où avant chaque décision on pèse le pour et le contre pour savoir qui sera loué en cas de réussite et qui sera vilipendé en cas d'échec car il faut offrir ses réussites à ses supérieurs et assumer leurs échecs à leur place… Et l'incorporation d'images d'époque nous plonge dans un contexte que nos ancêtres ont connu et vécu : une guerre totale qui s'enlise pour devenir une guerre d'attrition qui déshumanise, où chaque mètre gagné sur l'ennemi l'est au prix de milliers de vies pour que les crevards ploutocrates puissent compter bien tranquillement leur argent…

Dans ce tome 1, intitulé "Les Moissons d'acier", tout commence au Maroc où le colonel Alphonse Mirreau teste les nouveaux prototypes de son projet Sentinelles menés par un transfuge allemand qui tient autant du Docteur Frankenstein que du Docteur Mabuse… Face à ses échecs répétés, il est mis au placard par son supérieur hiérarchique le général Brouillard, mais il voit dans les travaux de Gabriel Féraud sur les piles au radium la dernière chance de pouvoir compléter la nouvelle étape de son projet Taillefer !
Lorsque durant l'été 1914 le scientifique pacifiste reçoit son ordre de mobilisation, il détruit tous ses travaux ce qui l'oblige Mirreau à envoyer Djibouti, un ancien légionnaire lui aussi prototype du projet Sentinelles, pour le ramener du front quel qu'en soit le prix… Tandis que Mirreau court-circuite Brouillard en jouant la carte du défenseur de Paris Galliéni, Djibouti parvient réussi à exfiltré son protégé, mais pas en un seul morceau… On laisse alors le choix au scientifique pacifiste entre garder ses convictions et revenir chez lui amputé des quatre membres, ou renier ses convictions et repartir au front en tant que nouveau fer de lance des armées de la République Française : Gabriel Féraud est mort, vive Taillefer !!!
Belles qualités et chouette potentiel pour cette série mais je n'ai mis que 3 étoiles seulement à ce gros tome d'introduction : j'ai été pris à froid par les partis-pris grimdark d'autant plus qu'on joue volontiers sur les stéréotypes pour mieux les détourner (le militaire carriériste, le savant fou), et de manière abrupte parfois
comme ce passage où Taillefer massacre une patrouille allemande parce qu'il pensait que les soldats allemands s'apprêtaient à violer une femme, alors qu'en fait ils la retenaient de se jeter dans les flammes pour sauver son enfant prisonnier d'un incendie…
Tout le monde n'aimera pas les dessins et les couleurs de l'artiste argentin Enrique Breccia, mais son travail colle parfaitement aux ambitions de la série. Et mention spéciale aux clins d’œil, notamment à "V pour Vendetta" ! ^^
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LycJeanFrancoisMilletCherbourg
  12 décembre 2014
J'ai apprécié cette bande dessinée et je la recommande car la Première Guerre mondiale est abordée mais romancée. le thème principal abordé selon moi est la guerre et je m'intéresse beaucoup à l'Histoire du 20e siècle. L'écriture propre à beaucoup de bandes dessinées est lisible et correspond bien au thème, elle est violente et accroche le lecteur. Il n'y a presque pas de cartouches, c'est une histoire racontée presque totalement par les personnages. L'histoire se suit mais quelques fois, sur la même page, on peut changer de scène, de lieu, ce qui est troublant et nous pouvons nous rattraper qu'au texte pour suivre car lors de changements de scènes, les images ne sont pas claires, lisibles. Les graphismes sont très intéressants, ils donnent une impression de réalisme et d'une colère impressionnante. La plupart du temps, les images sont variées. A l'intérieur d'une seule case, on peut trouver jusqu'à 9-10 couleurs. Je trouve les décors très intenses et importants, beaucoup de zooms sont faits sur des visages, parties du corps ou même des objets comme par exemple à la page 17 où le dessinateur a zoomé sur une tête, une jambe ou encore une main.. Les images sont destinées d'après moi à un but informatif, elles rajoutent un support au texte mais sont secondaires par rapport au texte, sauf à la page 46, où il n'y a qu'une case et juste une cartouche de deux mots pour la page entière. La lecture m'a motivé et j'avais envie de lire au fur et à mesure que l'histoire avançait.
J'ai rencontré quelques difficultés car il y a beaucoup de désordre entre les vignettes et quelque fois, nous avons du mal à nous repérer. J'ai eu aussi beaucoup de mal à entrer dans l'histoire mais lors que je l'ai compris, j'aimais beaucoup ce que je lisais. La fin n'était pas du tout prévisible, et il y a un tome 2 donc l'histoire n'est pas encore terminée.
Cette bande dessinée est très réaliste mais un peu fictive, ce qui ajoute un peu d'imagination et de fantaisie. La guerre est très bien représentée et violente. Cette bande dessinée est parfaite pour les amateurs d'histoire surtout s'il sont intéressés par la Première Guerre mondiale.
Aurélien B.
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Yvan_T
  21 novembre 2020
Dorison situe ce récit historico-fantastique pendant la première guerre mondiale. Un contexte de guerre qui est propice aux recherches et inventions scientifiques et c'est donc de manière plausible que le lecteur se retrouve au milieu de savants fous et de militaires sans scrupules cherchant à créer l'arme parfaite.
L'idée de créer un super-soldat, mi-homme/mi-machine, n'a rien d'innovant en soi, mais le fait d'insérer cet élément fantastique dans le contexte historique de la guerre 1914-18 est assez original. Cette revisite du mythe du super-héros au sein de la première guerre mondiale est assez réussie, même si personnellement j'aurais plutôt vu les Etats-Unis ou l'Allemagne à l'origine de cette arme absolue.
Au niveau du dessin, l'artiste uruguayen Enrique Breccia livre un travail également assez surprenant. Son dessin colle cependant très bien au chaos de la guerre et au côté «savant fou» du récit. La mise en page de ce premier volet de plus de 60 pages est également excellente, par contre je ne raffole pas trop de cette colorisation datant d'une autre époque.
Un début de série prometteur publié par les éditions Robert Laffont.
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doran40
  14 novembre 2020
Un premier tome au goût de Marvel avec la création d'un héros à la française pendant la période de la première guerre mondiale. le scénario de Dorison est très pointu avec des personnages ayant des caractères très différent. L'ensemble est assez violent et plutôt sombre ce qui correspond bien à la période.
Les traits de Breccia retrace bien cette noirceur et cette violence omniprésente. Graphiquement c'est un premier tome assez agréable à feuilleter qui reste très différent de ce qui s'est fait jusqu'à présent sur la première guerre mondiale. Ici les auteurs n ont pas eu peur de montrer l'horreur.
Personnellement j'ai beaucoup aimé et j'ai assez hâte de connaître la suite. le fait que le scénario est une pure fiction rajoute beaucoup à l'intérêt porté à cette bd.
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Erik_
  01 septembre 2020
Les sentinelles, c'est l'histoire de la Première Guerre Mondiale revisitée par Xavier Dorison qui introduit subtilement des éléments de science-fiction à travers une arme secrète. C'est le récit étonnant d'un homme métallique à la manière d'un Frankenstein qui serait susceptible de faire basculer le cours de la guerre.
Outre que l'idée pas bien nouvelle soit géniale, c'est la façon de l'imbriquer dans une intrigue à caractère historique qui m'a le plus surpris. Bref, il y aurait presque de la crédibilité dans ce récit ponctué de photos d'archives d'époque. C'est du grand art ! On ne peut que souligner le génie créatif de Dorison. Il s'est d'ailleurs adjoint un dessinateur de talent qui a su réintégrer les codes d'un dessin jauni dans un parfait mélange rétro science-fiction.
Nous avons là une oeuvre contemporaine qui allie parfaitement le passé et le présent jusque dans sa technique. J'ai littéralement adoré donc vivement la suite !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
deuxquatredeuxdeuxquatredeux   07 mai 2015
Le seul moyen d'arrêter ça, c'est la victoire. Alors si vous ne voulez pas combattre l'Allemagne, Féraud, combattez au moins la guerre.
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EL-marokinoEL-marokino   04 janvier 2014
vous allez etre un hèros ,papa c'est chouette !vous allez tuer plein d'allemand !
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EL-marokinoEL-marokino   04 janvier 2014
vous n'avez pas le droit de crever pour si peu !
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Erik_Erik_   05 octobre 2020
La mémoire est la sentinelle de l'esprit.
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