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EAN : 9782203148888
72 pages
Éditeur : Casterman (18/09/2019)
4.41/5   567 notes
Résumé :
Rire, c’est déjà ne plus subir.

Quelque part dans la France de l’entre-deux guerres, niché au cœur d’une ferme oubliée des hommes, le Château des animaux est dirigé d’un sabot de fer par le président Silvio… Secondé par une milice de chiens, le taureau dictateur exploite les autres animaux, tous contraints à des travaux de peine épuisants pour le bien de la communauté…
Miss Bengalore, chatte craintive qui ne cherche qu’à protéger ses deux peti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (144) Voir plus Ajouter une critique
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Alfaric
  02 novembre 2019
Depuis que les humains ont quitté le château, les animaux sont égaux et libres dans la nouvelle république qu'ils ont fondée. du moins c'est ce que veulent leur faire croire le président taureau Silvio et les membres de sa garde canine (qui n'ont pas de noms mais des numéros), car certains sont plus égaux et plus libres que d'autres en exploitant leurs prochains sans merci pour conserver le rang et les privilèges qui les placent au-dessus des autres. Les animaux triment dur et crèvent de faim tandis le président et sa clique se gavent en permanence, et donc ce qui devait arriver arriva : l'oie Marguerite lance une révolte au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, et les puissants qui ne comprennent que le langage de la violence la réprime dans un bain de sang sans précédent ! Tandis que Miss Bengalore pense à sa survie et à celle de ses deux chatons et tandis que les animaux terrorisés pleurent leurs morts, le président taureau Silvio lui fête sa victoire en buvant une baignoire de champagne… le pouvoir jubile et pense être tranquille pour longtemps, quand arrive au château le rat va-nu-pieds Azélar qui raconte l'histoire du fakir va-nu-pieds Gandhi qui par la non-violence fit plier le plus puissant empire du monde. Pour le président taureau Silvio, il représente un danger mortel et il envoie sa garde canine régler son sort. Sauf qu'il est sauvé par Miss Bengalore et ses amis, et que pour les remercier il décide de devenir leur coach en « lutte contre la tyrannie » : la dictature le sait pas encore, mais elle est déjà morte ! La révolution à la marguerite est en marche et rien ne l'arrêtera : pour les crevards et les salopards, c'est le début de la fin !!!

On pourrait écrire que "Le Château des animaux" commence là où finissait "La Ferme des animaux" : tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d'autres et en profitent pour asservir peu ou prou tous les autres… Décrire les mécanismes de la tyrannie c'est une chose, trouver le moyen de s'en débarrasser sans haine ni violence, sans mépris ni indifférence c'en est une autre. Nous ne sommes donc ni dans le remake, ni dans la relecture, ni dans la suite du classique de George Orwell, mais dans le récit qu'il aurait dû écrire s'il avait connu le meilleur de l'humanité et non le pire. C'est ainsi que le rat Azélar, la chatte Bengalore, le lapin César et le canard Ruck partent tous ensemble en croisade contre le Grand Capital et la Bête Immonde, ces deux faces de la même pièce. La tâche et rude, le chemin est long et rempli d'embûches, et comme chacun le sait la voie menant vers l'enfer est pavée de bonnes intentions… Parviendront-ils à destituer le président taureau Silvio et sa garde canine (qui roulent des mécaniques devant les animaux mais qui se chient dessus devant les humains) ? To Be Continued !
Je tiens vraiment à signaler que le courage de la veuve Miss Bengalore n'est pas sans rappeler le courage de la veuve Brisby, personnage principal du fabuleux mais méconnu et mésestimé film d'animation "Brisby et le Secret de NIMH" de Don Bluth, tiré du premier tome de la trilogie de Robert C. O'Brien.
Ésope, Jean de la Fontaine et d'autres avaient bien compris que la fable animalière et l'anthropomorphisme avaientt un formidable pouvoir de critique sociale et politique. Et ici les auteurs livrent un travail extraordinaire : le scénariste Xavier Dorison a été consulté ses frères d'armes Alex Alice et Matthieu Lauffray, tandis que le dessinateur Félix Delep s'est rappelé au bon souvenir de son mentir Lewis Trondheim.
Xavier Dorison évoque les tyrans totalitaires, les bouchers de la Terreurs, Fidel Castro, Mouammar Kadhafi et Rouhollah Khomeini, mais pourtant on se surprend à identifier des propos et des postures d'Emmanuel Macron, d'Édouard Philippe, de Christophe Castaner ou de Benjamin Griveaux comme ceux et celles de Donald Trump, de Boris Johnson ou d'Angela Merkel. Comme c'est étrange ? On nous aurait menti à l'insu de notre plein gré ??? Car que font les autoproclamées élites occidentales à part être complices entre autres choses de nettoyage ethnique en Syrie et de crimes de guerre au Yémen ? Diviser pour régner, en espérant voire en priant que la fin du monde subvienne avant la fin de l'hypercapitalisme et de l'ultralibéralisme qui assurent leur rang et leurs privilèges (car comme dirait l'autre, après tout « après moi le déluge »)… Ah ça oui, quel Monde de Merde !

PS : visiblement le scénariste Xavier Dorison dérange certains autant que le conteur Azélar dérange le président taureau Silvio et sa garde canine car ils y en a qui sortent du bois pour le qualifier de sale gaucho porté par une immonde populace sur les réseaux sociaux… bien sûr que j'ai des noms, et ils/elles se reconnaîtront, mais je n'ai aucunement envie de leur faire de la publicité !
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Tostaky61
  09 octobre 2019
C'est en hommage au chef-d'oeuvre de George Orwell, la ferme des animaux, que Delep et Dorison ont créé cette magnifique bande dessinée. C'est ce numéro 1, sous titré Miss Bengalore, qui ouvre la série.
Ici, donc, dans un château abandonné par l'homme, règnent les animaux.
Là où il y a règne, il y a roi. Dominants et dominés.
Et si les animaux n'était que des humains déguisés ?
Toute oppression attise la colère. La colère entraine la rébellion.
Les rois,  quels qu'ils soient, n'aiment pas les rébellions, et s'il faut faire couler le sang pour empêcher une révolution et bien le sang coulera...
Mais... et si il y avait une autre solution pour retrouver la...liberté ?
Bref, si vous aimez les chats, les lapins, les poules, les moutons, les canards, les oies, les chèvres et que sais-je encore, tous les animaux de la basse-cour, si vous aimez les histoires de lutte des classes, si vous ne tournez pas de l'oeil à la vue du sang, et surtout si vous aimez les belles BD, procurez vous sans tarder ce premier opus.
Moi, j'ai hâte de connaître la suite...
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TheWind
  21 février 2021
Un premier tome qui pose le décor d'une République qui n'en a que le nom. Au Château des animaux, un seul fait la loi. C'est le taureau Silvio fort de sa puissance physique et de sa milice composée de dogues peu enclins à s'amuser..
Les autres animaux de cette ferme n'ont qu'à bien se tenir.. Obéir, travailler comme des forcenés et manger à peine à leur faim.
Un jour viendra où l'ordre établi se verra mis à mal.. D'une belle manière !
C'est vraiment une belle BD que nous offrent Delep et Dorison. Un bel objet graphique, un scénario intelligent et bien construit.
Et pour mon plus grand plaisir, une héroïne féline !
Vite, la suite !
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paroles
  06 février 2021
Les hommes sont partis. Seuls restent au château les animaux. La vie pourrait être simple mais la dictature s'est imposée et c'est Sylvio, énorme taureau, entouré de sa meute de chiens de garde, qui fait régner terreur, ordre et soumission. Pas le temps de flâner, il faut travailler sans cesse pour gagner sa pitance et remplir le grenier à provisions. Il en va de la survie de tous. Enfin ce que veut bien faire croire le président Taureau. Mais des idées circulent comme celle qui suggère de « rendre l'injustice visible ». Alors doucement la résistance se met en place. et c'est la chatte Miss Bengalore, aidée d'un rat pacifiste et disciple de Gandhi, qui vont mettre en place une réplique non violente basée sur l'ironie.
Un album qui revisite « La ferme des animaux » de George Orwell en une fable politique.
Le point fort de cette BD est sans conteste le dessin. Les animaux sont magnifiques, leurs expressions superbement retranscrites sans faire appel à l'anthropomorphisme : les animaux restent des animaux. Seules leurs émotions et réactions sont humaines. Certains animaux ont vraiment une gueule, une personnalité, comme ce coq porte-parole du président. Les décors sont remarquables et le château me fait penser au château en construction dans la forêt de Guédelon.
Et du côté du scénario, j'ai beaucoup apprécié le parti pris de non-violence et donc l'hommage rendu à Gandhi, Martin Luther King, Mandela.
« Ces héros étaient prêts à mourir, pas à tuer. »
Une belle surprise recommandée par mon petit libraire, spécialiste de BD et manga, à qui j'avais demandé de me parler de ses derniers coups de coeur. Merci à lui.
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Foxfire
  07 mai 2021
Plus de 100 critiques sur cette B.D, tout a sans doute été dit, je serai donc brève.
Le 1er tome du « Château des animaux » est une très belle réussite. Dorison étant à la manoeuvre, je partais confiante et je dois dire que le résultat est au-delà de mes attentes. S'il s'agit bien d'une variation sur « la ferme des animaux » d'Orwell, le scénariste ne se contente pas d'en proposer une simple nouvelle version, il ne s'agit pas d'une adaptation. En effet, si le récit emprunte bien un point de départ et des éléments du chef d'oeuvre d'Orwell, il apporte également des choses nouvelles. Je ne veux pas trop en dire pour laisser le plaisir de la découverte à ceux qui ne l'auraient pas encore lu mais certains éléments sont vraiment très bien trouvés, je pense notamment à . Si le récit évoque bien les mécanismes totalitaires, le récit va surtout s'intéresser à la lutte contre ce totalitarisme. Cet aspect est particulièrement bien traité grâce à un scénario très bien construit et des personnages remarquablement caractérisés et immédiatement attachants.
La réussite visuelle égale la réussite scénaristique. le dessin de Delep est vraiment très beau. le registre de l'anthropomorphisme n'est pas aussi simple qu'on pourrait le penser de prime abord, c'est même un registre qui peut s'avérer dangereux. En effet, il s'agit de montrer l'humain sous des aspects animaux, il faut donc que les animaux soient expressifs d'une façon humaine, le risque est alors de tomber dans la caricature et le ridicule. Ici ce n'est absolument pas le cas. Les personnages sonnent justes et vrais tout en ayant une grande expressivité et en transmettant beaucoup d'émotions. La colorisation est subtile et accompagne joliment l'ensemble.
Dorison et Delep signent là une très belle fable animalière dont j'ai hâte de lire la suite.
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critiques presse (5)
BoDoi   12 décembre 2019
Un récit qui, s’il n’a pas le mérite premier de l’originalité, a celui de l’efficacité et du plaisir de lecture. Grâce en soit rendue au jeune Félix Delep, qui signe ici sa première bande dessinée, dans un style classique et léché, avec une maîtrise digne des vétérans du franco-belge.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Actualitte   13 novembre 2019
Autant d’animaux, autant d’expressions rendues avec une justesse incroyable, et un pouvoir d’empathie qui captive le regard. [...] Premier volume de quatre prévus, Le château des animaux porte une voix singulière, dans un monde en proie aux révoltes, des plus destructrices aux plus quotidiennes.
Lire la critique sur le site : Actualitte
BDZoom   23 septembre 2019
Revisitant tant Orwell (« La Ferme des animaux », 1945) que l’esprit caustique de la fable animalière, ce premier chapitre d’une tétralogie fait mouche avec un graphisme de toute beauté et son invitation à réfléchir sur l’évolution politique de nos sociétés actuelles.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BDGest   17 septembre 2019
Il faut avouer que pour sa première bande dessinée, Félix Delep force l'admiration. Un sans-faute pour ce jeune dessinateur avec ses illustrations de toute beauté : un bestiaire caricatural expressif et dynamique s'anime dans un découpage travaillé et une mise en scène étudiée avec sérieux.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   27 août 2019
Ce premier tome est une grosse surprise, d'une rare beauté et d'une efficacité étonnante. Une sortie à ne pas manquer.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
MamaillouMamaillou   10 septembre 2021
Mon cher César, c'est une erreur bien connue de croire que ce que l'on possède et le moyen par lequel on l'a obtenu ne sont pas étroitement liés.
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AlfaricAlfaric   10 octobre 2019
- La liberté n’a jamais nourri personne, et dans ce château, chacun vit sous la menace de la milice des chiens, d’un poteau de justice, d’un séjour au donjon, il n’y a pas un animal de taille face à Silvio. On ne peut rien face à eux. Si seulement ont avait plus de crocs, de pus longues griffes, on pourrait se débarrasser du président et de sa clique…
- … et vous deviendriez comme eux.
- Pardon ?
- Utiliser vos crocs ou vos griffes pour obtenir votre liberté revient à dire que vous espérez récolter une rose en plantant des orties !
- Sauf que je n’ai pas la moindre graine pour planter des roses !
- Vous en avez plus que vous ne l’imaginez. Ils veulent vous faire croire que la vraie force vient de la force physique. C’est faux, elle vient d’une volonté indomptable.
- Vous parlez bien Monsieur Azélar, mais ma « volonté » ne peut pas grand-chose face à dix rangées de crocs ou une paire de cornes !
- Je vous parle de ce que j’ai vu, Miss B… Il est beaucoup plus aisé que vous ne l’imaginez de vaincre la haine par l’amour, le mensonge par la vérité, et la violence… par l’acceptation d’un peu de souffrance. Rendez l’injustice visible. Faites cessez la peur. Ce sont les seuls moyens qui vous sortiront de votre prison. Tous les autres… vous condamneront à jamais. La vraie question n’est pas de savoir si vous pouvez les vaincre… mais si vous le voulez.
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MassLunarMassLunar   01 octobre 2019
Mon cher César, c'est une erreur bien commune de croire que ce que l'on possède et le moyen par lequel on l'a obtenu ne sont pas étroitement liés.
[...]
Vous vouliez mon briquet ? j'ai cru comprendre qu'il vous plaisait... Vous auriez plusieurs moyens de l'obtenir, vous pourriez me le voler , me l'acheter, me supplier de l'avoir, ou devenir mon ami et je vous l'offrirais.
Dans tous les cas, vous obtiendrez ce briquet... mais il deviendrait un vol. Un achat. Une aumône ou un cadeau. Croyez vous vraiment que ce serait le même briquet ?
+ Lire la suite
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cpierre38cpierre38   19 février 2020
-Mon cher César, c'est une erreur bien commune de croire que ce que l'on possède et le moyen par lequel on l'a obtenu ne sont pas étroitement liés.

-Vous, encore une grande phrase comme ça et je vous pends !

-Vous vouliez mon briquet, non ?

-Hein... quel rapport ?

-J'ai cru comprendre qu'il vous plaisait...Vous auriez plusieurs moyens de l'obtenir, vous pourriez me le voler, me l'acheter, me supplier de l'avoir, ou devenir mon ami et je vous l'offrirais.
dans tous les cas vous obtiendrez ce briquet...
Mais il deviendrait un vol.
un achat.
une aumône ou... un cadeau.
Croyez vous vraiment que ce serait le même briquet ?...
+ Lire la suite
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tamara29tamara29   11 avril 2020
Monsieur vieux-gris (le rat) : « Je n’aurai malheureusement jamais assez de ‘’boutons et de carottes’’ pour vous remercier de la hauteur de ce que ce lapin et vous avez fait pour moi, Madame, mais je peux partager avec vous le plus beau des trésors… La liberté. »
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