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EAN : 9782253006213
384 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (07/10/2002)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 484 notes)
Résumé :
L'affection que le jeune Philip nourrit, en dépit de la différence d'âge, pour son cousin Ambroise Ashley le pousse à gagner Florence sitôt que ce dernier, qui a épousé une comtesse italienne, lui écrit pour demander son aide. A peine arrivé, il apprend la mort d'Ambroise et repart sans avoir pu démêler le mystère qui entoure l'existence de la comtesse Rachel. Quand la cousine Rachel rejoint soudain Philip en Angleterre, elle porte à son comble la confusion des sent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (87) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  18 novembre 2018
Fascinant, envoûtant, obsédant...
Bien plus puissant selon moi que "Rebecca", "Ma cousine Rachel" - que je relis avec plaisir quinze ans après ma première découverte - est un roman qui, bien que se déroulant dans les grands vents des landes de Cornouailles, oppresse le lecteur comme le plus efficace des huis-clos.
Une atmosphère victorienne pleine du charme suranné de la campagne anglaise et des codes non moins surannés de sa gentry, à laquelle se mêle le parfum plus capiteux de l'Italie, cette terre de beauté et de mystère si prisée des Anglais. Un manoir qui n'a rien à envier au Manderley de "Rebecca" mais des personnages à la psychologie plus fouillée. Une intrigue associant romance et crime. Voilà quelques uns des ingrédients qui font de ce roman un véritable thriller qu'on a bien dû mal à lâcher et qui nous entraîne dans sa spirale de soupçons et de peurs.
Rachel, personnage féminin complexe qui porte en lui sa part d'ombre et sa part de lumière en égale proportion, séduit et terrifie tour à tour. Daphné du Maurier, avec son style net et précis, et sa verve dès qu'il s'agit de décrire les paysages du littoral chers à son coeur, traite avec finesse et suspense les thèmes du mensonge, de la duplicité et de la schizophrénie.
Encore un beau coup de coeur de cette auteure.

Challenge 1914/1989 - Edition 2018
Challenge PAVES 2018
Challenge PLUMES FÉMININES 2018
Challenge Pyramide II
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diablotin0
  16 mai 2020
Que j'aime me réveiller en me réjouissant de reprendre ma lecture là où je l'avais laissée quelques heures avant. Ce sont ces moments de plaisir que j'ai eu avec "ma cousine Rachel".
Il n'y a pas de doute, ce livre a été écrit au milieu du 20e siècle : 1951. Oui il date, les clichés sur les femmes sont superbement décrits, mais sont-ils si datés que ça ?
J'ai retrouvé l'atmosphère du si célèbre "Rebecca" et j'ai eu autant de plaisir à accompagner Philip dans sa relation avec Ambroise son cousin et Rachel la femme de celui-ci. Cette histoire d'amour est douloureuse, cruelle (pléonasme ?). S'il est arrivé assez souvent que j'ai eu envie d'entrer dans l'histoire pour mettre en garde Philip et lui dire d'ouvrir les yeux, sa naïveté ne m'a jamais agacée comme cela serait sans doute le cas dans la vraie vie ; j'ai en revanche eu mal pour lui ! je me rends compte maintenant que le livre est terminé que j'étais oppressée tout au long de ma lecture.!!...
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missmolko1
  31 octobre 2013
Décidément Daphné du Maurier ne cesse de me surprendre. Après avoir vraiment adoré Rebecca, Ma cousine Rachel est un second coup de coeur.
En même temps, je dois dire que les bases sont les mêmes : un manoir ou domaine en Angleterre, un narrateur jeune et naïf et un second personnage qui cache bien des secrets. Mixez le tout et vous obtiendrez un roman plein de suspense comme seule l'auteure sait les imaginer.
L'écriture est en plus très plaisante et donne une grande fluidité au roman.
Daphné du Maurier sait manier les mots et l'intrigue par petites touches pour emmener les lecteurs a des suspicions, sur des fausses pistes parfois. En tout cas, j'ai été surprise par la fin, je ne m'y attendais pas mais tout bien réfléchi, cela ne pouvait être autrement.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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cecilit
  12 septembre 2015
Pourquoi m'étais-je mis dans la tête que Daphné du Maurier était un auteur pour dames , n'ayant écrit que des romans aux intrigues tièdes , bien pensantes et ennuyeuses ? ?...Bref....parce que j'étais ignorante en fait! C'est en apprenant, il y a peu , que Hitchcock s'était inspiré d'un de ses romans pour réaliser Les Oiseaux ( le livre est d'ailleurs parait-il plus terrifiant que le film) que j'ai décidé de réparer cette lacune ...et j'ai été éblouie par ce roman tout bonnement magistral ! Je n'aurais jamais imaginé plonger dans une atmosphère aussi gothique aussi machiavélique; j'en redemande !
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Arakasi
  14 avril 2016
A vingt-quatre ans, Philip ignore tout de la vie et des femmes. Depuis son plus jeune âge, il a vécu une existence protégée dans un beau manoir des Cornouailles sous la férule bienveillante de son tuteur Ambroise. Mais voilà que son existence est sur le point de changer. Lors d'un voyage à Florence, Ambroise a fait la connaissance de sa cousine Rachel dont il est tombé éperdument amoureux. Après quelques semaines de bonheur idyllique, il a épousé la jeune femme en Italie, au vif mécontentement de Philip qui se voit déjà exclu et rejeté hors du manoir de son enfance. Mais au bout de quelques mois, les lettres d'Ambroise prennent un tour alarmant : celui-ci se plaint de son épouse et de ses amis et accuse même celle-ci de vouloir l'empoisonner ! Affolé, Philip se précipite en Italie mais trop tard : arrivé à Florence, il apprend que son tuteur est décédé d'une tumeur au cerveau et que sa cousine Rachel a disparu.
Rentrant en Angleterre la mort de l'âme, il a la surprise d'y retrouver Rachel, rentrée juste avant lui. le coeur lourd de haine instinctive, il accepte de recevoir la jeune femme dans le manoir dont il a hérité. Et là, surprise ! La cousine Rachel ne ressemble pas du tout à l'atroce marâtre qu'il avait inventée : c'est une femme charmante, spontanée et chaleureuse qui semble sincèrement éprouvée par la mort de son époux. Rapidement, les soupçons de Philip fondent devant sa douceur mais un doute demeure… Ambroise avait-il perdu la tête durant ses derniers jours ou Rachel dissimule-t-elle, derrière son apparence angélique, de noirs secrets ?
En lisant « Ma cousine Rachel », on ne s'étonne pas de la séduction exercée par la plume de Daphné du Maurier sur Alfred Hitchcock qui adapta en son temps deux de ses romans, « Rebecca » et « Les oiseaux ». Quel scénario délicieusement machiavélique ! Quelle finesse dans l'analyse des sentiments et dans l'exploration psychologique des personnages ! Portée par un style au charme suranné et par une ambiance sourdement oppressante, l'intrigue de « Ma cousine Rachel » démarre lentement, puis se déroule anneau après anneau comme le corps d'un gigantesque serpent. Un venin subtil semble sourdre des pages et aller directement au coeur du lecteur. La fin est particulièrement réussie puisqu'elle laisse le lecteur aussi haletant et pétri de doutes que le jeune narrateur. Un seul point noir vient ternir un peu cette virtuosité scénaristique, à savoir la candeur un peu agaçante de celui-ci, souvent bien niais pour un grand dadais de vingt-quatre ans. Défaut assez mineur et souvent propre à la littérature gothique qui ne devrait pas décourager les lecteurs désireux de découvrir l'oeuvre d'une grande romancière, décidément pas assez renommée en France.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
diablotin0diablotin0   16 mai 2020
Il fallait, pour le repos de son esprit, qu'elle me crût heureux. J'avais quitté le pays imaginaire afin qu'elle y entrat. Ainsi, deux êtres ne pouvaient partager un rêve. Sauf dans l'obscurité, comme une feinte, où chacun n'était plus pour l'autre qu'une ombre.
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diablotin0diablotin0   16 mai 2020
Pars si tu veux, dis-je, mais pas tout de suite. Donne-moi encore quelques semaines à garder dans mon souvenir. Je ne suis pas un voyageur. Tu es pour moi le monde.
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WolandWoland   08 février 2012
[...] ... Dans l'ancien temps, on pendait les gens au carrefour des Quatre-Chemins.

On ne le fait plus. Maintenant, quand un assassin paie sa dette à la société, cela se passe à Bodmin, après jugement en due forme aux assises. Je parle des cas où la loi le condamne avant que sa propre conscience ne l'ait tué. C'est mieux ainsi. Cela ressemble à une opération chirurgicale, et le cadavre reçoit une sépulture décente bien que la tombe reste anonyme. Dans mon enfance, il en allait autrement. Je me rappelle avoir vu, petit garçon, un homme enchaîné et pendu au carrefour où se croisent les quatre chemins. Son visage et son corps étaient enduits de goudron afin d'en retarder la corruption. Il resta pendu là cinq semaines avant d'être décroché et ce fut la quatrième semaine que je le vis.

Il se balançait sur son gibet, entre ciel et terre, ou, comme me le dit mon cousin Ambrose, entre ciel et enfer. Il n'atteindrait jamais le ciel et l'enfer qu'il avait connu était perdu pour lui. Ambrose toucha le cadavre du bout de sa canne. Je le vois encore, remuant au vent comme une girouette sur un pivot rouillé, pauvre épouvantail qui avait été un homme. La pluie avait pourri sa culotte, sinon son corps, et des lambeaux de coutil se détachaient, comme des bandes de papier, de ses membres enflés.

C'était l'hiver et un passant facétieux avait enfoncé une branche dans le gilet déchiré, à l'occasion des fêtes. Je ne sais pourquoi cette plaisanterie apparut à mes yeux de sept ans comme le suprême outrage, mais je ne dis rien. Ambrose avait dû m'emmener là dans un dessein précis, peut-être pour éprouver mes nerfs, pour voir si je me sauverais, ou rirais, ou crierais. Etant tout ensemble pour moi un tuteur, un père, un frère, un conseiller, en fait tout mon univers, il me mettait continuellement à l'épreuve. Nous fîmes le tour du gibet, il m'en souvient, Ambrose taquinant le pendu avec sa canne ; puis il s'arrêta, alluma sa pie et posa la main sur mon épaule.

- "Tu vois, Philip," dit-il. "C'est là où nous finissons tous par arriver. Les uns sur un champ de bataille, d'autres dans leur lit, d'autres suivant leurs destins particuliers. On n'y échappe point. Il n'est jamais trop tôt pour apprendre cette leçon. Mais voilà comment finit un criminel. Que cela soit un avertissement à tous deux d'avoir à vivre sagement. " ... [...]
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JoohJooh   07 août 2018
Nous étions tous deux des rêveurs, sans esprit pratique, réservés, pleins de grandes théories, et, comme tous les rêveurs, aveugles au monde éveillé. Nous étions misanthropes et avides d'affection ; notre timidité imposa silence à nos élans jusqu'au moment où notre cœur fut touché. Alors, les cieux s'ouvrirent et nous sentîmes, chacun à notre tour, que nous avions toutes les richesses du monde à donner.
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JoohJooh   25 juillet 2018
Une femme de sentiment ne cède pas facilement la place, dit-il. Appelez cela fierté, ténacité, ou ce que vous voudrez. En dépit de toutes les preuves contraires, leurs émotions sont plus primitives que les nôtres. Elles s'accrochent à ce qu'elles désirent et ne le lâchent pas. Nous avons nos guerres, nos combats, Mr. Ashley. Mais les femmes luttent aussi.
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