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EAN : 9782253006213
384 pages
Le Livre de Poche (07/10/2002)
4.05/5   868 notes
Résumé :
L'affection que le jeune Philip nourrit, en dépit de la différence d'âge, pour son cousin Ambroise Ashley le pousse à gagner Florence sitôt que ce dernier, qui a épousé une comtesse italienne, lui écrit pour demander son aide. A peine arrivé, il apprend la mort d'Ambroise et repart sans avoir pu démêler le mystère qui entoure l'existence de la comtesse Rachel. Quand la cousine Rachel rejoint soudain Philip en Angleterre, elle porte à son comble la confusion des sent... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (143) Voir plus Ajouter une critique
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Remarquable roman! C'est en rangeant ma bibliothèque que je suis tombée sur le visage de Rachel.
Ce roman m'avait valu une nuit blanche dans ma jeunesse et j'ai eu envie de le relire. Bien m'en a pris. Daphné du Maurier, dont j'aime énormément la finesse d'écriture, est assurément la reine du suspense psychologique.
Son récit hypnotique nous plonge dans une atmosphère à l'angoisse lancinante faite d'incertitude et de sensations contradictoires. Elle a le don d'instiller le doute avec subtilité et de créer une ambiance mystérieuse où l'ambivalence des sentiments règne en maître.

Le narrateur Philip est très attaché à son cousin Ambroise Ashley qu'il voit comme un père car il l'a recueilli à la mort de ses parents. Tous deux coulent de beaux jours dans son manoir de Cornouailles.
Au cours d'un voyage en Italie Ambroise s'éprend d'une femme plus âgée, Rachel, qu'il ne tarde pas à épouser. Faisant part de son bonheur à Philip à travers un échange épistolaire le ton de ses lettres va pourtant changer, d'abord imperceptiblement puis de manière plus marquée pour finir par être inquiétant :« Pour l'amour de Dieu, viens vite. Elle a enfin raison de moi, Rachel mon tourment…».
Subitement sans nouvelles de son cousin, Philip inquiet, se rend à Florence où le couple séjournait et apprend avec sidération le décès d'Ambroise. Il va alors détester davantage cette cousine inconnue dont il est jaloux et qu'il soupçonne d'empoisonnement. ll l'invite et la reçoit en Angleterre par provocation avec l'intention de se venger.
Commence alors un huis clos déroutant chargé d'une forte tension psychologique et d'un suspense sous jacent. Pourtant à l'arrivée de sa cousine, Philip est déstabilisé par sa grâce, son esprit, son humilité et son humour. Ses convictions vacillent et des sentiments d'une toute autre teneur vont le submerger.
La demeure poussiéreuse va reprendre vie et couleurs grâce à Rachel. Une ombre grandissante va cependant assombrir peu à peu la nouvelle joie de Philip et une angoisse sourde l'envahir au fil des découvertes et révélations. On ne sait plus lequel des deux dysfonctionne. Il faut dire que l'écrivaine brouille les pistes avec maestria.

Mais qui est donc l'envoûtante Rachel ? Une femme sournoise et vénale ou sincère et généreuse ? Inoffensive ou manipulatrice?
Qui est son étrange ami Rainaldi et la réelle nature de leur lien? Philip a-t-il une vision biaisée ou lucide?

De manière habile Daphné du Maurier met en lumière la complexité des relations humaines, des méandres psychologiques et l'attraction-répulsion que l'on peut avoir pour un être. Les secrets sont dévoilés au compte-goutte, le souvenir fantomatique d'Ambroise hante les personnages et les lieux, la fin est étonnante.
Un sacré bouquin! Romantique, mélancolique, envoutant et très prenant.
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Commencé à l'adolescence ( suite au coup de coeur Rebecca) , puis abandonné pour cause d'incompatibilité , j'ai enfin découvert Ma Cousine Rachel et compris pourquoi ça n'avait pas "matché" entre nous la première fois ...
♫ A cause des garçons ♫ ...
Dans la Cornouailles du XIX ième siècle, Phlip a grandi auprès de son cousin Ambroise qui a remplacé ses parents décédés. Lorsque ce dernier part en Italie soigner ses rhumatismes, c'est contraint et forcé que Philip reste en Angleterre pour surveiller le domaine. Contre toute attente, Philip , qui fuyait plutôt toute compagnie féminine se marie là-bas. Mais très vite, des lettres inquiétantes arrivent au domaine, la nouvelle épouse serait en train de l'empoisonner lentement. Philip se rend aussitôt en Italie, mais Ambroise est mort.
Philip rentre en Angleterre, et la cousine Rachel aussi ...
Rarement, livre ne m'a inspiré autant l'envie de faire partie d'un club de lecture afin de pouvoir disséquer à loisir , psychologie des personnages ...
Alors qui est Rachel ? Une meurtrière machiavélique ? Une femme attentionnée adorée par les voisins, amis, et le personnel ? Une femme manipulée ? Une malchanceuse ? ...Oui, qui est Rachel ?
Et bien, à la fin du roman, j'avais des doutes et les affres de la création tellement qu'elle est forte la Daphné !
Une construction impeccable, un style gothique (avec lequel j'ai du mal parfois) , une ambiance sourde et inquiétante et l' on comprend pourquoi ce roman a inspiré les cinéastes..
Tout est parfait dans ce roman, sauf qu'entre le personnage de Philip et moi, ça ne l'a pas fait, parce que dans le genre crétin, naïf, il pousse parfois le bouchon un peu loin, ce garçon . Bien-sûr, il faut remettre tout ça dans le contexte de l'époque, Philip ayant grandi sans présence féminine, au fin fond de la Cornouailles,du XIX ième, je comprend qu'il soit fasciné par Rachel au point d'en perdre son latin. Mais même en sachant tout ça, ce personnage m'a agacée... et je m'en suis voulue d'être moins enthousiaste que pour le divin Rebecca.
Et à la fin de ma lecture j'ai rêvé que je retournais à Manderley....


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Fascinant, envoûtant, obsédant...

Bien plus puissant selon moi que "Rebecca", "Ma cousine Rachel" - que je relis avec plaisir quinze ans après ma première découverte - est un roman qui, bien que se déroulant dans les grands vents des landes de Cornouailles, oppresse le lecteur comme le plus efficace des huis-clos.

Une atmosphère victorienne pleine du charme suranné de la campagne anglaise et des codes non moins surannés de sa gentry, à laquelle se mêle le parfum plus capiteux de l'Italie, cette terre de beauté et de mystère si prisée des Anglais. Un manoir qui n'a rien à envier au Manderley de "Rebecca" mais des personnages à la psychologie plus fouillée. Une intrigue associant romance et crime. Voilà quelques uns des ingrédients qui font de ce roman un véritable thriller qu'on a bien dû mal à lâcher et qui nous entraîne dans sa spirale de soupçons et de peurs.

Rachel, personnage féminin complexe qui porte en lui sa part d'ombre et sa part de lumière en égale proportion, séduit et terrifie tour à tour. Daphné du Maurier, avec son style net et précis, et sa verve dès qu'il s'agit de décrire les paysages du littoral chers à son coeur, traite avec finesse et suspense les thèmes du mensonge, de la duplicité et de la schizophrénie.

Encore un beau coup de coeur de cette auteure.


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Ambroise Ashley a recueilli son jeune cousin Philip, le narrateur de ce récit, à la mort de ses parents. Il l'a élevé et il y a entre eux des rapports parent / enfant. Gentlemen-farmers, ils habitent ensemble un beau manoir dans un grand domaine en Cornouailles. Mais, alors que Philip a vingt-trois ans, Ambroise (quarante ans environ) s'embarque pour l'Italie pour soigner sa santé déclinante qui a besoin de soleil et de chaleur et, lui qui fuyait les femmes et le mariage, tombe éperdument amoureux de leur cousine Rachel, issue d'une union entre un cousin et une mère romaine. Les lettres qu'Ambroise envoie à Philip montrent d'abord son bonheur, mais le ton change peu à peu, jusqu'à ce qu'il appelle Philip à l'aide en lui demandant de venir à Florence, ce qu'il fait, mais peut-être est-ce déjà trop tard… ● Ce roman publié en 1951 est une merveille de subtilité psychologique. Rien à voir avec les « thrillers psychologiques » d'aujourd'hui et leurs grosses ficelles. Ici l'ambiguïté est partout présente et cela, jusqu'à la fin. ● le récit étant énoncé à la première personne, on voit tout à travers les yeux et la conscience de Philip, si bien qu'on ne peut que tâtonner sur les intentions réelles des autres personnages et singulièrement de la fameuse cousine Rachel. ● le lecteur doute, suspecte, s'effraie, essaie de deviner, se trompe parfois car l'autrice l'a emmené sur de fausses pistes… Quel merveilleux talent ! ● On pourra s'interroger à l'infini sur le personnage de Rachel, tant l'autrice sait conserver son mystère tout en ne parlant presque que d'elle ! Il en va de même pour son sulfureux ami, l'Italien Rainaldi. ● Certains lecteurs sont agacés par la naïveté de Philip, mais elle m'a paru très crédible et m'a rappelé les romans de Henry James où de naïfs Américains se faisaient duper par des Italiens. ● La fin est magistrale. ● le style est clair et ciselé, la traduction de Denise van Moppes impeccable. ● Je remercie @Afleurdelivres de m'avoir fait découvrir ce roman envoûtant et magnifique qu'à mon tour je conseille sans réserve.
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Décidément Daphné du Maurier ne cesse de me surprendre. Après avoir vraiment adoré Rebecca, Ma cousine Rachel est un second coup de coeur.

En même temps, je dois dire que les bases sont les mêmes : un manoir ou domaine en Angleterre, un narrateur jeune et naïf et un second personnage qui cache bien des secrets. Mixez le tout et vous obtiendrez un roman plein de suspense comme seule l'auteure sait les imaginer.
L'écriture est en plus très plaisante et donne une grande fluidité au roman.

Daphné du Maurier sait manier les mots et l'intrigue par petites touches pour emmener les lecteurs a des suspicions, sur des fausses pistes parfois. En tout cas, j'ai été surprise par la fin, je ne m'y attendais pas mais tout bien réfléchi, cela ne pouvait être autrement.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
[...] ... Dans l'ancien temps, on pendait les gens au carrefour des Quatre-Chemins.

On ne le fait plus. Maintenant, quand un assassin paie sa dette à la société, cela se passe à Bodmin, après jugement en due forme aux assises. Je parle des cas où la loi le condamne avant que sa propre conscience ne l'ait tué. C'est mieux ainsi. Cela ressemble à une opération chirurgicale, et le cadavre reçoit une sépulture décente bien que la tombe reste anonyme. Dans mon enfance, il en allait autrement. Je me rappelle avoir vu, petit garçon, un homme enchaîné et pendu au carrefour où se croisent les quatre chemins. Son visage et son corps étaient enduits de goudron afin d'en retarder la corruption. Il resta pendu là cinq semaines avant d'être décroché et ce fut la quatrième semaine que je le vis.

Il se balançait sur son gibet, entre ciel et terre, ou, comme me le dit mon cousin Ambrose, entre ciel et enfer. Il n'atteindrait jamais le ciel et l'enfer qu'il avait connu était perdu pour lui. Ambrose toucha le cadavre du bout de sa canne. Je le vois encore, remuant au vent comme une girouette sur un pivot rouillé, pauvre épouvantail qui avait été un homme. La pluie avait pourri sa culotte, sinon son corps, et des lambeaux de coutil se détachaient, comme des bandes de papier, de ses membres enflés.

C'était l'hiver et un passant facétieux avait enfoncé une branche dans le gilet déchiré, à l'occasion des fêtes. Je ne sais pourquoi cette plaisanterie apparut à mes yeux de sept ans comme le suprême outrage, mais je ne dis rien. Ambrose avait dû m'emmener là dans un dessein précis, peut-être pour éprouver mes nerfs, pour voir si je me sauverais, ou rirais, ou crierais. Etant tout ensemble pour moi un tuteur, un père, un frère, un conseiller, en fait tout mon univers, il me mettait continuellement à l'épreuve. Nous fîmes le tour du gibet, il m'en souvient, Ambrose taquinant le pendu avec sa canne ; puis il s'arrêta, alluma sa pie et posa la main sur mon épaule.

- "Tu vois, Philip," dit-il. "C'est là où nous finissons tous par arriver. Les uns sur un champ de bataille, d'autres dans leur lit, d'autres suivant leurs destins particuliers. On n'y échappe point. Il n'est jamais trop tôt pour apprendre cette leçon. Mais voilà comment finit un criminel. Que cela soit un avertissement à tous deux d'avoir à vivre sagement. " ... [...]
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Elle était jeune, elle n'avait guère plus de dix-neuf ans, mais l'expression de son visage était sans âge et saisissante comme si son corps léger eût enfermé une âme ancienne qui ne pouvait pas mourir ; des siècles regardaient à travers ses yeux et l'ont eût dit qu'elle contemplait depuis si longtemps l'existence qu'elle y était devenue indifférente.
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Nous étions tous deux des rêveurs, sans esprit pratique, réservés, pleins de grandes théories, et, comme tous les rêveurs, aveugles au monde éveillé. Nous étions misanthropes et avides d'affection ; notre timidité imposa silence à nos élans jusqu'au moment où notre cœur fut touché. Alors, les cieux s'ouvrirent et nous sentîmes, chacun à notre tour, que nous avions toutes les richesses du monde à donner.
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Une femme de sentiment ne cède pas facilement la place, dit-il. Appelez cela fierté, ténacité, ou ce que vous voudrez. En dépit de toutes les preuves contraires, leurs émotions sont plus primitives que les nôtres. Elles s'accrochent à ce qu'elles désirent et ne le lâchent pas. Nous avons nos guerres, nos combats, Mr. Ashley. Mais les femmes luttent aussi.
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Voilà un trait exaspérant des femmes : toujours le dernier mot. Elles vous laissent bouillonnant de mauvaise humeur, avec une parfaite sérénité. Une femme n'était jamais dans son tort, eût-on dit. Ou, si elle l'était, elle tournait la chose à son avantage, la faisant paraître sous un autre jour.
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DAPHNÉ DU MAURIER / REBECCA / LA P'TITE LIBRAIRIE
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